vendredi 19 octobre 2012

Incurable



Je fût contaminée enfant. 

Je ne sais pas pourquoi. Je n'ai pas souvenir d'avoir été fessée à l'époque. 
J'ai dû l'être sans doute, c'était chose courante dans les familles françaises dans les années 70. Pourtant je n'en garde aucun souvenir. 

Alors pourquoi ce virus est-il en moi ? Je n'en sais rien. 
Il est resté là, latent, sans symptôme déclaré si ce n'est parfois d'étranges rêves... 

Et puis il s'est réveillé un beau soir d'été outre Rhin. J'avais 24 ans et rien ne fût plus jamais pareil. 

Comme chacun sans doute, j’ai eu mille fois l'envie de le faire taire, de le combattre, de le vaincre… en pure perte. Le virus est en moi et restera à jamais tapi dans mon corps, dans mes nerfs, dans ma peau, dans ma tête. 

Je peux vivre heureuse quelques temps en le forçant au silence, mais inévitablement revient ce sentiment de ne vivre ma vie qu'à moitié. Il en sera toujours ainsi, je le sais. 

Alors j'ai décidé de ne plus le combattre, parce qu'il est aussi source de force, d'équilibre, de fragilité. Je le laisse m'emporter vers le plaisir, le paroxysme des sensations... car ce virus là n'est pas nocif, bien au contraire.


2 commentaires:

  1. S'accepter tel qu'on est, ne pas être trop en décalage avec soi-même.
    Après, tous les entourages ne l'acceptent pas aussi bien.

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    1. Il est important de se connaître pour pouvoir vivre heureux. Ce n’est pas chose évidente, surtout si on ne nage pas dans le courant de la société. Maintenant, je pense que ce besoin ne choque pas autant que l'on pourrait penser, mais il est effectivement toujours préférable de le garder dans le secret de l’intimité, l’entourage n’a pas à savoir.

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