dimanche 1 décembre 2013

Un dîner d'exception (2)

(la suite..)


Après s'être déshabillée, elle s'assit sur le lit et l'attendit. Des sentiments contradictoires lui torturaient l'esprit. Elle avait tout autant peur que terriblement envie de cette punition. Envie que tout soit effacé, oublié, qu'elle puisse reprendre sa vie avec l’insouciance qui la caractérisait la plupart du temps...

Au bout de quelques minutes, alors qu'il n'était toujours pas là, elle commença à douter. Il la punissait toujours dans la chambre, d'habitude, mais peut-être avait-il d'autres projets ce soir? Elle se leva et alla jeter un coup d'œil dans la salle. Il était assis sur le canapé et lui fit signe d'approcher. Elle se sentait particulièrement mal-à-l'aise de se présenter ainsi mise à nue mais elle n'avait d'autre choix que de lui obéir. Elle s'avança donc, les yeux rivés sur le parquet. 

- Regarde-moi ! lui ordonna-t-il.

Elle leva un regard timide en sa direction.

- Tu l'as compris, ce soir, ta punition va être particulière. Tu ne devras n'opposer aucune résistance. L'as-tu bien compris?

- Oui, répondit-elle d'une petite voix. Pourquoi insistait-il tant sur ce point?

- Si tu n'y arrives pas, je t'attacherai les mains...

C'est alors qu'elle vit la corde qu'il tenait entre les siennes. Jamais il ne l'avait encore attachée. Mais ce soir était une soirée particulière. Il la voulait vulnérable et cette idée la troublait énormément.

- Assied-toi.

Elle reprit place sur le canapé, en espérant qu'il ne s'apercevrait pas du désir trouble qu'elle sentait sourdre en elle. Elle s'efforça de contracter son périnée pour y mettre fin mais elle savait bien qu'il en serait vain. Il lui tardait que la punition commence afin de mettre fin à ce supplice, cruel et délicieux. 

- Veux-tu un peu de champagne ?

Il s'était levé et avait retiré une bouteille de l'un des sceaux à glace. Elle acquiesça mais n'était pas certaine de pouvoir en avaler une gorgée tant la tension lui broyait l'estomac. Il remplit une coupe et la lui tendit. Elle y trempa ses lèvres mais n'arriva pas à en avaler. 

- Tu vois les trois plats qui se trouvent sur la table. Je veux que tu me ramènes le premier, celui le plus à droite.

Elle se leva et revint avec l'objet recouvert de sa cloche d'argent. Elle avait pensé qu'il s'agissait de l'un des plats de leur dîner, mais son poids était si léger qu'il ne pouvait l'être. Intriguée, elle le lui tendit. 

- Non, soulève la cloche. 

Elle la souleva prudemment comme si elle s'attendait à en voir jaillir un pantin désarticulé. A défaut de mauvaise surprise, il s'y trouvait une lettre enroulée et nouée d'un ruban pourpre. 

- Tu peux la lire.

Elle prit la lettre entre ses mains tremblantes, dénoua le nœud et lu.


« Ma chérie,

Je t'avais promis un repas d’exception et c'est précisément ce que je vais t'offrir. 

Mais ton comportement n'a pas été exemplaire ces dernières semaines et je ne peux pas ne pas en tenir compte. 

Chaque plat se parera donc d’un accompagnement spécial.

J’espère que le raffinement des mets sera à la hauteur de la punition que tu vas recevoir. 

Je t’aime. »


Elle leva vers lui un regard implorant.

- Viens, lui dit-il en désignant ses genoux.

De plus en plus inquiète de la tournure que prenait cette soirée, elle s'allongea le plus confortablement qu'elle put. Elle pressentait que cette fessée serait longue et douloureuse.

- N'aie pas peur, je vais simplement te fesser à la main. Mais, n'en doute pas, ce sera une vraie fessée. N'oublie pas ce que j'attends de toi. Je ne veux pas voir ta main voler à quelque distance que ce soit de tes fesses. Tu as bien compris?

- Oui. 

Elle se promit de faire de son mieux pour arriver à se maîtriser, mais elle n'était pas vraiment convaincue d'y arriver.

Les claques commencèrent à tomber. Au début elles n'étaient pas très fortes mais donnaient naissance à une douce chaleur qui irradiait ses fesses et son bas ventre. Elle savait qu'elle n'était pas censée y prendre de plaisir, et pourtant...

Pourvu qu'il ne s'en rende pas compte, pensa-t-elle à nouveau.

Mais peu-à-peu, le rythme s'intensifiait. Les claques se faisaient plus sèches et plus rapides. La chaleur devenait brûlure. Chaque volée était accompagnée de sévères réprimandes auxquelles elle essayait de répondre du mieux possible. Mais plus la douleur s'intensifiait, moins elle parvenait à se concentrer. Brusquement, sans qu'elle n'y prenne garde, sa main droite vint s'interposer pour tenter de mettre fin à son supplice. 

- Relève-toi, lui ordonna-t-il sévèrement. 

Sur le coup, elle ne s'était pas rendu compte de son geste. Mais en le voyant prendre la corde posée sur la table basse, elle comprit qu'elle avait lamentablement échoué à se maîtriser. 

- Tourne-toi et mets tes mains dans ton dos.

Elle obtempéra et elle sentit ses poignets écrasés l'un contre l'autre. La corde, un peu trop serrée, lui meurtrissait la chair mais elle n'osa rien dire. Envahie par honte, elle reprit place sur ses genoux. 

La fessée reprit de plus belle et dura de longues minutes. La position était devenue très inconfortable. Ses épaules lui faisaient mal mais elle s'en rendait à peine compte tant la douleur qui irradiait son derrière était forte. Si elle ne pouvait plus bouger les bras, ses jambes, elles, marquaient un rythme effréné. Mais il ne semblait pas s'en offusquer. Sa respiration devenait de plus en plus difficile et elle haletait quand soudain la punition cessa. Il l'aida à se relever. Elle aurait voulu pouvoir chasser le feu de ses fesses en les frottant vigoureusement mais la contrainte de la corde l'en empêchait. Ses yeux étaient remplis de larmes mais aucune d'elles ne semblaient vouloir s'en échapper. 

- Va au coin, lui dit-il murmura-t-il à l'oreille. 

Son ton était calme et chaleureux. Elle en perdit tout repère. Il la prit par l'épaule et la guida à l'endroit de sa pénitence. 

- Reste ici et ne bouge pas. Je reviens.

(à suivre...)


21 commentaires:

  1. J'évoquais précédemment mon côté anti-suspense.
    Mais là, c'est de la torture mentale, Amandine!
    Vilaine, va.

    Constance

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  2. Je viens de lire les 2 premières parties.. Tout simplement magnétique! Ne sois pas trop longue à nous livrer l'épilogue! ;-)

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    1. je vous plussoie, Honey, comme on écrit chez les branchés...vite la suite. Et espérons que soit un long long long banquet

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    2. Oh oui, un banquet plein de succulents mets et douceurs exquises... Elle le mérite bien, après une telle punition! :-)

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  3. Je.

    Veux.

    Lire.

    La.

    Suite.

    Steupléééééééé <3

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  4. Merci les filles de tous ces gentils mots si encourageants! Je n'ai malheureusement pas eu beaucoup de temps pour écrire ce week-end mais je vais faire au mieux pour terminer au plus vite ce récit, promis. :-)

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  5. mon commentaire s'est perdu... dommage il était spontané post lecture jouissive !!!
    C'est boooon... et encore s'il te plait Mademoiselle
    le genre de lecture qui fait beaucoup de bien :p

    La robe est divine!!

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    1. Ton commentaire ne s'est pas perdu, Dita, mais il est sur la première partie du récit. Oui, cette robe est sublime. Le genre de robe que l'on achète sur un coup de tête et qui reste des années dans l'armoire tant les occasions de la revêtir sont rares! :-D

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  6. EllaJenesaisquoi1/12/13

    ha, ha, la main qui bouge indépendamment du cerveau, mue par un réflexe d'autodéfense ! La perversité de ces messieurs n'a d'égale parfois que notre soif d'expiation. Et c'est si bon ainsi.

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    1. Un réflexe de survie, sans doute... :-D

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    2. Réflexe, oui... mais alors : la contraindre... l'attacher... (même si cela fait mal aux épaules, aux poignets...) pour qu'elle subisse : la correction, le châtiment... jusqu'à... l'expiation...

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    3. Mais tout cela avec la plus grande douceur, n'est-ce pas? :-)

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    4. Douceur / douleur... Il n'y a qu'une lettre de différence... Mais combien de plaisirs....

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  7. Raaah...la suite, vite
    Délicieux Amandine

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    1. Merci Marie Tro! J'écris la suite... :-)

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  8. Bon... moi, j'attends les recettes... qu'y a-t-il sous les autres cloches ?...

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    1. Peut-être n'y a-t-il tout simplement que les mets à déguster. Rappelons qu'à la base, il s'agit d'un dîner... :-)

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    2. si on part du principe que vous êtes le dessert est une Amandine rougie...ce doit être un repas mémorable

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    3. Une amandine aux fruits rouges, c'est délicieux... le subtil mélange de la douceur de l'amande alliée à l'acidité du cassis et de la framboise, miam! :-D

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  9. marina2/12/13

    Oh merci Amandine! vous qui savez si bien nous tenir en haleine,
    Moi aussi j'attends la suite impatiemment, découvrir quels mets surprenants peuvent donc bien se cacher sous les deux dernières cloches.....tout en souhaitant ne pas voir arriver trop vite l'épilogue!

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    1. Merci à vous Marina, vos mots me touchent énormément! :10:
      La fin du récit sera publiée demain, promis. Je viens juste d'en finir l'écriture mais il faut encore que je la relise et que j'en fasse la mise en page. Et comme mes yeux se ferment... je file au lit! :-)

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