lundi 10 février 2014

Chasse au trésor (4)

Attention, ne lisez ce texte qu'après en avoir lu la première partie icila deuxième partie ici , et la troisième partie ici.




Il est coutume de dire que si l'on gagne une fois, c'est que l'on a de la chance, mais que si l'on gagne deux fois, c'est que l'on est bon. Pour remporter la chasse au trésor, il fallait donc gagner deux parties sur les trois qui pouvaient être jouées au maximum. Ainsi était la règle. 

Comme c'est lui qui avait gagné la dernière partie, c'est lui qui devait cacher le prochain instrument et elle qui avait une nouvelle chance de le trouver. Si elle réussissait, elle pourrait le fesser avec et ce serait alors à son tour de chercher dans la partie décisive. Si elle échouait, elle aurait perdu, purement et simplement, et c'est elle qui recevrait le gage ce soir-là.

Et c'est ainsi qu'elle attendait,  mise au coin dans la salle à manger et les yeux bandés, alors qu'il était parti cacher l'objet qu'il avait choisi : une spatule en bois. Elle avait enlevé sa chemise de nuit, sa longueur ayant été jugée trop dangereuse pour la course qui allait suivre. Son téléphone portable était coincé dans l’élastique de sa ridicule culotte à nounours. Grâce à ses écouteurs, elle pouvait entendre la musique désinvolte qu'il avait choisie pour elle, cette fois-ci. Il s'agissait de Mumford & Sons, "I Will Wait". 

Elle sourit de sa plaisanterie, très drôle, très lui.

Ses mains s'étaient glissées derrière son dos afin de frotter et masser ses fesses endolories. Il lui avait donné une fessée délicieuse. Bien plus que des sensations chaudes et vibrantes, c'était comme s'il avait appuyé sur  un interrupteur secret caché au plus profond d'elle-même. Il avait mis à bas son masque et elle se sentait  une personne complètement différente, une vilaine petite friponne qui avait besoin d'être fessée.

Elle sursauta lorsque soudain le vibromasseur reprit vie, de manière inattendue, en lançant une intense impulsion qui ne pouvait que signifier : Chérie, je suis de retour! Quelques instants plus tard, il lui retira le bandeau et les écouteurs, restaurant ainsi ses sens. Il échangea le téléphone de sa ceinture contre le minuteur. Il y eu un bruit sec lorsqu'il régla les six minutes nécessaires et ... 

"Go!", cria-t-il en lui administrant une claque sur la fesse en guise d'encouragement.

Elle trébucha en sortant du coin. Ses jambes s'étaient engourdies à force d'attendre et ses yeux étaient encore éblouis par les lumières du salon. Les vibrations étaient faibles, presque imperceptibles, lui indiquant qu'elle allait devoir passer à une autre pièce. Elle se précipita dans le couloir, puis dans la cuisine, mais n'y trouva aucun indice.

Tout comme dans chaque jeu, il y avait une façon de jouer méthodique et une façon un peu plus risquée, plus aventureuse. Cette fois-ci, elle décida de prendre le risque, de ne plus chercher pièce après pièce mais de filer tout droit vers les escaliers. Une cascade de courtes vibrations déferla en elle lorsqu'elle posa le pied sur la première marche, la faisant presque trébucher. Elle se réchauffait...

Elle bondit dans les escaliers, deux marches à la fois, le bourdonnement semblant s'amplifier à chaque saut. Les chambres d'amis étaient les plus proches de l'escalier. Elle s'élança dans chacune d'entre elles, mais la piste était froide. Elle parcourut donc le couloir en pointillés, jusqu'à leur chambre.

Lorsqu'elle s'approcha du lit, une longue séquence de vibrations intenses la fit  brusquement tomber à genoux. C'était la troisième fois à présent qu'il l'amenait juste au bord, et à chaque fois il était de plus en plus difficile de résister à la douleur lancinante. Une partie d'elle-même voulait s'allonger et de se rendre au chant des sirènes du petit appareil. Mais les règles étaient claires : s'il y a jouissance, la partie est perdue, et cela signifierait qu'elle aurait à subir le gage.

Le danger avait toujours été une énorme source d'excitation pour elle, et cela même depuis son tout premier orgasme. Elle était seule à la maison ce jour-là, dans la piscine. Elle se laissait dériver paresseusement dans l'eau, lorsqu'elle arriva sur l'un des jets d'eau provenant du fond de la piscine. Le courant d'eau chaude se faufila entre ses jambes, provoquant une sensation de picotements étrange et agréable. Instinctivement, elle mit une main dans la culotte de son maillot de bain, commença à frotter son pubis, et s'aperçut que cela intensifiait ces drôles de sensations.

Désorientée, le chatouillement de cette eau l'avait ralentie et elle commençait progressivement à couler. Jusqu'à ce que soudain elle prenne conscience du clapotis de l'eau juste en dessous de son nez. Dans la panique, ses pieds se mirent à danser frénétiquement, ses orteils recherchant désespérément le fond de la piscine, mais elle avait dérivé dans la partie la plus profonde. Cette situation provoqua une montée d'adrénaline, ses coups de pied devinrent frénétiques, juste assez pour soulever son visage hors de l'eau. Pendant ce temps sa main continuait fébrilement de frotter la région entre ses jambes qui s'agitaient. Et bizarrement, elle adora la sensation extraordinairement bonne que cette situation dangereuse lui avait prodiguée.

Ensuite et de manière complètement inattendue, une sensation de plaisir intense éclata entre ses jambes. Une sensation qui semblait augmenter à chacun de ses coups de pied, désespérés et frénétiques. Elle dansait sur ​​place, frottant et se tordant, alors que la délicieuse sensation se répandait dans tout son corps. Il lui fallut des mois avant qu'elle ne comprenne bien ce qui s'était passé - et avant qu'elle n'apprenne à le reproduire dans le confort sec et sûr de son propre lit. C'est là qu'elle découvrit que ce n'était jamais aussi excitant que quand elle était sur le point de se faire prendre.

Au moment même, elle ressentait ce sentiment familier, cette étrange combinaison qui lui donnait des frissons dans l'estomac lorsqu'un danger modéré venait se mêler à un plaisir intense. Elle était à genoux, rampant vers le lit, une main sur le sol et l'autre tenant le vibromasseur entre ses jambes, comme si elle cherchait à en amortir les vibrations. Mais comme elle s'approchait du lit, elles ne firent qu'augmenter. Le vibromasseur pulsait sans cesse maintenant. Elle n'était pas seulement chaude, elle était brûlante : à portée de main du trésor caché.

Et c'était bien-là le mauvais tour que réservait la chasse au trésor. Découvrir la pièce où était caché l'objet n'était pas particulièrement difficile. Ils ne vivaient pas dans un château, il n'y avait pas beaucoup de chambres où chercher. Mais plus l'on se rapprochait, plus les vagues de plaisir venait distraire notre attention. Et si on jouissait, on avait perdu le jeu, ce qui faisait de la fin de chaque partie un challenge sacrément rusé. Il fallait une bonne dose de contrôle de soi, notre esprit logique s'efforçant de conserver juste assez de sang-froid pour trouver et saisir la cible, tout en luttant contre une libido animale qui aspirait simplement à succomber à ce plaisir le plus viscéral.

Elle pouvait sentir que son côté animal allait l'emporter, sa volonté de gagner refluant au loin, remplacée par une lancinante et chaude douleur, un désir presque irrésistible de satisfaction. Ce désir avait pris le contrôle de sa voix intérieure, en lui disant que cela allait être tellement, tellement bon – allonge-toi maintenant, et laisse-toi aller. Comment gagner ce petit jeu stupide pourrait-il bien rivaliser, de près ou de loin, avec l'extase qu'elle était sur ​​le point d'expérimenter?

Son corps entier tremblait maintenant, comme une plaque de neige en équilibre au bord d'une avalanche. Peut-être ne restait-il que quelques minutes avant qu'elle ne perde le contrôle. A quatre pattes, elle regarda sous le lit. Une telle cachette serait parfaite. Cette stupide spatule devait être cachée ici. Presque suppliants, ses yeux balayaient le sol, les pieds du lit, et même le dessous du matelas. 

Mais il n'y avait rien.

Du coup, sa résistance s'émietta et elle laissa les vagues la submerger. Ses deux mains saisirent la table de chevet, comme pour se préparer au torrent de plaisir qui allait l'engloutir. Chaque nerf de son corps semblait vibrer en résonance avec l'appareil entre ses jambes. 

Il jouait avec le vibromasseur au moment où le plaisir l'emporta, diminuant puis remontant le niveau des vibrations afin de prolonger son plaisir... et profiter de la satisfaction absolue qui se dessinait sur son visage. 

Comme il l'aimait!

Quelques instants plus tard, alors que le glorieux sentiment avait disparu, sa conscience commença à refaire surface. Elle était heureuse de la présence de la table de chevet qui lui avait permis de se stabiliser. Tous les muscles de son corps semblaient faibles, vacillants comme de la gelée. C'était un effort, pour elle, rien que de lever la tête, et sa vision était encore floue, comme dans un état second. A travers le brouillard, les formes familières commencèrent à se dessiner sur la table de chevet en face d'elle: le réveil, la lampe en verre dépoli, son livre de chevet, et juste à l'intérieur, à peine sortie, comme pour mieux se fondre avec un marque page… se trouvait la spatule.

"Tu as joui comme une salope sans vergogne ..." la taquina-t-il en secouant la tête avec un grand sourire. 

"Tu peux rester là où tu es, vilaine" lui ordonna-t-il, ramassant la spatule et la faisant claquer à plusieurs reprises contre ses fesses offertes. Elle gémit et babilla faiblement en retour. 

Elle avait perdu. 

Elle recevrait le gage, ce soir. 

Mais dans son délicieux état post-orgasmique, elle s'en fichait un peu. 

* * * * *
(à suivre)

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