jeudi 31 janvier 2013

A la recherche d'une thérapie



Qui n’a jamais essayé de se débarrasser, un jour ou l'autre, de ce besoin d'être fessé?

S’il est vrai que cet acte nous procure un immense plaisir, aussi bien physique que psychologique, il n'en demeure pas moins vrai que, sauf à avoir trouvé le partenaire idéal qui partage le même fantasme que vous, ce besoin peut vite devenir un fardeau dans votre vie sentimentale. Parce qu'une liaison amoureuse ne naît généralement pas du partage d'un fantasme sexuel, on se retrouve rapidement pris au piège entre un besoin non satisfait qui nous rend malheureux et un partenaire que l'on aime mais dont on ne partage pas les mêmes rêves érotiques. 

Existe-t-il une thérapie qui nous permettrait enfin de nous détacher de cette envie, de ce besoin, d'être fessé? J’avoue ne jamais avoir osé franchir les portes d'un psychothérapeute. Peut-être parce que ce mot me faisait peur? Peut-être aussi parce qu'au fond de moi, je n'ai jamais eu suffisamment envie de rompre définitivement avec la fessée, même si je sais pertinemment que cela me rendrait la vie plus facile. En tout cas c'est un peu dans l'espoir de trouver une réponse à cette question que je suis allée voir le film de David Cronenberg, sorti fin 2011, "A dangerous Method". 

Pour ceux qui n'en auraient pas entendu parler, voici la bande annonce du film. 



Ce film retrace l'histoire d'une jeune femme russe, Sabina Spielrein, qui est internée en hôpital psychiatrique pour cause d'hystérie et qui fût soignée par C.G. Jung.
Elle étudiera par la suite la médecine, travaillera avec C.G. Jung et S. Freud et deviendra à son tour une pionnière de la psychanalyse en Russie (on lui doit notamment la théorie de "la destruction comme cause du devenir"). Sa mort sera tragique, elle sera fusillée avec ses deux enfants dans une synagogue,  en 1942. Mais ce film se veut avant tout le reflet des relations et des idées qui unirent, puis désunirent, les deux pionniers de la psychanalyse que furent Freud et Jung.

Au début du film, Sabina souffre de graves troubles hystériques, provoqués, semble-t-il, par la fascination et l'excitation sexuelle qu'elle ressent et qu'elle tente désespérément de réprimer, à l'évocation de châtiments corporels. Ce comportement s'expliquerait par les corrections abusives qu'elle aurait reçues, enfant, de la part de son père.

Carl Jung réussi, grâce à ce tout nouveau traitement par la parole qu'était la psychanalyse à cette époque là, à guérir Sabrina de ses troubles hystériques. La jeune femme est si bien soignée qu'elle finit même par devenir l'assistante de son docteur, puis sa maîtresse. Et c'est là que les choses se gâtent, pour moi tout du moins, puisque dans ses relations amoureuses avec Jung , Sabrina ne peut s'empêcher de demander à son amant de la corriger (ce à quoi procède Jung sans état d’âme). En passant, cela donne deux scènes de fessée dans le film. Mais n’allez pas le voir dans le seul intérêt de visionner ces scènes, je pense que vous seriez déçus. 

La conclusion de tout cela serait-il que la psychanalyse permettrait de soigner les troubles psychologiques engendrés par notre fantasme, troubles d'autant plus forts que l'on essaierait de le refouler, mais ne pourrait nous guérir du fantasme lui-même?
En vérité, les relations sado-masochistes de Jung et Spielrein ne reposent sur aucune preuve historique. Il semblerait que ce ne soit qu'une extrapolation (un fantasme?) de Cronenberg, bien que les sévices subis par Spielrein de la part de son père et les crises d’hystérie qui en ont résulté ont bien été réels.

Donc aucune leçon à tirer de tout ça. Je ne sais toujours pas si la psychanalyse me permettrait de me défaire de mon envie de fessée. Mais ais-je vraiment envie de le savoir?

23 commentaires:

  1. Je crois qu'Isabelle serait plus compétente que moi pour en parler... Mais, à part toutes les différences entre Jung et Freud, et toutes les bizarreries personnelles de Jung (croire dur comme fer aux revenants n'est pas la moindre), il me semble que faire disparaître le fantasme n'est pas vraiment le but de la psychanalyse. Il a réussi à guérir les symptômes "hystériques" en rendant consciente leur origine. A partir de là, il pouvait considérer la mission accomplie. Et je ne suis pas sûr qu'on puisse vraiment faire disparaître ce genre de fascination sans effets secondaires importants.

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    1. S'il n'existe aucun moyen de faire disparaître cette envie sans effets secondaires importants, cela condamne les personnes qui ont ce fantasme et qui aiment un partenaire "vanille", soit à une vie bancale, soit à tromper leur partenaire (ce qui, à mon avis, ne rend guère plus heureux). C'est quand même triste.

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  2. Comme j'ai aimé les derniers films de Cronenberg et que j'apprécie énormément l'acteur
    Viggo Mortensen, je n'ai pas loupé le film.

    Le film se veut avant tout être un thriller (ce que le réalisateur fait très bien), avec ici une toile de fond et des aboutissements différents. Mais ça reste un thriller, donc le film ne cherche pas a répondre a des questions.

    Pour le reste, je suis (une fois de plus) assez d'accord avec Simon!

    PS: Je l'ai en DVD, donc pour ceux qui ne l'ont pas vus ou qui aimeraient le revoir, on peut se faire une soirée "Dangerous Method" sur mon canapé! ;o)

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    1. Prenez ce DVD avec vous sur le tapis volant, j'ai un canapé, moi-aussi!
      Ma télé ne marche plus, mais je connais le film par coeur, rassurez-vous!
      Ah, j'oubliais, j'avais bien écrit quelque part que j'aimais la ceinture... mais sans trop d'excès, je crois... :)

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  3. Latis31/1/13

    Voilà un sujet que je connais très, très bien pour avoir vécu cela de près. Je vous parlerai peut-être un jour de mon psy (il ne m'a pas fessée, non, non...)
    En tout cas, je l'ai croisé l'an dernier, lui ai demandé si il avait vu ce film
    "Oui"... A t-il répondu
    "Et vous avez pensé à moi?"
    "euh... Oui"

    Ce serait un post amusant, ça. Trèèès perso mais amusant!

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    1. Oui, ce serait sans doute un post très personnel, mais je pense que tout le monde serait intéressé de connaître l'avis d'un psychothérapeute sur notre fantasme et surtout s'il peut apporter une quelconque aide à ceux qui ne peuvent le vivre sans sacrifice.

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  4. Il est excellent votre post, Amandine Sans avoir vu le film je me sens très bien informée !

    Je pense que ce lien pourrait apporter quelques éléments de réponse. Toutefois il parle de prendre contrôle sur le fantasme. Ce qui me semble non négligeable.

    http://www.jcomtesexo.ca/fantasme_obsessionnel_de_fessee.htm

    Voici ce qui m'a confié un analyste : « Faire une analyse m’a appris que je ne me débarrasserais jamais de cette passion. »

    Personnellement j'en conviens. Un penchant pour la fessée me semble aussi naturel chez certaines personnes que l'homosexualité chez d'autres.

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    1. Merci pour ce lien, Isabelle!
      Il semblerait effectivement que l'on arrive à soigner le caractère obsessionnel du fantasme s'il existe, mais que l'on ne puisse guérir du fantasme lui-même. Tant pis! Si j'ai eu, à un moment de ma vie, envie de ne plus avoir envie, je ne suis plus dans cette quête à présent! :)

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    2. Je trouve l'expression « Faire une analyse m’a appris que je ne me débarrasserais jamais de cette passion. » très pertinente. Je pense qu'un travail de psychanalyse ou de psychothérapie vise plus à comprendre nos fantasmes, notre "fonctionnement", et de ce fait à nous donner des clés pour orienter nos actes de manière à vivre plus sereinement. Vouloir "guérir" ou se débarrasser d'un fantasme comme but premier me parait être effectivement une fausse piste ... après, je peux imaginer que dans certains cas cela puisse évoluer ou disparaitre en fonction du chemin parcouru ... mais ce n'est pas non plus un but en soi ;-)

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    3. Je ne sais pas si on arrive à guérir de ce désir. Peut-être, si l'on vit une très très mauvaise expérience... et cela me fait froid dans le dos! Mais non, mais à part ce cas très particulier, je ne pense réellement pas que nous puissions en guérir. Alors à nous de trouver la voie pour le vivre au mieux, sans que cela ne gâche notre vie pour autant. Je pense que cela demande un peu de recul et de réflexion, et l'écriture de ce blog m'aide beaucoup en ce sens :)

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    4. Pour ma part, après l'avoir refoulé très longtemps, l'assumer m'a ouvert des voies de développement personnel que je ne soupçonnais pas ... plutôt que de lutter contre la vague et risquer de se noyer, se laisser porter par elle m'a permis d'aller plus loin explorer des rivages inconnus ...

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    5. Oui, mais encore faut-il surfer sur la bonne vague (et là, il faut bien se connaître), parce que sinon on risque de plonger et de boire la tasse... :)

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    6. Oui, il faut commencer par les vaguelettes qui caressent avant d'aborder les grandes vagues qui claquent ;-) et toujours prévoir une planche de surf ... euh ... de salut :-)

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  5. J'sais pas quoi dire...

    Ma douce ne partage pas mon fantasme de punition (? Elle ne le connait pas).
    Je me contente donc d'une "vie bancale"... Mais bancale n'est pas malheureuse... Je connais des gens qui le sont bien plus que moi (mais je ne connais pas leurs fantasmes, assouvis ou non...)

    Verrai-je un psychothérapeute ? Non jamais... Pour me débarrasser de mon fantasme ? Lol ! Ca va pas, non ?

    Verrai-je le film de Cronenberg ? Euh, c'est pas une bonne question, ça... Bien sûr, parce que c'est un film de Cronenberg ! S'il faisait une biographie de Chantal Goya, j'irai quand même le voir ! (Mais elle, sûrement pas...)

    Si les fantasmes de Cronenberg s'expriment de nos jours au travers de deux petites fessées, c'est que le bonhomme est bien calmé... Vous devriez voir Videodrome, Crash ou Le Festin Nu...

    Ou celui qui me noue le ventre : Dead ringers (Faux Semblants)

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    1. Oui, en fait le film est sage et a pas mal essuyé de critiques à sa sortie. On a notamment reproché à Cronenberg d'avoir répondu à une commande sans d'y être investi lui-même. Il n'en demeure pas moins que les images sont très belles et j'ai beaucoup apprécié le jeu des acteurs. Mais si vous êtes fan de Cronenberg, je ne suis pas certaine que ce film vous emballe.

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    2. J'ai même un fameux doute qui explique que je ne l'ai pas encore regardé :-)

      Comme beaucoup, il s'assagit et tente de rentrer dans le système (mais au moins il n'a pas encore tenté la "daube pour ados et familles en 3D" comme Scorcese...) Il a tout de même de beaux restes et "History of Violence" est très bien.

      Mais bon, Viggo Mortensson mérite en général le détour... Et un scénario de Christopher Hampton ne se refuse pas (même si on s'attend davantage à le voir tourné par un Stephen Frears que par un Cronenberg !!)

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  6. Je n'ai vu que quelques passages de ce film mais j'aimerais beaucoup le voir car j'adore Cronenberg et aussi
    Viggo Mortensson! En ce qui concerne la thérapie je sais ce qu'il en est pour moi mais je ne pourrais parler en professionnel ou au nom de tous et je n'ai jamais voulu me débarrasser de mes fantasmes ou de mes envies de fesses car lorsque je suis parvenu à savoir qui j'étais, ce que je voulais, ce que je ne voulais pas en tant que femme adulte vivant pleinement ma sexualité, mes envies et fantasmes réalises j'avais trouver mon équilibre et j'ai rencontre mon fiancé qui bien que plus âgé que moi n'avais jamais essayé mais nous avons discuté et je l'ai tendrement initié et cela devait déjà " dormir " en lui car cela fait longtemps maintenant et nous sommes heureux et épanouis en tout point. Je pense qui faut essayé de parler de ses fantasmes et de ses envies a la personne avec qui nous partageons le plus car au moins les choses sont dits parfois essayé puis adopté ou pas mais c'est très important et cela évite beaucoup de frustration

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    1. Je partage entièrement votre réflexion, Sofia Aloa. J'ai presque toujours avoué cette envie d'être fessée à mes compagnons. Parfois je n'ai pas osé, par peur de sa réaction. Mais la plupart du temps, je l'ai avouée et la réaction de mes partenaires n'a pas jamais été aussi négative que je ne le craignais. Mais si cette envie n'est pas également en eux, le jeu tourne vote court et je pense qu'il crée davantage de problèmes dans la relation qu'il n’en solutionne. C’est pourquoi il m'est arrivé d'espérer réellement "guérir" de ce fantasme, mais je sais maintenant que c’est illusoire. Alors autant le vivre du mieux possible!

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    2. Mieux vaut être clair sur ses besoins ... plutôt que de vivre quelque part "incomplet" ... Si l'envie de l'autre n'est pas là, si c'est rédhibitoire ... si l'autre ne comprend pas ... et que c'est insupportable pour lui ... aujourd'hui ma philosophie est que cela ne vaut pas en général la chandelle de continuer à tout prix ... même si par ailleurs cela peut poser d'autres difficultés ... notamment pour rencontrer un partenaire avec qui partager autre chose que ce fantasme ... mais gardons espoir, la moitié des françaises de moins de 35 ans - et 25% tous âges confondus - ont déjà pratiqués la fessée selon la dernière enquête de Femme actuelle :-)

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    3. Je ne crois pas une minute aux résultats de ce sondage. Mais il faut bien un peu de sensationnel pour vendre du papier, n'est-ce pas? Ou alors je n'ai vraiment pas eu de chance dans le choix de mes compagnons. Bon, de toute façon j'appartiens à la classe des plus de 35 ans! :)

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    4. Oh ... bien sûr à prendre avec précaution, car est peut-être considéré comme une fessée une simple claque amicale sur les fesses ... ou un simple essai d'une pratique parmi d'autres ... mais la tendance est positive apparemment par rapport à un sondage d'il y a quelques années, et je crois effectivement à une certaine ouverture sur des fantasmes jugés pervers ou sulfureux il y a disons 20 ou 30 ans.

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  7. Moi je crois qu'il y à plus de femmes qui ont essayé ou " sur qui " quelqu'un a essayer mais entre la pudeur, le fait de ne pas aimer cela ou le côté féministe font que les femmes ou les hommes ne disent pas tout ou mentent carrément dans ce type de sondage j'appartiens a la génération des moins de 35 mais si on m'avait demander il y 15 ans, j'aurais dit non et que celui qui tente se serais retrouvé avec ma main ou mon poing sur la figure et pourtant tout au fond de moi ces types d'allusions l'excitais beaucoup mais je ne l'aurais même pas admis à moi-même!

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  8. En tout cas psychanalyse ou non, vous vous dispersez cher Sam!

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