dimanche 6 janvier 2013

Plaisir, si l'on te recherchait...

Aujourd'hui pas d’article sur la fessée, donc celui-ci sera à classer dans "d’autres errances", pourtant pas si éloignées… parce que la fessée est avant tout basée sur la recherche du plaisir, et que pour l’atteindre, il faut déjà bien se connaitre!

Donc petit constat des lieux sur le plaisir féminin. Encore une fois, n’est exposée ici que ma seule et unique expérience, n’en tirez surtout aucune généralité. 

Donc pour les filles qui, comme moi, ont débuté leur vie sexuelle avant l’avènement d’internet et du sex-toy pour toutes, comment ça se passait? 
Et bien, tout dépendait du partenaire, je suppose… car à l’époque, avant de passer à la pratique, nous n’avions quasiment aucune connaissance sur le plaisir féminin. Les cours dispensés à l’école se limitaient à l’aspect "reproduction" de la sexualité, donc si le fonctionnement du pénis était assez largement abordé, absolument rien n’était dit sur le clitoris ou sur tout autre "organe" du plaisir, tel que ce mystérieux point G dont nous discutions plus ou moins en cachette, tout en restant quelque peu sceptiques sur sa réelle existence (après tout, on nous avait déjà fait le coup du père Noël…). 
Et puis leur pénis, les hommes l’avaient bien en main depuis leurs plus jeunes années... tandis que nous, pas question de fourrager nos doigts la dedans. Tout ce qui est caché est sale, c'est bien connu! Il y avait bien quelques petits frottements, mais rien de plus, et surtout rien de suffisant pour comprendre comment ça fonctionnait vraiment. 
Mais, après tout, ce n’était pas grave puisqu'on nous rabattait les oreilles que « le plaisir féminin, c'est avant tout dans la tête! ». Et puis c'était à l’homme de nous le procurer (quelle responsabilité, quand on y repense, pour ces jeunes hommes qui, tout comme nous, démarraient tout juste leur sexualité!), donc pas d’angoisse… oui, sauf que si vous ne tombiez pas sur le "bon", c’est toute votre libido qui était remise en cause! Je me souviens de l’un de mes premiers petits copains qui m’avait dit un jour « Putain, toi t’es un vaginale! » (oui, je sais, c'était pas un poète...). Et paf, toute ma libido détruite en deux secondes… non seulement j'étais une pauvre cinglée parce que je rêvais d’être fessée, mais en plus j'étais "une grosse salope" de vaginale plutôt d’une "douce et pure" clitoridienne... Dur, dur, croyez-moi, d’avoir confiance en soi après ça! 

Et dire qu'il a fallu attendre les années 2000 (!) pour comprendre que tout cela n'était que pure foutaise. Qu'il n’y avait pas plus de vaginale que de clitoridienne, que le plaisir féminin avait des causes biologiques tout autant que psychiques, et que le vagin, le point G et le clitoris pouvait être compris dans une seule et même fonction biologique du plaisir… le siècle des lumières était enfin arrivé, que dieu la science en soit louée… ou plutôt, les chercheurs australiens qui furent les premiers à obtenir une première image de ce qu'était vraiment cet organe que l'on appelle le clitoris, suivi en 2005 de sa première imagerie en RMN. La France ne commença à s’intéresser à cette question qu'en 2009-2010, grâce aux travaux de deux médecins, le chirurgien Pierre Foldès (spécialisé notamment dans la reconstruction des clitoris après excision) et la gynécologue Odile Buisson, qui ont réalisés les premières échographies du clitoris (et même du coït), alors que le plaisir féminin demeurait encore un sujet tabou pour l’Université française (et donc travaux pour lesquels ils n’obtinrent aucun crédit public...). 

Alors ça ressemble à quoi un clitoris? Et bien, si vous en êtes restés à l’idée du "petit bouton" ou du "petit pénis", vous avez un TGV de retard… le clitoris est en fait une sorte de grand oiseau formé de 2 ailes de corps caverneux de 12 à 15 centimètres de long (tout aussi long qu'un pénis, donc), qui remontent pour former le gland clitoridien (seule partie visible du clitoris, le fameux "petit bouton") et 2 corps spongieux qui enserrent la partie avant du vagin (et qui se gonflent pour l'enserrer totalement lors du coït, ce que l’on prenait autrefois pour le fameux "point G"). 


Sur les images suivantes, le complexe clitoridien est représenté en jaune, tandis que le système urinaire et reproducteur est en bleu.


Les vieux clivages d’autrefois n’avaient donc pas lieu d’être, la stimulation du vagin stimule tout autant le complexe clitoridien. Il reste bien sûr encore beaucoup de travaux de recherche à effectuer pour comprendre pleinement le fonctionnement "biologique" du plaisir féminin, et comme nous l'explique le Docteur Buisson dans la vidéo ci-dessous, l’Université française n’est pas encore prête à dépenser le moindre euro dans l’étude de cet organe qui, en fin de compte, ne sert qu'à jouir… 
Et il faudra sans doute attendre encore de très nombreuses années avant de voir arriver sur le marché, à l’instar de nos partenaires masculins, une petite pilule rose sensée en soigner les troubles du fonctionnement! 

Si ce sujet vous intéresse, je vous engage donc à regarder cette petite vidéo, et si vous souhaitez en savoir un peu plus, je peux vous conseiller la lecture du livre du docteur Odile Buisson « Qui a peur du point G ? : Le plaisir féminin, une angoisse masculine » aux éditions Jean-Claude Gawsewitch.





6 commentaires:

  1. Mais ça me donne des idées, tiens...

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  2. C'est drôle, je voulais hier écrire un truc sur le clitoris, explique sa découverte, les bienfaits de la lecture du rapport Hite et mes premières approches, et tu me devance en me coupant l'herbe sous le pied. D'autant que l'illustration choisie était la même, très clinique...

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  3. Il ne faut surtout pas que cela te coupe l'herbe sous le pied, Stan, ton public est infiniment plus large que le mien et les avis/vécus masculins sur le sujet sont très intéressants (et très rares, à ma connaissance).
    Quant aux illustrations de la conception "moderne" du clitoris, il n'en existe pas beaucoup sur le marché... et ces imageries, bien que très "scientifiques", sont ma foi très jolies.

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    1. "Une grosse salope de vaginale"??? Naaan???
      Mince... Moi aussi, alors! :-) Et je suis aussi une cinglée qui aime la fessée. C'est grave?
      Je connaissais déjà l'anatomie de la chose, mais il est vrai que le dessin est bien joli.

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    2. Nan, c'est pas grave, tu sais, on s’y fait très bien, à la longue… :-D

      De ce genre de remarques crétines, j’en ai bien ri, par la suite (je pense que je devais être la première femme qu'il arrivait à faire jouir en fait, hé), mais j'avoue que sur le coup ça m'avait quand même bien perturbée… les méfaits de l'ignorance!

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  4. Ces schémas, quand on les compare, ne sont pas d'une grande clarté.
    Le corps spongieux parait enserrer chaque côte du vagin sur la première image ; il parait l'entourer sur la deuxième (vue de dessus ?) et parait entourer le rectum sur la troisième.

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