dimanche 20 avril 2014

Histoires d'enfants



Fesser un enfant est toujours un acte de violence, inutile et choquant. Je pense que nous partageons tous ce sentiment. Et encore plus ceux qui ont eu malheureusement à subir ce genre de traitement durant leur enfance. 

Assister à une scène de ce type, dans la rue ou au supermarché (on le voit heureusement de moins en moins, mais il y a une vingtaine d'année, ce n'était pas si rare...), me rend malade, réellement, au sens propre comme au sens figuré. Parfois, je me demande si ce n'est pas parce que j'ai ce fantasme de la fessée en moi que je réagis aussi violemment devant une telle scène, parce que précisément elle est à l'opposé de ce qui me fait tant rêver. 

Mais dans notre petit monde, il existe des tas de récits mettant en scène les enfants. C'est parfois même un véritable casse-tête que d'y échapper, notamment sur le site de LSF où elles me semblent très largement majoritaires (du moins, si on y inclut les fessées des "grandes" adolescentes de 18-20 ans). Comment arrivons-nous à les lire, alors que nous ne supporterions pas une seconde de les voir ou de les imaginer dans la vie réelle ?

Ne nous y trompons pas, même si ces histoires de fessées d'enfants sont parfois présentées comme des souvenirs d'enfance, elles n'ont absolument rien de semblable à la réalité. Une fessée bienveillante, où l'on explique ses fautes à l'enfant, où éventuellement on le met au coin pour qu'il y réfléchisse, puis où on le fesse calmement, tout cela n'a strictement rien de commun avec ce qui se joue en réalité quand un enfant en reçoit une. Souvenirs ou pas, ces récits sont toujours une projection plus ou moins consciente du fantasme qui nous habite, et c'est bien ce qui rend leur lecture possible. 

Mais pour ce qui me concerne, je dois avouer que j'ai un peu de mal à prendre du plaisir à la lecture de ces récits, dès lors que l'histoire est présentée comme un "souvenir". Il n'y a rien à faire dans ce cas, je n'arrive pas à me départir des scènes traumatisantes auxquelles j'ai pu assister et du coup, même si objectivement ces récits sont clairement construits sous l'angle du fantasme, je n'arrive pas à éprouver  le moindre plaisir à leur lecture. Mais cela n'a, à mon sens, strictement rien de rationnel. 

Au contraire, si le récit est clairement présenté comme une fiction, j'arrive à me départir de la réalité et à me projeter dans l'histoire. Cela d'autant mieux que le récit est éloigné de ma propre réalité : une histoire qui se passerait dans un pensionnat anglais, ou, mieux encore, un conte complètement irréel... mais encore une fois, tout cela n'a rien de rationnel et ne relève que du fonctionnement de ma propre psychologie !

Je dois quand même avouer que les récits de fessées d'enfants, même s'ils sont très clairement de la fiction, me font de moins en moins fantasmer. Si j'aurais eu énormément de plaisir à les lire lorsque j'avais vingt ans alors que le fantasme qui m'habitait petite fille était encore très vivant en moi, j'ai, à l'heure actuelle, de plus en plus de mal à me projeter dedans. 

Rien n'égal, pour moi, le délicieux récit d'une femme fessée par l'homme qu'elle aime ! 


17 commentaires:

  1. on en revient au consentement (et à l'amour) et pour être consentant(e) il faut être adulte

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    1. Oh oui, fesser un enfant est une abomination!
      Mais c'est vrai que ce discours peut paraître étrange à entendre de la bouche de ceux qui ont en tant rêvé durant leur enfance... mais il faut bien comprendre que la fessée telle que nous la fantasmons n'a strictement rien à voir avec la fessée que l'on donne aux enfants dans la vie réelle ! :-)

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    2. Pecan nutjob23/4/14

      Une "abomination"? Je pense que vous y allez un peu fort (même s'il y a eu de nombreux parents brutaux ou abusifs).

      Marcel Pagnol aimait visiblement beaucoup sa mère, qu'il trouvait très tendre et qui couvait ses enfants. Il n'empêche qu'il mentionne l'usage du martinet sur son frère quand celui-ci faisait de grosses bêtises... et il le mentionne en passant, comme quelque chose de parfaitement naturel et pas de nature à choquer le lecteur!

      Il s'agissait simplement d'une mère qui appliquait ce que l'on considérait à l'époque comme l'intérêt de l'enfant.

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    3. Je n'en suis pas si sûre (mais en toute honnêteté, je n'en ai aucune certitude). J'ai l'impression que les adultes qui parlent de leurs fessées d'enfance en termes bienveillants déforment leur souvenirs à la loupe des idées "bien-pensantes" de leur société.
      Les fessées auxquelles j'ai pu assister étaient toutes données par des parents excédés qui passaient leurs nerfs ainsi (même si la fessée donnée n'était pas nécessairement brutale) parce qu'ils n'en pouvaient plus ou parce que c'était ce qu'il leur semblait le plus facile à faire. Mais un acte de violence à l'égard d'un enfant n'est jamais une solution éducative et ne sert jamais à inculquer quoi que ce soit. Si les gens le percevaient ainsi, c'est que la société d'alors voulait bien le faire croire. Mais en toute objectivité, ce n'a jamais été la vérité.

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    4. Pecan nutjob23/4/14

      En fait, je n'ai même pas de "bienveillance" à ce propos. Effectivement, la fessée était un signe qu'elle en avait assez de nos bêtises ("ras le bol des caprices"). Je n'en ai cependant ni un souvenir trop négatif ni un souvenir positif.

      Curieusement, mes souvenirs négatifs concernant ma mère pendant mon enfance portent plutôt sur la façon qu'elle avait de me traiter comme si j'étais encore un bébé; par exemple, discuter de mes problèmes personnels avec une amie comme si j'étais un objet ou un animal de compagnie, ou encore me faire déshabiller devant ma tante pour vérifier un problème médical, sans parler des suppos (je pense en avoir reçu de sa main jusque vers 9-10 ans).

      Mais là encore... Il y a quelques semaines, j'ai vu une dame casser les pieds à son fils de 20 ans à propos de son habillement ("mets un pull pour sortir tu vas prendre froid") et ce devant tout le monde, comme si elle avait parlé à un enfant de 7 ans! Vous imaginez la honte!

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  2. Pecan nutjob23/4/14

    Et il y a 30 ans, les martinets étaient encore en vente dans les "bazars" pour usage sur les enfants, avant que (hypocritement?) on ne les relègue au rayon animalerie. Même si je ne l'ai jamais reçu (bien que ma mère ait menacé de son achat), je savais que certains enfants de mon entourage le recevaient... Et de mon temps (mais il me semble, Amandine, que vous avez environ le même âge que moi), personne n'aurait trouvé à redire à ce qu'un parent fesse un enfant capricieux en public (ce qui m'est d'ailleurs arrivé au moins une fois).

    Je suis sceptique quand je lis toute une histoire répétitive, compliquée et ritualisée, mais présentée comme un souvenir, à propos d'un parent donnant la fessée. Ma maman était quelqu'un de simple, il n'y avait pas de mise au coin et de longues explications: si nous abusions, elle nous tractait dans la chambre des parents (en général, mais il me semble que toute pièce fermée faisait affaire), baissait la culotte et nous en mettait une. Cela ne m'a ni laissé un souvenir franchement désagréable (elle n'en abusait pas et je n'ai jamais subi de crise de furie violente) ni un souvenir agréable ou érotisé (mes fantasmes de fessée sont arrivés après 15 ans et ne mettaient certainement pas en jeu mes parents).

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    1. C'est vrai que pendant notre enfance, la fessée était encore monnaie courante et même si je ne me souviens pas vraiment l'avoir reçue, je me souviens de parfois (mais très rarement) en avoir été menacée. Il y avait même un martinet dans la cagibi de l'appartement. Je n'ai jamais su pourquoi (peut-être que mes parents étaient eux aussi spankophiles, auquel cas il y aurait peut-être un facteur génétique...) mais sa vision me fascinait à chaque fois que j'y entrais pour aller chercher l'aspirateur ! :-)

      Je suis comme vous persuadée que les récits soit-disant "souvenirs", que nous pouvons trouver sur le web, ont été modifiés à travers le fantasme de l'auteur. Personne ne peut donner une fessée à un enfant telle que nous la pratiquons nous-même entre adultes. Tout simplement parce que tous nos gestes et nos attitudes lors du jeu sont très fortement l'influencés par notre libido et qu'adopter une telle attitude avec un enfant serait vraiment des plus malsains... :-)

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    2. Pecan nutjob23/4/14

      Sans aller jusqu'à considérer l'attitude libidineuse, un simple constat: ma mère, même quand elle était au foyer, avait tout le temps quelque chose à faire; notamment, quand on a plusieurs enfants, on doit tout gérer à la fois. Autant dire qu'il n'y a juste pas le temps de tout ce rituel, de toutes ces manœuvres se déroulant à longueur de page!

      Et puis, honnêtement, après tout ce temps, je serais incapable de détailler instant après instant comment ça se passait exactement, j'ai juste quelques visions, quelques vignettes, que je ne peux pas replacer en un récit bien ordonné.

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  3. Pecan nutjob24/4/14

    Vous dites tolérer les récits de fessée d'enfants à condition qu'il se passent dans un univers éloigné de votre réalité.

    J'ai un peu le même sentiment. Je suis mal à l'aise devant des histoires censées se passer de nos jours, par exemple sur le thème "papa met une fessée à sa fille adolescente" ou "le prof met une fessée à la mauvaise élève". Mais j'apprécie par exemple la scène du film Lady Jane où l'héroïne se prend une mémorable fessée aux verges par sa mère.

    Là où c'est curieux c'est que les histoires censées se passer maintenant sont probablement fictives, tandis qu'il semble que Lady Jane Grey, le personnage historique, recevait les verges de ses parents quand elle était adolescente. Normalement je devrais me sentir plus mal à l'aise pour la réalité... Mais Lady Jane, cela se passait il y a 5 siècles, à une époque où, sans doute, il était dans les mœurs de la noblesse britannique de traiter ainsi une jeune fille rebelle.

    C'est pareil avec les passages de Marcel Pagnol où son frère reçoit le martinet parce qu'il a joué un sale tour à sa petite sœur. C'était une époque où cela était parfaitement admis.

    Par contre, une histoire censée se passer au XXIe siècle où une fille de 15 ans se prend une fessée cul nu par papa ou maman, là ça ne passe pas.

    Je ne suis sans doute pas très cohérent... je lis qu'en fait la Lady Jane historique aurait été non pas fouettée une seule fois pour son refus d'épouser l'héritier du trône, mais que cela serait arrivé plusieurs fois en quelques mois. Là, je frémis plus... (d'ailleurs la scène laisse soupçonner qu'elle a l'habitude de cette punition, vu comment elle prend la position)

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    1. Je partage entièrement votre sentiment quand vous dites qu'une scène censée se passer à une époque où les châtiments corporels étaient considérés comme "normaux" est infiniment moins choquante qu'une scène censée se passer de nos jours. Vous l'aviez d'ailleurs très très bien expliqué lors du Spanko Brunch d'Hermione, que j'encourage tout le monde à aller lire et qui traitait de la question sensible : "les histoires de fessées encouragent-elles la fessée donnée aux enfants?"... question qui a vite dérivée en "les histoires d'enfants sont-elles choquantes?".
      Mais dans ce post, le sujet est abordé un peu différemment, non pas sous l'angle de "l'acceptable", mais sous l'angle du "plaisir ressenti à les lire". La description d'une correction réelle donnée à une époque où cela était monnaie courante, comme vous pouvez la trouver dans Lady Jane ou dans Pagnol, ne me choquera pas, mais sa lecture ne me donnera aucun plaisir. La description d'une fessée donnée de nos jours me choquera-elle (et j'en aurais encore moins de plaisir à le lire).
      Par contre, dans une histoire complètement irréelle pour moi (un conte, ou une histoire de pensionnat anglais...même si pour ce dernier cas, l'histoire ne serait pas si irréelle que cela pour nos amis Britanniques), alors je peux essayer d'y revivre le fantasme que j'avais quand j'étais enfant. Mais je dois bien avouer que, plus je vieillis, plus j'ai quand même du mal à faire revivre cela dans mon imagination... :-D

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  4. Pecan nutjob25/4/14

    J'ai un autre exemple. Nous avons cité chez Isabelle un épisode de la vie à la cour de Louis XV: une jeune fille / jeune femme avait vexé la maîtresse du roi par un caprice (je crois qu'elle avait décidé de la bouder), le roi avait dit en plaisantant que c'était une enfant qui méritait le fouet, sa maîtresse l'avait pris au mot en coinçant la jeune fille dans un salon (en se faisant aider, bien sûr) et en lui infligeant une fessée. On n'a pas le détail de l'éventuel instrument ni de si l'on avait découvert le postérieur, mais en tout cas la demoiselle était ensuite fort mécontente d'avoir été ainsi traitée...

    Hé bien je trouve ça plutôt marrant et excitant, même si c'est arrivé en vrai à une grande adolescente... parce que quand je lis ce qui se passait à la cour de certains rois, je suis un peu dégoûté par ces histoires d'enfants gâtés - tout ce monde se chamaille sur des bêtises et dépense l'argent extrait par la force de paysans miséreux. Alors qu'une jeune femme ou un jeune homme subisse la punition des enfants...

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    1. Oui mais là c'est plutôt clairement la projection d'un fantasme que le rapport d'un réel fait historique, non? Et c'est bien pour cela que cela est d'autant plus amusant, à mon sens. :-)

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    2. Pecan nutjob25/4/14

      Oh, l'épisode est relaté par des chroniqueurs de l'époque, sans la floraison de détails pouvant laisser penser à un récit embelli. Je ne serais pas étonné que cet incident soit réellement arrivé, de même que l'incident sous Louis XIV où une dame de la cour attendait sur son lit le cul levé que sa servante lui donne un lavement: un gentilhomme s'est alors discrètement introduit et lui a administré le remède sans qu'elle ne se retourne, et elle s'est ensuite demandé ce qui lui était arrivée quand sa servante est revenue...

      Je trouve cela très amusant et je peux m'imaginer aussi bien dans le rôle de la dame que celui du monsieur.

      S'il faut analyser: je ne trouve pas excitante la mention du martinet dans Pagnol car il s'agit de jeunes enfants, qui ne m'excitent pas. Lady Jane est une adolescente nubile, je trouve cela étrangement excitant qu'elle ait dû se mettre dans une posture indécente (on fait d'ailleurs sortir les hommes, mais elle se retrouve cul en l'air devant sa mère, sa gouvernante, des servantes...) pour attendre les verges (mais je suis gêné par l'intense douleur, le motif de la fessée et la répétition). En fait, et c'est cela où il y a projection du fantasme, je préfèrerais qu'elle se soit pris une fessée pour une impertinence indiscutable et non parce qu'elle refuse un mariage forcé!

      Et la pimpêche de la cour de Louis XV, effectivement c'est la réalité historique qui rencontre le fantasme: la jeune femme qui subit un châtiment humiliant sur le moment, mais pas trop douloureux et sans conséquence, pour un comportement déplaisant!

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  5. "Si j'aurais eu énormément de plaisir à les lire lorsque j'avais vingt ans alors que le fantasme qui m'habitait petite fille était encore très vivant en moi, j'ai, à l'heure actuelle, de plus en plus de mal à me projeter dedans." C'est intéressant que tu soulèves ça, je remarque effectivement qu'il y a une évolution là-dedans en fonction de chacun. Il y a deux ans (bon même avant mais on le dira à personne :p) quand je lisais des textes chez Lambercier, ça ne me dérangeait pas particulièrement (même si je m'interrogeais sur les motivations de ceux qui postaient des souvenirs comme ça) parce que j'y retrouvais les émotions que je souhaitais vivre, pas de sexualité et beaucoup d'infantilisation. Mais depuis quelques mois, au fur et à mesure, ça s'éteint. Je ne lis plus du tout avec plaisir parce que je sens en moi quelque chose qui se transforme et qui va de l'enfant vers l'adulte (narmol à 20 ans, tu me diras ^^). Donc les récits érotiques, qui parlent de la fessée comme d'un acte amoureux, me parlent beaucoup plus qu'avant.
    Bisous Amandine ! :)

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    1. Bonjour Malicieuse Cigogne,
      On évolue de la même manière, c'est plutôt rassurant ! :-D
      Je dois avouer que je n'ai jamais lu de textes du site de Lambercier dont Mlkklm parlait sur son blog car les "souvenirs" de fessées d'enfants me sont réellement insupportables aujourd'hui. Mais d'une manière générale, j'aime beaucoup lire les récits anglo-saxons car ils ont ce petit rien de différent qui me plonge immédiatement dans la rêverie... Malheureusement, une grande majorité d'entre-eux mettent en scène des adolescents ou des pseudo-adolescents (c'est à dire des étudiantes punies comme des enfants par leurs professeur/père/oncle/voisin), et là j'avoue que j'ai de plus en plus de mal à ressentir une émotion à leur lecture, même s'il est évident dès le départ que c'est une pure invention et en rien un "souvenir". Alors que quand j'avais une vingtaine d'année, je me souviens avoir lu un récit qui se passait dans un pensionnat et qui m'avait profondément bouleversée! :-D

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  6. + mention spéciale pour la photo, à la fois douce, simple et vivante (comme je les aime ;))

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    1. Je suis ravie qu'elle te plaise! :-)

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