jeudi 20 décembre 2012

Mon rapport étrange à la douleur


Comme beaucoup de spankee, j'imagine, je me pose beaucoup de questions sur mon rapport à la douleur.

Suis-je masochiste? D'après le Larousse, le masochisme est une déviation sexuelle dans laquelle le sujet ne trouve le plaisir que dans la douleur physique et les humiliations qui lui sont infligées. Alors non, je ne suis pas masochiste, car je n'éprouve pas de plaisir ou d'excitation sexuelle à la douleur et, si j'aime la honte que je peux ressentir lors d'une fessée, je n'apprécie en aucune manière l'humiliation. Mon excitation sexuelle vient de ce que mon partenaire se place "au-dessus de moi", me prenne en charge ou plus précisément "en main", de manière à ce que je puisse être moi, juste moi. J'aime terriblement ce sentiment, mais je n'ai aucune attirance particulière ni pour la douleur, ni encore moins pour l'humiliation.

Cela dit, mon rapport à la douleur est peut-être un peu particulier. Je n'ai jamais été douillette mais il y a quelques années je suis tombée très gravement malade. La douleur était telle que j'appelais désespérément la mort pour y mettre un terme, malgré ma famille, malgré mon fils qui devait avoir 4 ou 5 ans à l'époque. Bien sûr, une fois hospitalisée, j'ai été mise sous morphine et la douleur insoutenable a enfin lâché prise. Mais je fais partie des quelques pourcents de patients a qui cette substance donne des hallucinations, donc je voyais des insectes grouiller partout... et dès que je fût en mesure de supporter la douleur, j'ai refusé les injections de morphine.

Je pense que cet incident de vie a un peu changé mon rapport à la douleur. Tout d'abord parce que, quand je me fais mal, l'information "douleur" ne remonte pas forcément à mon cerveau. Souvent je ne m'en rend compte que bien plus tard, lorsque je vois des traces de sang par exemple. Mais aussi, parce que lors d'une fessée, si celle-ci est conduite progressivement, je n'ai aucune sensation de douleur. Je sens la chaleur, je sens les piqûres, je sens les petites "bulles" que provoquent le martinet, mais mon cerveau n'associe pas toutes ces sensations à de la douleur proprement dite, et donc il n'y a pas de moment où je n'arrive plus à le supporter. Du coup, il est assez difficile de savoir pour mon partenaire de savoir quand il est grand d'arrêter. Il faut qu'il se base sur son bon sens et non sur mes réactions, ce qui peut être assez déstabilisant au début. Peut-être que la maladie a élevé mon seuil de tolérance à la douleur? Pourtant, si la fessée démarre fort tout de suite, sans période de "warming" comme l'appelle les anglo-saxons, j'ai mal, même très mal parfois, tout de suite (je ne suis pas Wonder Woman tout de même!). Mais si la fessée démarre doucement, je n'éprouve jamais de sensation de douleur, même si la fessée s'intensifie ou si elle dure très longtemps. Je me demande si ce n'est pas l'effet des fameuses endorphines qui agissent tout comme la morphine, et donc auxquelles je serais plus sensible que la normale? 
Voilà encore une question à laquelle je ne trouverai probablement jamais de réponse!


5 commentaires:

  1. Je pense que vous pouvez trouver réponse à votre question dans un manuel pour sportif qui décrit les phénomènes dus à l'effort et à l'endurance. Il faut un certain temps d'intense activité pour que le corps commence à produire les endorphines. Pour ma part ce palier se situait aux alentours d'une demi heure. Non pas en fessée, mais en danse. Je me suis souvent posée la question si cette monté d'endorphines pourrais se faire par induction psychologique et correspondre avec les phénomènes de subspace (que j'ignore pour ma part).

    Ceci dit pas de raison de se poser des questions sur une préférence de la fessée avec échauffement et qui perdure longtemps. J'y vois tout simplement...une pratique de bien-être. Allez voir par exemple dans un sauna familial d'un pays nordique et vous verrez que le fouet de sauna fait partie de l’équipement... et honnie soit qui mal y pense !

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    1. Je ne suis jamais allée dans un sauna. Il y a des fouets là-dedans???

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    2. Dans les pays scandinaves ainsi qu'en Russie, oui. Ce sont des espèces de bouquets de jeunes branches de bouleau dont on se sert pour se fouetter après le bain, ça réactive la circulation sanguine, il paraît. Il ne s'agit pas de se faire mal avec, bien entendu.

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  2. Disons quand on avait comme moi des grands frères malintentionnés envers leur petite sœur, il arrive que ces verges de boulot ne servent pas seulement à activer la circulation sanguine. Ce n'est pas bien méchant comme « fouet », mais quand on se prend entre gamins une claque à pleine volée sur les fesses, cela se remarque...
    Comme dit Constance le fouet du sauna, le vrai, est fait avec des jeunes branches de boulot. A ne pas confondre avec ce qui se vend dans certains pays nordiques sous cette dénomination et qui sert tout simplement aux jeux de fessée entre adultes.

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  3. Merci beaucoup,Constance et Isabelle, pour toutes ces précisions. J'avoue n'avoir jamais été dans un sauna. Donc voici une petite explication pour ceux qui, comme moi, ignorent tout de cette pratique...

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