mardi 22 octobre 2013

Comment gérer la douleur?

Comment gère-t-on la douleur lors d'une fessée? Doit-on la redouter? Nous procure-t-elle du plaisir? La douleur est un élément central de la fessée et une source inépuisable d’interrogations pour celles ou ceux qui veulent s'y lancer. 

« Une fessée doit faire mal, sinon ce n’est pas une fessée! » On l'entend souvent cette phrase qui ne veut pas dire grand chose, au fond. Si vous interrogez la majorité des femmes qui aiment être fessées, elles vous répondront qu'elles n'aiment pas souffrir. Pour moi, la fessée ne peut pas être assimilée au masochisme. Ceux qui pensent cela se trompent gravement. Qu'il y ait des masochistes qui aiment être fessées, peut-être. Mais  penser que toutes les filles qui aiment être fessées sont des masochistes, c'est complètement faux. 

Je ne pense pas être masochiste. La douleur ne me fait absolument pas jouir. Par contre, que l'autre prenne le pouvoir sur moi afin de me corriger, de me rassurer et de me donner du plaisir, je trouve cela très jouissif. Quand on me laisse être moi-même, je peux être fragile, je peux commettre des erreurs sans que ce soit la fin du monde… Dans une société où chacun croule sous le poids de responsabilités dont il n'a pas forcément toutes les clés, ce sentiment est tellement rassurant. Mais même s’il faut passer par la douleur pour atteindre la jouissance du don de soi, ce n'est pas la douleur qui est le maître mot du plaisir, mais bien le transfert de pouvoir d'un partenaire à l'autre. 

Mais puisque ce processus implique forcément un certain degré de douleur, comment arrivons-nous à la gérer? Une fessée doit-elle vraiment faire mal et jusqu'à quel point? 
Je vous ai fait un petit schéma qui représente ma vision personnelle de la chose... 


Pour schématiser, il existe 3 zones de douleur : 

- Une zone de douleur modérée. C'est dans cette zone que se jouent les fessés purement érotiques. La douleur y est douce et facile à supporter, la sensation de chaleur et de bien-être suscitée par la fessée y est bien supérieure à la sensation de douleur… que du bonheur, en somme! 


- Une zone de douleur aiguë. C'est en général dans cette zone que doit finir ce que l'on aime à nommer une "vraie" fessée (ie une fessée à connotation plus ou moins punitive). Cette fessée-là doit faire un peu mal, pour que le sentiment de transfert de pouvoir/punition/rédemption puisse s'exprimer pleinement. La personne punie doit prendre sur elle pour supporter la fin de la fessée, car c'est à ce prix qu'elle atteindra le sentiment au combien jouissif du don de soi… 

Ce genre de fessée demande un peu d'habileté de la part du fesseur. Elle n'est pas à la portée du premier imbécile venu (et dieu sait qu'il y en a dans le petit monde des dominants…mon ¼ heure de méchanceté lucidité). Tout l'art du fesseur, donc, consiste à s'arrêter dans la "zone de tolérance" de la punie. Il ne sert à rien d'aller au-delà si ce n'est à faire plus mal que nécessaire. 

Seulement voilà, cette zone de tolérance est bien évidemment propre à chacun et éminemment variable selon les circonstances. Si la fessée est menée progressivement et de manière très rassurante, elle pourra être considérablement être déplacée vers le haut. Elle le sera également si la personne punie est placée dans un état psychologique où elle se sent un peu coupable et ressent cette fessée comme nécessaire pour elle. Elle dépend enfin des l'instruments utilisés, nous n’avons pas la même tolérance selon qu'ils soient cinglants,  frappants, etc. Au dominant de bien observer les réactions de sa partenaire et de juger correctement quand il convient de s'arrêter. 


- Une zone où la douleur physique est intolérable. On ne doit JAMAIS jouer dans cette zone! Jouer-là ne relèverait que d'un pur sadisme et d'un mépris total pour sa partenaire. Inutile de vous dire que cette zone représente un danger de blessures, tant physiques que psychologiques. Alors pour ceux qui ne seraient pas hautement expérimentés, qui ne connaîtraient pas par cœur les réactions de leur partenaire, on a inventé une sécurité toute simple : le Safe-Word. Il s'agit d'un mot choisi avant le début du jeu et qui en marquera immédiatement la fin si la personne punie le prononce. 

Souvent, les dominants de mauvais aloi refusent catégoriquement l’utilisation de cette sécurité, arguant du fait que lors du jeu, ils se doivent d’avoir le contrôle plein et entier de leur partenaire. Fuyez mesdames si vous entendez un tel discours car il ne peut prouver que deux choses : soit ce dominant souhaite vous faire plus mal que nécessaire en dépassant allègrement votre zone de tolérance (du sadisme, donc), soit ce dominant n’a rien compris au film et confond seuil de tolérance et safe-word. Ce n’est pas parce que l’on a défini un safe-word que la fessée donnée ne pourra être une "vraie" fessée. Le safe–word est juste là pour éviter de pénétrer dans la zone interdite, c’est tout.

Attention, je ne dis pas que ce soit la panacée. Ce n'est pas une sécurité absolue, loin de là. Quand on est dans la zone où il faut prendre sur soi pour gérer la douleur, ce n'est pas toujours évident d'avoir la présence d'esprit de prononcer le safe-word quand trop, c'est trop. Par ailleurs, rien ne prouve que le dominant respectera ses engagements à stopper net la fessée. Mais quelle personne mentalement équilibrée pourrait exiger de quiconque de jouer hors sécurité... pour sa plus grande jouissance (?!?)


On rencontre bien souvent, dans les forums ou ailleurs, des hommes qui se désespèrent de ne pouvoir trouver de partenaires de jeu. Mais à trop en vouloir, on se retrouve toujours sans rien... et la sécurité, ça n'a pas de prix (et même pas de coût, pourquoi s'en priver?).


51 commentaires:

  1. Bravo Amandine, voici indéniablement un "maître-post", que j'ajoute immédiatement dans mes favoris. Ce qu'il faut d'explications "techniques", avec un petit graphique bien parlant, beaucoup de bon sens, et ce qu'il fait de romantisme ou de fantasme (car comme vous j'aime beaucoup ces notions de don de soi/transfert de pouvoir et punition/rédemption : même quand c'est en fait un pur jeu, j'aime jouer (!) avec elles)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oh, je suis très touchée, merci beaucoup Oliver!
      Pour tout vous dire, je m'attendais à une fronde contre ce post car je sais que la plupart des gens refusent catégoriquement l'utilisation d'un safe-word. Mais à quoi servirait d'avoir une tribune, si ce n'est pour y dire ce que l'on croit justet! :-)
      En fait les notions de transfert de pouvoir/punition/rédemption/don de soi sont fondamentales pour atteindre le plus haut niveau de trouble/plaisir/bien être. Peu importe que la "faute" soit réelle ou jouée, pourvu que l'on y croit quand on joue (bon, c'est peut être quand même encore plus intense quand la faute est réelle...). Mais il ne faut pas venir tout gâcher en dépassant les limites de la douleur supportable. Alors autant se faciliter les choses avec l'utilisation d'un safe-word, même s'il ne s'agit pas d'une sécurité absolue, bien sûr.

      Supprimer
  2. assred0622/10/13

    Je suis d'accord avec vous. J'aime la fessée mais je n'aime pas souffrir. Ce qui m'excite le plus c'est l'appréhension avant et la vision de mes fesses rouges après. Pendant la fessée, j'essaie de reculer au maximum l'arrêt de celle-ci pour avoir les fesses bien rouges. Mais tout ceci existait lorsque je rencontrais des partenaires inconnu(e)s. Depuis que je pratique avec ma copine, il ne s'agit plus que de fessées érotiques, de jeux sexuels avant l'acte lui-même. Mais l'arrêt de la fessée est à mon goût encore trop rapide. Même si je ne désespère pas la faire aller de plus en plus loin (je suis très patient et je l'habitue peu à peu à me fesser de plus en plus fort et de plus en plus longtemps). Et parfois nous switchons et là, il ne s'agit que d'un jeu très gentillet (zone de douleur très, très modérée :-)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah, pouvoir contempler ses fesses rougies dans un miroir... c'est un plaisir dont je ne me lasse pas, moi non plus!
      Les fessées sont souvent trop courtes et pas assez fortes quand elles sont données par des personnes qui n'ont pas une âme de spanker. Mais ma foi, cela est mieux que rien et nous permet de vivre, bon an mal an, avec notre fantasme. Je l'ai pratiqué ainsi pendant des années. Comme toute chose, cela a ses avantages (la chance de vivre cela avec l'être aimé) et ses inconvénients (on se sent toujours un peu frustré, la fessée étant toujours trop courte)... :-)

      Supprimer
  3. Moi j'aime bien quand ça fait maaaal :D

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est vrai? Mais est-ce la douleur en elle-même qui te plait et te procure du plaisir, ou bien le sentiment d'être bien punie et donc bien pardonnée?

      Supprimer
    2. Desdémone29/10/13

      Pour ma part, j'ai découvert deux choses avec cette pratique :

      D'abord, c'est qu'une fessée donnée à la main par un partenaire qui n'est pas un fou furieux ne fait pas mal ou si peu. En tous cas l'échauffement procuré disparaît assez vite et ne laisse pas de séquelles physiques.

      Ensuite, comme je me suis rapidement habituée à cet échauffement, j'en veut un peu plus au fur et à mesure que le temps passe et je comprends mieux les témoignages de grandes résistance du moins de la fessée donnée à la main.
      Il y a aussi une fierté d'avoir supporté une punition vraiment sévère. Et puis, c'est un peu comme les montagnes russes : on s'habitue à la vitesse. Là pour me faire peur il faut qu'il en rajoute un petit peu à chaque fois. De la main nue nous sommes passés à la ceinture dans une circonstance assez baroque qui me fait fantasmer encore maintenant. De la simple annonce de la fessée, nous sommes passés à des menaces sur l'avenir avec prise de RV parfois : "mardi, telle heure, tel endroit", avec une liste de griefs. Ou alors, la raclée inatendue chez lui au lieu d'aller au cinéma, mais sans préavis, sans que je m'y sois préparée. Dans mes souvenirs récents c'est celle qui m'a fait le plus mal car j'ai été prise au dépourvu. Ce soir là, il a eu un doute, il m'a demandé "tu en as assez eu" ? J'ai répondu non.

      Supprimer
  4. merci Amandine pour ce billet plein de justesse. je le partage sur mon blog .

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci Hermione, je suis très honorée que tu le partages sur ton blog! :-)

      Supprimer
  5. Pecan nutjob22/10/13

    Hé bien je suis d'accord. Les fessées très dures que je vois dans certains films me mettent mal à l'aise.

    Pour moi, la fessée à but érotique chauffe un peu; s'il s'agit de punir un comportement répréhensible il faut aller au delà - pour parler crûment, il faut avoir "mal au cul" quand ça finit, sans que ce ne soit excessif.

    Et en plus de cette douleur tolérable, il y a tout un embarras dû au rituel, aux paroles, à la situation...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Vous avez raison Pecan, le rituel autour de la fessée est extrêmement important et il peut même agir sur notre seuil de tolérance à la douleur. Plus l'on est réprimandé, par exemple, plus l'on se sent coupable et plus l'on désirera et supportera une fessée forte. Enfin, il en va ainsi pour moi... :-)

      Supprimer
    2. Pecan nutjob23/10/13

      Si nous pratiquons une fessée plutôt érotique, les coups peuvent être symboliques ou laisser un petit picotement.

      Si c'est un châtiment: d'abord, je vais me sentir coupable pour ce que j'ai fait, embarrassé; il va y avoir tout un petit rituel: soit devoir me déculotter devant madame assise ou me faire déculotter, et c'est curieux mais alors je trouve très embarrassant qu'elle voie mon sexe... puis, souvent, la prise de température pour le cas où c'est la fessée pour cause d'énervement, avec les reproches expliqués d'un ton pédagogique mais ferme.

      Autant dire que quand les claques arrivent, puis, souvent, l'instrument, j'attends vraiment une bonne punition, je veux avoir le popotin rouge et douloureux à la fin... et avoir ma consolation.

      Idem si le rituel est un peu différent, par exemple pour le martinet.

      Par contre je ne supporterais pas des fessées comme ça dans un contexte style BDSM. Nous avons un peu la gamme entre le pur "loisir" et le pur "punition" mais je n'associe pas la fessée "punition" avec l'excitation; c'est plus l'image de la gouvernante que de la dominatrix sexy qui est alors en jeu.

      Et c'est pareil pour madame.

      Donc voilà c'est comme vous, non?

      Supprimer
    3. Pour moi, la fessée est surtout là pour combler un besoin de sécurité affective et se développe uniquement dans le cadre d’une relation homme/femme. Je n’ai aucune attirance pour les scénarios scolaires, parent/enfant ou gouvernante/enfant, cela ne m’évoque rien du tout. Par contre, dans une relation affective (affective, pas nécessairement amoureuse), être prise en main me rassure et m’apporte un bien-être sans égal. Et dans le cadre d’une relation amoureuse, cela devient même un besoin tant j’ai du mal à supporter les conflits ou les tensions inéluctables à une vie de couple.

      Alors bien évidemment, je me sens à des années lumières du BDSM, du moins de celui qui consiste à ôter sa condition d’être humain à une personne pour la transformer en chienne ou en esclave. Là, je me sentirais en grand danger et pas du tout en sécurité… Par contre, je peux trouver très rassurant une certaine forme de domination. Alors tout dépend de la manière de jouer, je suppose...

      Supprimer
    4. Pecan nutjob23/10/13

      Petite précision: pour moi ce n'est pas gouvernante/enfant, c'est plutôt femme adulte = gouvernante/vilain adolescent. C'est compliqué.

      En tout cas c'est comme vous le désir d'être pris en main et un peu dorloté.

      Supprimer
  6. C'est vraiment chouette ! Enfin une explication qui me parle. Souvent c'est tellement grandiloquent comme si les gens n'étaient pas vrai
    Surtout, je comprends mieux les motivations émotionnelles cette jouissance du don de soi.
    Un billet de personne normale, quoi :)
    Super trop bien !!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. "Un billet de personne normale"... tu ne pouvais me faire plus beau compliment, Marie Tro! :10: C'est exactement ce que je cherche à montrer avec ce blog, que l'on peut pratiquer la fessée en étant des gens tout-à-fait normaux (enfin, aussi "normaux" que les autres, disons).
      D'une manière générale, dans le monde de la fessée comme dans celui du BDSM, il faut se méfier des trop beaux discours qui ne servent souvent qu'à masquer un manque total d'empathie pour l'autre. Les manipulateurs des mots sont souvent des manipulateurs tout court! :-)

      Supprimer
    2. Desdémone29/10/13

      Absolument, tout ce qui est dit ici que ce soit de la part d'Amandine ou des intervenants est tout à fait normal. C'est en partie la fréquentation de cet espace qui m'a permis de franchir le pas et de me laisser aller à ce que j'appelle maintenant "mon vice".

      Supprimer
  7. Heureusement je n'ai jamais eu à utiliser le safeword. Mais de là à nier son utilité?
    C'est vrai aussi que, lorsque j'ai posé la question (j'avais lu, sur je ne sais plus lequel des sites défunts, qu'il en fallait absolument un), avant notre première rencontre avec Constance, la réponse était "ben... STOP, ça marche pas?".
    Il faut bien un peu de douleur pour que la fessée soit crédible. Je ne vois aucun attrait à la douleur en elle-même, en tout cas, pas dans la fessée. Je me souviens d'une seule fois où on avait décidé d'aller loin (j'étais censé dire quand c'était trop... finalement, c'est Constance qui a cédé la première): je ne regrette pas, mais l'expérience n'a pas besoin d'être refaite chaque fois qu'on joue.

    Mais on dirait que les gens qui viennent sur les blogs, en tout cas ceux qui commentent, ne sont pas exactement les mêmes qui peuplent les forums et remplissent les comptes de messages privés de propositions sommaires.

    Simon

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'avoue que je suis consternée de voir sur les forums le nombre de prétendus dominants qui refusent catégoriquement l'utilisation d'un mot de sécurité à leur partenaire. J'ose espérer que c'est par ignorance de ce que ce mot signifie (certains pensent sans doute que la personne punie va s'en servir pour arrêter à sa guise la fessée) plutôt que par pur sadisme... Mais dans le doute, jamais je ne fréquenterai ces gens-là! :-D

      Supprimer
    2. Pecan nutjob23/10/13

      Ben nous non plus n'utilisons pas de "safe word" au sens de "si je dis ARTICHAUT tu t'arrêtes", parce que nous trouvons ça un peu ridicule d'avoir un nom de code. Comme vous, nous dirions STOP! d'un air sec, si le cas se présentait (mot qui a en plus l'avantage d'être mixte franco/anglais).

      En fait je crois que ça ne nous est jamais vraiment arrivé d'utiliser cela, car nous avons des façons de faire savoir que telle position est vraiment inconfortable ou la douleur vraiment trop désagréable (je ne sais pas comment le dire, mais il y a la douleur en quelque sorte "pédagogique" et celle qui est juste désagréable). Mais c'est que nous avons l'habitude l'un de l'autre.

      Nous n'utilisons pas non plus de baillons ou de liens qui ne pourraient pas se défaire d'un tournemain, et ne maintenons pas en place de force (même si un peu de contrainte symbolique ne fait pas de mal). Bref, si madame en avait vraiment assez, au lieu de se contenter d'agiter les jambes elle pourrait vraiment sauter de mes genoux (mais crier STOP! suffirait).

      Paradoxalement, c'est plus pour des actes sexuels plus ordinaires que nous avons parfois besoin de dire que telle partie du corps est pincée, que c'est encore trop contracté, etc.; car, même avec l'habitude, on ne peut savoir à 100% ce qui se passe chez l'autre.

      Je comprends nettement plus l'usage du nom de code (crier ARTICHAUT) négocié à l'avance quand c'est pour des rencontres épisodiques...

      Supprimer
    3. Je comprends très bien que l'on ne ressente pas le besoin d'avoir un mot de sécurité entre compagnons de vie. Je n'en ai moi-même jamais établi, pour dire la vérité. Mais cependant, la seule fois où j'en aurais vraiment eu besoin d'un, c'était justement avec quelqu'un avec qui je vivais. Parce que la fessée s'est déroulée sans aucun contexte psychologique qui permette de "se mettre dedans", parce qu'il a utilisé un instrument que je ne supporte pas, parce qu'il a tapé trop fort dès le départ, parce qu'il m'avait attachée et que je ne pouvais pas m'échapper, parce qu'il n'a pas su interpréter les réactions de mon corps, parce que, parce que... jouer avec quelqu'un que l'on a l'impression de bien connaître ne suffit pas à s'assurer d'être en sécurité, même si cette personne est vraiment quelqu'un de bien. On peut tous faire des erreurs. Tous.

      Supprimer
    4. C'est amusant et interressant ça comme réflexion, Simon, sur ceux qui s'exprime devant tout le monde et ceux qui s'exprime devant tout(e) seul(e)... :)

      Supprimer
    5. Je ne sais pas si c'est tellement la différence entre cadre privé et cadre public... comme les commentaires s'échangent en bonne partie entre habitués, ça ressemble pas mal à des discussions privés. Mais les gens qui se rêvent dominants absolus (sans sécurité) me semblent proches de cette espèce de gens qui vous envoient un message-type de deux lignes, sans ponctuation ni orthographe et sans la moindre tentative de savoir qui on est...Des frustrés tellement frustrés qu'ils deviennent agressifs, ce qui normalement plombe définitivement leurs chances de trouver. Il ne doit pas y avoir grand-monde à les fréquenter... Mais ce n'est pas encore un problème: ils ne font qu'encombrer les comptes mail et faire douter de l'humanité. Le problème, c'est quand l'un de ces frustrés arrive à cacher son jeu.
      @Pecan: pareil pour nous, autant on n'a jamais eu à stopper un jeu de fessée (mais il est arrivé que la personne qui donnait la fessée s'arrêtait: "ça va? C'était pas trop fort?... Bon, on reprend le jeu?"), autant ça arrive souvent en vanille... avec quelques fous rires en plus.

      Simon

      Supprimer
    6. Pecan nutjob23/10/13

      @Amandine: C'est qu'en fait, pour nous, dire "STOP!" suffit. Que ce soit pour jouer ou pour punir, nous ne disons pas "STOP!" pour plaisanter ou taquiner... ce serait vraiment pour faire arrêter. De même d'ailleurs que se débattre beaucoup, ou dire "j'en ai vraiment ASSEZ".

      Ce n'est pas que nous ne protestions pas ou que nous ne nous agitions pas, mais c'est fait autrement et d'une façon joueuse.

      Donc finalement notre safeword c'est "STOP!". Mais c'est pas ARTICHAUT. ;-)

      @Constance: C'est intéressant ce que vous racontez là car ça va à l'encontre de ce que pensent les gens en général, qui est que le SM/fessée c'est délicat tandis que la "vanille" c'est normal et sans précautions particulières.

      En réalité, en tout cas selon mon expérience que vous semblez corroborer, la "vanille" manipule des muqueuses sensibles et fragiles, qu'il est assez facile de blesser même avec de l'expérience. Je me rappelle ainsi d'une "petite amie" de mon adolescence (inexpérimentée) qui me manipulait comme si elle avait récuré de la vaisselle... et même plus tard il m'est arrivé de me faire abîmer par madame ou d'abîmer madame.

      Pour ne pas faire mentir ma réputation ici: par exemple, le gode-ceinture c'est un peu délicat à manier... mais même la s*d*mie par le membre naturel il faut faire attention!

      Par contre, la fessée, finalement, on tape sur un endroit bien rembourré... avec la main on ne peut pas faire plus de dégâts qu'on n'en fait à sa main, et nous évitons les instruments qui tapent trop fort sur une zone trop étroite (je sais que vous maîtrisez la cravache, mais nous nous en tenons aux spatules, brosses, raquette de ping-pong, pantoufle, martinet...). Donc en fait on risque moins de blesser.

      Supprimer
  8. Brigit22/10/13

    Il faut distinguer deux catégories de personnes qui refusent le safe word, celles qui l'excluent sans en discuter, à fuir et celles qui expliquent pourquoi un safeword est, selon leur propre expérience, inutile voire contre productif. j'appartiens à cette catégorie.

    cela dit, je n'ai rien contre l'utilisation du safeword pour les autres... si cela leur est utile.

    le masochisme est quelque chose de complexe qui ne se caractérise pas seulement pas la douleur physique

    comme vous l'indiquez fort bien, cette douleur physique peut être amplifiée ou exacerbée par la situation (humiliation, faute réelle ou non, désir de punition, relations entre les partenaires mais aussi état de fatigue ou de vulnérabilité, physique ou émotionnelle)
    à l'inverse, dans certaines conditions, une personne sera amenée à supporter bien plus qu'elle ne peut encaisser, à refuser de céder, de lacher prise voire d'utiliser ce fameux safeword ou tout moyen d'alerte, ou encore incapable de le faire parce que, justement, le lacher prise la prive de ce réflexe de "survie" ou à tout le moins de préservation de soi

    comme l'indique Simon, le désir d'aller loin peut être très prégnant chez celui qui subit ou lors d'une séance où l'on a décidé d'aller loin, sans pour autant qu'il prenne plaisir usuellement à la douleur pure. les explications d'un tel désir sont diverses et pas forcément convaincante. à titre perso, je les rapprocherai de la quête des sportifs dans le dépassement de soi, tant dans le physique que dans le mental, mais l'idée de performance ne colle pas du tout avec ce que j'aime dans la BDSM en général, et la fessée en particulier. donc cette comparaison et en particulier avec le seuil de déclenchement des endorphines qui permettent de supporter la douleur, est à faire avec précaution.

    enfin, si un peu d'expérience apporte au moins une certitude, c'est que dans une relation avec une personne masochiste, c'est elle (ou il) qui dirige la relation, qui choisit et qui indique si elle (il) a obtenu d'atteindre le seuil de douleur, et donc de plaisir qu'elle désirait. il y a très peu de personnes capables de gérer une personne masochiste ou de la satisfaire.

    par contre, exacerber une tendance maso (douleur/excitation/plaisir), que l'on possède tous plus ou moins, est très intéressant et... ludique.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci infiniment Brigit de cette analyse qui et tout-à-fait juste.

      C'est vrai que parfois la personne punie est incapable de ressentir une limite. Cela peut m'arriver dans un contexte de conflit, par exemple, où je désire vraiment être punie pour que toutes les tensions disparaissent. C'est dans cette seule situation où je pense ne plus avoir de seuil limite de tolérance à la douleur. Je veux avoir mal jusqu'à lâcher prise... à partir de là je n'arrive plus à ressentir la douleur et vais même pousser mon partenaire à aller de plus en plus loin. Donc je serais bien incapable d'avoir la volonté d'arrêter la fessée en disant un quelconque mot de sécurité! Mais heureusement, mes partenaires ont toujours arrêté d'eux même avant que les choses n'aillent trop loin... :-)

      Supprimer
    2. Le safe word contre productif... je n'en avais pas, mais un jour on me la demandé, j'ai dit - Pouce - Voila, maintenant tout le monde connait mon mot de safe word secret... ;) Très compliquée cette histoire de safe word quand l'aventure désirée est bien celle de se remettre entre les mains et pas une autre.

      Supprimer
    3. Avoir un safe-word n'empêche en rien de se remettre en main, si?

      Supprimer
    4. Se remettre entre les mains de quelqu'un, veut bien dire une confiance dans la capacité de l'autre à vous lire à vous décrypter mieux que vous même - et je ne parle pas seulement ici d’empathie - à vous faire avancer, progresser vers,... vous même ? :) Donc quelque part le safe word voudrai dire qu'on est pas dans ce type de relation que personnellement, je recherche. Mais bon, loin de moi l'idée de dire qu'un safe word est stupide. A chacun son jardin.

      Supprimer
    5. A vous lire, je me demande si vous ne confondez pas safe-word et seuil de tolérance. Le safe-word se joue au-delà de la limite de tolérance et n'est là que pour prévenir de rentrer dans la zone où la douleur devient intolérable. Il n'empêche pas le dépassement de soi, du moins dans une certaine mesure. Ce dépassement se joue entre la limite de zone de tolérance et le prononcement du safe-word. Mais peut-être aimez-vous atteindre un niveau de douleur particulièrement fort, ou peut-être aimez-vous la crainte que procure cette potentialité?

      Mais n'oublions pas qu'avoir un safe-word ne nous place pas dans l'obligation de le prononcer et surtout qu'il ne faut pas se reposer sur lui pour décider de le fin de la fessée. Il s'agit encore une fois d'une sécurité, et qu'en tant que telle, il ne doit donc servir qu'en cas de situation d'urgence.

      Supprimer
    6. Ellie parle d'or, on ne saurait mieux dire. Je n'ai JAMAIS utilisé de Safe word, parce que c'est une question de confiance et partage réciproque et que si on ne le sent pas autant ne pas le faire. dans ma folle jeunesse, j'ai eu l'occasion d'être corrigé au cours d'une rencontre avec un quasi inconnu qui m'avait tendu a carte, quelques jours plus tôt en me disant que les jeunes gens mal élevés méritaient d'être remis en place.

      J'y suis allé après un coup de fil, et je suis resté chez lui plus de trois heures. Fessées, scénarios, trouble, tout y était. MAis c'était un peu long et je suis sorti de l'histoire vers la fin. La dernière demi heure je n'y étais plus trop, je l'ai laissé poursuivre toutefois et je n'ai pas dit pouce.

      En fait je voulais me retrouver ensuite pour savourer chaque instant en le revivant, tranquillement chez moi mais il ne m'est pas venu à l'idée de lui dire stop non plus... Bref pas de mot de passe, mais aucun souci i d'autres personnes en ont besoin.

      Aucune demoiselle passée entre mes mains ne m'en a jamais demandé non plus...

      Supprimer
    7. Stan, dans mes propos je n'ai jamais dit que l'utilisation d'un safe word permettait de jouer avec n'importe qui, n'importe comment. Il est évident que ce jeu nécessite la confiance et est basé sur le partage. Le safe word n'est là que pour couvrir une erreur éventuelle d'appréciation du fesseur, ce qui peut arriver à tous, même aux plus expérimentés.
      Aucune femme passée entre vos main n'a jamais demandé de mot de sécurité. Mais leur auriez-vous refusé si elles vous l'avaient demandées? Vous seriez-vous senti blessé d'un quelconque manque de confiance qu'elle aurait en vous? Privé de la totalité de vos droits sur elle?
      Demander l'utilisation d'une sécurité ne relève pas d'un manque de confiance à mon avis, mais simplement reconnaître que tout le monde peut faire des erreurs. Ceux qui prétendent le contraire n'en ont pas encore fait ou ne s'en sont pas aperçus.

      Supprimer
    8. Bien évidemment je n'aurais pas refusé. Mais le cas de figure ne s'est pas produit. Blessé, non aucunement, mais un peu surpris. Une amie très chère me disait que j'arrêtais toujours au moment précis où il fallait, à l'instant où elle ressentait qu'une claque de trop serait ... de trop. Et que je ne donnais jamais, du coup. Question d'osmose, bien entendu. Parfois on peut se tromper et je ne suis pas du tout infaillible. Mais je ne me laisse jamais aller et je fais plus attention à ses réactions qu'aux miennes. Donc attentif suffisamment pour ne pas donner la claque de top évoquée...

      Votre conclusion est très juste. Personne n'est infaillible. Après c'est une question de finesse et de sensibilité. Et encore une fois, qui utilise un mot a ses raisons.

      Une dernière chose. Ce mot peut sans doute convenir aux rencontres, "je prends le train, j'arrive, un café, hôtel il me fesse, je repars et il s'est passé deux heures" mais je ne connais pas ça...

      Supprimer
    9. Stan, je sais très bien que ce que vous dites est tout-à-fait vrai. Mais peut-être que tout le monde n'a pas, ni la même écoute, ni la même sensibilité que vous. Et puis, même dans les relations suivies, il y a toujours cette première fois où l'on ne se connait pas tant que ça...

      Bon, maintenant j'arrête là mon discours sécuritaire. Tout le monde doit me penser paranoïaque!

      Donc replaçons les choses telles qu'elles sont... dans l'immense majorité des cas où les choses auraient pu dégénérer, c'est moi qui ai incité mes partenaires à aller plus loin, parce que j'avais lâchée prise et je ne sentais plus la douleur. Heureusement, tous, sans exception, ont arrêté le jeu d'eux-même quand ils ont estimé que c'était assez, même si je les suppliais de continuer. Une fois sortie de mon état "second", je leur en ai été très reconnaissante, bien évidemment.

      Il ne m'est arrivé qu'une seule fois de recevoir une vraie raclée (c'est comme cela que je l'ai ressenti du moins, une correction qui dépassait le seuil de douleur que j'arrivais à supporter ce jour-là et dans laquelle il n'y avait vraiment aucune notion de plaisir). C'était de la part de quelqu'un que je fréquentais depuis des mois et jamais, vraiment jamais, je n'aurais pensé avoir besoin d'un mot de sécurité avec lui.

      Alors si on raisonne en terme probabiliste, le safe-word est fort peu utile. Heureusement! :-)

      Supprimer
  9. Hum, le graphique me rappelle un peu le boulot mais il est très parlant et clarifie si besoin en était les propos qui l'accompagnent.

    Il s'en passe, des choses, dans la zone parme !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Mince, voilà mon esprit scientifique démasqué! :-)
      Bon, c'est vrai que ce graphique est un peu trop analytique... et qu'il est super moche. Je ne comprends pas pourquoi, quand on transforme un graphique en image (seul format accepté par Blogger), on perd autant en qualité!

      Mais revenons-en à la zone parme... celle où se trouve la clé des émois les plus profonds... mais aussi parfois celle où se jouent les plus grandes désillusions. :-D


      Supprimer
    2. oh j'ai oublié de vous dire... je suis vraiment ravie de vous voir ici! :-)

      Supprimer
  10. joli article, limpide en plus :)

    je ne partage pas votre ressenti mais apprécie votre point de vue.
    je ne le partage pas dans le sens que je ne ressens pas la même chose : la fessée la plupart du temps je ne l'aime pas. et de mon déplaisir naît la jouissance. j'aime mieux quand ça fait mal.:)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Que l’on emprunte un chemin ou un autre, l’essentiel est d’atteindre le plaisir...
      Merci beaucoup de votre message, l'Onirique, qui montre bien que chacun a son propre ressenti et que cela constitue toute la richesse du jeu...
      Je suis vraiment ravie de vous compter parmi mes lecteurs! :-)

      Supprimer
  11. Classique mais bien écrit et correctement expliqué.

    Pour ma part, je donne régulièrement la fessée sans but correctif, mais par le simple plaisir du contact de ma main avec les chairs de ma partenaire (et vice versa).

    Suivant les situations, celle-ci peut être plus ou moins intensive, mais reste toujours en dehors du seuil de non-tolérance. D'ailleurs, c'est souvent ma partenaire qui me demande de m’arrêter me permettant ainsi de jauger son niveau d'acceptation. Et tout se passe très bien à chaque fois.

    Mais en effet, il faut s'écarter des hommes ou femmes ( à moindre mesure je pense) qui ne connaissent pas le respect et l'acceptation d'un certain niveau de douleur chez son/sa partenaire. Ils peuvent être dangereux.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Si je vous comprends bien, vous ne pratiquez que la fessée érotique, n'est-ce pas? Dans ce cas, nul besoin d'aller titiller un quelconque seuil de tolérance dans une zone de douleur aiguë. Cette fessée-là n'est que plaisir, et uniquement plaisir... :-)

      Supprimer
    2. Non, pas du tout. On pratique toutes sortes d'activités sexuelles, y compris la fessée érotique. Mais cependant, elle n'est pratiquée que dans le cadre de préliminaires. Il est très rare que je donne la fessée dans l'optique d'une fessée correctionnelle et érotique. C'est donc du plaisir avant tout comme vous le dites.

      Supprimer
  12. Développement bien mené, bravo.
    Mais, parce qu'il y a un mais. La fessée qu'on le veuille ou non est définie dans la catégorie SM. Signification logique puise quand il y a émission et réception de douleur, l'acte est considéré comme Sado-Maso. Le mot fait peur, mais c'est juste une désignation car le sado-Masochisme est très vaste. Il va de la douleur la plus petite jusqu’à la plus forte.
    Maintenant le sujet de la perception de la douleur est très subjectif et Amandine à bien raison grâce à un post bien fait de mettre la question sur le tapis.
    Réponses délicates qui n'engagent que leurs auteurs, car comme le dit Amandine, nul n'est au même niveau et résistera différemment. Il est à ajouter que cette différence s’opère sur une même personne suivant sa disposition du moment.

    RépondreSupprimer
  13. Donc il me parait impossible de définir un seuil ou des seuils de douleurs acceptables, car ceux-ci dépendent de beaucoup d'autres éléments qui composent la fessée. Comme beaucoup, il m'est arrivé de craquer au terme d'une fessée assez modeste alors que d'autres fois, encaisser de bonnes et sévères corrections. Les raison d'un rapide abandon ou d'une résistance étonnante sont multiples. Il est bien entendu plus facile d'expliquer pourquoi on lance le mot magique au bout de quelques claques, que d'expliquer pourquoi on a repoussé ses limites en y prenant du plaisir.
    Je pense que tout est une question de conditionnement, d'ambiance, de préparations. La fessée est une alchimie compliquée dont la recette ne figure sur aucun grimoire. Il y a autour de la fessée un univers créé par les protagonistes et suivant leur crédibilité, le jeu sera ou ne sera pas et sera bref et soft ou long et hard en passant par toutes les étapes possibles. Dans cette relation particulière, il y a une chose de certaine et qu'il ne faut jamais transgresser, c'est la sécurité et elle l'est rappelée dans pratiquement tous les commentaires ci-dessus. Personne n'a le droit d'exiger de la résistance et personne n'a obligation de résister plus qu'il ne faut !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je suis d'accord avec toi, Mike, notre seuil de perception et de tolérance à la douleur est éminemment variable selon les conditions psychologiques dans lesquelles nous nous trouvons, la manière dont est menée (progressivement ou pas) la fessée, l'instrument utilisé, etc... Mais si ce seuil varie, il existe pourtant bien.
      Pour ma part, je pense que mes partenaires peuvent facilement voir quand je perçois la douleur comme aiguë à la manière dont je me crispe au moment où je reçois le coup. Mais si je me décrispe aussitôt, c'est que ma zone de tolérance n'est pas franchie. Par contre, dès lors que je n'arrive plus à me détendre entre 2 coups ou 2 séries de coups, c'est qu'il est temps d'arrêter.
      Donc si mon partenaire est à l'écoute (ou plutôt à l'observation, parce que j'ai tendance à dire "mais arrête" à tout bout de champ... et surtout sans vouloir qu'il le fasse réellement) jamais je n'aurai à me servir d'un mot de sécurité. Mais comme je l'ai dit plus haut, tout le monde peut faire des erreurs, donc se munir d'une sécurité n'est jamais inutile (même si, encore une fois, elle est loin d'être absolue).

      Supprimer
  14. Très intéressant ...
    Ce qui s'applique pour la fessée, peut s'appliquer à d'autres pratiques, bien évidemment !
    J'ai presque étépoussé à m'initier à la fessée, pour combler les attentes de certaines dames chaudes de la croupe ...
    Je me suis appliqué à embraser les sens en évitant de faire mal, et j'ai été très surpris de provoquer des orgasmes tout à fait spectaculaires, de cette manière !
    Ayant pratiqué d'autres jeux que je qualifierais de bien plus cruels, je n'ai jamais eu le sentiment d'atteindre un seuil de douleur dans l'art de la fessée.
    Je dois être trop gentil ... ;)
    Dans d'autres pratiques, surtout quand il s'agit d'explorer à deux de nouvelles contrées BDSM, le safe word est une bonne chose et le STOP ! intervient tout à fait naturellement.
    Le jour où on me criera ARTICHAUT !, je me méfierai ...
    En tant que fesseur amateur, j'ai goûté moi-même à la chose, la fessée, le martinet ... mais cela a été bien trop bref hélas, pour que j'apprécie toutes les subtilités de cette forme de soumission, quand on est du côté de la fesse !
    Cela a chauffé ... et j'ai adoré.
    Je me suis également rendu compte que j'étais très excité ...
    Pour finir, je dirais qu'il y a des femmes qui n'ont pas de limite, aucun safe word, et pour qui la douleur est une vraie jouissance.
    J'en ai connue une qui supportait tout, et même davantage ...
    Elle m'a ouvert les portes de cet univers que je comprends mieux à présent, en le savourant à ma manière !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Philo, ne remettez surtout pas votre habileté de fesseur en doute, il y a des types de fessée où l’on atteint jamais un quelconque seuil de douleur. La fessée à la main, par exemple. Pour moi, c’est impossible de ressentir de la douleur en étant fessée à la main. Mêmes si les claques me coupent parfois le souffle, la sensation de douleur est tellement fugitive et la vague de plaisir qui la suit tellement intense que, rien à faire, je n’arrive jamais à avoir mal! Mais bon, si on utilise certains instruments, je ne fais plus la maligne... :-)

      Si on l’aime, la fessée a un effet incroyable sur notre libido (que je pense aucun autre préliminaire ne pourrait avoir, sincèrement). C’est pourquoi il n’est généralement pas très compliqué de convaincre un partenaire vanille de nous la prodiguer, dès lors qu’il a pu s’apercevoir de ce petit effet magique… Mais bien sûr, il ne s’agira là que de fessées érotiques, l’aspect psychologique d’une fessée punitive leurs déplaisant généralement fortement.

      Supprimer
  15. Ula Oups24/10/13

    Bonjour Amandine, toutes et tous,

    Un débat intéressant mais qui semble focalisé sur la seule douleur physique, sur le corps... Quand on sait que les pires blessures, les plus dévastatrices, les plus difficiles et longues à cicatriser, sont plus souvent de l'ordre du cérébral (sans parler du financier, en cas d'indélicatesse de l'un ou l'autre partenaire). Un safeword n'est pas là uniquement pour empêcher le coup de trop, mais aussi pour que la honte ne tourne à l'avilissement, que la domination ne tourne à l'asservissement, que l'un (en position de force ou de supériorité) ne profite de l'autre (en position de faiblesse ou d'infériorité), que le plaisir ne devienne unilatéral, loin de toute notion de consentement mutuel, et que la confiance ne soit irrémédiablement rompue.

    Personne n'irait skier hors piste sans s'entourer d'un minimum de précautions, à moins d'être totalement inconscient ou suicidaire. Les paraphilies, dont la fessée, sont des formes de sexualité « hors piste ». Dans une relation d'adultes, et quelque soit ce type de relation, croire et/ou prétendre que la confiance est suffisante pour éviter les avalanches me semble quelque peu irresponsable. On ne s'en rend malheureusement compte qu'après avoir été enseveli(e).

    Il y a ce qu'on voudrait, et ce qu'il est raisonnable de vouloir. Il y a l'illusion dans laquelle on voudrait se maintenir, et il y a la réalité dans laquelle on évolue.
    (Presque) Tout le monde s'accorde à dire que, dans ce rapport de transfert de pouvoir, celui qui décide n'est pas celui qu'on croit (un peu simpliste mais pas totalement faux pour autant). Pourquoi dans ce cas être si frileux quant au safeword, qui n'est qu'un signe extérieur de cette délégation ? Trop visible ? Cela n'empêche en rien la confiance, la docilité, la soumission, l'envie de découvrir, le dépassement de certaines limites...

    D'autre part, le safeword participe d'une relation égalitaire, ou chacun est responsable de lui-même. Refuser le safeword, c'est donner carte blanche à l'autre. Or nul n'est infaillible. N'est-il pas un peu facile (et ô combien confortable) de pouvoir verser au discrédit d'un seul les conséquences d'une erreur de jugement ou d'appréciation, sinon commise à deux, du moins tacitement autorisée ?
    Croire que Monsieur (Madame) qui fesse est un homme (une femme) extraordinairement sensible et à l'écoute, à la limite de la clairvoyance médiumnique*, préoccupé(e) avant toute chose du bien-être et de la satisfaction de sa (son) partenaire, et qui plus est doté(e) d'un self-contrôle à toute épreuve et d'une grande éthique personnelle, est un pari risqué et injuste.

    Je comprends parfaitement qu'on puisse vouloir s'en passer pour renforcer l'illusion, tout comme je sais que le safeword, qui n'est jamais qu'un mot, n'est pas un garant de sécurité absolue : rien ne dit qu'il sera respecté, comme rien ne dit qu'on saura le dire le moment venu. Mais c'est une précaution parmi d'autres.
    C'est une question à débattre au sein de chaque relation, et qui n'a rien d'une règle. Mais je trouve très important de l'aborder au départ et de l'imposer si l'on y tient absolument : un refus péremptoire de la part du prétendant est pour moi un panneau de signalisation STOP. Définitivement.

    *On n'a déjà pas trop de toute une vie pour apprendre à se connaître soi-même, alors s'en remettre aveuglément à l'autre !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ula, ce que vous venez de dire synthétise, parfaitement et beaucoup mieux que je n'aurais jamais su le faire, le fond de ma pensée sur la sécurisation du jeu. Merci infiniment! :10:

      Supprimer
    2. J'ai la sensation (mais je peux me tromper) qu'entre personnes "normales" à la sensibilité usuelle, juste dire "stop" semble un safeword parfait. Sans avoir besoin d'autres mots de passe de conspirateur en goguette.

      Ou alors c'est qu'on a affaire à une brute épaisse sans une once de discernement et le vôtre n'est pas meilleur, si vous avez laissé un néandertalien s'occuper de vos arrières...

      Supprimer
  16. Pecan nutjob27/10/13

    Et même pour une sexualité normale, même le "missionnaire" dans un lit, le partenaire "passif" attend sans doute que l'"actif" arrête s'il lui dit STOP plutôt que de continuer de lui pilonner le vagin ou l'anus!

    La seule différence est que certains, quand ils jouent à la fessée, font le jeu des refus, des ruades etc. qui en fait veulent dire de continuer. Nous faisons un peu cela, mais les refus sont d'un ton et avec des mots différents d'une vraie demande que cela finisse!

    (Dans notre couple, madame est spécialiste de l'agitation des jambes et des fesses, mais sans vraiment sortir de mes genoux!)

    RépondreSupprimer

Merci de bien vouloir utiliser un pseudo pour vos commentaires (Il suffit de cocher la case nom/URL et d'y inscrire le pseudo que vous voudrez en laissant vide la case URL).
Les commentaires anonymes seront effacés.