vendredi 7 décembre 2012

Le passage au réel




Aujourd'hui je vais parler d’un sujet qui est rarement abordé dans les blogs, ceux-ci étant majoritairement tenus par des gens qui ont la chance de vivre leur passion de la fessée en couple... Mais je pense qu'en réalité la majorité des gens qui partagent notre passion vivent avec des conjoints "vanilles", parce que les critères qui nous font tomber amoureux dépassent largement l'assouvissement d'un simple fantasme et que cela s'avère vraiment le fruit du hasard quand nos fantasmes sur ce point convergent...

Donc pour ceux qui vivent ce fantasme "en solitaire", il faut reconnaître qu'internet a apporté pas mal de choses. On y trouve beaucoup d’informations et parfois même des réponses à nos interrogations ou à nos doutes. On y découvre surtout d’autres personnes qui partagent le même fantasme et avec qui l’on peut parfois vouloir aller un peu plus loin...

C’est alors que l’on mesure toute la distance qui nous sépare : la distance géographique tout d'abord, qui se mesure bien souvent en centaines de kilomètres, la distance psychologique, surtout, parce que même sans vouloir du tout être manipulateur, il est naturel d’écrire ce que l’on pressent que l’autre à envie d’entendre et qu'il est tout aussi naturel d’interpréter ce qu'on lit à l’aune de nos propres attentes

Le moment de la première rencontre "réelle" est donc toujours difficile. Penser que l'on se connaît parce que l'on communique virtuellement depuis des mois serait une grave erreur. 

Donc voilà, un jour, nous nous trouvons là, face à face, avec une attente commune. Nous avions décidé de franchir le pas, chacun de notre côté, allons-nous faire demi-tour parce que l'on réalise soudain que l'on ne connaît pas cette autre personne qui se tient devant nous? 

Souvent nous allons plus loin, parce que l'idée d'avoir fait tous ces kilomètres pour rien nous déplaît (ce n’est pas très romantique, je vous l'accorde), plus souvent par curiosité, parce que l'autre nous inspire suffisamment confiance, malgré tout, plus rarement parce qu'un simple regard échangé suffit à nous en donner follement envie (mais cela peut arriver, fort heureusement!)... et nous franchissons ensemble la porte de l’hôtel. 

Mais le jeu que nous nous apprêtons à partager est loin d'être anodin. Il est clair qu'il y a une composante d'autorité, de domination et d'humiliation dans certaines parties de ce jeu, et cette composante peut conduire à profondément blesser l’estime de soi de la personne qui endossera le rôle du/de la fessé(e). Celui qui joue le dominant doit faire l'effort de se connecter à l'autre, d'essayer de reconnaître et d'anticiper ses besoins, et par-dessus tout de comprendre son ressenti… en résumé d'apprendre à connaître réellement l'autre. Et tout le danger pour le/la fessé(e) est bien là, que le dominant ne fasse pas cet effort. C'est extrêmement douloureux, et je ne parle pas là de souffrance physique. Mais se montrer nu(e) (au sens propre comme au sens figuré), devant quelqu'un qui ne prend même pas la peine de comprendre qui vous êtes réellement, est destructeur et il faut très longtemps pour s'en remettre (si tant est qu'on y arrive, d'ailleurs).

Donc si vous êtes un jour amenés à suivre le chemin qui mène à la fessée, n’oubliez jamais que la fessée est aussi le chemin qui mène à la personne. Tout le danger de la première rencontre est bien là… que le dominant s’arrête en cours de route.

Mais heureusement cette première rencontre peut parfois donner naissance à une belle amitiée, parfois même à un peu plus si l'affinité est là...




12 commentaires:

  1. " Penser que l'on se connaît parce que l'on communique virtuellement depuis des mois serait une grave erreur" - vous faites bien de mettre en garde, chère Amandine... mais cela marche parfois! D'autant plus que, quand on y réfléchit bien, c'est un très bon moyen de connaître quelqu'un, et qui n'a rien de virtuel: à part le côté rassurant de l'anonymat, la rapidité d'une messagerie instantané donne la fluidité proche de la parole, mais permet en même temps de réfléchir à chaque réplique - on peut improviser de beaux dialogues, et devenir très proche de quelqu'un qu'on a à peine vu. Si l'on joue la durée, je pense qu'on a de très fortes chances de s'en apercevoir si l'autre a une personnalité destructrice et égoïste - à moins d'avoir la malchance de tomber sur un(une) imposteur d'un rare talent.
    Trouve le bon partenaire n'est pas facile pour autant - mais ce serait dommage de ne ps essayer.

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    1. Je suis d'accord, internet à beaucoup d'avantages en terme de communication amoureuse, dont le principal est, sous couvert d’anonymat, de supprimer pas mal d'inhibitions.
      Par ailleurs, on est bien obligé de faire l'effort de lire les messages pour pouvoir y répondre, cela évite certains dialogues de sourds, que nous pouvons parfois vivre dans la vie réelle, où chacun s'écoute parler mais n'essaie pas de comprendre ce que dit l'autre.
      Ceci dit, je ne suis pas sûre que l'image que nous donnons de nous même sur le web soit vraie. Premièrement parce que ce que nous percevons de nous même n'est pas forcément ce que les autres perçoivent et surtout parce que nous projetons l'image que nous voudrions être plutôt que celle que l'on est réellement. Et puis aussi parce que c'est plus facile de présenter une "belle" image (je ne parle d'esthétique) quand tout est virtuel. Parfois, le passage au réel est donc très douloureux, mais ce n'est pas bien grave quand il s'agit de rencontres "vanille". Pour notre jeu, c'est beaucoup plus compliqué, je trouve, parce que parfois l'envie (ou le besoin) de passer à l'acte est tellement forte que nous le faisons quand même, alors qu'il ne vaudrait mieux pas, parce que l'on pressent bien que finalement l'autre n'est pas vraiment celui ou celle que l'on croyait.
      Mais heureusement nous rencontrons parfois de vraies "belles" personnes et l'on ne peut que bénir le choix que nous avons fait de passer à l'acte... :)

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  2. Bien sûr, tout devient plus risque si on est trop pressé! Si on ne fait pas attention, on peut tomber dans tous les pièges. Chacun veut donner une belle image de soi - consciemment ou pas - mais cela vaut pour toute communication, qu'elle se passe sur internet (mais je trouve qu'elle est pourtant une vraie communication, quand bien même ce qu'on communique ne le serait pas - "virtuel" signifie à peu près autant que "potentiel" - même en disant des bêtises, je n'ai jamais eu de conversation "en puissance") ou non. Là où je vois un grand avantage à internet, à part le rythme de la conversation elle-même, c'est l'élément de la durée. Certes, en vrai, on a la possibilité d'observer la personne - on voit sa mimique, sa manière de se tenir etc. Il y a des gens (ma mère en fait partie) qui sont capable de "radiographier" une personne très vite grâce à cela, mais moi, je ne sais pas lire dans tout cela - et c'est bien embêtant, certaines études disent que 80% de notre communication passent par là! Si j'ai pour moi la distance et le temps - Internet donne les deux - je vois mon partenaire évoluer dans le temps, parler longtemps, évoquer les mêmes sujets... Quelqu'un qui essaye d'arranger son image finira bien par se trahir par quelque incohérence ou imprudence. La personne en face a beau avoir une perception de soi différente de la réalité (à supposer qu'il y a une réalité, et qu'une perception vraie soit possible, ce qui n'est pas sûr), la langue même de mon partenaire le révèle. On peut se donner consciemment une "manière" qu'on trouve avantageuse ou à la mode, mais on ne peut pas fausser le style (au sens des littéraires), parce que je trouve qu'il n'y a rien de plus vrai que cela. La langue n'est pas virtuelle, et la messagerie "instantanée" la fixe quand même par écrit...
    Ce n'est peut-être pas un avantage universel, mais pour moi qui n'ai aucun sens de la psychologie, mais qui suis littéraire, c'est un instrument de plus efficaces. En tout cas, il nous a permis de nous connaître très bien avec Constance, alors que nous ne nous voyions presque pas pendant un an!

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    1. Je suis exactement comme vous, incapable de juger quelqu'un "au premier abord" (mon père, tout comme votre mère me dites vous, était très doué pour cela). Et c'est également exact qu'on ne peut pas cacher sa "vraie" nature indéfiniment dans le virtuel, il y a toujours des propos qui échappent et qui trahissent. Le problème auquel j'ai pu parfois être confrontée est que j'ai eu tendance (consciemment ou pas) à vouloir ignorer ces signaux pour me "raccrocher" à l'image que je me faisais de la personne. Bien sûr, la rencontre m'a rapidement remise face à la réalité et c'est là qu'il faut savoir garder la tête froide et faire demi-tour si on n'est pas absolument certain(e) que la personne que l'on a en face de nous est bien la personne que l'on avait imaginée virtuellement. Parce que le jeu que nous nous apprêtons à jouer est loin d'être sans risque, plus psychologiquement que physiquement d'ailleurs.

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    2. J'en ai fait l'une ou l'autre des rencontres de ce type... (j'en ai même racontée une, héhé!) sans mauvaise surprise encore. Je me dis souvent que moi, qui ne suis pas si mauvaise, je suis ok pour ce genre de rencontres, en c'est que de l'autre côté, d'autres ne sont pas si mauvais non pus...
      Et je garde ce principe là:je ne dois rien à personne. Si quoi que ce soit paraît bizarre, dérangeant, déplaisant... Et bien, j'y vais pas. Fin de l'histoire.

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    3. Tu as tout à fait raison, si on garde la tête froide, il n'y a aucune raison que les choses se passent mal.

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    4. Je suis on ne peut plus d'accord avec Latis de ce point de vue là (je sais, je l'ai déjà dit). Et quand on est du côté de celui ou celle qui donne la fessée, il faut savoir être compréhensif, si jamais l'autre à besoin de "garanties" pour que la séance se déroule bien. Il sera bien assez temps de se montrer brusque une fois que la fessée aura commencé, inutile de le faire avant!
      (Sans parler du fait que même comme fesseuse, j'étais pénible).

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  3. "Mais je pense qu'en réalité la majorité des gens qui partagent notre passion vivent avec des conjoints "vanilles", parce que les critères qui nous font tomber amoureux dépassent largement l'assouvissement d'un simple fantasme et que cela s'avère vraiment le fruit du hasard quand nos fantasmes sur ce point convergent..."

    Lu et approuvé...

    "Penser que l'on se connaît parce que l'on communique virtuellement depuis des mois serait une grave erreur"
    Pas faux non plus... J'en ai eu des bons copains qui, au bout de plusieurs mois se révélaient être des copines et inversement !
    Rencontré aussi un requin (cf mon blog) et quelques paumés...

    Et rencontré aussi certaines personnes charmantes que j'apprécierais beaucoup de pouvoir croiser dans la vie de tous les jours. Et pas forcément pour des jeux de punition...

    Tout est possible ! A nous d'être lucide (comme dans la vie... D'ailleurs on fait toujours la distinction entre virtuel et réel, mais je suis gêné ou triste à cause d'un ami virtuel qui se révèle ne pas l'être, je ressens les sentiments en vrai... Et quand on me donne virtuellement l'ordre de me mettre au coin, je vois un vrai mur pendant une demie heure...

    Le virtuel, ce n'est qu'une partie de la réalité (la preuve, je commente sur ce blog et donne mon avis à des amis virtuels et d'éventuels lecteurs dont je ne sais rien et, en attendant, je ne prépare pas mon repas et j'ai faim en vrai !)

    ;-)

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    1. C'est vrai que les sentiments que nous ressentons pour des amis "virtuels" sont bien réels eux. C'est ce qui fait tout le charme, mais aussi toute la difficulté, d'internet. Il faudrait toujours garder la tête "froide" mais qui le peux vraiment? Et d'ailleurs, je ne suis pas sûre de le vouloir, en réalité, tant pis si ça fait un peu mal, parfois. :)

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    2. Si c'est un sujet assez rare sur un blog, c'est un sujet qui était très récurrent sur les forums.
      Parce que forcément, une fois passé le plaisir d'avoir dialogué avec des personnes ayant les mêmes fantasmes "inavouables" en commun, vient l'envie de se rencontrer pour de vrai.

      Avec l'idée, sous-entendue ou non, de pouvoir concrétiser nos désirs avec cet autre.

      C'est une incroyable chance que les générations avant nous (et encore d'avantage les femmes) n'ont pas eu... A nous de la saisir, en toute sérénité.
      En prenant notre temps et en cherchant a bien comprendre l'autre (En tant que donneur de fessées, je ne vois pas trop quel plaisir profond je pourrais ressentir si ce n'est de lui en donner).

      Bien sur, j'ai un peu de maturité (vous aussi! ;-) et de la bouteille , j'aurais peut-être agit de façon plus instinctive a 18 ou 20 ans.
      Et encore que.. A cet âge là, j'essayais de convaincre ma petite amie (dont j'étais très amoureux) de se coucher en travers de mes cuisses pour lui faire découvrir la fessée en espérant qu'elle y trouve du plaisir ... Une petit envolée de papillons.

      Un conseil que je donnerais a ceux qui veulent donner la fessée a des partenaires rencontrés a cette occasion (j'espère avoir l'avis des filles et gars qui aiment la recevoir sur ce point):

      Il vaut mieux commencer par une première fessée un peu trop légère (c'est déjà assez fort au niveau émotionnel et physique) que par une fessée trop sévère.

      Si elle n'en n'a pas eu assez, si ses fesses ne sont pas assez cramoisies, elle ne tardera pas a vous le faire comprendre! ;)

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    3. Merci pour tous ces conseils. J'avoue avoir écrit ce post parce que cela me semblait un aspect important de la fessée mais je n'en ai moi-même pas grande expérience.

      Je n'ai eu qu'une seule rencontre de ce type, et par chance cela ne s'est pas trop mal passé (même si j'ai eu très peur rétrospectivement, pour toutes les raisons que j'ai évoqué dans mon post).
      Je n'ai pas connu les forums (je ne sais même pas s'il en existe encore des actifs sur le sujet aujourd'hui) mais il semble que beaucoup de membres de cette petite communauté se soient connus à travers eux et semblent être amis maintenant, donc ces forums devaient être une bonne chose et c'est probablement très dommage qu'ils n'existent plus.

      En fait, pour une femme spankee, je pense que c'est un peu plus facile que pour un homme (spanker ou spankee). Je n'ai eu que deux compagnons véritablement spankers mais tous les autres m'ont malgré tout assez volontiers donné la fessée de temps en temps. Non pas que je sois une peste (:-D) mais je pense qu'ils voulaient me faire plaisir et s'y livraient assez facilement. Mais il s'agissait juste de quelques claques sur les fesses sans tout l'aspect psychologique qui va avec et donc sans les petits papillons qui nous font tant chavirer! A l'époque je voulais essayer de "me soigner" et de me passer de tout ça donc je me contentais de cette situation. J'ai compris depuis que je ne peux et surtout ne veux pas m'en passer, parce que ça n'a rien de mal et que c'est vraiment une chose importante pour mon équilibre et mon bonheur.

      Mais je m'éloigne du sujet... Pour en revenir à la première fessée entre deux partenaires, et bien je pense que c'est très délicat, parce que l'on ne se connait pas vraiment (même si on discute virtuellement depuis des mois)et il faut s'habituer au caractère, au corps et à la sensibilité de l'autre... ce n'est vraiment pas évident de la réussir. La seule chose qui doit importer, pour moi, est de bien s'amuser et de transformer la complicité qui avait pu naître dans le virtuel en une complicité "réelle". Il ne faut pas mettre trop d'enjeux dans la fessée elle-même.
      Si une belle complicité s'est crée, dans le monde réel, grâce à cette première rencontre, alors à n'en pas douter les rencontres qui suivront donneront lieu à de bien magnifiques moments...

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  4. Sophie9/12/12

    J'ai déjà fait quelques centaines de kilomètres pour rejoindre une "rencontre virtuelle" et j'ai trouvé ça très excitant. Sentiment de liberté parce que j'assumais mes envies, parce que même si la rencontre n'était pas à la hauteur de nos échanges, j'en avais accepté le risque. Alors quand les yeux se croisent, se reconnaissent et se sourient, quand le premier contact physique vous fait frissonner, que la première claque retentit comme la fin de l'incertitude, c'est magique, il n'y a plus qu'à se laisser aller !

    Comme Latis, j'ai plutôt tendance à penser qu'il y a plus de gens bien que de mauvais et je fais confiance à mon instinct dans de nombreuses circonstances (ce qui n'empêche pas une bonne dose de prudence - même si je découvre mes arrières ;-))

    Et je vous confirme pour ma part, JPC, que la première fessée est source de beaucoup d'émotions et qu'elle n'a pas besoin d'être trop appuyée ; se dire, après coups, qu'on aurait pu en supporter un peu plus, ça laisse l'imagination faire son oeuvre en vue de la prochaine rencontre...

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