mercredi 17 septembre 2014

Terrain glissant


Attention danger !

Voilà ce qu'il me vient immédiatement en tête lorsque l'on aborde la difficile question de la soumission.

Les relations d'un couple pratiquant la fessée conjugale sont loin d'être simples. Elles ne sont pas aussi codifiées que celles que l'on peut trouver dans le BDSM (vu de l'extérieur, du moins). Elles s'amusent à flirter avec la soumission sans que cela n'en soit réellement. Forcément, il y a de quoi déraper et se retrouver les genoux écorchés, ahuris d'être tombés sans n'avoir rien vu du danger ! 

Une chose est évidente, j'adore m'abandonner entre les mains de l'homme que j'aime. J'adore lui faire à ce point confiance que je peux m'abandonner entièrement à lui. Mais ce sentiment est transitoire. Il est d'autant plus précieux qu'il s'échappe aussi rapidement qu'il m'est venu et n'a pas d'autre réalité que l'instant fugace où je lui abandonne toute résistance. 

Il me semble que dans les relations d'un Maître avec sa partenaire, la soumission est une chose beaucoup plus profonde et plus fondatrice du couple. Une femme soumise vient puiser son bonheur à travers les yeux et la volonté de l'homme qu'elle aime, parce qu'obéir à la volonté de cet homme la rend plus heureuse qu'agir selon ses propres choix à elle. Elle en tire une grande fierté et aucun discours "libérateur" ne pourra lui apporter un bonheur semblable. 

Rien de tel dans la fessée conjugale. Cet abandon existe et le bien qu'il procure est incommensurable. Mais il est extrêmement fugace et cela ne conviendrait ni au caractère du spanker, ni au caractère de la spankee, de baser leur relation là-dessus. 

Dans la vie courante, une spankee ne se soumet pas à la volonté de son compagnon, mais uniquement aux limites qu'il lui a fixées. Certaines de ces limites ont été fixées ensemble, d'un commun accord. D'autres ne l'ont pas été mais tombent sous le sens, comme les fameux "4D" de la Discipline Domestique (Disobedience, Disrespect, Dishonesty, Dangerous - désobéissance, malhonnêteté, irrespect et comportement dangereux). 

A l'intérieur de ces limites, la femme peut agir à sa guise, en toute liberté, sans rien n'avoir à demander et sans que l'homme n'ait à donner la moindre directive. Mais si elle franchit les limites, elle sait qu'elle sera corrigée et non seulement cette idée la sécurise mais elle la rend heureuse. N'est-ce pas flirter avec la soumission ? Rien n'est jamais ni tout blanc, ni tout noir... et la seule chose qui importe, au fond, est le bonheur que l'on en retire !

Mais cela peut conduire à des dérapages parfois incontrôlés. L'homme peut s'emmêler les pinceaux et donner une fessée punitive à sa compagne sans qu'elle n'ait franchi la moindre limite, juste parce qu'il en ressent l'envie. 
Cela m'est arrivé l'année dernière où il m'a été donné une très sévère fessée au martinet (depuis je déteste cet instrument, vous vous en êtes sans doute rendu compte en me lisant) sans le moindre plaisir, sans la moindre tendresse... et sans la moindre explication! 
Une fois ce déplorable incident terminé, j'ai demandé à mon compagnon pourquoi il m'avait puni ainsi, "pour de vrai", et la seule réponse qu'il m'a donné a été un « oh ça va, t'aimes ça ! » en tournant les talons. 

Je ne sais pas si ce genre de dérapage arrive souvent dans les couples pratiquant la fessée conjugale mais c'est très perturbant. Une de ces situations où l'on a vraiment envie de tout arrêter et de jeter le bébé avec l'eau du bain...

10 commentaires:

  1. bonjour Amandine
    je pense que le terrain est glissant en effet mais surtout qu'il y a autant de relations que de couple.
    Certains pratiquent la soumission 24h/24 ou s'en vantent. Personnellement, tous les couples que j'ai croisés et qui s'y sont essayé ont sombré en quelques mois. Tout simplement parce que contrôler ou se laisser contrôler en tout temps est une tâche extrêmement lourde.
    Pour le reste, oui on flirte avec des limites...et parfois on les dépasse.

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    1. Bonjour Hadrien,
      En vérité, ce n'est pas grave en soi de dépasser les limites, du moins dans la fessée (comme cela est souvent répété sur les forums "personne n'est jamais morte d'avoir reçu une bonne fessée!"). quand on joue ce jeu-là, on sait pertinemment les risques que l'on prend. Mais ce qui m'a traumatisé dans cette histoire, c'est la réponse que j'ai obtenu à ma question du pourquoi et qui prouvait, soit que mon partenaire n'avait strictement rien compris à ma personnalité, soit qu'il refusait toute communication avec moi et se contrefichait pas mal de ce que je pouvais ressentir. Avec le recul, je pense que ces deux explications étaient parfaitement valides. :-D

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    2. je ne peux évidemment pas juger du cas particulier que vous évoquez.
      Le problème avec nos jeux c'est qu'ils sont intenses et qu'un dérapage aurait plus de conséquences que dans une relation d'un autre type

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    3. Mais parce qu'ils sont plus dangereux, j'ai l'impression que vos jeux sont plus codifiés, plus encadrés, que les nôtres. Du coup, les dérapages doivent y être sans doute moins fréquents.

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  2. Peter Pan18/9/14

    Bonjour Amandine,

    Le mot "soumission" est à double sens, me semble t-il.
    Il signifie "mettre sous" : par rapport à quelque chose ou quelqu'un. Sous la dépendance ou la volonté d'un individu. C'est un peu risqué . On peut se soumettre par amour pour la personne ou bien par contrainte et cela donne dans ce second cas une forme de servitude où l'échange est à sens unique, type relations BDSM. L'un des partenaire prend un certain ascendant sur l'autre qui lui abandonne alors sa propre liberté.
    Mais il faut aussi une certaine dose de confiance pour accepter d'être sous la dépendance du partenaire dans un couple. Du temps et connaître un tant soit peu celui-ci . Une soumission complice ? Cela existe-t-il ?
    Peter Pan

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    1. Se placer sous la volonté de quelqu'un est toujours risqué, c'est certain. Il faut être absolument sûr de la personne et de cela on ne l'est jamais vraiment. Heureusement, il y a plein de couples pour lesquels tout se passe très bien. Il suffit de lire la multitude de blogs et de sites qui traitent du sujet pour en être convaincu ! Cette soumission est évidemment toujours volontaire, jamais contrainte (sinon ce serait de l'esclavage et donc un tout autre sujet) et apporte énormément de bonheur à la personne qui abandonne sa volonté à l'autre.

      Mais comme j'ai tenté de l'expliquer dans le post, dans la fessée, nous ne sommes pas dans la soumission. Nous nous contentons de flirter avec cette notion, sans en avoir défini précisément les règles, ce qui peut parfois conduire à des situations de totale incompréhension, voire de rupture. Là encore, il ne faut pas se tromper de partenaire et toujours communiquer l'un avec l'autre. Dès lors que l'un s'y refuse, le jeu doit immédiatement s'arrêter sous peine de mal se terminer.

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  3. Bonjour Amandine, d'abord mes félicitation pour tes magnifiques illustrations.

    J'ai beaucoup de mal avec la notion de la soumission, déjà tout simplement par le fait que cela ne m'évoque pas d'émotion ou plutôt pas d'excitation de m'imaginer soumise. Il me manque le frisson que semblent éprouver certaines dames qu'y trouvent leur bonheur.

    Ton sujet me rappelle un article qui n'est plus sur le net et qui s’appelait « injust disciplin » provenant du premier site DD, datant vers 2004 à 2007. J'ai pourtant « sauvé » quasiment tout le contenu de ce site, mais ce post en particulier me manque. De mémoire l'auteur développait la théorie de la discipline injuste, utile dans une relation de DD pour apprendre la soumission (aveugle sic) de la dame à l'autorité du chef de la famille. Cette DD ne me convient pas. Pour ma part j'ai un besoin de punition que j'aimerais satisfaire dans mon couple parce que cela m'apporte un bonheur de vivre. Mais très analoguement à la sexualité classique je considère toute satisfaction liée à un consentement. Pour moi la DD punit ce qui est convenu entre les partenaires et non pas pour le plaisir. C'est un autre registre qui peut exister indépendamment dans un même couple, mais il faut savoir bien séparer.

    Je trouve donc ta mésaventure hors cadre de ma conception de la DD. Évidement loin de moi de vouloir critiquer qui que ce soit, mais la remarque de ton compagnon me paraît déplacée. Certes, on peut passer rationnellement sur une maladresse de son partenaire, mais notre irrationalité n'arrive pas forcement à faire ce pas. Et cela peut se révéler néfaste pour un couple.

    En te lisant, j'ai beaucoup de mal à te voir dans un registre de soumission. Il me semble que la fessée punitive t'apporte un sentiment de sécurité et d'être aimé, mais il faut bien te connaître pour savoir comment devrait se composer le contexte. Enfin, c'est une impression personnelle...

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    1. Bonjour Isabelle,

      Merci pour tes compliments sur les illustrations. En fait, l'idée de mes posts me vient le plus souvent d'une illustration que je trouve et qui m'inspire soudain quelque chose. C'est pourquoi elles collent souvent assez bien au texte. Mais c'est aussi pour ça que cela part un peu dans tous les sens sur ce blog ! :-D

      Je suis d'accord avec toi, l'épisode que je raconte n'est pas admissible dans le cadre d'une relation de DD et comme toi, dans ma vie de tous les jours, je n'ai pas le moindre sentiment de soumission. Je fais ce que je veux, comme je le veux et quand je le veux et il ne me viendrait même pas à l'esprit de demander une quelconque forme de permission à mon compagnon (tant que cela reste dans notre « cadre de vie », bien sûr).

      Mais il y a deux situations où je pense flirter avec cette notion d'abandon à l'autre. La première survient dans les fessées-jeux qui, bien que purement récréatives, ne s'en font pas moins sentir. En général je passe par un moment de rire et d'excitation, suivi d'un moment de « mais où est-ce que je me suis encore fourrée ?» quand les claques se font plus mordantes, suivi enfin (si tout va bien, cela n'arrive pas à chaque fois) de cet instant magique où je lâche prise et m'abandonne délicieusement à l'autre. A cet instant précis, j'ai l'impression de ne plus avoir de volonté propre. Je me laisse entièrement faire et c'est vraiment un enchantement ! Je pense qu'à ce moment-là, on peut parler de soumission. Mais cela ne dure pas très longtemps, le temps que la fessée s'achève et un tout petit peu plus... Après, je reviens doucement sur terre et même si je suis nettement plus docile qu'avant (cet docilité-là dure beaucoup plus longtemps... tant que j'ai les fesses sensibles, je crois :), mais je ne suis plus du tout en état d'abandon de ma volonté à l'autre.

      La deuxième situation qui pourrait s'apparenter à de la soumission est lorsque je suis punie pour une faute que j'ai réellement commise. Dans ce cas-là, je me place volontairement sous la volonté/l'autorité de l'autre et je ne dirai jamais stop de moi-même à la fessée qu'il me donne, même si je la trouve trop sévère, parce que tout ce qui compte pour moi est d'être certaine d'être pardonnée (mon besoin de sécurité affective...). Dans ce cas-là, doit-on parler de soumission ? Je ne sais pas trop, mais on flirte avec, très certainement.

      Le danger dans tout cela est de s'emmêler les pinceaux et de déguiser une fessée punitive en fessée récréative, juste pour satisfaire ses pulsions. Une fessée punitive a un but bien précis qui est d'effacer les tensions, les sentiments de culpabilités et de rétablir une atmosphère de calme et de sécurité affective entre les partenaires. Elle ne devrait jamais être donnée en dehors de ce cadre-là.
      Mais peut-être est-ce difficile à comprendre pour un homme qui voit le degré de soumission de sa compagne varier selon les circonstances et n'analyse peut-être pas bien le pourquoi du comment.

      Une relation qui mélange fessées récréatives et fessées punitives est assez complexe . Elle nécessite une excellente communication entre les partenaires pour ne pas commettre de faux pas. Il faut oser verbaliser tout ce que l'on vit, tout ce que l'on ressent, tout ce que l'on désire, ce qui n'était pas du tout le cas dans ma relation avec cet homme-là. Et je pense que tout le problème venait de là... enfin, presque tout ! Parce qu'il était quand même de fort mauvaise foi en me jetant à la figure qu'il me considérait comme une pure masochiste ! :-D

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  4. Annonciate18/9/14

    Bonjour Amandine, vous savez ce que je pense de la fessée punitive. Vous dites dans votre commentaire répondant à Hadrien " "personne n'est jamais morte d'avoir reçu une bonne fessée!" Si malheureusement, j' étais à ce moment là le greffier d' assises. Idem quand on fesse d' une façon très sévère, sans savoir pourquoi . C' est déjà un geste de colère et dans ce cas il vaut mieux qu 'il ne se reproduise pas.

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    1. Je suis tout-à-fait d'accord avec vous, Annonciate! Le "après-tout personne n'est jamais morte d'avoir reçu une bonne fessée!" n'était qu'un clin d’œil aux propos tenus par un spanker sur un forum où j'avais relaté cet événement. Cela m'avais fait rigoler, mais rigoler jaune ! :-(

      L'épisode que j'ai relaté dans ce post était pour moi clairement de la violence et le "oh, ça va, t'aimes ça" avait comme un vieux relent du "elle aime ça, la salope!" que l'on entend couramment dans la bouche des hommes qui battent leur femme.

      Dans ce post, je n'essayais pas d'excuser ce geste, mais juste d'expliquer que dans le domaine de la fessée conjugale, les relations sont un peu plus complexes que dans un couple "vanille" et qu'à force de jouer avec le feu, on arrive parfois à s'y brûler un peu les ailes.

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