mardi 1 janvier 2013

Un long week-end de solitude

Un petit récit pour débuter l’année… 



Elle était assise à son bureau. La nuit était tombée depuis bien longtemps déjà mais elle n'avait aucune envie de rentrer chez elle. Cette journée avait été horrible. Parce qu'elle avait peur de la solitude, elle l'avait subi de plein fouet, et encore bien davantage qu'elle ne l'avait craint... Elle s'était emportée quand il lui avait annoncé, au petit déjeuner, qu'il ne passerait pas le week-end avec elle. Elle lui avait dit ses quatre vérités (mais était-ce vraiment des vérités?) et avait claqué la porte en partant, tant pis pour les voisins. Elle devait avoir sa tête des mauvais jours car aucun de ses collègues n'avaient osé franchir la porte de son bureau… une journée de solitude, en somme, qui augurait bien du week-end qui allait suivre... 

Le téléphone se mit à sonner. Qui pouvait bien l'appeler à cette heure? 

- Allo? 

- C'est moi… qu'est-ce que tu fais encore là? 

C'était lui, sa voix était calme et douce… mais elle sentit monter à nouveau en elle cette satanée colère. 

- Qu'est-ce que cela peut bien te faire? 

Et elle raccrocha le combiné. Que faisait-il encore ici, lui aussi? Elle se retourna et vit qu'une lumière s'échappait du bâtiment situé de l'autre côté du parc, à l'emplacement exact de son bureau. Il n'était donc pas rentré, lui non plus. Pourtant tous les autres bureaux étaient éteints, il faut croire qu'ils étaient les deux seuls à s'être attardés si tard, un vendredi soir, sur le centre. 

Le téléphone sonna à nouveau, mais elle préféra ne pas répondre. 

Cinq minutes plus tard, la sonnerie du téléphone retentit encore une fois. Devait-elle répondre? Ça ne servait à rien de faire l’autruche de toute façon, elle devrait bien, à un moment ou à un autre, l'affronter à nouveau… 

- Allo? 

- Pour une fois, j’ai laissé passer tes excès ce matin, mais maintenant ça suffit. Tu mérites une bonne fessée et tu le sais très bien. Viens immédiatement dans mon bureau! 

- Ou quoi? Oups, qu'est-ce que cette voix de petite fille? Décidément  à chaque fois qu'il haussait le ton, elle n’arrivait plus à contrôler sa voix. Elle aurait voulu lui aboyer à la figure mais voilà que c’était cette stupide petite voix qui prenait le dessus à nouveau... 

- Ou je viens te chercher par la peau des fesses, et crois-moi tu vas le regretter! 

Cette fois, c'est lui qui lui a raccroché au nez. Que faire? Capituler et y aller? La situation lui échappait complètement et elle n'arrivait pas à réfléchir posément. Ce qui était sûr, c'est qu'elle n'avait aucune envie de le voir débouler dans son bureau, même s'il n'y avait plus personne dans le bâtiment depuis des heures. 

Elle poussa un soupir, rangea ses affaires, éteignit la lumière et referma la porte de son bureau. Au moment où elle traversait le parc, elle ressentit le vent frais sur son visage et en eu des frissons. Ou étais-ce l'appréhension? Elle ne savait pas au juste. Elle pénétra dans le bâtiment immense et froid qui abritait le bureau de son amant. Ce devait être un ancien laboratoire du KGB tellement il était austère et lugubre. A chaque fois qu'elle y pénétrait, elle avait l’impression d’entrer dans le vaisseau Enterprise (pour y rejoindre le capitaine Kirk, bien sûr… enfin, ce soir ce serait plutôt M. Spock, à bien y réfléchir… avec ses gros sourcils noirs réprobateurs!). 

Elle pénétra sans frapper dans son bure au et fût surprise de le découvrir au téléphone. Avec qui pouvait-il bien discuter à cette heure? Un client visiblement. Il lui fit signe de se retourner et d'aller coller son nez contre le mur qui faisait face au bureau. Devait-elle lui obéir? Et si quelqu'un rentrait, un gardien ou une femme de ménage? Elle pivoterait et ferait comme si de rien n'était… Oui, mais il exigeait toujours qu'elle pose ses mains sur sa tête quand elle était mise au coin. Difficile dans ces conditions de faire comme si de rien n'était… mais après tout elle lui tournait le dos, elle pouvait très bien faire comme si elle ignorait cette condition. Ça allait probablement encore plus l'énerver et il lui semblait qu'il était grand temps de calmer un peu le jeu. Alors elle monta lentement ses mains et ses doigts vinrent s'enrouler derrière sa tête. Elle lui montrait sa reddition et son acceptation de la punition à venir, quelle qu'elle fût. 

Au bout de quelques minutes, la conversation téléphonique prit fin et il vint poser doucement une main sur son épaule. 

- Viens, nous allons régler ça à la maison. 

Ils quittèrent le bureau sans un mot échangé de plus. Une fois dans la voiture, elle essaya de se remémorer les événements de la journée pour essayer de juger dans quels sales draps elle s’était encore fourrée. La situation n’était pas très brillante, à vrai dire, si elle se souvenait bien des mots qu'elle lui avait criés le matin même. Pourquoi avait-elle tant peur de la solitude, d'à peine un week-end, alors qu'elle y était habituée dans le passé? 

Arrivés à l’appartement, il lui demanda de se déshabiller. Oh, cela n'inaugurait rien de bon! Elle préféra d'abord abaisser tous les volets roulants de l'appartement avant de se donner en spectacle devant tout le quartier! Quelques minutes plus tard il la rejoignit au salon, entièrement nu lui aussi! Qu'est-ce qui lui prenait? Jamais il ne se déshabillait pour la punir, bien au contraire... Etait-ce une fessée érotique qu'il avait en tête ? Cela ne paraissait pourtant pas vraiment d’actualité!

Il lui prit la main et l'entraîna dans la salle de bain, puis dans la cabine de douche exiguë dans laquelle ils tenaient à peine tous les deux. Au moment où elle se saisit du flacon de gel douche, certaines images de bizutage lui revinrent en tête… si elle le recouvrait de gel douche et se frottait à lui, ressortirait-elle toute propre? Certainement pas… mais cette idée la fit sourire… et il en profita pour l’embrasser tendrement. 

- Qu'est-ce qui te fait sourire? 

- Toi! 

- Alors, t'as encore rien vu… 

Il souriait lui aussi et elle l'embrassa à son tour... Elle avait envie de lui et savait le lui montrer, mais il la repoussa doucement. Ça ne la surprit pas vraiment, jamais de sexe avant la punition, une règle bien élémentaire, mon cher Watson. 

En sortant de la salle de bain elle rejoignit la chambre pour y revêtir une tenue de nuit, tandis qu'il se dirigeait vers la cuisine, toujours en peignoir. Zut, elle n’avait pas fait les courses! Leur vie était réglée comme du papier à musique et les courses se faisaient toujours le vendredi soir, comme normalement elle finissait plus tôt. Mais ce jour-là, il semble bien que le papier se soit un peu déchiré… Il trouva tout de même des œufs et quelques petits trucs à faire cuire et prépara le dîner  Elle n'avait pas faim du tout, ne sachant toujours pas à quelle sauce elle risquait d’être mangée, elle-même, après le repas...  Mais elle ne voulait pas le décevoir en ne touchant pas à son assiette. Et puis finalement, c’était vrai, l’appétit venait bien en mangeant! La chaleur de la douche et la douceur du repas avaient réussi à la détendre presque totalement. Toutes les tensions de la journée s'étaient évanouies et elle en avait presque oublié ce qui s'était passé, comme un mauvais rêve qui finissait par s'estomper. Mais quand il lui demanda de le rejoindre dans la chambre une fois le repas terminé, quelques petits éléments lui revinrent malgré tout en tête… 

Il la fit déshabiller à nouveau et lui demanda de s'allonger sur le lit. Dans cette position, elle allait recevoir la ceinture, elle en était sûre. Et que s'imaginait-elle de toute manière? Qu'elle allait pouvoir s'en tirer comme ça, avec une petite fessée à la main? Son estomac partait en vrilles, la ceinture lui faisait vraiment peur, à chaque fois. Elle savait qu'elle allait lui faire mal, et surtout lui laisser de jolies traces sur lesquelles elle pourrait réfléchir pendant plusieurs jours... En même temps, cet instrument la fascinait. Il représentait à ses yeux le symbole même de la virilité et elle en appréciait d'autant la brûlure. 

Tandis que toutes ces idées se bousculaient dans sa tête, lui n'avait toujours pas bougé. Il était assis à côté d'elle sur le lit et lui caressait doucement les fesses. Petit à petit sa main s'insinuait entre ses cuisses qui s'écartaient sans la moindre pudeur. 

- Tu es toute moite, lui murmura-t-il à l'oreille 

Elle n’arrivait plus à suivre le cours des événements mais sentait de petites vagues de plaisir monter en elle, avec de plus en plus de puissance. Aussi, lorsqu'il plaça son sexe à l’entrée du sien, elle ne se fit pas prier pour se cambrer au maximum afin qu'il la pénètre le plus profondément possible... Mais elle était déjà sur la brèche et ne put retenir son orgasme bien longtemps. Heureusement le sien ne fut pas long à venir non plus... 

Après quelques minutes elle le regarda en souriant. 

- Alors, je ne serai pas punie, finalement...

- Si, tu le seras dimanche, quand je reviendrai. Tu as tout le temps d’y réfléchir… et quelque chose me dit que tu ne vas pas t'ennuyer!

Et ce fut vrai. Etait-ce la peur de ce qui devait arriver, jamais un week-end ne lui parut aussi court. Et, curieusement, pas un seul instant elle ne se sentit seule…







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