jeudi 7 novembre 2013

Différences entre fessée et violence domestique

Plus d'une fois, j'ai été confrontée à cet épineux problème : comment faire comprendre à mon partenaire que la fessée n'a rien à voir avec de la violence domestique?

Pour ceux qui vivent avec ce fantasme en eux, c'est une chose évidente. Mais pour ceux à qui nous faisons découvrir cet univers, la première impression est souvent négative. Si mes compagnons n'ont jamais refusé de s'essayer à la fessée, certains l'ont très mal vécu à posteriori. Cette pratique leur renvoyait une image d'homme violent qu'ils détestaient et nous aboutissions très souvent à une impasse. 

C'est pourquoi j'ai trouvé intéressant le document "BDSM VS Abus", publié sur le site The BDSM Training Academy. Il a l'avantage de présenter, de manière synthétique, tout ce qui différencie les pratiques BDSM de la violence domestique. J'ai essayé de le traduire, et surtout de le transposer à mon univers qui n'est pas exactement celui du BDSM. Je ne sais pas s'il permettrait de convaincre les réfractaires que la fessée est une activité d'amour et de partage, mais je pense qu'il pourrait au moins être un support de discussion intéressant.






29 commentaires:

  1. Peter Pan7/11/13

    Bonjour Amandine !


    Tu as mis le doigt sur un point d'achoppement.
    Perso, la fessée me renvoit aux souvenirs de jeunesse quant nos mauvaises blagues tournaient à l'aigre et que nos parents/proches... nous remettaient dans "le droit chemin" pour éviter tout débordement regretable. Au moyen de quelques claques bien senties , dans la plupart des cas.
    A l'opposé, la violence domestique, qui peut parfois tourner en violence , tout court, implique une forme de lutte, de bagarre entre une ou plusieurs personnes et cela d'une manière imposée par l'une des parties en présence, sans consentement mutuel. Grosse différence. Avec les conséquences néfastes que cela entraine souvent. La fessée peut être occasionnelle alors que la violence domestique peut devenir quasi-quotidienne. Voilà mon avis sur la question mais c'est discutable, d'autant que le caractère entre lui aussi en ligne de compte...
    Bonn'journée. Peter Pan.

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    1. Merci de votre témoignage, Peter Pan. Quel que soit la forme que revêt notre fantasme, il ne faut jamais le confondre avec l’enfer de la violence domestique.

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  2. Il est comme d'habitude très bien ton article Amandine ! et permet aussi d'expliquer les plaisirs relationnels hors couple entre amis de sexe différent ou de même sexe .La fessée pratiquée comme distraction , loisir , complicité , jeu , sport , passion et pas forcément en rapport avec une quelconque activité sexuelle . Mais forcément entre personnes ayant de l'estime réciproque .

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    1. Tu as tout-à-fait raison, Paul, le fantasme de la fessée revêt de nombreuses formes! Ici je ne faisais référence qu'au mien mais je pense que la fessée entre amis est beaucoup moins sujette à suspicion d'abus... il ne s'agit clairement que de plaisir dans ce cas-là.
      Mais dans le cas d'un couple, il en va tout autrement et il y a souvent suspicion d'abus chez les personnes qui ne connaissent pas cet univers.

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  3. Bonjour Amandine,

    vous mettez le doigt sur quelque chose d'important. L'usage de la violence ou de la contrainte dans les jeux sexuels qui parfois laissent à penser qu'il s'agit de violence domestique. Certaines pratiques , certains accessoires renvoient cette image et seraient à proscrire s'ils n'étaient utilisés dans le contexte que vous décrivez. Frapper une femme, c'est mal et c'est injustifiable. Il y a des mêmes journées internationales contre ce genre de fléau. >Donner la fessée au cours d'un jeu où tout le monde (et j'y insiste) est consentant, c'est autre chose. C'est un érotisme particulier qui ne regarde que les participants. De même que l'on dit par boutade qu'une femme fouettée n'est pas une femme battue.
    C'est pour cette raison que j'ai les plus grands doutes quant à la possibilité d'une vie SM 24h/24 comme la prônent d'aucuns. Le risque me semble grand de déraper un jour vers des rapports de force, voire de force physique pure et dure/

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    1. Je partage entièrement votre avis sur l'impossibilité d'une vie SM 24h/24. Pour que le jeu (qu'il soit simple fessée ou BDSM) ne soit pas mentalement déstructurant, il est essentiel que les personnes reviennent à un pied d'égalité à la fin du jeu.
      Je ne sais pas comment cela se passe dans le BDSM, mais dans la fessée cela implique de la tendresse et de l'attention.
      On parle souvent de l'importance de la consensualité dans le jeu, mais presque jamais de cette problématique de restructuration et de retour à une position normale et égalitaire.
      Mais comment redevenir soi-même si l'on joue à plein temps? Pour moi, il s'agit là d'une forme d'abus psychologique qui doit être profondément déstructurant pour la personne qui le subit.

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    2. Desdémone7/11/13

      c'est pourquoi je suis étonnée par la Discipline domestique telle qu'elle est décrite par des femmes qui la vivent au quotidien et dans le but avoué de "devenir meilleures". Qu'est-ce que ça veut dire ? Leur compagnon a une emprise suffisante pour les faire se sentir coupables d'être ce qu'elles sont ?
      Si oui, la limite est peut-être franchie de la maltraitance. Comme je l'ai dit ailleurs (chez Malicieuse Cigogne) Je me méfie de ce terme "entre adultes consentants" qui peut laisser penser que parceque l'autre est consentant alors on pourrait abuser de sa faiblesse.

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    3. oui, adulte et consentant n'implique pas une égalité : il peut y avoir des pressions dues au métier , à l'âge, à l'argent, au statut social..
      bref le jeu pour moi est une parenthèse.

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    4. Je suis d'accord avec vous sur le fait qu'il faille se méfier du terme "consentant". Lorsqu'un individu a un ascendant psychologique fort sur l'autre, il est à même de lui faire accepter ce qu'il veut, même si cela va contre son désir propre. Mais il s'agit bien là du processus de violence conjugale (asservissement de l'un au profit de l'autre) et non pas de DD.

      Pour moi, la DD ne diffère du jeu que vous avez le plaisir de vivre que sur deux points : la fessée n'est plus donnée par rapport à un scénario imaginé, mais lors de la transgression de règles qui ont été préalablement établies, et l'acceptation qui est implicitement donnée pour une certaine période.
      Mais à mon sens, il est fondamental que ces règles soient établies à la demande de la personne s'y soumettant et jamais l'inverse. Il m'est arrivé de discuter avec des dominants souhaitant imposer leurs propres règles et cela me glace le sang! Ces mêmes gens refusent d'ailleurs généralement à leur partenaire l'utilisation d'un mot de sécurité. Je pense que l'on est dans ce cas clairement dans l'abus de faiblesse, et l'accord de la partenaire ne justifie en rien les punitions qui seront données.

      Par contre, il existe des formes de DD très équilibrées où la femme a demandé l'instauration de règles qui lui permettront soit de s'améliorer, soit de trouver une certaine forme de sécurité affective. Dès lors que les raisons sont saines (de cela, le dominant doit s'assurer), il n'y a rien à reprocher.

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    5. Desdémone7/11/13

      Certes, mais il s'agit bien d'un mode de vie basé la-dessus, non-stop. J'ai tendance à trouver cela contestable car il n'y a pas de pause. La DD s'applique en permanence. Et s'améliorer en recevant des coups ou en ayant peur d'en recevoir est suspect.

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    6. Je ne pense pas que l'on puisse réduire la DD à "recevoir des coups ou avoir peur d'en recevoir". La DD joue le cycle complet de la fessée, de la communication au réconfort. La seule différence avec ce que vous pouvez vivre est qu'elle repose sur des motifs "réels" correspondant à la transgression de règles (encore une fois librement demandées par la personne qui est punie) et que l'accord de la punition n'est pas explicitement demandé mais implicite (même si j'estime qu'un bon dominant doit toujours se demander si sa compagne est bien toujours consentante, ce qu'il peut aisément vérifier si elle se plie au jeu sans rechigner et si, à la fin du jeu, le bien-être qu'elle en a tiré est visible).

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    7. Desdémone7/11/13

      Puisque nous en sommes à approfondir cet intéressant sujet, pourriez vous préciser la réflexion suivante :"Dès lors que les raisons sont saines (de cela, le dominant doit s'assurer), il n'y a rien à reprocher. "

      Que serait d'après vous une raison malsaine ?

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    8. Si vous vous intéressez à la DD, je vous invite à lire l'excellent blog d'Isabelle. Vous vous rendrez compte que cette pratique peut-être à des années lumières du cliché de la "pauvre fille battue".

      Une raison "malsaine" est pour moi une raison trop ambitieuse qui ne pourra être atteint facilement et conduirait la personne à recevoir à tout bout de champ une correction. Cela peut aussi être un objectif qui la mettrait en danger (par exemple vouloir maigrir pour une personne déjà mince) ou dont tous les paramètres de contrôle ne sont pas entre ses mains.

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    9. Qu'appelez-vous "s'améliorer", chère Amandine ? La DD aurait-elle pour but de disparaitre elle-même ? Si la demoiselle respecte toutes les règles et ne comment aucune transgression, bref, si elle s'améliore, les punitions n'auront plus de raison d'être.

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    10. Je ne pense pas que les choses soient aussi cartésiennes, cher Hadrien. Pour moi, la DD est le moyen d’allier l’utile à l’agréable. Je ne conçois pas une DD sans que l’on ait le fantasme de la fessée en soi. Alors, l’utiliser pour essayer d’atténuer un ou plusieurs défaut, pourquoi s’en priver?
      Mais si j’aime être fessée, pourquoi cela marcherait-il? Tout simplement parce que j’aurais envie de faire plaisir à mon partenaire, qu’il soit fier de moi et lui montrer que je suis reconnaissante qu’il prenne soin de moi. Bien sûr, il est possible aussi que je m’en serve un peu pour provoquer le jeu sans que je n’aie besoin de le lui demander explicitement… Mais je pense que globalement mes défauts seraient tout de même bien atténués.
      Maintenant il existe des défauts dont on souhaite réellement se débarrasser, comme celui de fumer. Dans ce cas, le défaut disparaîtra, soit. Mais arrêtera-t-on pour autant de jouer si on a ce fantasme en soi ? Bien sûr que non. On cherchera à s’améliorer sur d’autres points ou on continuera à jouer, hors DD, avec des scénarios purement fictifs (même si, dans ce dernier cas, c’est un peu moins troublant).

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    11. Brigit8/11/13

      Et voilà, Hadrien a bien mis le doigt sur le problème ! si l'amélioration de quelque chose est le prétexte de la fessée, alors une fois le but atteint, il faut en chercher d'autres (idem pour le prétexte thérapeutique) et c'est bien vain comme démarche. qui plus est, cela met la personne fessée dans un état d'infériorité et non de vulnérabilité. il n'y a plus d'égalité. ce n'est pas sain. enfin, cela implique que tant que le but n'est pas atteint, la personne sera toujours sanctionnée, même si elle n'y consent plus, sauf à casser le pacte. ce n'est pas consensuel. bref; il faut bien avoir conscience que c'est un prétexte et non une fin en soi.
      qui plus est, cela met une pression importante sur celui (ou celle) qui donne la fessée, qui se doit de sanctionner systématiquement. cela demande donc aussi beaucoup de discipline !! et ce n'est pas toujours possible. il faut donc faire reposer la relation sur quelque chose d'un peu plus solide que ce prétexte là...

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    12. Desdémone8/11/13

      Voilà ce qui me parait pertinent : "un prétexte et non une fin en soi".

      Effectivement plus le prétexte est proche de la réalité et plus l'épisode sera vécu avec intensité car l'action semblera réelle. Semblera car au bout du compte si on est dans une relation ou la punie peut arrêter le processus quand elle le souhaite alors nous sommes bien dans une fiction que nous nous plaisons à vivre comme si elle était réelle.

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    13. Ma connaissance de la DD est assez limitée. Je l'ai guère pratiquée et il y a bien longtemps de cela. Mais dans mes souvenirs, jamais je ne me suis sentie inférieure à mon compagnon. D'aussi loin que je me souvienne, les sentiments que je pouvais ressentir étaient assez proches de ceux que je peux ressentir dans le cadre d'un jeu classique. La raison était prétexte mais avait son utilité. Bref, je n'en garde que de bons souvenirs.

      Mais par contre, vous avez tout-à-fait raison de mettre en garde contre l'utilisation abusive de la DD. Il y a beaucoup d'hommes violents qui recherchent leur compagne en louvoyant dans les forums spécialisés fessée/BDSM. Ces hommes là proposent quasi-systématiquement une DD aux filles qu'ils approchent afin de pouvoir vivre en toute impunité (du moins le pensent-ils) ce qui est interdit par la loi. Le seul conseil que je pourrais donner est de ne jamais débuter ou fonder une relation sur la DD. La DD peut-être un plus, dans une relation établie et stable. Elle ne peut en aucun cas en être la base.
      Mais les hommes violents qui se cachent derrière la DD sont généralement facilement reconnaissables, puisque dans leurs discours, ce sont eux qui imposent les règles qui leur conviennent...

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  4. Bonne idée de publier ce document.

    Bordel si elle touche à mon whisky préféré, je lui flanque une rouste ! NON MAIS SANS BLAGUE !

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    1. Faut que t'arrêtes le whisky, Mike, sinon c'est elle qui va te la mettre... :-)

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  5. Brigit8/11/13

    je suis globalement d'accord avec les schémas, en particulier le second. le cycle de la violence domestique est bien vu, en particulier en ce qu'il explique (partiellement) la récidive d'un côté, et pourquoi la victime reste malgré un accès de violence, voire excuse ou tempère cette violence.

    je suis plus critique sur la première case "communication". certes, on peut pratiquer la fessée sous couvert de nombreux prétextes, mais ça serait une erreur de la justifier par ces prétextes.

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    1. Vous avez raison, j'ai décrit ici les raisons qui me poussent le plus souvent à l'envie de jouer. Mais chacun est unique, dans ses désirs comme dans ses fantasmes.

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  6. Merci encore Amandine pour ces précisions
    Je suppose tout de même, comme dans la sexualité classique et finalement les rapports humains en général, que la ligne jaune peut franchit facilement. Elle est ténue. Entre la vulnérabilité et l'infériorité par exemple comme le dit Brigit. ET je suis sûre qu'il y en a d'autres :)
    C'est vraiment très sympa et intéressant ces discussions sans animosité, sur ton blog :)

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    1. Bonjour Marie Tro !
      Bien sûr, il y a plus de risque de franchir le ligne jaune dès lors que l'on joue avec des rapports de domination/soumission, même soft. C'est pourquoi il est fondamental de bien choisir son partenaire et de s'assurer qu'il est mentalement très stable. Jamais ne se précipiter, donc. Mais quelque soit les précautions et le temps que l'on peut prendre, il y a toujours un risque de dérapage (c'est pourquoi je crois à la nécessité de l'utilisation d'un mot de sécurité, même si ce n'est pas la panacée, loin de là...).

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  7. EllaJenesaisquoi8/11/13

    L'idée de DD pour atténuer ou supprimer mes défauts m'est totalement insupportable et très humiliante. Me dire qu'une fessée réussirait à me faire arrêter de fumer là ou le bon sens et surtout ma propre volonté n'a pas réussi, c'est infantilisant et c'est me retirer une autonomie et une liberté qui m'est précieuse et parfois chèrement acquise.

    Alors être punie parce que je fume, parce que je boude, parce que je l'envoie chier ... OUI ! mais pas question que cela serve à "m'améliorer"( un mot que je déteste dans le contexte bdsm). Si évolution de mon comportement ou de mes actes il doit y avoir, je l'aurais décidé seule en toute conscience.

    (Ha et puis croyez moi d’expérience, arrêter de fumer par la seule force de sa volonté, outre le bénéfice pour sa santé, est extrêmement gratifiant pour l'ego) ;)

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    1. En vérité, je n'ai jamais fumé... mais je boude, ça oui! :-D

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  8. Pecan nutjob9/11/13

    Dans notre couple, pratiquement depuis le début, nous avons une pratique simple: celui ou celle qui a un mauvais comportement reçoit la fessée, qui est donnée cul nu mais dans un style plutôt "familial" (main nue, martinet ou autres instruments qu'une mère de famille aurait pu utiliser il y a 50 ans).

    Bien entendu, c'est parce que nous avons tous les deux le fantasme de la fessée. Mais c'est aussi parce qu'une bonne fessée détend l'atmosphère; c'est mieux que la "soupe à la grimace". Tu te comportes mal -> tu culpabilises -> tu passes un moment très embarrassant et acceptablement douloureux -> tu es pardonné.

    On peut toujours refuser, mais quand j'ai l'impression de m'être comporté comme un égoïste ou un malappris, j'aurais plutôt tendance à demander ma punition.

    Est-ce que ça a amélioré les choses? Peut-être oui. Certains des défauts pour lesquels nous fessions beaucoup quand nous étions plus jeunes se sont estompés, mais nous ne savons pas si c'est le panpan cucul ou juste l'âge qui rend sage.

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  9. chti_fesseur10/11/13

    Très bon document informatif.

    Le BDSM et la tendresse ne sont pas antinomiques. Une personne dominante peut très bien se comporter de manière tendre avec la personne soumise, faire des bisous, etc. tout en ayant une posture dominante. Tendresse n'est pas synonyme de faiblesse.

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    1. Je suis tout-à-fait d'accord avec toi. Dominer, c'est avant tout prendre soin de la personne, et donc faire preuve de beaucoup de tendresse. Notamment , après le jeu, quand elle est particulièrement vulnérable.

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