jeudi 6 décembre 2012

Soirée de gala




On sonne à la porte. Je me précipite pour ouvrir et tu apparais, en retard, comme d'habitude... Comme que tu es beau dans ce costume. Mon cœur vacille, j'en reste sans voix. Tu me regardes en souriant. Tu es parfaitement conscient de l'effet que tu me fais, que tu fais à toutes les femmes… ou presque, enfin, je crois… enfin, je m'en fiche! Ce soir, c'est avec moi que tu as choisi d'être. Et moi aussi je suis jolie, dans ma robe en velours et ma grande étole. Je sais que tu apprécies, tu as le regard qui pétille. Je ne suis plus si sûre de vouloir sortir... Mais arrêtons là les rêveries, il est temps de partir! Tu veux prendre ta voiture mais je refuse, nous n'y serons jamais à temps. Il vaut mieux prendre le RER. Je vois que tu fais la grimace. Tu as horreur des transports en commun, mais je t'entraîne et tu n'as pas le temps de protester. Nous franchissons les tourniquets au moment où le RER déleste tout son flot de voyageur sur le quai. Je te fais signe que non, je ne peux pas courir avec mes chaussures à talons, nous devrons attendre le prochain train. Au moment où nous arrivons sur le quai, il est presque désert. Personne ne s'est attardé là, il fait trop froid. Tu m'attrapes par la taille, ta main glisse sur mes fesses, ta bouche s'approche de mon oreille. 

« Tu mériterais une bonne fessée! » 

Non, non, non, M. Parker, vous ne m'attraperez pas dans votre toile aussi facilement! J’essaie de penser à autre chose, de ne plus t'écouter. Heureusement, le train arrive et je me précipite dans la rame. Tu viens t’asseoir à côté de moi et tu me regardes en coin. Je vois à ton petit air amusé que tu penses avoir gagné la partie, mais c'est mal me connaître. Je suis beaucoup plus forte que tu ne le penses, même si j’ai les fesses qui frissonnent, du coup. Non, c’est le froid… il fait un froid polaire dans ce wagon! 

Le voyage est rapide. En sortant de la station, nous nous retrouvons devant les vitrines des grands magasins. Je m'attarde un peu devant les peluches et les poupées animées qui me rappellent mon enfance, quand nous nous pressions là, en rang d'oignons, contre les balustrades en bois. Mais quelques petites tapes sur la fesse me rappellent vite que nous sommes en retard et effectivement, nous avons beau nous presser, nous arrivons dans les derniers. Il y a foule, il semble bien qu'aucun des employés n'aient décliné l’invitation! Tu es vite happé par tes collègues de bureau. Ça m'énerve, mais c'est inévitable, c'est le gala de l'entreprise après tout. J'aurais quand même aimé t'avoir pour moi toute seule en ce lieu magique… Je regarde autour de moi pour essayer de trouver quelques têtes connues. J’aperçois M. Lourdingue. Lui, il faut que je l'évite, il me met mal-à-l’aise. Est-ce parce qu'il m'a dit l'autre jour que « mon ex m'avait bien dressée »? Bien dressée, pour qui me prend-il? Je ne suis pas une chienne! Du coup, j'ai paniqué. Cela se verrait-il que j’ai quelques tendances à la soumission dans ma vie intime? Bon, très légère la soumission, et uniquement dans ma vie intime… Est-ce que ça se lit sur mon visage? Tiens, il y a un groupe qui part pour une visite guidée, je vais m'y rattacher… 

La soirée se passe et je m'ennuie. J'ai envie d'être avec toi mais tu es toujours entouré de tes jeunes collègues. Nos regards ne font que se croiser. Tu adores faire le coq et tu sais que ça m'énerve. Plus le temps passe, plus je suis en colère contre toi et plus j'ai envie d'une fessée... Non, ça je ne dois pas y penser! M. Lourdingue vient se joindre à notre groupe. Tant mieux, je sais que tu te méfies de lui depuis que je t'ai raconté le genre de remarques stupides qu'il me faisait parfois. Peut-être que tu vas enfin te décider à me rejoindre… Non! Bon, il faut dire que tu es en pleine discussion avec l'un des grands directeurs, maintenant. Je sais bien que l'on ne doit pas s'afficher ensemble, mais tout le monde le sait de toute manière... Je commence à être fatiguée, j'ai envie de rentrer. M. Lourdingue me propose de me raccompagner chez moi. Minute, faudrait-pas qu'il s'imagine pouvoir aller plus loin... Non, il habite à côté de chez moi, en fait, c'est sur son chemin. J'accepte la proposition, tout en veillant bien à ne pas envoyer de signaux qui pourraient laisser penser à M. Mégatonne qu'il pourrait obtenir davantage...  Je ne sais pas si tu nous vois partir, mais je l'espère. Ça t'apprendra à m'avoir boudée toute la soirée! 

De retour à la maison, je me sens profondément triste. Je me réjouissais de cette soirée, notre première sortie, même si elle était professionnelle… un vrai fiasco! Je vais dans la cuisine me préparer une infusion lorsque j'entends sonner à la porte. C'est toi! Je me jette dans tes bras. 

« Je suis heureuse que tu sois là! » 

Ton regard est impénétrable. Je ne sais pas si tu es heureux ou en colère... mais une chose est certaine, le gala ne fait que commencer!








10 commentaires:

  1. Latis6/12/12

    J'aime!!!
    Et là, c'est certain, tu vas avoir moins froid que dans le RER...

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    1. C'est certain, pas besoin d'infusion, finalement... :)

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  2. Il fait gris, il fait froid, moment idéal pour lire des belles histoires. J'ai toujours séparé vie privé et vie professionnelle, alors j'aime bien lire ce que je ne connais pas. Votre récit me paraît de plus crédible, puis un happy end. Très important pour me plaire.

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    1. J'ai connu presque tous mes amoureux au travail, sans doute parce que j'ai toujours travaillé dans de très grandes entreprises où l'on pouvait être collègues sans jamais travailler ensemble (et même sans se voir chaque jour). Cette histoire là a été sans doute la plus belle, en tout cas celle qui m'a fait le plus chavirer. Il y en a 1 ou 2 autres épisodes déjà publiés sur le blog, d'ailleurs. Peut-être en écrirais-je plus, mais j'avoue que cela me rend à chaque fois un peu trop nostalgique, donc si j'ai le courage...

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    2. Je suis comme Isabelle; je sépare... Même si un de mes collègues m'ouvre grands ses bras depuis plusieurs semaines. Le mélange de deux existences me semble si inconcevable... Et puis en fait, il ne me plait pas trop ce collège (explication plus juste sans doute), mais ce dot être amusant...Je suis trop sérieuse!

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    3. Quand on travaille dans un grand centre, la probabilité est tout simplement plus grande de rencontrer quelqu'un qui vous plaise au travail plutôt qu'en dehors. Maintenant, si vous ne travaillez pas dans le même département, cela ne change pas grand chose. Vous ne vous voyez pas forcément très souvent sur ce lieu et de toute manière ce n'est pas un lieu de flirt... Le seul danger, en réalité, serait de parler boulot à la maison, là il faut un peu se discipliner!

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    4. Je me demande pourquoi ta dernière phrase m'a fait sourire...

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    5. Tiens, on dirait qu'une règle vient d'être décryptée... :)

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  3. Panique25/10/13

    Tiens, je m'attendais pas à trouver, dans ton charmant blog, une image comme celle-ci: le plafond de l'Opéra Garnier!! 0-0

    Ça réveille des tas de souvenirs en moi... pas aussi excitants que les tiens xD

    Va, assez de rêveries. Bon week-end à tous.

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  4. Bravo, Panique, il s'agissait bien d'une belle soirée à l'opéra Garnier, ce soir là. Du moins, une soirée qui s'est bien terminée... :-D

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