jeudi 3 janvier 2013

Jouer à la poupée



La période de fin d'année semble favorable à la résurgence de quelques souvenirs d’enfance… 

Dans celui-ci je devais avoir 7 ans. C’était le jour de l'enterrement de mon grand-père (pas de grande tristesse, je ne le connaissais qu'à peine). Nous étions dans la maison de ma grand-mère. Les enfants étaient montés jouer dans les chambres à l'étage, tandis que les adultes discutaient et se restauraient en bas. 

Nous n'étions que six enfants, répartis en trois fratries garçon/fille. Si je connaissais très bien mes cousins pour passer la plupart de mes vacances avec eux, je ne connaissais pas l'autre fratrie. C'étaient de grands enfants blonds aux yeux bleus, à l'air visiblement très sûrs d'eux. Le garçon, surtout, s'imposait en "chef de bande", probablement parce qu'il était le plus âgé de tous (les filles étaient âgées de 7 à 8 ans, les garçons de 10 à 12 ans). 

Il avait décidé que nous jouerions au docteur et avait amené avec lui toute une panoplie d'instruments en plastique : stéthoscope, marteau à réflexes, thermomètre, seringue, scalpel, pinces… tout le nécessaire pour examiner, ausculter, opérer et soigner ses patients. 

J’étais d'autant plus impressionnée que ses parents travaillaient dans le milieu médical, donc nécessairement, pour la petite fille que j'étais, il était "presque" médecin lui-même ! 

Il décida que les filles seraient les patientes et les garçons les médecins (mais en fait, les deux autres garçons ne jouèrent pas grand rôle et se contentèrent de regarder). Nous devions nous déshabiller entièrement pour qu'il puisse nous examiner. Et comme j'étais la plus jeune (ou plutôt, avec le recul, comme j'étais la seule fille qu'il ne connaissait pas) je devais être la première patiente. 

Me mettre toute nue devant les autres enfants ne me gêna nullement. J'avais l'habitude de me montrer nue devant mon frère (et de le voir nu lui-aussi) puisque nous partagions la même chambre et que nous prenions même notre bain ensemble le soir ("mon dieu !" s'écriraient les parents d'aujourd'hui). Mais dans les années 70, la nudité n'était pas aussi taboue que de nos jours.

Il écouta donc mon cœur, vérifia mes réflexes, pris ma température (!?!) et déclara que je devais être opérée sur le champ. Allongée sur le dos, mon ventre fut donc découpé de part en part, avant d'être recousu… et que les adultes nous appellent car il était grand temps de partir à l'office !

Je me rhabillais donc en vitesse avant de rejoindre mes parents, qui ne tardèrent pas à me demander ce que nous faisions là-haut. 
Et moi d'expliquer, en toute naïveté...
Je me souviens de la surprise et de l'incompréhension avec lesquelles  j'avais entendu leur réaction :
- Il n'a pas froid aux yeux celui-là !
- Pas étonnant, avec la mauvaise éducation qu'il reçoit...
Je ne comprenais pas ces mots, j'avais pourtant passé un merveilleux moment à me sentir comme une sorte de "poupée vivante"...  Et même plus de 30 ans après, je me souviens toujours du plaisir avec lequel j'avais vécu ce moment-là.

Et lorsque je joue à la fessée, du moins dans les moments qui précèdent celle-ci, lorsque j'ai accepté d'être punie et que je dois obéir à mon partenaire, je ressens toujours cette même sensation que j'avais éprouvée, ce jour là...


2 commentaires:

  1. Les opérations c'est jamais anodin: 30 ans après, il en reste encore des séquelles! ;o)

    Merci de nous raconter ce mignon petit souvenir de "jeux interdits" et
    surtout d'en faire le parallèle avec nos "pratiques bizarres" d'adultes consentants.
    Car je pense également que dans les jeux de fessées (ou autres pour d'autres personnes), il y a en partie le désir enfoui de retrouver nos
    premières émotions qui furent souvent inattendues et la légèreté de l'enfance.
    Des choses qu'on ne se permet plus dans l'adolescence (il y a d'autres passe-temps) et qui finissent par ne plus du tout faire partie de notre monde quand on est adulte (et parce que c'est un boulot a plein temps que d'être adulte)

    Sauf que, quand on découvre que d'autres personnes partagent les mêmes fantasmes tel que la fessée. Le temps d'une rencontre ou plus, le fameux "Et on dit que... " reprend tout son sens! :)

    Amandine, vous qui semblez aimer une certaine chanson française, vous connaissez "l'âge d'or" d'Emly Loizeau?
    Si c'est pas le cas, ça devrait vous parler! ;)



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    1. Merci beaucoup pour ce très beau commentaire! Je ne connaissais pas "L’âge d’or" d’Emily Loizeau, quelle belle chanson, quelle jolie voix… et forcément ce merveilleux texte… :o) Je vais essayer de la mettre dans le message...

      Je pense comme vous qu'une grand part de la magie du jeu de la fessée vient de ce que nous puissions, l'espace d'un instant, redevenir des enfants, sans crainte du présent, du passé ou de l'avenir, et comme à cette époque, vivre les choses pleinement, sans se préoccuper de rien d'autre … même si c'est "pour de faux"… et même si nous sommes heureux de nous retrouver ensemble, en tant qu'adultes, à la fin… ;o)

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