vendredi 8 mars 2013

Vibrothérapie

Aujourd'hui est la journée de la femme, ce post sera donc consacré exclusivement au plaisir féminin… d'antan!

Comment nos grand-mères vivaient-elles leur sexualité? C'est très difficile à imaginer. J'ai peu de souvenir de la mienne, si ce n'est celui d'une petite femme rigolote, toujours derrière ses fourneaux ou sa machine à coudre. Elle était immensément gentille et dévouée, sa seule préoccupation semblait être de faire plaisir à ses proches. Je ne crois pas qu'elle n'ait jamais pris le temps de penser à elle-même. Elle était mariée à un marin qui pensait bien davantage à butiner à l'extérieur qu'au sein de son propre foyer. Pourtant cette femme ne s'est jamais plainte. Si elle en était malheureuse (et elle devait bien l'être), elle n'en a jamais rien montré...

Mais laissons-là ma grand-mère et revenons-en au sujet du jour, l'histoire du plaisir féminin en solo! Si les tous premiers godemichets retrouvés remontent à l'ère paléolithique, il faudra attendre la fin du 19e siècle pour voir apparaître les premiers vibromasseurs. Rappelons qu'à cette époque, la société était très prude et austère, qu'une femme souffrant d'un manque de stimulation était diagnostiquée "hystérique" et ne pouvait trouver soulagement que dans le cadre très strict d'un cabinet médical, où son médecin se chargeait de lui administrer sa médecine par le biais de ses doigts agiles... Il faudra attendre les années 1880 pour soulager ces pauvres docteurs (qui ne savaient plus où donner de la tête main), grâce à l'invention du tout premier vibromasseur. 
Bien loin de l'idée que l'on s'en fait aujourd'hui, il s'agissait d'un appareil très encombrant et réservé à un usage strictement médical, tant il fallait de technique et de professionnalisme pour conduire ces pauvres patientes à l'orgasme. Bien sûr, on ne parlait pas d'orgasme à l’époque, mais de "paroxysme hystérique", étrange phénomène qui permettait de soigner des symptômes aussi divers que les crises de nerf, l'insomnie, l'irritabilité ou la dépression... En effet, dans cette société-là, il était inconcevable qu'une femme ait un orgasme en dehors du rapport hétérosexuel et du coït. S'il n'y avait pas de pénis, il n'y avait pas de rapports sexuels, cet étrange spasme ne pouvait donc être un orgasme!

Si vous êtes intéressé par l'histoire du premier vibromasseur, je vous invite à regarder le film "Oh my God !" de Tanya Wexler, qui nous conte l'histoire du docteur Dalrymple (Jonathan Pryce). Cet éminent spécialiste de l'hystérie féminine avait pour habitude de soigner ses patientes en leur prescrivant des massages de la vulve. Mais à force de frictionner ces dames, son assistant (Hugh Dancy) est pris de violentes crampes l'empêchant totalement d'exercer! Que faire devant un cabinet médical qui ne désemplissait pas (c'est qu'à l'époque, on aimait aller chez son médecin)? C'est alors qu'avec l'aide de son fidèle ami, bricoleur fou, ils inventèrent un appareil qui travaillerait à la place du médecin… le vibro était né… et les médecins soulagés! 


L'appareil finit par déserter les salles de consultation pour être commercialisé, aux États-Unis, dans les années 1920 et connaitre un succès retentissant (y aurait-il eu une pandémie d’hystérie à cette époque-là?). Mais il faudra attendre les années 50 pour que soit peu à peu abandonnée l'idée d'hystérie sous-jacente et les années 60 pour que soit pleinement assumé l'objet en tant gadget érotique!

Petit tour des appareils utilisés autrefois  :

Les premiers modèles de vibromasseurs étaient manuels, tel celui du Docteur Macaura appelé « Pulsocon Blood Circulator » (1880-1920) qui nous rappelle bien qu'en plus du massage, l'intérêt principal d'un vibromasseur est bien de favoriser la circulation sanguine… 






Le Detwiller Pneumatic Vibrator (1906) fonctionnait grâce à une capsule d'air comprimé logée dans le manche. Explosif, comme thérapie!







Le polar club (1928), fût l'un des premiers modèles électriques. Il ressemblait plus à une perceuse qu'à un gadget érotique! A noter que, bien que fabriqué aux Etats-Unis, les informations sur la boite étaient écrites en anglais, en français et en espagnol… nos grands-mères auraient-elles eu accès à une telle merveille?




Après la perceuse, la ponceuse… ce modèle date de 1933 et ne vous fiez pas à sa boite, cet appareil n'a jamais eu le moindre effet sur la repousse capillaire!





Le Rolling Pin Heat Massager (1932) non seulement vibrait, mais était également chauffant… son plus grand avantage était toutefois de trouver sa place dans la cuisine, en toute discrétion, entre la passoire et le Moulin à café!






Le Spot Reducer (1950) est très design, je trouve. Il associait aux vibrations une petite mise sous vide qui ne devait pas laisser indifférente…







Le Stim-u-Lax (1960) est un appareil suédois, qui parait-il, était très apprécié des barbiers... appareil multifonctions, donc. 






L’Hitachi Magic Wand (1970) est le premier appareil avec un look un peu "moderne"... malgré ses 40 printemps!






Bien évidemment, il existe des centaines d'autres appareils. Si vous voulez les voir, vous devrez vous rendre à l’Antique Vibrator Museum de San Fransisco. Dans ce musée, toute l'histoire du vibromasseur est retracée, depuis la fin de 19e siècle jusqu'aux années 1970. 



Voici d’ailleurs une petite vidéo tournée là-bas…




Alors, à toutes les nostalgiques du temps passé, le 21e siècle a quand même du bon, non ?

25 commentaires:

  1. Ces objets semblent si barbares ...
    Je me demande si dans 50-60 ans ceux que l'on utilisent aujourd'hui auront ces figures d’ancêtres

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    1. Sans aucun doute... le jour où on en saura un peu plus sur le mécanisme du plaisir féminin, les appareils évolueront certainement et nos petites-filles verront nos jouets avec le même étonnement que nous, en voyant ces drôles de machines.

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  2. Pecan nutjob8/3/13

    Avez-vous essayé un de ces objets? Mon épouse en a jadis essayé un et n'a pas été convaincu... elle pratique donc avec les doigts (pour le clitoris) et un godemichet (sensation de remplissage).

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    1. Non, je n'ai jamais utilisé ces objets. Je suis trop jeune et par ailleurs je ne pense pas qu'ils étaient très diffusés en Europe. La plupart d'entre eux étaient fabriqués aux Etats-Unis, où ils étaient très largement commercialisés (ils faisaient partie, parait-ils, des 5 appareils électro-ménagers les plus vendus!). Mais pour nos mères ou grand-mères françaises, je doute fort qu'elles avaient accès à ce genre de récréation. En tout cas, je n'en ai jamais vu enfant, si ce n'est dans le catalogue de la Redoute... :)

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  3. Gabriel9/3/13

    Chère Amandine,
    voilà donc un deuxième moyen de calmer une crise d'hystérie féminine - le premier étant une bonne fessée déculottée appliquée sur les genoux.
    J'ai bien peur que ce traitement n'encourage la demoiselle à être régulièrement en rechute hystérique, alors qu'une correction (manuelle ou non) jusqu'à obtention d'un fessier brûlant chez la patiente soigne durablement les mêmes symptômes (crise de nerf, irritabilité,...).
    N'est-ce pas chère Amandine??

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    1. Non, non, non, cher Gabriel, une bonne fessée déculottée ne guéri les crises d'hystérie que de manière très temporaire, croyez-moi... mais certes, son effet est tout de même plus durable et efficace que celui d'un vibromasseur! :)

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    2. Pecan nutjob14/3/13

      La fessée sur les genoux calme d'autant mieux l'hystérie qu'elle est suivie d'un massage digital, la main qui a rougi le postérieur s'insinuant entre les cuisses de la patiente !

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    3. La fessée ne serait donc qu'une étape dans le protocole thérapeutique de l'hystérie? (Mal)heureusement, il me semble que cette maladie a été éradiquée définitivement de la planète dans les années 50...

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    4. Pecan nutjob15/3/13

      Je ne sais pas; mais en tout cas la fessée sur les genoux a toujours été une bonne méthode pour mon épouse quand elle est hystérique (c'est-à-dire pas hostile, mais énervée, joueuse mais un peu pénible). Le doigt inquisiteur peut ensuite achever la manœuvre, ou la patiente peut être mise sur le dos pour une manœuvre plus intense...

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  4. Tout à fait d'accord avec vous chère Amandine et non avec vous cher Gabriel une bonne fessée déculottée ne guerri

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  5. Ne guérirais les crises d'hystérie que temporairement mais je comprends votre envie Gabriel mais vous n'avez pas besoin de ce type de prétexte pour administré une cuisante fessée déculottée à votre partenaire ou a une jeune femme consentante, n'est ce pas?

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  6. Gabriel9/3/13

    @ Amandine et Sofia : heureusement que je n'ai pas besoin de prétexte de ce genre pour courber ma douce épouse sur mes genoux, car n'étant pas du domaine médical, j'aurai eu l'impression de m'être trompé de vocation ^_^

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  7. @Gabriel et Amandine, en effet c'est nettement mieux et plus agréable pour vous et votre épouse! Amandine je suis tout a fait d'accord avec vous cela peut être au mieux une sorte de scénario mais pas un remède, non?

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  8. Je ne pense pas que la fessée puisse changer en quoi que ce soit un caractère, mais elle sécurise une relation, que ce soit pour celui ou celle qui la donne, que pour celui ou celle qui la reçoit. Alors même si la fessée n'a pas de vertu thérapeutique, elle a au moins le mérite de nous rendre plus heureux et plus sûrs de nous dans notre relation amoureuse, ce qui n'est quand même pas rien!

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  9. Effectivement et cela peut-être très appréciable !

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  10. Un fort instructif article que j'aurais été bien incapable de faire, faut être une gonz... fille pour s'intéresser à ces objets scandaleux qui tendent à remplacer nous autres, pauvres hommes... En fait, à part un premier investissement pour voir ou se l'être fait offrir lors d'un 'enterrement de vie de jeune fille', un grand classique, sur la plupart des femmes que je connais et qui en ont un ou deux dans leur tiroir, quasiment aucune ne s'en sert régulièrement, excepté la curiosité légitime du départ, en découvrant l'objet..

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    1. Tu as tout-à-fait raison Stan, ces objets nous font croire au père Noël mais à l'usage se révèlent fort décevants. Bon, je ne suis pas non plus une grande spécialiste, le seul modèle que je n'ai jamais utilisé est le "Rabbit", qui avait été mis en lumière par la série Sex and the City. Et comme tu dis, après l'excitation de la découverte, le gentil lapin est resté dans le tiroir après 2 ou 3 utilisations qui ne se sont pas révélées fort concluantes… mais peut-être n'ais-je pas été assez persévérante pour en découvrir le bon usage, je ne veux pas non plus jeter le discrédit sur toute cette industrie. Il parait d’ailleurs que les vibros modernes sont beaucoup plus puissants et peuvent nous procurer un orgasme si long et si puissant qu'aucun homme ne pourrait rivaliser… tentant, mais je reste quand même dubitative.

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  11. Je suis assez d'accord avec Stan, ou du moins, avec ses copines. J'en ai de plus récent - notamment le fameux petit canard qui m'a été offert en cadeau prime avec une commande de maquillage (j'avais d'ailleurs adoré le message sous-jacent: "si tu n'arrives pas à pécho avec le maquillage, il te restera toujours le canard"). Le problème, c'est que ce genre de bidule, ça fait du bruit. Je ne sais pas ce qu'il en était au tout début, mais je doute qu'un modèle électrique des années 20 ait été doté d'un silencieux. Et moi, le bruit, ça me dérange, ça m'empêche de me concentrer. Si en prime ce que je tiens en main me donne la même sensation que celle ressentie lorsque j'avais en main... la ponceuse de ma maman, c'est terminé.
    J'ai aussi craqué pendant une vente privée "coquine - interdite aux mineurs" et j'avais testé un petit bidule vibrant en forme de sucette. Le concept était pas trop mal et le bâtonnet limitait les vibrations dans la main, mais il y avait toujours ce bruit qui ressemble à si méprendre à mon portable en mode vibreur - et la fausse sucette a rejoint le canard au fond d'un placard.
    Ce qui n'est pas sans me rappeler une vidéo (ou alors juste les photos tirées de la vidéo) que Waldo avait mise en ligne, et qui tentait de nous faire croire qu'une sorte de "machine à baiser" pouvait remplacer un humain. La machine, c'était une espèce de gode en forme de verge (pour la ressemblance, j'imagine) qui faisait un mouvement de va-et-vient ininterrompu. J'étais restée pantoise: toujours le même rythme, pas une variation, pas un changement de position, d'axe ou de puissance, et la fille saucissonnée à un chevalet (qui ne pouvait pas bouger non plus, sinon elle aurait peut être pu faire quelque chose avec ce bazar) était censée avoir un orgasme avec ça.

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    1. J'ai jamais testé le canard, mais ça fait trop jouet d'enfant pour moi. Je crois que j'aurais vraiment du mal à me mettre dans l’ambiance. Et puis de toute façon j'ai jamais le temps de prendre de bain, rien que la douche, alors...
      Mais tu as raison, le bruit et le mouvement trop répétitif de ces jouets peuvent difficilement nous conduire à l'orgasme. A moins d'avoir une autre stimulation en plus, visuelle, sensuelle, à voir, mais dans ce cas aurions nous vraiment besoin d'un appareil?

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  12. Je suis absolument d'accord avec vous Amandine, Stan et Constance, on peut avoir envie d'essayer ( tester l'inconnu ) mais cela ne remplace pas un homme ou de réels moments de plaisir et le fait de se servir d'un objet ( parfois bruyant apparemment ) enlève le plaisir de la peau contre la peau et je crois bien être trop cérébrale pour parvenir à ressentir du plaisir ou un orgasme avec un objet. J'ai testé il y a quelques années et cela n'a pas vraiment été très convaincant ou agréable !

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  13. Ah, la peau contre la peau, c'est exactement mon credo, et c'est aussi pour ça que je ne fesse jamais avec des instruments, mais uniquement à la main... Pour le contact.

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  14. Gabriel11/3/13

    Mais non, mais non... Les sexetoys, c'est comme la fessée : appliquée sur soi-même, c'est pas top. Mais appliquée sur l'autre, la sentir se raidir, vibrer et se tortiller, ça peut procurer beaucoup de plaisir aux deux partenaires .
    En revanche, le canard, j'ai jamais compris le délire... o_O

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    1. C'est vrai que quelque soit le jeu, à deux c'est TOUJOURS mieux! :-D

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  15. Sophie12/3/13

    nan, mais, ho, le club de couples ! vous pensez aux célibataires, qui vous lisent, non ? "ça remplace pas un homme ..." peut être pas , mais mon sextoy me laisse jamais en plan, lui, et il n'est pas exigeant, juste une petite LR6 de temps en temps. Et surtout, question plaisir, il atteint son but à tous les coups. Quelqu'un peut il en dire autant ?

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    1. Oui. Mon coussin rouge de canapé, aussi connu sous le nom de Chevalier d'Eon, qui n'a même pas besoin de pile.
      Je n'ai jamais dit que le fait d'être en couple m'avait fait totalement arrêter la masturbation.

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