jeudi 15 novembre 2012

Provocation


Comme vous l’avez peut-être compris à force de me lire, je ne conçois pas la fessée comme une punition que je mériterais réellement. J’en mérite peut-être (certainement même), mais je ne pense pas que quiconque ai suffisamment de droit sur moi pour m'infliger une punition que je ne désirerais pas… et je ne pourrais jamais aimer un homme qui pense avoir ce genre de droit sur moi! En cela, je ne pense pas pouvoir m’engager dans une relation de discipline domestique telle qu'elle peut être parfois pratiquée dans les pays anglo-saxons. 

Mais comment faire quand le désir de fessée est là, d'un côté ou de l'autre? Le lui dire directement? « Chéri, j'ai envie de recevoir/de te donner une fessée !». Soit, cela peux se concevoir lors des préliminaires amoureux. Comme je l’ai déjà dit, la fessée est un excellent stimulant sexuel. Mais la vraie fessée, celle qui vous fait lâcher prise, qui vous chamboule au plus profond de votre âme, ne peut pas se concevoir ainsi. 

Pour qu'une fessée soit pleinement réussie, pour que je me livre entièrement, j’ai besoin de me sentir fautive, de redevenir une petite fille face à une autorité aussi implacable que rassurante... Il faut qu'il y croit lui aussi, qu'il ait réellement envie de me punir. Une fessée donnée juste pour me faire plaisir ne conduit jamais à un lâcher prise... 

Nous rentrons alors là dans l’art subtil de la provocation. Provoquer l’autre pour le conduire à donner/recevoir une fessée, à faire en sorte que cette envie soit partagée et réciproque au moment choisi, n’est pas chose aisée. Créer une besoin de punition sans blesser, rabaisser, humilier l’autre nécessite de très bien se connaître. Insister sur un défaut, un manquement, un trait de caractère que l’autre n’assume pas pleinement risque de briser instantanément l’alchimie du jeu. C’est d’ailleurs pour cette raison qu'il me parait illusoire de penser que l’on peut atteindre le lâcher prise avec quelqu'un que l'on connait peu. Il ne s'agit en aucun cas de manier sarcasme, ironie ou propos acerbes. La soumise devra jouer avec les limites de tolérance de son partenaire, avec sa patience aussi, sans toutefois les dépasser. Le dominant amènera sa partenaire aux limites de la faute, à la limite de la transgression des règles si celles-ci ont été établies, un peu comme le chat joue avec la souris, en espérant de tout son coeur qu'elle franchisse la ligne et lui donne ainsi l’autorisation d’avancer un peu plus loin dans le jeu…   

Cette phase de provocation est certainement la plus subtile du jeu, celle qui nécessite le plus de bien se connaître, mais procure beaucoup d’excitation et de plaisir. Elle est fondamentale pour une fessée réussie.



16 commentaires:

  1. Pecan nutjob16/11/12

    Et pourquoi pas la fessée comme une punition méritée, que vous pouvez bien sûr refuser, mais que vous ne refuserez pas parce que vous estimez effectivement la mériter?

    C'est le cas pour une partie de nos fessées, dans notre couple. Si, pour reprendre un exemple évoqué chez Isabelle, ma compagne me donne une fessée pour être rentré éméché la veille, c'est non seulement par jeu amoureux, mais aussi parce que ce n'est pas bien de lui avoir donné du souci et d'avoir été imprudent. Je peux bien sûr refuser la fessée (elle n'a pas le "droit" de me l'imposer) mais je l'accepterai.

    Dans d'autre cas, c'est de la pure comédie sans réel mécontentement derrière, ou avec une indication vague comme la "nervosité".

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  2. Pour qu'une fessée soit vraiment réussie, il faut que le/la puni(e)ait le sentiment de la mériter et que le(la) dominant(e) ait envie de la donner. Pour des fautes réelles, la deuxième condition est parfois plus difficile à remplir. Rappelons que la fessée est un jeu amoureux, donc si vraiment l’un est en colère contre l’autre, je ne pense pas que la fessée puisse être menée dans les meilleures conditions. Ou alors il faut laisser passer un peu de temps pour que la gravité de la faute semble moins grande et que l’on ait envie de jouer avec. Besoin de jouer même, dans mon cas, car je pense que j’aurais vraiment besoin de me sentir pardonnée… Mais je demeure persuadée qu'il ne faut jamais jouer à ça en situation de crise. Je ne suis pas sûre d’être très claire dans mes explications et rappelons que tout ce que je raconte sur ce site n’est qu'un ressenti personnel, chacun a sa propre perception… :)

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  3. Pecan nutjob16/11/12

    Je vous comprends parfaitement: vous dites que la fessée "amoureuse" ne doit pas être donnée sous le coup de la colère, en pleine situation de crise, et surtout pas de force. Nous sommes entièrement d'accord.

    Chez nous, il n'y a jamais fessée sous le coup de l'énervement immédiat. Mais, la crise retombée, il y a en quelque sorte le bilan: qui a abusé? moi? elle? les deux? On voit alors la mine contrite, les remords... le "j'ai été méchant(e) tout à l'heure, peux-tu me punir?" ou encore "tu ne crois pas que ton comportement de ce matin mérite la fessée?".

    Une bonne fessée remet les idées en place.

    (En cas de comportements stupides de part et d'autre, il nous est d'ailleurs arrivé d'enchaîner les rôles.)

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  4. Pecan nutjob16/11/12

    Je ne sais pas pour vous, mais il nous est d'ailleurs arrivé d'avouer des fautes remontant à quelques jours, ou plus, afin de se soulager... ou encore de faire remarquer que tel comportement pas tout a fait récent était vraiment abusif et mériterait châtiment.

    Tout ça, c'est la fessée "punitive", mais nous pratiquons aussi la fessée à titre purement "gratuit", juste pour le fun.

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  5. Nous sommes des adultes responsables donc je ne pense pas que mériter réellement une punition ne puisse souvent arriver. Tout dépend de ce que l'on entende par "mériter".
    Ce matin, en amenant mon fils au collège, j'ai reculé dans la voiture d'un charmant monsieur (si il lit ce blog, je suis grillée... mais d'un autre côté, si il le lit...). Est-ce que je mérite une fessée pour cela? Ça arrive à tout le monde, non? (à moi, peut-être un peu plus que la moyenne, mais c'est que j'ai une grande voiture...). Voilà, je pense que même dans ces conditions, si je recevais une fessée, ce serait toujours dans le cadre d'un jeu, même si la fessée avait une allure plus "punitive".
    Bon, que tout le monde se rassure, il n'y a personne qui ne puisse me donner une fessée en ce moment, donc mes fesses seront sauves cette fois-ci... :-D

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    1. C'est vrai que c'est pénible les marches arrière quand on est distrait : j'ai "scroutché" ma poubelle avant-hier... Et hier, en marche avant, j'ai accroché le pare-choc d'une copine à l'école, sous ses yeux ! (A vrai dire, je n'ai même pas vu que j'allais accrocher, je l'ai compris en voyant son air horrifié (elle était sur le trottoir en train de me regarder manoeuvrer) et en entendant le "CRRRR" de ma portière contre son pare-chocs...)
      Deux accrochages en deux jours, pas mal pour quelqu'un qui n'a eu aucun accident depuis 25 ans :-(

      Alors ? Fessée ?

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    2. Ah, je me sens moins seule d'une seul coup! C'est vrai qu'après la remarque de Pecan sur le fait que ce comportement pouvait être dangereux, je culpabilisais un peu... Bon, dans mon cas, j'ai reculé brusquement pour éviter un imbécile qui roulait à toute vitesse et n'avait cure des priorités à droite. Et puis je n'ai fait que casser la plaque d'immatriculation de ce charmant monsieur qui n'a même pas voulu, ni faire de constat, ni que je lui paie la plaque. Oui, ça a parfois du bon de faire des bêtises, même si on ne reçoit pas de fessée... :-D

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    3. Pecan nutjob17/11/12

      @Amandine: Dans le cas de mon épouse, elle a un peu tendance à traverser la rue sans regarder, à marcher trop près du bord des falaises, ou à conduire en style "mais nooon ça passera" ; elle est un peu distraite et trop optimiste dans ses estimations. Nous avons déjà eu des petits accrochages et quelques grosses peurs.

      Qui dit grosse peur, grosse bêtise, dit grosse fessée. C'est un mélange de jeu et de contrition. L'un comme l'autre pouvons refuser, bien sûr!

      Notez que ça a une certaine efficacité. J'ai déjà rappelé à madame, qui s'apprêtait à faire encore des bêtises, ce qui était arrivé la dernière fois. La honte l'a fait reconsidérer son attitude (et au moins une fois elle m'a demandé une petite fessée à la main comme "piqure de rappel"). J'ai déjà fait ça devant témoin; bien entendu nous n'avons pas expliqué à quoi nous faisions allusion, et le témoin a donc cru qu'elle s'était contentée de mettre la voiture dans le fossé.

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    4. Je crois qu'effectivement un tel traitement pourrait m'être grandement utile... il semblerait que nous ayons quelques traits de caractères communs, votre épouse et moi ! :-)

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    5. Pecan nutjob18/11/12

      En ce qui me concerne, effectivement, les réflexions du style "arrête de faire des bêtises, la dernière fois tu as dû me demander une fessée ensuite" me rappellent à mes devoirs. C'est joindre l'utile à l'agréable.

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    6. Bon. Et ben j'aurais mieux fait d'être attentif ce jour là en voiture, car je suis puni pour ce "double incident"...

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    7. Tu sais que tu me fais vraiment trop rire :-D
      Bon allez, comme je suis super gentille, je suis de tout coeur avec toi... et t'encourage dans cette DURE épreuve!!!

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  6. Pecan nutjob16/11/12

    Ce serait exactement le genre de choses pour lesquelles mon épouse me flanquerait une bonne fessée (ou vice-versa). Bien entendu, c'est un jeu, mais il est épicé par le sentiment de culpabilité (c'est pas bien de ne pas bien regarder où l'on recule, ça peut même être dangereux).

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  7. Pecan nutjob16/11/12

    Nous sommes des adultes responsables, certes, et au final, sauf à commettre des actes suffisamment graves pour valoir sanction officielle, nous nous retrouvons essentiellement face à nous-mêmes pour toutes les bêtises, imprudences, fainéantises etc. de notre quotidien.

    Il fut un temps où l'on avouait une partie de ces choses (gourmandise, paresse...) à confesse, mais c'est largement passé des mœurs. Aussi, j'apprécie de pouvoir les avouer à ma compagne et subir une petite punition qui, certes, relève d'un jeu de couple, mais a tout de même aussi pour but de me rappeler que non, c'était pas bien.

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  8. Un problème plus grave que de savoir si "La Fessée" doit être plus punitive que gentille ou inversement est que la majorité des personnes ont honte de cette envie ou besoin c'est selon ! de recevoir de "Bonnes fessées" et se comportent comme des fantômes seuls(es) devant l'ordinateur .J'apprécie personnellement le côté convivial de la fessée administrée tout simplement et dans la bonne humeur entres amis(es)à la manière d'une pratique sportive ! essayez et vous verrez que ça décontracte même si ce n'est pas le coup de foudre pour l'autre , et n'hésitez plus à laisser traîner sur la table ou à la plage : "l'éloge de la fessée" !

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  9. J'aime bien l'expression "atteindre le lâcher prise"... Elle est parfaite...

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