mercredi 16 avril 2014

La source de mon fantasme

Un post très personnel. 



Pour la grande majorité d'entre nous, le fantasme de la fessée a pris sa source pendant l'enfance. Personnellement, je n'ai aucun événement marquant permettant de l'expliquer. Je n'ai pas été fessée par mes parents (du moins, je ne m'en souviens pas). Je n'ai pas assisté à la fessée d'un autre enfant (peut-être en CP, où j'avais une institutrice vraiment barge. Mais mon souvenir est très très vague donc je ne sais pas vraiment s'il est réel ou imaginaire). 

S'il n'y a pas d'événement traumatisant permettant d'expliquer mon goût pour la fessée, je suis à peu près convaincue qu'il existe un lien à ma mère. La mère est toujours responsable de tous les maux en matière de psychologie, de toute manière. N'est-elle pas le personnage constructif de notre petite enfance?

Ma mère, donc, était institutrice (on ne disait pas encore professeur des écoles, en ce temps là). Une merveilleuse institutrice, réellement. Elle se dévouait corps et âmes pour son métier, et vingt ou trente ans plus tard, ses anciens élèves lui écrivent encore pour lui exprimer toute leur reconnaissance et prendre de ses nouvelles !

Mais ma mère ne voulait pas d'enfant. Ses élèves suffisaient amplement à combler ses besoins maternels, elle ne ressentait pas le besoin d'en avoir des à elle. Elle avait eu une enfance difficile avec un père violent, peut-être y avait-il un lien?

Mais voilà, au début des années 70, le poids des conventions sociales était tel qu'en épousant mon père (qui lui voulait absolument des enfants), elle ne pouvait guère s'y opposer. La contraception en était à ses balbutiements et, de toute manière, une femme ne pouvait  afficher son désintérêt pour la maternité sans passer pour un monstre aux yeux de la société bien-pensante de l'époque.

Elle eut donc deux enfants, mon frère aîné et moi-même. Bien sûr, elle vécu très mal ses grossesses et nous eûmes droit, toute notre enfance durant, au récit menu et détaillé de toutes les nausées, coups de pied dans l'estomac et autres sévices que nous lui avions fait endurer pendant ces maudits mois où nous étions dans son ventre.

Elle s'occupait de son foyer, faisait les courses, le ménage et la cuisine, mais refusa catégoriquement de s'occuper de l'éducation de ses enfants. C'est donc mon père qui s'y colla. Il nous apprit à nous habiller, à lacer nos lacets et  nous inculqua toutes les valeurs qui ont fait de nous des adultes. Ma mère était présente, mais nous n'interagissions guère avec elle. Lorsque nous rentrions de l'école (elle a toujours veillé à ce que nous soyons scolarisés dans une école différente de celle où elle enseignait) et que nous voulions lui parler, elle nous rabrouait immédiatement avec son sempiternel "J'ai déjà supporté 25 élèves toute la journée, fichez-moi la paix!". Quand elle faisait les courses, elle achetait fréquemment des paquets de bonbons... mais uniquement pour sa classe! De toute mon enfance, je ne crois pas avoir jamais mangé un seul bonbon. Ce qui, en soi, était plutôt une bonne chose puisque les bonbons ne sont pas ce qu'il y a de meilleur pour la santé. Mais ces bonbons nous fascinaient, mon frère et moi. Que fallait-il bien faire pour avoir droit à y goûter? Nous n'avons jamais su.  Bon allez, je ne vais pas vous jouer Cosette, j'avoue moi-même ne jamais en avoir acheté à mon enfant. Cela ne m'est jamais venu à l'idée, mais il faut dire aussi que je dois avoir le seul enfant de France qui n'aime pas le goût sucré, alors cela n'a probablement rien à voir avec mon enfance. :-)

Avons-nous réellement souffert du manque d'amour de notre mère? Oui et non. Nous n'en avons pas souffert de manière consciente car pour nous, son comportement était normal. Nous n'avions pas d'autres repères. Et puis jamais elle ne nous a maltraité! Elle était indifférente, c'est tout. 

Par contre, je suis intimement persuadée que la source de mon fantasme vient de là, de ce trop peu d'amour  reçu de la part de ma mère. Elle était merveilleuse envers ses élèves. Elle parlait sans arrêt d'eux, à tel point que nous avions l'impression de les connaître aussi intimement que s'ils avaient été nos frères ou nos sœurs. Donc si elle ne m'aimait pas, c'était nécessairement parce que je ne le méritais pas. J'aurais donc dû être punie. Si elle m'avait punie, elle m'aurait pardonnée et elle m'aurait aimée...

Je pense  très sincèrement que c'est comme cela qu'est né dans mon esprit le méli-mélo inextricable entre amour et punition.  C'est un besoin beaucoup plus profond qu'un simple besoin sexuel, même si ma sexualité est venue s'engouffrer là-dedans à partir de la puberté. Et même si je suis parvenue à analyser les choses, j'ai encore énormément de mal à réaliser qu'un homme puisse m'aimer s'il ne me fesse pas, à la moindre tension entre nous ou tout simplement pour me prouver qu'il m'aime. C'est ridicule, mais comment s'en départir? Peut-être, avec le temps... mais à quarante ans passés, je finis quand même par en douter un peu.  Et puis ce mic-mac fait tellement partie de moi. Ce fantasme, je l'aime, il me procure tellement de plaisir. Qui deviendrais-je s'il disparaissait?


33 commentaires:

  1. jacobi16/4/14

    c est très freudien comme analyse
    certains diraient qu il ne faut pas chercher a mettre les parents partout
    mais en effet le lien entre punition et appartenance (donc reconnaissance ) est troublant
    en tout votre billet est touchant , j ai connu un peu cela aussi étant enfant mais aujourd'hui si j aime les fessées c est juste pour les donner .. comme quoi :-)

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    1. Ce billet était assez difficile à écrire car je ne voulais surtout pas dire que c'était la "faute" de ma mère car cette dame est réellement exceptionnelle. Elle n'était pas faite pour avoir des enfants, c'est tout, et si elle avait eu la liberté de choisir, elle n'aurait fait souffrir personne. Et même non, je ne peux pas dire qu'elle nous aient fait souffrir car ce que nous vivions nous paraissait normal. Je ne savais pas avant de devenir mère moi-même que nous pouvions avoir des rapports différents avec nos enfants. Et notre père nous a apporté tous les câlins dont nous avions besoin en tant qu'enfants.
      Par contre, c'est réellement, du moins je pense, "grâce" ou "à cause de" cette attitude que j'ai le fantasme d'être fessée en moi.

      Ce qui est assez étrange, c'est qu'en en discutant avec quelques hommes qui aiment eux donner la fessée, ils ont eux aussi ont eu une mère qui ne leur a pas donné tout l'amour dont ils auraient eu besoin. Donc peut-être est-ce là une explication assez fréquente à la genèse du fantasme?

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    2. jacobi16/4/14

      Je comprends que ça ne soit pas facile. Il est toujours difficile de faire part de ces sentiments un peu ambivalents. Nous n'avons pas été malheureux mais il y a beaucoup de petites choses qu'on aurait aimé et qui ne sont jamais venues. On cherche quelques excuses car la réalité est parfois trop dure à regarder en face ou alors on ne veut juste pas être trop sévère, voire égoiste...

      Tiens, tiens..vous avez peut être raison, ce serait au fond une sorte de "petite" vengeance..

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    3. Un propos très intéressant m'a été envoyé par un ami. L'homme qui fesse cherche à susciter des émotions chez sa partenaire. Peut-être est-il à la recherche des émotions qu'il aurait souhaité susciter chez sa propre mère.
      J'aime beaucoup cette idée.

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  2. Je trouve très courageux de se livrer ainsi, et également très touchant.

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    1. Merci de ces gentils mots Farore ! :10:

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  3. Lolie16/4/14

    Je dirais que la fessée a un lien avec les "limites:" : limites du cadre mais également limites du corps ( et donc la distance charnelle plus ou moins grande avec la mère) et plus globalement avec celles de notre "enveloppe" psychique plus ou moins poreuse, plus ou moins efficace pour gérer nos débordements, nos incertitudes, nos émotions (et la mère, au sens large, tient un grand rôle dans la construction de cette "enveloppe"). La fessée et surtout la main aimante (ou tout au moins rassurante) qui l'administre arrive à point nommé pour nous faire lâcher prise là où nous etions trop occupé(e)s à essayer de faire tenir ça tout seuls...

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    1. La fessée nous sécurise émotionnellement, c'est certain. A-t-elle un effet restructurant, ça je ne le sais pas. Mais quoi qu'il en soit, quand elle est donnée avec amour, elle nous fait beaucoup de bien, tant à l'adulte qu'à l'enfant qui sommeil en nous. :-)

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  4. Je ne m’étendrais pas sur ce délicat sujet ce soir... Une chose : N'écorchez jamais un enfant car peut-être saignera-t-il toute sa vie.

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    1. Il n'y a aucun parent parfait, on essaie juste tous de faire de notre mieux avec les blessures que nous trimbalons avec nous. Ma mère avait un père violent et une mère formidable mais effacée par nécessité (elle ne travaillait pas et n'avait donc pas les moyens de quitter son mari). Alors, elle a sans doute fait de son mieux elle aussi. Mais encore une fois, je n'ai pas écrit ce post pour me plaindre de ma mère. C'est une personne formidable qui a aidé et marquer la vie de centaines d'enfants devenus adultes à présent, et qui lui écrivent encore pour la remercier. Je suis fière d'être sa fille, même si cela a été un peu dur... :-)

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  5. C'est une belle analyse, intéressante... Mais surtout, une démarche très touchante de vous dévoiler ainsi.

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    1. Merci de ces mots qui me touchent (tout particulièrement vu la nature du post), Sansperdrehaleine ! J'avais envie d'expliquer comment on pouvait en arriver à mélanger aussi intimement les deux notions, pourtant à priori opposées, de punition et d'amour. Mais ce n'est que mon exemple, chacun a sa propre voie. :-)

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  6. Amandine, votre témoignage sur votre mère est très touchant pour moi. Merci :)

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    1. Je suis émue qu'il ait résonné pour vous, Marie. :-)

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  7. Il y a une chose certaine, c'est que fesser quelqu'un nécessite d'être présent. Non seulement physiquement, mais mentalement. C'est un investissement de l'attention de l'autre vis a vis de sois même profond, soutenu, engagé, imperturbable... De là à relier cette punition à l'amour, il n'y a qu'un brin d’herbe sur lequel nous sommes plusieurs à souffler pour siffler ...

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    1. Alors finalement ce n'est pas si absurde de penser que la fessée est un acte d'amour... :-D
      J'adore votre dernière phrase, Ellie. Elle est magnifiquement poétique. :-)

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    2. @ Ellie: C'est une évidence qui va encore mieux en l'écrivant. Merci à toi de le redire aussi simplement et efficacement...

      Les rares fois où je me suis laissé aller avec des partenaires qui ne m'étaient rien (ou en tout cas avec qui il n'y avait pas d'osmose ne serait-ce que le temps du jeu) ont été des échecs personnels cuisants. Oh, j'ai pu donner le change et ne pas le montrer suer le moment, mais je sais depuis toujours qu'il faut s'aimer, même 5 minutes au moment où, pour pouvoir vivre ce "jeu" qui n'en est pas tout à fait un d'ailleurs, et qui en tout cas n'est pas si "innocent" et indolore à l'âme qu'on le croit.

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    3. La fessée est une manière un peu originale de faire l'amour, et qui finit généralement de manière un peu plus classique... Jouer la fessée avec quelqu'un pour lequel on ne ressent rien donne exactement le même ressenti que faire l'amour avec une personne qui nous est indifférente.
      Ce n'est pas traumatisant, mais ce n'est pas bon du tout. :-)

      Mais il semble qu'il y ait des personnes qui ressentent les choses complètement différemment, notamment ceux qui sont uniquement dans la fessée punitive.

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  8. Peter Pan17/4/14

    Bonjour Amandine !

    Je pense que beaucoup de personnes ayant le fantasme de la fessée ont peut-être peu ou prou éprouvé cette forme particulière de frustration ou bien de "regret" que certains considéreraient comme une plainte, qui n'en est pas vraiment une, mais quelque chose comme un mélange des deux. J'aime bien votre phrase :"la fessée nous sécurise émotionnellement". Elle me semble au fond résumer le problème.
    Perso, je suis le dernier de trois enfants. Ma mère avait un tempérament latin, très "mère-poule" , à la fois tendre et sévère en même temps. Elle attachait une grande importance à la réussite scolaire . D'une santé extrèment fragile, elle s'est consacrée à mon éducation, après avoir abandonné son métier, sans négliger ma soeur ainée et mon frère. D'un tempérament rêveur et assez calme, elle ne me punissait que très rarement. Et avec le recul du temps, je crois que mon fantasme de fessée est né de ce manque de rigueur, car j'étais toujours obéissant. Donc sans motif de colère à mon égard. Je dirais que ce serait "le manque de fessée" qui a entrainé ce "fantasme"qui s'est amplifié à l'adolescence, période délicate, s'il en est. Je sais : cela pourrait s'apparenter à une forme de "masochisme" mais ce manque aurait plutôt dans mon cas la forme d'un désintérêt . En recherchant la punition, on se manifeste , on montre qu'on est un enfant comme les autres, on montre qu'on existe et qu'on recherche les calins. Dans mon cas, ma santé très fragile (au fond la vraie base du problème) avait obligé ma mère à limiter les calins"pour éviter de passer les microbes". Alors, j'imaginais leur pendant dans l'éducation évidemment, j'ai nommé : les fessées. Pour le garçon que j'étais, l'impact de l'éducation coté maternel revêtait une importance capitale. Le regard maternel sur mon existence pesait de tout son poids, sans pour autant être comme l'on dit souvent "un fils à maman". Il est vrai que mon père avec son travail en horaires décalés était souvent absent et c'est ma mère qui régentait la maisonnée. Donc exercait l'autorité parentale. Autorité que je voulais inconsciemment très stricte envers moi car elle me rassurait d'une certaine manière. "Qui aime bien châtie bien " répétait ma mère souvent. Curieuse alchimie de la psychologie .
    En tout cas, votre post s'apparente à une petite "confession" , très émouvante qui a le mérite de nous faire réfléchir sur l'origine de notre modeste fantasme. Encore merci Amandine. Ce n'est pas toujours facile d'avouer ce qui nous titille le plus, contrairement à ce que l'on pense. Peter Pan

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    1. Merci infiniment de votre témoignage bouleversant, Peter pan!
      Alors vous aussi pensez que la source de votre fantasme puisse avoir un lien avec votre mère! Un manque de câlins est très certainement propice à générer ce fantasme, j'en suis persuadée.
      Mais si nos mères ont eu certaines défaillances, cela ne fait en rien d'elles de mauvaises mères. Elles ont fait au mieux dans le contexte où elles se trouvaient (un défaut de besoin maternel chez la mienne, une barrière vis-à-vis de votre santé fragile chez la vôtre).
      Je trouve qu'identifier la source de nos fantasme nous aide à les vivre plus sereinement, même si cela ne nous en guérit pas. Ne trouvez-vous pas?

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    2. Peter Pan17/4/14

      Bonsoir Amandine !

      Oui, je suis d'accord avec vous. Nous sommes tous/toutes un peu cartésien. Un peu comme saint Thomas, nous avons besoin de toucher du doigt nos problèmes pour nous rendre compte de leur réalité quoiqu'il nous en coûte parfois. Nous cherchons toujours la cause de nos tourments pour en comprendre le sens profond. On ne peut évoluer dans la vie que par des épreuves franchies pour avancer vers une nouvelle étape. Et ainsi de suite. On se construit aussi par des échecs et des doutes . Rien n'est gagné d'avance. La vie ne nous fait pas de cadeau (j'en sais quelque chose) mais comme dit mon vieux marin de père: "faut toujours garder le cap, moussaillon !".
      Perso, ma situation particulière m'a rendu plus sensible, par défaut, au contexte familial. Mais je me serais mal imaginé réclamer à ma mère de me fesser pour compenser un manque de calins.D'ailleurs, elle m'aurait certainement grondé pour ce manque de "politesse " ou au contraire accéder à ma demande, au nom de la morale. Qui pourrait aujourd'hui me le confirmer .
      La mère reste le pivôt central de la cellule familiale. Tout tourne autour de la Maman: mari, enfants, entourage proche. Elle est la consolatrice et la mère nourricière, elle soigne et elle punit au besoin, elle conseille et nous pousse à grandir...C'est une figure marquante de notre existence ,en termes positifs ou négatifs, parfois. Et quant on est un garçon, cela reste encore plus fort dans la mesure où elle oriente notre futur regard d'adulte sur les femmes. Mais cela est d'un autre domaine...Mais jamais je n'ai nourri une quelconque espèce de colère ou de rancoeur vis à vis de ma mère à cause de cette "frustration". J'aurais trouvé cela d'une telle ingratitude , en regard de son dévouement, de son abnégation (et je pèse mes mots) vis à vis de ma santé. Aussi ai-je toujours été un assez bon élève en classe pour ne pas ajouter l'échec scolaire à ma santé déficiante. Et aussi je voulais prouver au niveau intellectuel mes capacités que je ne pouvais affirmer sur le plan physique. Mais cela m'a coûté. Cependant , avec le recul du temps (cela remonte entre 1975 et 1985) je n'en tire aucune gloire car j'estime qu'il était normal dans ma pensée de me montrer reconnaissant.
      Voilà pour la petite digression , Amandine. Sur ces mots, je vous souhaite une bonne fin de soirée. Peter Pan.

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    3. Bonjour Peter Pan,
      Je pense que vous avez bien fait de ne pas demander de fessée à votre maman, car il y a gros à parier que cette expérience n'aurait pas été agréable du tout. Le fantasme que nous projetons dans la fessée, même lorsque nous sommes enfants, n'a strictement rien à voir avec la réalité crue d'une véritable fessée d'enfant où il ne s'agit,en vérité, que d'un acte de violence à l'égard d'un être sans défense. Il n'y a qu'à voir le dégoût profond que nous inspirent à ce sujet certaines scènes, en ville ou au supermarché, où un pauvre enfant, même s'il fait un caprice, s'en prend une devant tous les clients médusés.
      Autant j'adore la fessée telle que je la pratique en tant qu'adulte, autant elle me glace le sang quand je la vois donnée à un enfant. Heureusement, ces scènes sont de moins en moins fréquentes de nos jours.
      Bon, j'essaierai de traiter de ce sujet, un jour, sur le blog. :-)
      Je vous souhaite une bonne journée, Peter Pan.


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    4. Peter Pan18/4/14

      Bonjour Amandine !


      Vous confirmez ce que je pensais . Je me suis souvent demandé si j'aurais du concrétiser mon désir de fessée vis à vis de ma maman mais ma retenue à ce sujet a été judicieuse. Il vaut mieux garder ce souhait comme un trésor personnel, une sorte de "jardin secret" accessible à un nombre très restreint de personnes.
      Assister en "spectateur" à une fessée reçue par un enfant nous renvoie à nos propres expériences en nous replongeant quelques instants dans notre passé. Passé qui fait resurgir toute l'émotion que l'on a vécu en pareille situation. On en sera ému, dégoûté, triste ou au contraire satisfait de cette pointe d'autorité mais certainement pas indifférent, j'imagine. La détresse des enfants nous interpelle toujours . D'où l'importance de les mieux protéger contre la violence gratuite des adultes.Un long combat qui n'est pas prêt de cesser. Mais restons optimistes.
      Sur ces mots, bonne journée à vous. Peter Pan

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    5. Bonjour Peter Pan,
      La fessée telle que nous la fantasmons et la fessée telle qu'elle est donnée aux enfants dans la vie réelle sont deux choses diamétralement opposées. L'une est amour, l'autre au pire de la violence gratuite, au mieux un constat d'échec. Je ne pense pas que toutes ces belles histoires que nous nous forgeons sur les fessées rarement données par les parents directs mais par les tantes, les oncles, les professeurs, etc... puisse avoir ou avoir eu une existence réelle en tant que précepte éducatif bienveillant. je n'ai pas été fessée moi-même mais j'ai eu une fois l'occasion de discuter avec un homme (qui venait de me donner une fessée réellement merveilleuse) et qui avait été scolarisé dans un pensionnat catholique, en écosse je crois, où il y avait subi des châtiments corporels. Et ce grand gaillard, qui avait fait preuve de tant de tendresse (et un tout petit peu de fermeté, quand même) lors de ma fessée en avait pratiquement les larmes aux yeux. Cela m'a beaucoup émue. J'avais l'impression de revoir le petit garçon perdu et en manque d'amour qu'il avait alors probablement été à cette époque là. Non, vraiment la fessée administrée aux enfants est abominable. Il ne vous faut en rien regretter de ne pas l'avoir reçue, Peter Pan. :-)

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  9. Ça nous prend parfois de vouloir comprendre pourquoi nous sommes ce que nous sommes et ce parce que, quelque soit le chemin mental qu'on peut avoir parcouru vers la "décomplexion", nous sentons quand même bien que nos envies sont "déviantes" par rapport à la norme (cette norme que l'on imagine peut-être plus "normale" qu'elle n'est, justement çà cause de notre culpabilité... Quand j'ai enfin avoué mes fantasmes à mon épouse, effrayé que ma déviance puisse l'effrayer, sa plus belle phrase a été " il n’existe pas de sexualité “normale”")...

    Je dois avouer que j'ai cherché moi aussi, mais j'y ai depuis renoncé : à quoi bon ? Pour me "guérir" ? Mais chaque fois que j'ai essayé d'ignorer mes besoins, ils sont revenus plus virulents... Et quand je passe une heure au coin, les fesses rouges, même si je m'ennuie et souffre, ça me fait un bien fou, je suis apaisé... Si je me descendais un litron de whisky, ce serait bien plus grave pour ma famille comme pour moi... Alors : fessées et punitions ! Sans hésitation...

    Quant à l'origine... J'ai que ce serait à cause de parents qui battent, toi qui ne l'as pas été, tu penses que c'est une mère qui vous ignorait... Et moi ? Ben j'ai eu une mère qui nous adorait et moi, l'aîné, le garçon, par-dessus tout. Je n'ai jamais été fessé, j'ai été écouté, j'ai choisi tous mes loisirs, j'ai été gâté et j'ai rendu en retour, même si je n'ai pas forcément fait les études dont elle rêvait pour moi... Et pourtant, dès dix ans, je me fouettais avec la laisse du chien, je me fessais avec ma règle, j'allais au coin, à genoux, les mains sur la tête, je m'enfermais tout nu dans le placard...

    D'où ça vient ??? J'en sais rien. Mais ça vient de loin... Et c'est pas près de partir...

    Merci Amandine pour ton post intimiste et ce morceau de toi que tu nous livres. Mais cherche pas trop : tu le vis bien. Profites-en encore longtemps ;)

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    1. Merci de message qui me touche beaucoup, Mlk. Ton témoignage est précieux parce qu'il peut donner espoir à tous ceux, trop nombreux, qui se sentent encore mal avec leur fantasme et n'osent pas toujours le vivre aussi pleinement qu'ils le voudraient.

      Pour ce qui est de la source du fantasme, chacun a sa propre vérité et cette quête n'est effectivement pas une chose fondamentale.
      Mais comprendre d'où venait mon fantasme m'a beaucoup aidé à le vivre correctement. Enfin, surtout à expliquer à mes compagnons ce que représentait la fessée à mes yeux, qu'elle symbolisait pour moi l'amour qu'ils pouvaient me porter. Il me semble que nous le vivions beaucoup plus sereinement, après.
      Mais je ne l'ai pas toujours expliqué parce qu'il m'a fallu un peu de temps pour que je comprenne vraiment tout cela, bien entendu... :-)

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  10. florent18/4/14

    On peut toujours chercher en soi ou aller voir un psy au besoin mais à moins que nos fantasmes ou pulsions nous submergent, je suis convaincu qu'il ne faut pas trop s'écouter et continuer à avancer et s'améliorer. On est tous des rescapés de l'enfance ;-) joyeuses pâques à tous !

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    1. Vous avez sans doute raison, Florent, mais moi cela m'a aidé à vivre les choses plus sereinement que de comprendre d'où elles venaient.
      Mais chacun réagit différemment face à cette recherche et je comprends fort bien que l'on en ai absolument aucun besoin. D'ailleurs, je me demande si ce n'est pas un trait plutôt féminin que de vouloir absolument tout expliquer... :-)
      Bonnes Pâques à vous également! J'espère que les cloches vont vous gâter!

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  11. total respect pour ce texte, chère Amandine. Je crois que je n'oserais pas me livrer ainsi. Mais je ne me suis pas livré à une introspection aussi profonde que vous. Et puis, je suis de l'autre côté du fouet ou du paddle.:-)

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    1. Merci Hadrien! Peu de gens ont besoin ou envie de comprendre d'où ce fantasme tire sa source. Mais parfois le comprendre peut aider à mieux le vivre. :-)

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  12. Benoit19/4/14

    Bonjour Amandine,
    Merci de votre témoignage, que je trouve très juste et qui a suscité des commentaires très intéressants. Je pense que j'ai été, comme vous, "victime" d'un manque de mère et c'est peut-être bien cela qui est à l'origine du fantasme. Curieusement cette question ne me travaille guère et ne m'a jamais empêché de le vivre pleinement. Par contre, je suis étonné de votre clémence envers votre mère. Je ne porte aucun jugement, car je n'ai pas assez d'éléments pour me faire une opinion. Je voulais simplement vous dire qu'on a le droit d'en vouloir à ses parents. Même si on les comprend, même si c'étaient des gens remarquables par ailleurs (ce qui était aussi le cas des miens), ce qu'ils nous ont fait, ou pas fait, nous a fabriqué et il est impossible, surtout à l'enfant, de savoir s'ils ont vraiment fait leur maximum... Entre l'enfant et l'adulte, c'est l'adulte qui est responsable, qui est à même de prendre, ou non, les responsabilité dans lesquelles il s'est mises, même s'il ne les a pas choisies. La vie nous met dans bien des situations difficiles à assumer et lorsqu'il y a l'avenir d'autrui en jeu (en l'occurrence la construction d'enfants) on a pas le droit de dire : "en fait, j'ai pas choisi, j'ai eu tel problème, donc patati patala". Non, on a pas le droit de faire cela à des enfants. Moi dans mon quotidien je me dépasse pour les enfants que j'élève, et c'est ce que doit faire tout adulte responsable (même si, pour se faire, il dépense une fortune en psychothérapie, etc.)
    On n'est pas un enfant indigne en affirmant que nos parents n'ont pas été de bons parents. On est pas un parent responsable en ne donnant pas à l'enfant ce dont il a besoin.
    Merci pour cet espace de respiration ouvert dans cet univers.

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    1. Bonjour Benoit,

      Tout d'abord, merci infiniment de votre dernière phrase qui me touche tout particulièrement en cette période d'orages. :10:

      Ne croyez surtout pas que je n'en ai pas voulu à ma mère. Je lui en ai voulu terriblement, mais pas de cela.

      Son absence lors de ma petite enfance a très certainement été la source de mon fantasme de fessée. et puis ne dit-on pas que tout se joue avant 6 ans, que la mère est l'élément constructeur, etc... Mais je n'ai pas vraiment de souvenirs conscients de cette période de la toute petite enfance, donc pas de douleur consciente.

      Je n'ai pas eu véritablement de carence en terme d'amour et de câlins, dans la mesure où mon père (qui avait un caractère très affirmé) a entièrement pallié aux défaillances de ma mère de ce côté là.

      Par contre,il est mort quand j'étais adolescente et là la vie a été beaucoup plus compliquée. J'en ai voulu pendant des années à ma mère des défaillances qu'elle a eu à cette époque là (qui allaient au-delà de ne pas avoir de sens maternel pour ses enfants). Mais peut-être aussi (probablement) que je focalisais sur elle la douleur qu'un mauvais destin avait accompli en faisant mourir mon père.

      Et puis un jour je suis devenue mère moi-même et comme par enchantement toute cette rancœur s'est envolée. Ma mère est une formidable grand-mère, très attentionnée envers ses petits-enfant, et c'est vraiment maintenant la seule chose qui compte réellement. Le bonheur qu'elle peut donner à mon fils m'en donne à moi un 100 fois plus grand. Je ne sais pas trop comment l'exprimer, mais bon, disons que c'est l'idée... :-)

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    2. Mais je suis comme vous, j'essaie de faire absolument tout ce qui est en mon possible pour être la meilleure des mères possible pour mon fils. Je fais probablement quelques erreurs, comme tout le monde, mais disons que le résultat n'est pas si mal que cela.. Assurer son bonheur et le protéger seront toujours mes priorités absolues. :-)

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