vendredi 1 novembre 2013

Une conduite dangereuse (2)




Ce fût presque avec soulagement qu'elle quitta le canapé pour venir à son côté. Il la fit basculer, ajusta sa position, et commença à prendre la mesure du terrain qui lui était offert en caressant doucement ses fesses par-dessus sa robe. 

« Vous allez recevoir une fessée à la main. Elle sera à la hauteur de ce que vous méritez. Mais il y aura une suite, vous vous en souvenez, n'est-ce pas? »

« Oui » répondit-elle d’une voix mal assurée.

« Avez-vous apporté l’instrument comme je vous l’ai demandé ? »

« Oui » soupira-t-elle.

Il avait été convenu entre eux qu'elle apporterait un instrument de son choix. Avait-elle choisit le bon? Elle l'espérait lorsque la première claque tomba, la prenant au dépourvu. Malgré ses mains fines et douces, il maîtrisait manifestement l'art de corriger une dame. Une pluie de claques commença à s'abattre, d'abord lentement, puis de plus en plus rapidement. Protégée par ses vêtements, elle n'avait pas vraiment mal mais une douce chaleur commençait à l'envahir. Elle se sentait bien, en sécurité là, sur ses genoux. Peu à peu, ses muscles se détendaient, son esprit aussi. Il vagabondait dans un univers fait de douceur et de plaisir lorsque les claques cessèrent. 

« Avez-vous compris pourquoi vous êtes punie? »

« Oui » répondit-elle, surprise.

« Dites le moi. »

Non, cela elle ne voulait pas le faire. Il était déjà assez humiliant qu'il ait découvert sa bêtise, il n'était pas question qu'elle l'avoue de nouveau. 

« J'attends!» l'entendit-elle gronder, visiblement fâché de son manque de coopération. 

« Non, je ne veux pas… »

Très bien, je vois que vous n'avez pas compris votre leçon. C'est alors qu'elle sentit sa jupe se relever brusquement sur son dos et sa culotte prendre place au milieu de ses cuisses. 

« Oh non! » fit-elle en tentant de parer à ce geste qu'elle redoutait par-dessus tout.

Ses joues étaient sans doute devenues aussi rouges que ses fesses mais il ne semblait pas s'en être aperçu. Les claques recommencèrent à s'abattre, de plus en plus fortes et de plus en plus rapides. Sans la protection de ses vêtements, la douleur était nettement plus perceptible. Ses fesses la cuisaient terriblement mais elle essayait de ne pas y penser et de se concentrer pour garder ses jambes bien serrées afin qu'elle ne présente pas une posture trop indécente à cet homme qu'elle ne connaissait pas. Mais plus la fessée progressait, moins elle y parvenait. Ses jambes étaient prises d’un mouvement parfois tout aussi incontrôlable que les petits cris qui s'échappaient de sa bouche quand la claque était particulièrement forte. Elle essaya même de se protéger en interposant sa main droite, mais il la lui attrapa au vol. Elle entremêla aussitôt ses doigts dans les siens. Lui donner la main ainsi la rassurait et elle se détendit immédiatement. La fessée continua durant de longues minutes, sans qu'aucun mot ne soit plus échangé. 

« Relève-toi » lui murmura-t-il à l'oreille, ce qu'elle fit en remontant prestement le petit bout de lingerie qui lui entravait les cuisses.

« Qui t'a autorisé à faire cela? » lui demanda-t-il en l'agrippant fermement par le bras. Elle sentit sa culotte regagner aussitôt sa position initiale et un orage de claques s'abattre sur ses fesses déjà bien endolories. Elle en avait les larmes aux yeux, de honte plus que de douleur. Etre punie sur ses genoux avait un côté indéniablement rassurant. Elle aimait beaucoup cette sorte de partage, de communion, dans le jeu. Mais être punie debout, comme une sale gamine désobéissante, était nettement plus humiliant. Heureusement, l'averse ne dura que quelques secondes.

« File au coin!» 

Elle se précipita à l'endroit indiqué et n'attendit pas son ordre pour emmêler ses doigts derrière sa tête. De longues minutes passèrent ainsi. Elles lui semblaient interminables. Que faisait-il ? Elle n'entendait pas grand-chose, si ce n'était parfois le bruit de ses pas. Faisait-il durer la pénitence pour la punir de l'avoir défié en se recouvrant? Elle regrettait amèrement son geste à présent. Elle aurait donné n'importe quoi pour qu'il vienne la chercher... ou au moins qu'il lui parle!

« Va chercher l'instrument que tu as apporté » s'entendit-elle enfin ordonner. Elle quitta sa place avec soulagement et alla chercher l'objet en question. Elle le lui remit en main. Il le soupesa, le tapota contre sa paume. Avait-il déjà fessé avec un tel instrument? Elle n'en avait pas la moindre idée. Il semblait hésiter sur la position à adopter mais se décida finalement. Il retourna s'asseoir et lui demanda de reprendre place sur ses genoux. 

« Dis-moi la raison pour laquelle tu es punie aujourd'hui.»

Elle sentit son estomac se renouer aussitôt. 

« Je… » mais aucun autre son ne sortit de sa bouche.

« Oui ? »

« Je suis punie parce que ma conduite a été dangereuse » parvint-elle enfin à articuler dans un murmure.

« C'est bien, tu commences à comprendre la leçon. Mais elle n’est pas terminée, loin de là... » lui rappela-t-il alors que le premier coup s'abattait sur ses fesses déjà bien rouges.

La fessée était beaucoup plus cuisante à présent qu'il n'utilisait plus sa main. Mais elle restait supportable et la jeune femme ne voulait surtout pas qu'elle s'arrête. Il avait réussi à la faire se sentir coupable, elle voulait à présent qu'il la punisse vraiment. Mais plus l'instrument venait la brûler, moins elle arrivait à contrôler le mouvement de ses hanches et de ses jambes qui commençaient à s'agiter en tous sens. Il marquait des instants d'arrêt de temps en temps, ce qui lui permettait de reprendre son souffle. Il lui caressait alors la tête pour s'assurer que tout allait bien. 
Et puis soudain, sans que rien ne l'y prépare, elle sentit une grande vague déferler en elle et ses larmes se mirent doucement à couler. Ce n'étaient pas des sanglots, mais elle ne parvenait pas à en arrêter le flot. Elle n'essayait pas, de toute manière. Elle se laissait aller, à la fessée comme aux larmes, et elle se sentait incroyablement bien... Toute tension avait disparu, de son corps comme de son esprit. Elle qui ne pleurait quasiment jamais lors d'une fessée, elle avait oublié à quel point il pouvait être bon de se laisser aller à ce point!

Mais lorsqu'il s'aperçut qu'elle pleurait, il stoppa net la punition, inquiet.

« Amandine, est-ce que tout va bien? » lui demanda-t-il, en l'aidant à se relever et en l'asseyant sur ses genoux. 

« Oh oui, très très bien... » lui répondit-elle en posant sa joue contre son torse. Il la garda ainsi blottie contre lui le temps que ses larmes se tarissent.

« Veux-tu une tasse de thé? »

Il venait de lui offrir une magnifique fessée. Elle pensa qu'elle se devait d'honorer ce terrible breuvage.

« Oui, volontiers » lui dit-elle en souriant.



Photo © Red Charls

14 commentaires:

  1. Encore une fois un très très joli texte.
    Joli souvenir, ou jolie invention, qu'importe, on en redemande.
    Merci, Amandine.
    ALAIN

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    1. Merci à vous, Alain, de venir me lire et d'y laisser de si gentils commentaires! :10:

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  2. c'est bon à lire ...
    et quel était cet objet? ;)

    avec le recul est ce que tu sais pourquoi les larmes viennent?

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    1. L'objet en question...je trouve plus joli que chacun se l'imagine selon ses propres goûts. Mais disons qu'il s'agit ici d'un instrument très classique, qui peut être donné dans toutes les positions... :-D

      Les larmes viennent d'un débordement d'émotions. En ce qui me concerne, elle ne peuvent survenir si je ne ressens pas un véritable sentiment de culpabilité.
      Mais cela ne suffit pas, bien sûr. Il faut également que la tension soit très forte, comme celle dont une fessée longtemps fantasmée peut faire l'objet, ou comme celle provoquée par une situation incongrue et/ou inquiétante (ici, la rencontre avec quelqu'un de presque inconnu dans le seul but de recevoir une fessée... chez lui, qui plus est).
      L’alchimie entre les deux partenaires compte aussi. Il faut se sentir en sécurité, avoir toute confiance, pour que les digues cèdent.
      Et puis, il existe encore certainement beaucoup d'autres paramètres que je n'ai pas analysés. :-)

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  3. Doux à lire, avec une lente et excitante progression
    Des larmes de lâcher-prise ?
    Comme les larmes de jouissance ?

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    1. Coucou Marie Tro,
      Je ne pense pas que les larmes de lâcher-prise soient comparables aux larmes de jouissance. En tout cas, elle ne sont pas provoquées par un trop plein de plaisir mais bien par un trop plein de tensions et d'émotions qui se libère d'un seul coup... et en général, elles sont plus fournies et ne s'arrêtent pas aussi facilement que des larmes de jouissance. :-)

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  4. C'est toujours un grand moment de faire couler de telles larmes chez une belle soumise ou flagellée. Et quelle fierté quand une femme vous offre ce cadeau.

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    1. Vous pouvez mesurer alors toute la confiance qu'elle place en vous.. :-)

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  5. Vivre cette fessée sur les genoux de cet homme, à ton rythme et avec tes émotions, c'est ce que m'ont provoqué tes mots ...Ils me laissent comme toi et comme après une fessée, sereine et bien, vide de toutes tensions, pleine d'émoi

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    1. Merci pour ces mots si touchants...
      Doux baisers Chilina :10:

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  6. Mais pourquoi je ne m'appelle pas Amandine ?!!!!

    Chienne de vie !

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    1. Ah non, mais lui je ne le prête pas. Il est trop craquant !

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  7. Desdémone3/11/13

    Ah ! Je ne lis la suite que ce soir... Mais je ne regrette pas d'avoir attendu : c'est top ! Je m'identifie beaucoup à cette histoire. A croire que vous lisez dans mes pensées Amandine.

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    1. Merci beaucoup de ces gentils mots, Desdémone :10:

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