samedi 6 juillet 2013

De l’usage de la fessée dans les conflits



Dans une relation amoureuse, les conflits sont inévitables. Parce que nous sommes tous différents, parce que notre histoire, notre vécu, notre éducation, notre manière de ressentir les choses nous sont propres et singuliers, nous ne pouvons vivre avec l’autre sans pierre d’achoppement. Certains disant que les hommes naissent dans les choux et les femmes dans les roses, d’autres pensent que les hommes viennent de mars et les femmes de Vénus… tout cela pour dire que nous sommes tous différents. Hommes et femme, femmes et femmes, hommes et hommes, il n’y a pas deux êtres humains qui ne soient identiques. Alors laissons à Platon sa quête vaine de l’âme sœur et tentons de faire cohabiter deux âmes qui ne s’emboîtent pas parfaitement mais qui s'aiment suffisamment pour tenter de s’associer. Et ne nous abusons pas, quel ennui serait de vivre avec son double en miroir! Comment pourrions-nous continuer à évoluer, à nous enrichir, à progresser si nous devions vivre avec notre parfait jumeau ? Vivre avec l’autre doit demeurer une source inépuisable d’enrichissement… et de conflits aussi, puisque nous ne sommes pas parfaitement identiques ! 

L’harmonie d’un couple ne née par de son uniformité mais de son unité. Et cela nécessite parfois quelques réajustements pour que les pièces du puzzle s’emboîtent correctement…

Si les conflits dans le couple sont inévitables, vouloir les éviter serait une grave erreur. Cela interdirait toute possibilité de dialogue, de changement et de progrès pour les deux partenaires. Un fossé se creuserait, petit-à-petit, jusqu'à devenir forcément, un jour ou l’autre, infranchissable. 

Mais un conflit n’est pas une bataille où l’on cherche à imposer à l’autre sa raison. Un conflit est la confrontation de deux différences, qui n’a pour seul et unique but que de trouver ensemble une solution. 

Faire des reproches, c’est tenter d’harmoniser des différences qui peuvent gêner, heurter la sensibilité de l’un ou de l’autre. Le reproche ne doit viser qu’à rapprocher, jamais à affronter… même si sa forme peut paraître, parfois, un peu rude (mais la force de l’amour n’est-elle justement de faire taire sa susceptibilité afin de ne pas s’en formaliser?). Une dispute doit toujours être profitable. Et dès lors qu’elle se situe dans la confrontation, et non dans l’affrontement, les deux partenaires en sortiront toujours gagnants.

Mais si les conflits sont bénéfiques aux relations amoureuses, peut-on les associer à la fessée? Cette dernière est par définition une punition et se situe donc dans un contexte conflictuel. Mais utiliser la fessée dans un conflit réel ne risque-t-il de transformer la confrontation, comme nous l'avons vu oh combien nécessaire, en un terrible affrontement si dangereux pour le couple? Je pense que le risque est certain, et c’est pour cela que la plupart d’entre nous se contentent de pratiquer la fessée dans un contexte purement ludique. S’interdire la fessée dans un conflit réel, c’est garantir de ne jamais verser dans l’affrontement...

Pourtant la fessée peut apporter beaucoup dans la résolution des conflits réels. Ne serait-ce que parce qu’elle détend l’atmosphère, parce qu’elle décharge les tensions, parce qu’elle nous fait du bien, tout simplement. Se priver de l’utiliser est forcément dommage.

Mais comment peut-on l’utiliser sans verser dans l’affrontement? Tout simplement en l’utilisant après le conflit, pour sceller le consensus trouvé ensemble et replacer son couple dans une perspective d’amour. On ne donne pas une fessée parce que l’on veut résoudre un conflit. On donne une fessée parce que l’on a résolu le problème et que l’on veut, après cela, se replacer dans un contexte de don d’amour et de don de soi. La fessée ne se donne jamais sans dialogue et sans consensus préalable. Elle permet de réouvrir la porte vers le bonheur à deux… et dans ce contexte, ce serait sincèrement dommage de s’en priver. Du moins est-ce ma perception !