dimanche 9 février 2014

Chasse au trésor (3)

Attention, ne lisez ce texte qu'après en avoir lu la première partie ici et la deuxième partie ici.

Les vibrations étaient ininterrompues à présent, palpitantes, lancinantes, frissonnantes. Elle jeta un coup d'œil dans les placards, les tiroirs et au petit bonheur, dans les boites d'emballage – c'était la pièce où l'on rangeait tout ce dont on ne savait que faire et dont on s'empressait d'oublier l'existence. Elle aurait tellement voulu qu'elle soit mieux rangée. Son désordre délibéré allait lui valoir une fessée, réalisa-t-elle, comme à une enfant récalcitrante.

Elle commença à farfouiller frénétiquement entre les piles de boîtes chancelantes et à ouvrir en grand les placards lorsque le bourdonnement se mit à monter crescendo. Elle essaya désespérément de garder son calme et de résister à la tentation de tomber à genoux et de laisser la vague de plaisir la submerger. Derrière elle, elle pouvait l'entendre rire sous cape de sa drôle de recherche.

Soudain, la sonnerie se mit à retentir. Un petit son métallique, faible, presque intimidé. 

Et avec lui, les vibrations s'arrêtèrent brusquement. 

Elle poussa un cri dans lequel s'exprimait toute sa frustration. D'avoir été aussi près du but. D'avoir été déjouée par son propre désordre.

Elle se retourna et le vit rire, encore. Ses épaules se secouaient. Il trouverait visiblement sa performance terriblement amusante. Il s'approcha d'elle comme s'il voulait la prendre dans ses bras. Elle ouvrit ses bras pour l'embrasser. Mais au dernier moment, elle le vit à travers la faible lumière de l'abat-jour, se redresser, rechercher et retrouver le chausson de danse. Elle se mit à bouder en signe de protestation, de la seule manière qui lui semblait appropriée, en lui tirant la langue. 

Elle avait perdu - et il y aurait forcément des conséquences.

Il examina  le bric-à-brac de la buanderie, maintenant encore plus en pagaille après sa recherche frénétique. Et il pris soudainement conscience qu'il y avait ici l'occasion d'un jeu de rôle improvisé...

« Qu'est-ce que je vous avais dit à propos de l’intérêt de tenir votre chambre bien rangée, jeune dame ? »

« Ummm, heu… », était tout qu'elle arriva à répondre, alors que son regard restait rivé sur l’élégant chausson blanc avec lequel il s'amusait maintenant à tapoter la paume de son main gauche, d'une manière menaçante.

« Les filles désordonnées méritent une bonne fessée », annonça-t-il fermement.

Son doigt pointa vers le couloir et les escaliers.

« Filez dans votre chambre, jeune dame ! »

Tête baissée, elle se retourna et se dirigea vers les escaliers. 

Enfant, elle n'avait jamais reçu de fessée de ses parents. A la place, quand elle se comportait mal, elle était envoyée dans sa chambre. Mais, lors d'un après-midi qu'elle n'oublierait jamais, sa meilleure amie lui avait avoué que de temps en temps, lorsqu'elle était envoyée dans sa chambre, c'était pour y attendre d'être fessée. Dès lors, elle avait secrètement fantasmé de ce que ce serait, imaginant qu'elle devrait se déshabiller et attende courbée au-dessus d'une pile d'oreillers placés sur son lit, écoutant des pas monter lentement les escaliers en attendant que la porte se mette à grincer…

Et même maintenant, juste le fait d’être envoyée dans sa chambre était suffisant pour faire s'envoler une nuée de papillons dans son estomac et faire frissonner son entre-jambes. Elle s'assit sur le lit, presque nue dans son string, le vibromasseur inerte toujours à l'intérieur d'elle, et attendit en rejouant dans son esprit son fantasme préféré alors que le bruit de ses pas dans les escaliers se faisait de plus en plus distinct. La porte s'ouvrit, comme dans un ralenti. 

Son enjouement antérieur avait été remplacé par une expression sévère.

« Je pense que vous avez besoin d'un changement de costume », dit-il d'un air songeur en lui faisant signe de se lever, « enlevez cela. »

Elle se leva et laissa glisser au sol le string de satin noir qui était trempé. On pouvait apercevoir le bout incurvé du vibromasseur qui appuyait contre ses lèvres, comme s'il essayait de protéger sa modestie. 

« Enfilez maintenant votre chemise de nuit et votre culotte de petite fille. »

Elle alla jusqu'au dressing et farfouilla à l'intérieur jusqu'à ce qu'elle trouve les vêtements appropriés. Il y avait une petite culotte blanche avec des dessins de nounours tenant des ballons, d'une taille enfant et donc beaucoup trop juste pour sa taille d'adulte, qui laissait son pubis et la plus grande partie de ses fesses découverte, et une chemise de nuit blanc-rose avec de petits cœurs pourpres brodés, des fronces autour du cou et des poignets, qui descendait jusqu'aux genoux, ce qui contribuait à lui donner une allure très juvénile. 

Elle ressemblait tout-à-fait à une vilaine petite fille.

« Maintenant, jeune fille. Que vous ai-je dis à propos de tenir votre chambre bien rangée? » lui demanda-t-il, sans vraiment attendre de réponse.

« Je… Je suis désolé, papa ! » improvisa-t-elle.

« Je vous ai prévenu de ce qui se produirait… »

Inquiète, elle mordit sa lèvre inférieure.

« Maintenant je pense que c'est au tour de M. Chausson de rendre une petite visite à votre culcul! », la taquina-t-il.

« Nooon ! » pleurnicha-t-elle, rougissant de honte. Ses enfantillages lui valurent un froncement de sourcils en retour.

« Vous savez ce qui arrive aux vilaines filles… »

Elle ne le savait que trop bien. 

« Allez vous placer près de la chaise à  fessée. »


* * * * *

La chaise était seule au milieu du salon, comme un invité récemment arrivé et qui attendait le retour de son hôte. Ils l'avaient acheté chez un antiquaire. Elle l'avait vue la première et lui avait glissé au creux de l'oreille qu'elle ressemblait à celles que l'on pourrait trouver dans le bureau d'une maîtresse d'école. Puis elle avait remarqué des éraflures à mi-hauteur, du côté droit, sur un seul des pieds avant de la chaise... à peu près là où la chaussure gauche d'une vilaine fille pourrait s'agiter dans tous les sens et venir la heurter,  dans cette sorte de danse honteuse que l'on exécute lorsque l'on se retrouve sur les genoux de la personne qui nous discipline. Après cela, ils n'ont pas hésité à l'acheter.

Cette chaise semblait avoir une histoire. Elle était faite en merisier rouge-brun et remontait sans doute à une époque révolue. Ses pieds robustes lui conféraient une présence inquiétante. Malgré sa corpulence, sa couleur et ses courbes subtiles donnaient l'impression d'une chaise féminine, ayant appartenu à une directrice sévère ou à une vieille tante autoritaire. Cette pièce de mobilier aurait été son trône, là où elle s'asseyait majestueusement en toisant les fautifs et en tapotant de sa main un paddle, du même merisier, tandis qu'elle attendait qu'ils baissent leur culotte. 

Tels étaient les trésors cachés parmi le bric-à-brac des antiquaires. Les trouver, les voir cachés en pleine-lumière, était l'un des nombreux jeux qu'ils aimaient à jouer. Pour ceux qui s'accrochent à leur nature espiègle, tout pouvait servir de jeu. 

Elle se tenait à côté de la chaise, en attendant son retour. C'était une grande chaise, intimidante lorsque l'on se trouvait à côté. Son siège se trouvait au niveau de sa taille et son grand dos droit était plus haut que sa tête. Elle la faisait se sentir petite et vulnérable, mais excitée aussi. Elle la faisait fantasmer. Combien de vilaines filles avaient-elles bien pu être pliées à travers ce siège en cuir de Bourgogne, pour voir leur derrière réchauffé?

Sa tenue de petite fille la faisait se sentir encore plus petite. C'était drôle de voir comment de simples morceaux de tissu pourraient avoir un tel effet sur son esprit. Une robe hors de prix de designer pouvait stimuler sa confiance en elle, la transformer en star de cinéma pour une soirée, tandis que cette stupide chemise de nuit en coton la faisait se sentir comme si elle était vraiment une vilaine petite fille. Ses mains étaient croisées derrière son dos. Elles s'agitaient nerveusement comme si elles cherchaient à canaliser l'esprit de sa jeunesse.

Pendant ce temps le vibromasseur bourdonnait faiblement, comme un lointain roulement de tambour. Les vibrations s’intensifièrent lorsqu'elle l’entendit approcher derrière elle. C'était l'entrée d'un artiste en fanfare, une fanfare qu'elle pouvait ressentir plutôt qu'entendre. Il était tellement taquin!

Les vibrations s'évanouirent au moment où il la rejoignit. Il tenait la télécommande dans une main et le délicat chausson de danse dans l'autre. Il prit immédiatement place sur la grande chaise en bois. Parfois il la fessait penchée au-dessus de la chaise, mais ce soir il voulait que ce soit une fessée classique, allongée sur ses genoux comme le sont les vilaines filles. Le genre de fessée qui rosit les fesses et fait pousser des cris. 

Sans dire un mot, il tapota ses cuisses avec le chausson pour l'inviter à prendre place. Elle se hissa sur ses genoux et se sentit tomber en avant alors que ses orteils quittaient le sol. Ses pieds se balançaient en l'air lorsque son pied gauche vint heurter le pied de la chaise, comme tant d'autres auparavant...

Elle se tortilla en avant afin de permettre à la courbe du vibromasseur de se loger plus confortablement entre ses cuisses, remontant par la même occasion le bas de sa chemise de nuit au-dessus de ses genoux. Elle sentit alors la semelle en cuir du chausson venir appuyer contre son derrière.

"Qu'est-ce qui arrive aux vilaines filles qui ne rangent pas leur chambre?"

Elle grimaça en réponse, laissant échapper un petit soupir qui lui valut une claque en représailles. Il répéta sa question, sur un ton qui ne laissait aucun doute sur le fait qu'il attendait bel et bien une réponse.

«Elles ... euh, ... reçoivent une fessée", admit-elle à contrecœur en s'agrippant au barreau situé entre les pieds de la chaise.

Une rafale de claques commença à s'abattre sur sa chemise de nuit, ce qui lui fit pousser un cri de protestation et agiter les jambes. Au début, il la fessa lentement et de manière mesurée, distribuant chaque claque de sorte à réchauffer chaque parcelle de ses fesses et du haut de ses cuisses. Puis il augmenta le tempo, allant crescendo, tout comme les firent ses cris et ses tortillements, tandis que les doigts de son autre main glissaient sur la télécommande afin de déverser une cascade d'intenses vibrations profondément en son intérieur. Cela a eu l'effet miraculeux de tourner soudainement ses cris d'inconfort en gémissements, et de calmer ses coups de pied.

A sa grande consternation, les sensations intenses ne durèrent que quelques secondes avant qu'il ne diminue à nouveau les vibrations et que la rafale douloureuse ne reprenne, et qu’elle ne doive à nouveau lutter pour supporter la brûlure qui assiégeait son derrière. Puis, au moment où elle sentit qu'elle ne pouvait en supporter davantage, il réactiva les vibrations et les délicieuses impulsions déferlèrent à nouveau, lui faisant oublier toute notion de douleur. 

Mais beaucoup trop tôt, la merveilleuse sensation disparût à nouveau et la cruelle fessée reprit. C'est alors qu'elle sentit ses doigts sur ses cuisses relever l'ourlet de sa chemise de nuit, exposant ainsi ses fesses roses et chaudes à demi-cachées par sa culotte d'enfant, trop petite. Il tira la ceinture de sa culotte vers le haut et la rentra dans la fente de ses fesses afin de découvrir pleinement chacun de ses globes rosis. Un buzz rapide du vibromasseur lui fit desserrer les fesses et la fessée reprit.

La sensation produite par la fessée sur ses fesses nues était différente de celle qu'elle avait expérimentée sur sa chemise de nuit. A chaque gifle cinglante, elle pouvait maintenant parfaitement sentir l'empreinte de la semelle du chausson de danse, comme un point chaud de quelques centimètres de large dont la brûlure restait vivante, comme sous l'effet d'un projecteur. A chaque claque, ses protestations s'affaiblissaient et son caractère s'adoucissait. Elle avait commencé le jeu comme elle est toujours, hyper-compétitive, cette personnalité qu'elle affiche chaque jour au travail. Chaque claque avait érodé sa prétention en exposant lentement la petite fille qui se cache au fond d'elle-même, celle qui avait joué toute la journée, qui ne s'était jamais inquiétée, qui avait des rayons de soleil dans les cheveux. Comme c'était étrange qu'à chaque fois que ses fesses lui faisaient mal, son esprit était tellement en paix.

Il perçut sa capitulation et commença à ponctuer chaque rafale de claques avec des pulsions du vibromasseur de plus en plus intenses. Son langage corporel avait changé maintenant, de tendu et inquiet à calme et nostalgique. A présent, chaque claque était accueillie avec un gémissement, comme si elle ajoutait un autre morceau de charbon au feu qui brûlait entre ses jambes. Il l'amena tout proche de son point d'embrassement. 

Puis arrêta. 

Il était tellement taquin !

* * * * *
(à suivre)

8 commentaires:

  1. Desdémone9/2/14

    Hann!... ça s'arrête de nouveau de façon absolument cruelle... Mais c'est bon, il y avait suffisamment de texte pour bien rentrer dans l'ambiance.

    Je vais aller me coucher en rêvassant de la suite que pourrait avoir cette histoire.

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    1. Oh non, là j'ai respecté le découpage de l'auteur. Mais la suite et délicieuse, n'en doutez pas... :-)

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  2. nabuccho7810/2/14

    Bonjour Amandine,
    je viens de ressortir mon paddle cuir (2 langues) de couleur fauve enfermé dans un attaché-case depuis au moins 10 ans, de mémoire je l'avais acheté 80€ au Paradise rue de la gaité près de la gare Montparnasse. C'est vraiment un très bon aide technique, vous pouvez moduler à loisir (comme à Londres à la grande époque), en général les "amies" ont adoré.
    nb: je leur demandais de lécher intégralement le paddle avant usage puis de l'embrasser pour donner le signal de départ de la correction. Aucune n'a fait défaut ni refusé. Franchement, elles adoraient.
    Brûlante sur le coup, la trace laisse une jolie couleur rosée (n° 173 sur le nuancier Pantone) et la douleur disparaît très vite. Pratique avant de retourner au travail et de se pavaner devant son mari le soir, néanmoins quelques culottes liées aux menstruations soudaines ont eu "bon dos".
    Je viens de le tester à nouveau sur le coussin de mon fauteuil en Alcantara, il a encore de beaux jours devant lui. Je l'utilisais avec la main gantée de cuir fauve, le luxe absolu surtout la caresse de la peau du gant après le passage des lèvres de feu..heureusement les chambres de l'hôtel Mercure un peu plus bas sont bien insonorisées.
    Avez-vous quelques souvenirs de cuir fauve, souple en main et ferme en fesses?

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  3. Je n'ai jamais eu le bonheur d'être fessée par une main gantée. ..:-)
    Par contre, le paddle en cuir est sans conteste mon instrument préféré!
    Comme vous le dites si bien, il donne une douce chaleur qui s'estompe sans risque de marque. C'est à mon sens l'instrument dont les sensations sont les plus proches de celles prodiguées par la main.
    Par contre, je me pose une question : si le votre comporte 2 langues, ne s'agit-il pas plutôt d'un tawse que d'un paddle?

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    1. nabuccho7810/2/14

      absolutely!!
      je viens de chercher sur internet,ils disent "paddle tawse 4/5"..
      vous êtes une connaisseuse!

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    2. En doutiez-vous? :-D

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    3. nabuccho7811/2/14

      Non, bien sûr.
      Mais vous me rappelez quelqu'une qui chaque fois qu'elle tombait amoureuse, avait l'impression que son hymen repoussait. (sourire).

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    4. Je crois que je suis un peu comme cela en effet... :-D

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