jeudi 28 février 2013

Une question de soumission




La fessée est classée parmi les jeux de Domination/soumission. Certains l'intègrent même au monde BDSM. Pourtant il existe des différences de taille entre fessée et BDSM, la plus importante étant justement basée sur la notion même de soumission. 

La soumission ne peut certes pas être niée dans notre jeu, ne serait-ce que pour accepter de s'y plier. Venir s'allonger sur les genoux de quelqu'un n'a rien d'évident en soi, surtout si c'est pour y recevoir une bonne déculottée… et même si c'est pour notre plus grand plaisir! Il faut accepter d'obéir à cet instant-là, et ce n'est pas chose naturelle, d'autant plus à l’âge adulte. 
Personnellement, il y a toujours une fraction de seconde qui me retient, où je me demande ce que je fais là... avant de me ressaisir et de venir à lui avec plaisir! Accepter d'être grondée, mise au coin, d'aller chercher soi-même les instruments de la fessée, etc… tout cela demande une forme de soumission. Il faut prendre sur soi pour obéir ou se laisser faire. 

Mais lorsque je suis fessée, je ne ressens plus du tout ce sentiment de soumission. Endurer les claques ne me demande aucun effort, je n'ai pas besoin de prendre sur moi. Je me laisse juste emporter par mon partenaire, en toute sécurité. Même si la fessée est forte, je ne me suis jamais sentie contrainte à l'endurer. Et même si mes mains viennent parfois protéger la zone assaillie, ce n'est qu'un geste réflexe. Je n'ai jamais ressenti l'envie d'y mettre un terme. Si je peux donner l'image d'une personne soumise à mon partenaire lors de la fessée, ce sentiment est en réalité bien loin de m'habiter. Le sentiment d'être prise en main, certes, pour mon plus grand plaisir, mais certainement pas d'y être soumise! 

Pour moi, la notion de soumission dans le jeu de la fessée est donc très légère et loin de représenter une base du jeu. 

Tout à l'inverse, la soumission me semble représenter l'essence même du jeu en BDSM. La fessée n'y est utilisée que comme une technique parmi tant d’autres pour atteindre ou renforcer la soumission de " l'esclave" envers son "maître". Ce jeu repose sur un esprit et des concepts totalement différents, c'est pourquoi je ne pense pas qu'il faille assimiler fessée et BDSM, même si, dans ces deux mondes, des claques peuvent être données sur les fesses.

Et qu'en est-il de la Discipline Domestique? Je pense que c'est un monde un peu intermédiaire où la soumission joue un rôle très important mais n'est en aucun cas une finalité en soi. Dans la DD, la soumission aux règles imposées par le chef du foyer est permanente et prise au sérieux. Lorsque je joue, les règles qui peuvent m'être imposées ne le sont que pour être transgressées, pour donner une raison et un peu de "piquant" au jeu. Dans le monde de la DD, le respect des règles est réellement requis et espéré. Mais à la grande différence du BDSM, la soumission de la personne ne se fait pas vis-à-vis d'une autre personne mais vis-à-vis de règles de vie. Les relations entre les personnes à l'intérieur du foyer sont libres, personne n'est assujetti à l'autre, même si, bien sûr, le chef du foyer sera chargé d'appliquer la punition en cas de transgression. La notion de soumission dans la DD me parait à ce titre beaucoup moins profonde et déstructurante que celle que l'on peut rencontrer dans le BDSM.

A chaque jeu correspond donc son degré de soumission. Le mien est léger.



13 commentaires:

  1. Sophie28/2/13

    On peut aimer dans la fessée la relation domination/soumission sans pour autant tomber dans la caricature du maître et de l'esclave, ni pratiquer aucune autre forme de bdsm, je crois...

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    1. Vous avez sans doute raison. Je connais mal la relation domination/soumission en fait. Pour moi la fessée relève plus de l'obéissance ; j'ai vraiment du mal à me sentir "soumise" dans ce jeu. Mais ce qui est pour moi "obéissance" ou "prise en main", d'autres l’appelleraient peut-être soumission?

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  2. Monsieur H1/3/13

    il y a autant de types de relation que de couples (ou de trios, quatuors, etc d'ailleurs). Pourquoi vouloir catégoriser ce qui est SM DS, discipline domestique ou obéissance. IL s'agit toujours d'une recherche mutuelle de plaisir. Non ?

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    1. Catégoriser est très réducteur, je vous l’accorde. Mais cela aide parfois à mieux cerner son fantasme. Si vous êtes du côté de celui qui donne, cela n’a peut-être pas grande importance. Tout ce que vous risquez, au pire, c’est que votre partenaire n’apprécie pas à sa juste valeur votre prestation. Mais pour celui ou celle qui reçoit, partager ce jeu avec quelqu'un qui ne partage pas la même conception de son fantasme peut conduire à un "very bad trip"! Or je pense que la question de la soumission est fondamentale, et qu'à minima il faut bien s’entendre sur ce point-là…

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  3. Gabriel1/3/13

    Il est toujours très difficile de discuter d'un sujet dont les termes sont aussi proches qu'obéissance et soumission (mais pas synonymes pour autant).
    Voyons donc la définition de l'obéissance : "il est question d'obéissance lorsqu'un individu adopte un comportement différent parce qu'un autre individu, perçu comme une source d'autorité, le lui demande. L'individu dominé reconnaît à un autre une valeur certaine. Lorsque cette reconnaissance est faite, l'individu passe alors un accord tacite, un consentement avec le supérieur qu'il a reconnu ; il échange sa liberté contre la volonté générale d'être assuré et sécurisé."
    Ainsi, dans ma conception de la DD (même si pour ma part je préfère parler de discipline conjugale), il s'agit toujours d'obéissance et non pas de soumission (dans laquelle aucun consentement de l'être soumis n'est attendu). La DD n'est donc en rien du SM.

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    1. Merci Gabriel pour toutes ces précisions! Je dois dire que je me reconnais pleinement dans votre définition de l'obéissance. Echanger ma liberté contre l'assurance d'une certaine forme de sécurité, voilà bien ce que je recherche dans le jeu. Mais j'y inclurais aussi une notion d'amour, je crois. J'ai envie de me sentir en sécurité entre ses mains, mais aussi de lui prouver que je l'aime... sécuriser notre relation, en somme, peut-être encore plus que moi-même.

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    2. Entièrement d'accord avec le contenu de cet article et avec la distinction opérée par Gabriel entre obéissance et soumission. Je crois que c'est véritablement là que se situe la spécificité du lien qui se crée entre les partenaires lors d'une fessée.

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  4. Je me retrouve tout à fait dans vos propos et vos sentiments sur la soumission

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  5. Et surtout tout cela pour bien des plaisirs, de désir...

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  6. J'ai toujours eu du mal à désigner les personnes à qui j'ai infligé des fessées, des "soumis". Je disais soit "punis", soit "victimes", en insistant sur le terme pour bien montrer qu'il s'agit, bien sûr, de second degré. Il en va de même pour Simon: ce n'est pas un soumis, ni dans nos jeux, ni dans la vie de tous les jours.
    Mais, curieusement, une petite phrase de type "alors, tu es prêt à te soumettre gentiment à ta fessée?", c'est très très efficace.

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    1. Tu as raison, le mot "puni(e)" est bien plus juste que "soumis(e)", je vais désormais l'adopter! Merci Constance! :)

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  7. Je me retrouve plus en tant que punie au lieu de soumise et je suis tout a fait d'accord avec vous Amandine et Constance ;-)

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