vendredi 28 novembre 2014

Fantasmes




Vous avez sans doute déjà entendu parler des résultats des derniers travaux de recherche du département de psychologie de l'université de Montréal, portant sur les fantasmes sexuels. Cette étude avait pour objectif de déterminer, à travers leur fréquence d'occurrence, quels fantasmes pouvaient être considérés comme étant réellement "hors de la norme". Sans déflorer le sujet, vous vous doutez bien que le fantasme de la fessée est loin d'être marginal. Au grand damne de ceux qui s'estimaient en cela faire partie d'une élite, sa fréquence se situe dans la moyenne, chez l'homme comme chez la femme.

Mais avant d'aller plus loin, il convient d'émettre quelques réserves sur l'extrapolation des résultats de cette enquête. Les chercheurs ont interrogé 799 hommes et 718 femmes, âgés en moyenne d'une trentaine d'années. Les résultats sont donc révélateurs des fantasmes des jeunes adultes bien plus que de la population moyenne. Or nous avons tous plus ou moins constaté que nos fantasmes évoluent un peu, avec l'âge et l'expérience... Par ailleurs, parmi les personnes interrogées,  85,1% affirmaient qu'ils étaient hétérosexuels, 3,6% qu'ils étaient homosexuels et le reste entre les deux. Les résultats sont donc à associer à une population principalement hétérosexuelle.


Maintenant que vous savez tout du biais de cette étude, penchons-nous un peu sur ses résultats...

Tout d'abord celui qui m'a le plus surprise, le fantasme Number One, le plus courant chez la femme (92%) comme chez l'homme (88%) : ressentir des émotions romantiques pendant l'acte sexuel. Je ne suis pas certaine qu'en France le même résultat aurait été obtenu, mais néanmoins il me ravit.

Le deuxième fantasme le plus courant devrait réconcilier nos deux continents : prendre part à une fellation ou à un cunnilingus. 79% des femmes et 88% des hommes affirment en rêver. Il n'y a donc aucune raison de s'en priver, sauf si, bien sûr, les femmes ne rêvent que de cunnilingus et les hommes que de fellation... Mais non, rassurez-vous! 78% des hommes affirment fantasmer sur le cunnilingus et 72% des femmes rêvent de fellation. L'entente parfaite !

Je vous passe les suivants, ultra-classiques : faire l'amour dans un endroit inhabituel (82% des hommes comme des femmes en rêvent) ou dans un endroit/atmosphère romantique.

Les premières discordances H/F commencent à apparaître dès lors que l'on introduit un autre partenaire dans l'histoire...

Sans surprise, avoir des rapports sexuels avec deux femmes en même temps fait énormément fantasmer les hommes (85%) alors que les femmes sont plus réticentes à l'idée (mais 37% déclarent tout de même être excitées à l'idée). Notons d'ailleurs qu'il ne s'agit pas forcément là d'un fantasme machiste, puisque 82% des hommes avouent également s'exciter à l'idée de juste regarder deux femmes faire l'amour entre elles. Le mystère du plaisir féminin, sans doute...

Faire l'amour avec plus que 3 femmes, mais que des femmes, émoustillent tout autant nos hommes. Ils sont 75% à en rêver. Mais les femmes semblent un peu moins ouvertes à cette idée. Cela ne ferait plus frissonner que 24% d'entre elles.

En revanche, l'amour en groupe semble faire fantasmer bien davantage les femmes que les hommes. 57% d'entre elles affirment fantasmer de faire l'amour avec tout plein d'hommes et de femmes mêlées, contre seulement 16% des hommes (?).

Et si on faisait ça en toute connaissance, avec un(e) ami(e), un(e) proche, un(e) collègue, le boulanger, une star? Encore une fois, cela fait plus fantasmer les hommes que les femmes, mais l'écart s'amenuise : 83% des hommes se verraient bien coucher avec une connaissance contre 66% des femmes. Méfiez-vous de vos ami(e)s...

Et si on devait se taper le conjoint, en même temps? La moitié des hommes (42%) seraient encore partants alors que la majorité des femmes se retireraient (seules 17% se déclarent encore émoustillées à cette idée).

Les stars ont finalement moins la cote que le copain ou la copine. Seuls 62% des hommes fantasment sur Angelina (ou une autre) alors que 52% des femmes se verraient bien passer la nuit dans les bras de Brad (ou d'un autre).

Le voyeurisme, enfin, semble être un fantasme majoritairement masculin puisqu'il concerne 63% des hommes contre seulement 32% des femmes.

Passons maintenant à des questions purement ...

Les hommes préfèrent-ils des petits seins ou des gros seins? A mon avis, ils s'en fichent puisque 69% disent fantasmer sur des gros seins et 52% sur des tout petits. 

Et la différence d'âge? Les hommes affirment fantasmer sur des partenaires beaucoup plus jeunes à 57% (contre seulement 18% pour les femmes), mais 48% d'entre eux disent également fantasmer sur des partenaires beaucoup plus âgées. Et chez les femmes? Seules 18% d'entre elles fantasment sur des partenaires beaucoup plus jeunes et 34% sur des partenaires beaucoup plus âgés. Mais n'oublions pas que cette étude reflète en moyenne l'opinion des trentenaires et que les adolescents font forcément moins fantasmer que les adolescentes... 

Venons-en à présent à ce qui fait l'âme de ce blog, le fantasme de la fessée !

Vous avez sans doute lu un peu partout le résultat phare de cette étude, à savoir que 65% des femmes et 53% des hommes rêveraient d'être dominés sexuellement. Un fantasme extrêmement répondu, donc, voire complètement banal.

Est-il difficile de trouver un partenaire qui partagerait cette même envie de jeu? A priori non, puisque 60% des hommes et 47% des femmes affirment également s'exciter à l'idée de dominer sexuellement son/sa partenaire. Ouf ! 

Mais malheureusement, soumission et domination n'impliquent pas forcément la fessée. Le fantasme D/s le plus courant est d'être attaché pendant l'acte sexuel ; près de la moitié des gens interrogés en rêvent. Mais pour ce qui concerne la fessée proprement dite, seuls 24% des femmes et 44% des hommes seraient prêts à la donner, et seuls 36% des femmes et 29% des hommes seraient prêts à la recevoir...

C'est beaucoup moins que les 65% fièrement annoncés au départ, mais cela reste tout de même assez honorable !

J'arrête là mon blabla sur cette étude, mais si vous avez un fantasme qui n'a pas été cité et dont vous souhaiteriez connaître la fréquence (chez nos cousins canadien), vous trouverez tous les résultats ici.


mardi 25 novembre 2014

Dès l'aube



Elle se réveille en sursaut.
Il est cinq heures, ce n'est pas encore l'heure.
Elle regarde avec envie cet homme allongé sur le lit.
Ne pas le réveiller, surtout, il dort si bien.

Elle glisse ses mains sur son torse, tout doucement.
Elle devine sa douceur, respire son odeur.
Elle aimerait enfouir son visage dans son cou et lui faire ce qui le rend fou.
Mais il dort, il ne faut pas le réveiller.

Elle doit se tenir prête à le servir dès l'aube, il le lui a expliqué.
Elle se glisse hors du lit et attrape sa nuisette abandonnée.
Il faut qu'elle soit décente quand on frappera à la porte.

De retour sur le lit, elle regarde ce corps d'Apollon, source de tant d'émotions.
Aujourd'hui il n'y aura pas de punition, elle a fait attention.
Son sourire d'ange ne disparaîtra pas.
Son regard pétillant ne se voilera pas.
Son index ne se lèvera pas pour lui indiquer la position.

Aujourd'hui, elle est prête...

Il règne dans cette chambre le doux parfum de leurs étreintes passées.
Elle ferme les yeux et elle se laisse aller.

« Attention ! », entend-elle lorsque d'un mouvement brusque elle ouvre les yeux.
Il est assis à côté d'elle et tendrement lui sourit.
Il a posé le plateau sur le lit et lui tend une tasse.
"Tu as bien dormi?" s'enquiert-il gentiment.
Elle le regarde la servir, mi amusée, mi désolée.

Tout cela est un jeu, ne l'oubliez pas...

dimanche 23 novembre 2014

Les clichés de l'amour... ou de la fessée ?


Plus besoin de présenter "50 nuances de Grey", le livre qui a donné envie à la terre entière de s'essayer à la fessée. Je l'ai lu, je n'en comprends pas l'intérêt suscité... mais heureusement pour toute la communauté spankophile de la planète, mes goûts n'ont absolument rien d'universel !

Autre livre sujet à polémique de cette rentrée littéraire en France, celui de Valérie Trierweiler. Celui-là, je ne l'ai pas lu (et je ne suis pas prête à le faire). 

Mais saviez-vous qu'il y beaucoup de similitudes, et disons-le de bien mauvais clichés, entre ces deux livres ? 

Pour vous en convaincre (et éventuellement vous payer une bonne tranche de rigolade), allez sur le site de BuzzFeed et testez si vous seriez capables d'attribuer correctement 23 phrases extraites de l'un ou de l'autre de ces deux livres. C'est assez déroutant... Moi qui en ai lu quand même un sur les deux, je n'ai obtenu que 13 sur 23. Feriez-vous mieux ? 

Mais en dehors d'obtenir cette note qui révélera au monde entier toute l'étendue de votre potentiel romantique, vous y apprendrez également que notre président serait (peut-être?) un fervent adepte de nos jeux où se mêlent douleur et volupté ?

Vous ne le pensez pas ? 

"... le lendemain, je découvre partout des hématomes : souvenirs des bousculades et des vives embrassades", c'est Valérie qui l'a écrit, si, si...



Je viens de vous donner une réponse... pour les autres, il faudra vous débrouiller tout seuls !


mardi 18 novembre 2014

Cacher n'est pas jouer


Vous n'échapperez pas si facilement à votre fessée, Mademoiselle !

dimanche 16 novembre 2014

Quelques jours hors du temps (6)



Le quatrième jour les réveilla aussi tôt que les précédents. Firent-ils l'amour ? Fut-elle à nouveau punie ? Elle ne s'en souvient plus. Pardonnez-lui, sa mémoire se brouille avec le temps. Des images, seules, peuplent sa mémoire. Son grand amant déversant sa semence sur sa poitrine et sur son ventre. La femme de chambre rentrant par surprise dans la chambre alors qu'elle était allongée, nue, sur le lit. Lui sortant de la salle de bain, son corps parfait, son sourire timide et charmeur...

Au moment où il s'apprêtait à partir travailler, elle lui demanda,

« Monsieur, j'aimerais beaucoup organiser un pique-nique ici, pour nous deux, à midi. Qu'en pensez-vous ? »

Il acquiesça et elle en fut ravie. Cela lui donnait un but, une utilité dans ce grand jeu qu'ils jouaient si sérieusement...

Elle se rendit dans un grand magasin parisien qui abritait en son sein une multitude de stand de traiteurs renommés et s'amusa à piocher des aliments chez chacun d'eux. Elle y trouva même des figues fraîches (son fruit préféré à lui) et des fraises et des framboises (ses fruits préférés à elle). Au rayon des vins, elle eu une hésitation. Elle n'avait aucune idée des vins qu'il aimait... Lors de leur premier repas, ils n'en avaient pas bu, préférant profiter pleinement des émotions à venir sans risquer d'être en quoi que ce soit anesthésiés par l'alcool. Le jours suivant, ils burent un vin italien dont elle ne connaissait pas le nom et le troisième jour un chablis, pour lui faire honneur. Mais pour aujourd'hui, elle désirait un vin rouge. Elle en choisit un qui avait un sens pour elle et qu'elle aimait beaucoup... en espérant qu'il l'aimerait, lui aussi ! 
Elle se mit alors en quête d'un tire-bouchon mais, dans cet immense magasin, ne réussit pas à en trouver. Elle devait vraiment avoir l'air dépité car un grand homme, visiblement gardien du temple, s'approcha pour lui venir son aide. Il fit appel à un ami et elle ne gagna pas un million, mais la bouteille fut débouchée sur le champ ! 

De retour à l'hôtel, elle vida le mini bar et y installa toutes les victuailles qu'elle avait achetées afin qu'elles restent bien fraîches. Elle installa la table, en utilisant les verres qui se trouvaient dans la salle de bain et les couverts que les traiteurs lui avaient donnés, puis enleva ses sous-vêtements et se prépara à le recevoir...
Mais à bien y regarder, cela ne pouvait pas aller ! Il n'était pas question que son grand Seigneur mange avec des couverts en plastique et il lui fallait des verres à pied pour y servir le vin ! Elle se rhabilla en vitesse et descendit au restaurant de l'hôtel, où elle demanda en catimini si on ne pouvait pas lui prêter des couverts et des verres à pied. Le barman, visiblement amusé, alla lui chercher tout ce dont elle avait besoin et c'est très fière d'elle qu'elle revint à l'appartement. Tout allait être parfait ! Il ne fallait surtout pas qu'elle manque son arrivée, comme elle l'avait fait la veille, aussi se mit-elle en position d'attente à genoux aussitôt qu'elle reçut le texto la prévenant de son arrivée imminente. Il en fut surpris et ému quand il pénétra dans l'appartement, parce que cette fois-ci il ne lui avait rien demandé, aussi s'empressa-t-il de la relever et de l'embrasser. 

Ils déjeunèrent, ils... (à sa grande honte, elle ne s'en souvient plus)... et il repartit de nouveau au bureau. Le soir venu, alors qu'ils étaient allongés l'un contre l'autre sur le lit et qu'il avaient une discussion animée sur les trous noirs, les trous de vers et les fontaines blanches, elle laissa échapper un « tu vois » dont il ne manqua pas de s'offusquer en en soulignant la vulgarité. Cela les énerva, lui comme elle. Il lui dit qu'il était trop fatigué pour la punir le soir-même mais qu'elle ne manquerait pas de l'être le lendemain. Elle lui répondit qu'il était trop cruel. Il lui dit que puisqu'il en était ainsi, elle serait punie le soir-même comme le lendemain, et lui ordonna d'aller chercher la ceinture... Et c'est ainsi qu'elle le revit empiler les coussins, les uns au-dessus des autres, sur le lit... tout comme le premier soir. La boucle était bouclée ! Elle retint sa respiration et se positionna dessus. Elle ne le regarda pas, cette fois-ci. Elle était triste, elle avait envie de pleurer, elle ne voulait pas que leur dernière nuit ensemble se passe ainsi, sur cette terrible faute. 

Il la corrigea sévèrement, tout comme elle le méritait. A un moment il s'agenouilla en face d'elle, introduisit sa verge dans sa bouche, et le serpent de cuir reprit sa danse infernale. Mais dans cette position, la ceinture finissait souvent sa course sur son sexe, sur ses lèvres, et cela lui faisait terriblement mal. Elle se mit à pleurer mais tint bon. Ce n'est que lorsqu'il se mit à frapper plusieurs fois exactement au même endroit qu'elle sentit ses limites atteintes. Elle dégagea le sexe de sa bouche et murmura un "J'ai mal, Maître...". Il s'arrêta aussitôt et jeta la ceinture au pied du lit. Il la prit dans ses bras et l'allongea tout contre sa poitrine en attendant que ses pleurs cessent. 

« Je t'aime Amandine, tu le sais ? »

« Mais je ne le mérite pas ! »

Et ses pleurs redoublèrent. Elle n'avait pas envie de le quitter, elle était triste que tout se termine. Mais ça, elle ne voulait pas le lui dire...

Ils s'endormirent une dernière fois dans les bras l'un de l'autre. Le lendemain ils se quittèrent sur les quais de la gare. Elle avait les larmes aux yeux, il lui disait d'être courageuse. Ainsi est la vie... et la fin de cette jolie bulle.

mercredi 12 novembre 2014

Mais que se passe-t-il dans le coin ?


Aujourd'hui est le Love Our Lurkers day chez nos amis anglo-saxons. Le principe est qu'au moins une fois dans l'année, les personnes qui viennent habituellement lire un blog en silence y laissent un petit mot en commentaire. Cette coutume n'est pas d'usage en France mais, étrange coïncidence, je constate qu'aujourd'hui le blog vient de dépasser les 5 000 commentaires.

Merci à tous !  

Si je propose les sujets, ce sont les commentaires qui les nourrissent, les développent et leur donnent une âme...

Par ailleurs ce sont eux qui donnent la force au blogueur de continuer son travail !

Je décerne une couronne d'or toute spéciale à Hadrien des Ombres, qui a posté aujourd'hui le cinq millième commentaire, et à Peter Pan, qui tient le haut du classement des commentateurs depuis presque la création du blog. :-)

lundi 10 novembre 2014

Quelques jours hors du temps (5)



Le petit déjeuner leur fut servi aux aurores. Elle lui demanda ses préférences et le servit au lit, avant de venir s'allonger tout contre lui. C'est alors que les premières claques tombèrent, d'abord sur sa fesse droite. Toutes au même endroit. Toutes aussi fortes. La douleur qu'elle en ressentait grandissait de manière exponentielle, chaque claque devenait de plus en plus insupportable. Au moment où elle s'apprêtait lui demander grâce, il changea de cible et la fesse gauche subit le même châtiment. Devait-elle lui dire qu'il ne devrait pas la frapper toujours au même endroit, que cela lui faisait vraiment trop mal ? Bien sûr que non. Elle n'avait pas le droit de dire ce genre de chose. Elle n'avait pas le droit de remettre en cause, ni ses décisions, ni ses actions, surtout pas quand ils s'agissait de punitions... et aujourd'hui était le jour où elle devait être punie pour toutes ses fautes passées, celles qui peuplaient les pages de son carnet. Elle se tût et endura sa punition, mais éprouva un immense soulagement lorsque les claques cessèrent enfin. Elle se soumit à lui sans qu'il le lui demande, parce qu'elle en avait envie, parce qu'elle se sentait à sa place, ainsi. Elle ne fut ni pénétrée, ni caressée. Elle n'avait pas le droit au plaisir. Aujourd'hui, elle était punie...

Avant qu'il ne parte au travail, alors qu'ils s'embrassaient sur le canapé, il lui glissa dans l'oreille d'un air grave, qui aurait presque pu paraître contrarié à quelqu'un d'étranger à leur relation...

« Ce soir, je vais te corriger sévèrement, Amandine. Tu l'as mérité, tu le sais ? » 

« Oui, mon Seigneur, je l'ai méritée » lui répondit-elle, de cette petite voix d'enfant qui apparaissait souvent dans leurs jeux.

« En attendant, je veux que tu ailles t'allonger sur le lit. Tu m'as bien compris ? »

« Oui, Monsieur. » 

Elle se leva et regagna la chambre ou elle s'allongea sur le dos, sans réellement se douter de ce qui l'attendait. Il la rejoignit et la regarda de ses grands yeux si tendres qui démentaient toujours la dureté de ses propos...

« Hier, tu m'as tutoyé, n'est-ce pas ? »

Un « regarde » au lieu de « regardez » lui avait effectivement échappé lorsqu'ils regardaient ensemble Glenn Gould jouer du piano, assis sur une chaise. Quelle étrange position avait ainsi prise le maestro! Elle s'était aussitôt reprise et avait demandé pardon de la manière la plus contrite possible, mais son Maître n'avait pas accepté ses excuses. Pour lui, le tutoiement était la faute la plus grave qu'elle puisse commettre, celle qui pouvait justifier qu'il mette un terme définitif à leur relation. Il le lui avait clairement signifié et s'il ne comptait pas mettre cette menace à exécution dans l'immédiat, elle savait néanmoins qu'elle en serait sévèrement punie.

« Qu'est-ce que tu mérites ? » continua-t-il, impitoyable...

« Une fessée sévère, Monsieur ».

« Comment ? »

« Avec votre ceinture, Monsieur ».

Elle le regarda, mi-apeurée, mi-excitée, défaire la boucle de sa ceinture et la faire glisser hors des passants de son pantalon. Il la regarda une dernière fois en lui souriant, avant de se saisir de ses jambes et de les relever à la verticale. Elle le fixait toujours mais son visage était devenu impénétrable, comme empreint d'une colère froide, comme s'il cherchait au fond de lui ce calme nécessaire à l'application de la cruelle sentence. Lui qui avait été si doux et si tendre avec elle quelques instants à peine auparavant... Elle préféra fermer les yeux et attendit que son châtiment se termine, soulagée. 
Il n'avait pas frappé très fort, mais très rapidement. Finalement, cela n'avait pas été si difficile à endurer... et il la serrait à nouveau dans ses bras, son grand Monsieur si tendre et si aimant ! Il l'embrassait, il lui disait qu'elle était pardonnée... et elle était heureuse, tout simplement heureuse. Elle se tenait sur la pointe des pieds pour essayer d'atteindre sa bouche mais elle n'y parvenait pas et cela le faisait rire. Il fallait qu'il la porte et ils riaient ensemble, de plus belle.

Il partit alors pour une très longue journée de travail. Ils ne se retrouvèrent pas pour déjeuner et la journée lui parut, à elle, interminable... Elle retrouva ses marques dans cette grande ville où elle avait habitée autrefois, fit le tour des boutiques qu'elle aimait mais dont certaines avaient disparues. Elle rentra en milieu d'après-midi pour avoir le temps de se faire belle et de se préparer à recevoir son Seigneur, le soir venu. Il lui avait promis de rentrer tôt mais ce n'est qu'à 19 h passées qu'elle reçut enfin un message de sa part. 

« J'arrive dans 15 minutes. Tu peux laisser la porte entrouverte et m'attendre sagement à genoux en pensant à moi, si ton humeur est soumise et que ça te fait plaisir... ».

Bien sûr que cela lui ferait plaisir ! 15 minutes... elle avait encore un peu de temps devant elle. Elle s'était plongée dans la lecture d'un livre qu'il lui avait expliqué avoir joué un rôle fondamental dans la construction de son fantasme et elle voulait absolument en savoir plus... C'est alors qu'elle entendit sonner à la porte . Mince, mais ça ne fait pas 15 minutes !!! Elle se précipita pour ouvrir la porte et se jeta dans les bras de son grand Maître. Elle avait commise de nombreuses fautes : elle n'avait pas entrouvert la porte, elle portait encore ses sous-vêtements, elle n'avait pas mis ses chaussures à talons et elle ne l'attendait pas à genoux... Il rajouta même comme faute qu'elle ne lui avait pas servi son whisky (mais même s'il lui avait demandé de lui en servir un la veille, jamais il n'avait précisé qu'elle devait le faire tous les soirs... la vie de soumise est parfois bien compliquée!). Il devait donc être très en colère après elle, mais il n'arrêtait pas de sourire et elle n'arrêtait pas de rire en retour, en le serrant dans ses bras. Elle n'était pas du tout dans un esprit de soumission. Son bonheur à le retrouver éclatait en rires et en baisers et cela semblait l'amuser, lui aussi, au moins un peu... 
Au bout de quelques minutes, il essaya de la canaliser en énumérant toutes ses fautes et en lui ordonnant d'aller se préparer pour recevoir, cette fois dignement, son Seigneur (et recevoir la punition qu'elle venait amplement de mériter...). Elle s'exécuta rapidement et s'agenouilla devant le fauteuil où il avait pris place. Il lui tendit sa main droite, celle qui devait la châtier, afin qu'elle l'embrasse et la lèche. Mais il la fixait de ses yeux rieurs et elle n'arrivait pas à se concentrer sous ce regard-là. Elle l'implora de ne pas la regarder ainsi mais rien n'y fit et elle dû rassembler tout ce qu'il lui restait de courage et d'humilité pour parvenir à faire l'exercice qu'il se plaisait malicieusement à faire durer...

Quand il fût satisfait et jugea qu'elle se trouvait enfin dans l'état d'esprit de soumission qui convenait à sa punition, il lui demanda d'aller chercher la brosse, l'instrument qu'elle craignait par-dessus tout. Elle la rapporta et la lui donna, sans dire un mot. Elle avait terriblement mal au ventre, à présent. 

La fessée commença à la main, directement sur ses fesses nues. Comme elles n'avaient pas totalement récupérées de la fessée du matin, elle en ressentit la douleur très rapidement. Mais il ne tarda pas à attraper la brosse et reprendre la fessée avec ce terrible instrument, qui a chaque impact créait une douleur profonde et intense. Par réflexe, elle essaya d'interposer ses mains mais il les lui attrapa et les maintint fermement dans son dos. Ses jambes se mirent à trembler sans qu'elle n'arrive à les contrôler...

« Tchut... Amandine, je suis là, tu ne risques rien », lui murmura-t-il doucement à l'oreille. 

Ses tremblement se calmèrent et la fessée reprit son cours. Il procédait par séries de dix ou vingt coups et lui demandait de les compter et de l'en remercier, mais il allait si vite qu'elle avait un peu de mal à suivre.

Il s'arrêta enfin et lui dit...

« Tu vas te mettre au coin, dans la chambre, et ne pas en bouger. Je veux que ton nez soit collé au mur. Je vais te regarder et profiter du spectacle... Tu as bien compris (*) ? »

Elle ne répondit rien mais se précipita dans la chambre, trop heureuse d'échapper à l'instrument maudit. Elle avait l'air ridicule, elle en était certaine, mais elle espérait néanmoins que ce moment de répit dure le plus longtemps possible. C'est donc à regret qu'elle l'entendit énoncer, à peine quelques minutes plus tard, son.. 

 « Viens ici ! ». 

Il était assis sur le lit et tenait la brosse dans sa main. Elle fit une grimace et retourna s'allonger sur ses genoux, la mort dans l'âme. La fessée reprit, et avec elle son compte infernal... 

Lorsqu'il jugea sa peine suffisante, il la releva et l'embrassa. 

« On va dîner ? » lui demanda-t-il en lui souriant. Elle se rhabilla et s'accrocha à son bras. Elle se sentait comme dans du coton et ce n'était pas facile de suivre sa marche rapide, juchée sur des talons de 10 cm. Il l'emmena dans un restaurant bar à vin. On les installa dans une petite salle qui ressemblait à une cave en pierre, où ils étaient absolument seuls. C'était un endroit très romantique qu'elle aima du premier coup d'œil. Il s'amusa à leur commander du vin blanc parce qu'elle lui avait dit que ce breuvage la rendait très amoureuse... à condition qu'elle n'en boive pas trop! Ce fût un moment heureux, calme et serein. Il lui parla un peu de son travail, humaniste et passionnant. Elle l'écouta, ravie et fière de la confiance qu'il lui faisait en la laissant pénétrer ainsi dans son univers. 

Ils rentrèrent à l'hôtel où elle lui prouva une nouvelle fois sa soumission. Ils firent l'amour, tout en douceur. Alors qu'ils commençaient à sombrer dans le sommeil, il lui dit « Je t'aime ». C'était la première qu'il prononçait ces mots. Il les avait écrit, mais jamais dit. Elle était heureuse et personne au monde n'aurait pu l'être davantage...

(à suivre)


(*)  Pour ceux qui s'interrogeraient sur le fait que ce grand Monsieur dise toujours « Tu as bien compris ? », il faut dire qu'Amandine souffre réellement d'une mauvaise audition et que son grand Maître adoré s'assurait ainsi qu'elle avait bien entendu ce qu'il lui demandait de faire... Il était juste et équitable, ce grand Monsieur. Jamais il n'aurait voulu la punir pour une désobéissance qui n'en aurait pas vraiment été une !  :-)

jeudi 6 novembre 2014

Quelques jours hors du temps (4)



Le téléphone les réveilla en sursaut, peu avant 7 h. Combien de temps avaient-ils dormi ? Une heure ? cet appel était pour leur signifier que le petit déjeuner leur était livré. Elle l'avait complètement oublié! Son grand Maître lui avait pourtant fait remplir la fiche de commande, la veille au soir, en lui précisant bien qu'elle devrait s'en charger durant tout leur séjour. Elle enfila en vitesse une tenue et alla ouvrir la porte où lui fut remis un lourd plateau. Elle installa les tasses, les verres, les viennoiseries et les confitures sur la table du salon, avec la drôle de sensation de jouer à la dînette. Il vint la rejoindre et l'embrassa tout doucement.

« Tu as bien dormi ? » lui demanda-t-il « Tu n'es pas trop fatiguée ? ».

« Non, je ne suis pas fatiguée. Et vous, comment vous sentez-vous ? »

Il lui sourit et retourna dans la chambre pour revenir avec un pot de confiture. C'était de la confiture de rhubarbe, sa préférée. Non seulement il s'en était souvenu, mais il lui avoua avoir eu énormément de mal à en trouver. 

« Tu te rends compte, il n'en vendent pas, ni chez Fauchon, ni chez Hédiard ! C'est incroyable, non ?»

Elle le regarda en silence. Elle avait envie de rire mais elle était trop émue. Lui, ce grand Monsieur aux responsabilités et au planning plus chargé que celui d'un ministre, avait passé un temps précieux à parcourir les épiceries parisiennes pour lui dénicher sa confiture préférée. Quelle plus belle marque d'affection et de tendresse pouvait-il lui donner ? 

Ils s'embrassèrent et prirent place pour faire honneur à ce merveilleux cadeau. Elle s'amusa à lui servir le café, à mettre de la confiture sur ses tartines, à lui proposer des viennoiseries... mais, pour tout avouer, ni l'un ni l'autre n'avait réellement faim. Ils leurs manquaient sans doute quelques heures de sommeil pour cela.

Ils rejoignirent rapidement la chambre, où ils reprirent leurs ébats là où ils les avaient arrêtés, quelques heures auparavant. Il lui apprit à se soumettre à lui sexuellement, à lui prodiguer les gestes qui sublimaient son désir et son plaisir. Si ses gestes étaient un peu maladroits au départ, elle progressa vite et en ressentit une énorme excitation, bien au-delà de tout ce qu'elle aurait pu imaginer. Ce fût une merveilleuse découverte, pour elle comme sans doute pour lui. Il firent ainsi l'amour pendant de longues heures, explorant et stimulant réciproquement chaque parcelle de leurs corps. Reçut-elle des fessées ? Quelques claques sans doute, lorsque la position s'y prêtait...

Ils s'échangèrent également leurs présents. la condition de ces échanges étaient que ces cadeaux ne devaient pas être chers mais qu'ils devaient avoir une réelle signification pour eux. Le premier échange les amusa. Ils s'étaient offert tous les deux un carnet... ils étaient visiblement d'accord, le jour où Amandine ne commettrait plus de fautes et n'aurait plus besoin de règles et de correction n'était pas prêt d'arriver ! Elle lui offrit l'un de ses livres préféré, qui parlait de bonheur. Il lui offrit un livre pour son fils. Elle en fût terriblement émue... Elle lui offrit un parfum, pour les hommes intelligents, beaux et forts. Il lui offrit un bracelet en argent, comme symbole de sa soumission à ce grand homme si intelligent, si beau et si fort.

Vers onze heure, ils décidèrent de sortir prendre l'air et de profiter du magnifique soleil qui régnait sur Paris ce jour-là. Il la guida jusqu'au jardin des Tuileries où ils prirent place sur un banc un peu à l'écart. Le temps s'était arrêté. Ils étaient si bien sous la chaleur douce de cet été indien qui ne semblait pas vouloir se terminer. Elle avait posé la tête sur son épaule. Ils échangeaient quelques mots, puis s'embrassaient longuement, avant à nouveau d'échanger quelques mots... Ils étaient heureux, simplement, entièrement, merveilleusement hors du monde. 

A l'heure du déjeuner, il se mirent à la recherche d'un endroit où déjeuner. Ils n'avaient pas envie de quitter ce parc où ils se sentaient si bien et se dirigèrent vers l'un de ces attrape-touristes qui n'a de restaurant que le nom et où les clients sont très mal accueillis, mais qui a l'avantage de se situer dans ce lieu paradisiaque. Ils avaient faim à présent et mangèrent avec entrain avant de regagner leur hôtel. 

« Je peux te donner une fessée pour me donner le courage d'aller travailler cet après-midi ?» lui demanda-t-il, le regard pétillant. 

« Bien sûr, Monsieur » lui répondit-elle en se serrant contre sa poitrine. 

« Alors va vite enlever tes collants et ton soutien-gorge ! », ce qu'elle fit en un clin d'oeil, avant de revenir s'asseoir à ses côtés, sur le canapé. 

« Baisse ta culotte ».

Elle s'exécuta.

« Tu te sens soumise comme cela, fesses-nues devant ton seigneur ? »

« Oui, mon seigneur » lui répondit-elle, en lui souriant.

Il lui prit le bras et l'aida à s'allonger sur ses genoux. Il attendit quelques instants, puis commença à la fesser. Si les claques étaient douces au départ, leur intensité augmenta très rapidement. Même une fessée "plaisir" était une fessée bien sentie lorsqu'elle était donnée par ce grand seigneur. Lorsqu'il eut fini, elle avait les fesses brûlantes et sans doute bien colorées. Il l'assit sur ses genoux et la câlina quelques instants avant de se relever. Il devait partir à présent et elle le regarda passer la porte, le cœur déchiré et la culotte toujours aux chevilles...

Le soir-même, il avait prévu de l'emmener assister à un récital de piano donné par un jeune prodige israélien, Iddo Bar-Shai. Elle en était ravie. C'était la première fois qu'elle allait assister à pareil récital, et en sa compagnie, véritable virtuose lui-même, elle en était terriblement fière et heureuse ! Le théâtre était immense mais il avait réservé les meilleures places, juste en face du piano. Ils pouvaient voir les mains du jeune prodige voler au-dessus des touches du clavier. Tout était envoûtant. La musique, en premier lieu. Iddo Bar-Shai n'avait rien volé de son statut de jeune prodige et même s'il portait un costume bien trop large, même s'il faisait de drôles de grimaces quand il jouait, sa maîtrise était proprement incroyable. Ses doigts volaient au-dessus des touches et les notes s’envolaient dans une parfaite harmonie. Le public était sidéré. 

Elle était fascinée, aussi bien par le talent du pianiste qui jouait devant elle que par la manière dont le grand Monsieur qui l'accompagnait suivait ce récital. Il vivait la musique, il vibrait avec elle, il en chantait les notes silencieusement. Lors des plus beaux morceaux, il lui prit la main et elle pouvait ressentir ses vibrations tout en se laissant submerger par la mélodie. Ce fût un moment très intense, qui la marquera pour toujours, sans doute.

En sortant du Théâtre, ils allèrent dîner dans un charmant restaurant italien situé non loin de leur hôtel, puis regagnèrent leur appartement. Il voulu lui offrir une fessée "plaisir" mais, grâce au miroir qu'il avait placé judicieusement comme la veille,  il s'aperçut rapidement qu'elle avait mal et s'arrêta aussitôt en s'excusant. Elle était désolée et ne voulait surtout pas qu'il s'excuse alors qu'il ne voulait lui donner que du plaisir... Mais depuis le début d'après-midi, elle avait effectivement mal sur le côté des fesses et ne parvenait pas à en supporter la douleur lorsque les claques tombaient à cet endroit précis. Ils finirent la soirée en douceur, écoutant encore un peu de musique et finissant par s'endormir dans les bras l'un de l'autre. 

(à suivre)

mercredi 5 novembre 2014

Quelques jours hors du temps (3)


Au bout de quelques instants, il revint vers elle et lui confia sa valise. 
« Tu peux la monter dans l'appartement, s'il-te-plaît ? » 
« Oui, bien sûr », répondit-elle, intimidée. 
Son cœur battait la chamade. Elle ne savait pas s'il était en colère de son manquement à l'attendre dehors. Probablement. Il l'avait déjà sévèrement sermonnée pour moins que cela...
Elle prit l'ascenseur, la mort dans l'âme, et regagna l'appartement. Une fois la valise posée sur le porte bagage, elle marqua un temps d'arrêt. Il lui fallait descendre le retrouver, mais elle avait un peu peur. « Allez, courage», se morigéna-t-elle, tu l'as tellement attendu, cet instant ! 

Elle regagna la hall, le cœur battant. Lorsqu'elle sortit de l'ascenseur, il vint à sa rencontre en souriant, s'inquiéta de savoir si elle n'était pas trop fatiguée de son long voyage, si l'appartement lui plaisait, si sa décoration lui allait, s'il était assez grand... Elle en fût amusée. Jamais elle n'avait été dans un endroit aussi grand et aussi luxueux! 
Il la prit par la main et la guida vers la salle du restaurant de l'hôtel, dans lequel il avait réservé une table pour dîner. Elle le suivit sans entrain particulier. Elle savait qu'elle serait incapable d'avaler quoi que ce soit tant que la menace d'une correction sévère planait sur sa tête. 
Sévère... il le lui avait assez répété! Il le lui avait même fait dire à plusieurs reprises, en lui demandant si elle comprenait ce que cela signifiait et si elle était d'accord qu'elle le méritait bien. Elle avait toujours acquiescé courageusement, mi-effrayée, mi-amusée. Mais maintenant que le moment était venu, elle se sentait beaucoup moins courageuse, et donc forcément beaucoup moins docile... 

Il s'installèrent à un table située au milieu de la salle et le serveur, au demeurant très gentil, commença à bourdonner autour d'eux comme une guêpe autour d'un pot de confiture. Lui ne semblait pas le remarquer et attaqua d'emblée son rôle en lui demandant d'énoncer à haute voix les raisons pour lesquelles elle allait être sévèrement punie après le repas. Elle était gênée, non pas par la question, elle s'y était préparée, mais parce que le serveur était à portée de les entendre. Elle ne cessait de le regarder en espérant qu'il s'éloigne. Son seigneur lui caressait la main en attendant qu'elle réponde, mais fini par prendre ombrage de son manège. 
« Tu veux l'inviter à notre table ?», dit-il en désignant le serveur.
« Mais non, je veux juste qu'il s'en aille », bredouilla-t-elle, encore plus intimidée. 
La patience de son Maître avait atteint ses limites. 
« Maintenant ça suffit, Amandine ! Je t'avais demandé de ne pas mettre de collant... C'est quoi ça ? » lui demanda-t-il en lui caressant la jambe. « Je t'avais aussi demandé de ne pas mettre de soutien-gorge...», ajouta-t-il en la regardant droit dans les yeux. 
« Mais vous aviez-dit que si on sortait... », tenta t-elle de se défendre. 
« Je t'avais dit que l'on dînerait ici !», la coupa-t-il aussitôt. « Va immédiatement dans les toilettes les enlever. » 
« Mais.. et si il n'y a pas de toilettes... donnez-moi les clés de la chambre, j'irai me changer là-haut ». « C'est une manière correcte de me les demander, tu penses ? »
Le regard de son grand Maître ne pétillait plus du tout et elle eu la certitude que, s'ils n'avaient pas été dans cette grande salle de restaurant, elle aurait reçu une correction sévère sur le champ. La mort dans l'âme, elle demanda au serveur où se trouvaient les toilettes et obtempéra tout en le maudissant. S'ils avaient été seuls, elle lui aurait jeté son soutien-gorge au visage (ce n'est pas si sûr, à vrai dire...). A présent elle devait à nouveau traverser la salle de restaurant avec la certitude que tout le monde pouvait voir le bout de ses seins érigés à travers le haut moulant de sa robe. Elle était morte de honte lorsqu'elle regagna enfin sa place. 
Elle avait à peine touchée à son assiette et priait pour qu'il ne lui demande pas de la finir mais il semblait lui aussi pressé de passer à autre chose. Il fit signe au serveur et ils quittèrent le restaurant sans ne plus échanger un mot. Il la précéda dans les couloirs de l'hôtel, marchant du pas rapide qui le caractérisait, elle trottant derrière (tant bien que mal avec ses hauts talons) comme elle allait devoir apprendre à le faire durant les quatre jours à venir. Plus ils s'approchaient de l'appartement, plus elle regrettait de ne pas avoir fait d'avantage d'effort lorsqu'ils étaient au restaurant. Il était en colère, elle le voyait bien. Il faut dire qu'elle avait transgressé à peu près toutes les règles qu'il lui avait fixées. Elle avait honte, elle avait peur, mais elle était aussi plus calme et se promit de tout faire pour que son attitude soit désormais irréprochable.

Il ouvrit la porte de l'appartement et se tourna vers elle. 
« Tu vas au coin, les mains sur la tête, et tu ne bouges pas. Tu as bien compris ? »
« Oui, Monsieur ».
Elle prit place comme demandé face au mur et l'entendit aller et venir dans l'appartement. Elle n'osa ni bouger, ni se retourner. Comme elle avait un peu peur de la suite, elle se dit qu'attendre au coin n'était pas si déplaisant, tout compte fait... Mais son répit ne fût que de courte durée. Il revint quelques minutes plus tard pour lui signifier que la salle de bain était en désordre. 
« Viens voir ». 
Elle le suivit, surprise, car elle avait pensé l'avoir remise en ordre mais une fois dans la pièce elle constata qu'effectivement le tapis devant la baignoire était en acordéon. Elle s'agenouilla et le remit en place. 
« Tu trouves cela normal ? Est-ce une bonne manière d’accueillir ton Maître? » 
« Non, Monsieur, je vous demande pardon ». 
« Bien, suis-moi ». 
Ils retournèrent au salon où il s'assit sur le canapé tandis qu'elle restait debout, ne sachant quelle attitude adopter. 
« Tu penses que tu te tiens dans la bonne position vis-à-vis de moi ? » lui demanda-t-il. 
Elle s'agenouilla et le regarda d'un air interrogatif. 
« Oui, c'est mieux ainsi » acquiesça-t-il. 
« Maintenant dis-moi toutes les raisons pour lesquelles tu mérites d'être punie ».
Cette fois, elle ne chercha pas à éluder la question. Elle récita de mémoire tous ses manquements aux règles des 4 D et toutes les fautes qu'elle avait commise envers lui durant ces dernières semaines. Elle en oublia certainement quelques unes, il y en avait tant, mais il parut satisfait. 
« Ce soir, je ne vais pas te punir pour ces fautes, Amandine. Je le ferai dans les jour à venir. Aujourd'hui, c'est une reprise en main pour asseoir mon autorité sur toi. Tu vas être sévèrement corrigée. Tu vas avoir mal. Tu es d'accord avec cela ? » 
« Oui, Monsieur ».

Il lui fit signe de venir se placer à sa droite et de s'allonger sur ses genoux, ce qu'elle s'empressa de faire, soulagée d'avoir passé l'étape de l'interrogatoire. Il prit son temps avant de commencer à la fesser. Il la caressait. Il lui parlait. Il restait silencieux surtout... Il voulait qu'elle perdre ses repères et il y réussit très bien. Mais lorsqu'il jugea le moment venu, sa main s'abattit sans faillir. Des claques douces au début mais dont l'intensité augmenta assez rapidement. Lorsqu'il releva sa jupe, la brûlure devint tout à fait perceptible et lorsqu'elle se trouva déculottée, elle se dit que jamais elle n'avait connu quelqu'un qui fesse de ses mains aussi fortement ! 

Au bout de longues minutes, la fessée cessa. Elle avait les fesses délicieusement chaudes et mourraient d'envie de le les toucher mais n'osa pas le faire. 
« Lève-toi, Amandine. La fessée n'est pas terminée, tu le sais, mais nous allons la poursuivre dans la chambre. » 
Elle regagna la chambre devant lui, bien consciente du ridicule de sa démarche, la culotte abaissée à mi-cuisse. Il décrocha le grand miroir qui ornait l'un des murs du salon et la rejoignit dans la chambre. Il déposa l'objet à quelques mètres du lit. Elle le regarda faire, surprise et amusée. Il vint s'asseoir sur le lit et lui fit signe de venir s'allonger à nouveau sur ses genoux. 
« Tu te vois dans le miroir ? » lui demanda-t-il. 
Elle tourna la tête et se vit, effectivement. Elle le vit, lui, surtout. Il souriait et semblait heureux. Elle lui sourit à son tour. 
« Ça va ? » lui demanda-t-il. 
« Oui, Monsieur » lui répondit-elle, en lui souriant encore. 
« Je vais continuer la fessée, mais elle va être plus sévère. Tu es bien d'accord ? » 
« Oui, Monsieur ». 
« Tu l'as méritée, n'est-ce pas ? » 
« Oui, Monsieur ».
La fessée reprit de plus belle. Il frappait fort, parfois très fort même. Quand il frappait plusieurs fois de suite la même zone, la douleur devenait rapidement insupportable, surtout quand les claques s'abattaient sur le haut de ses fesses ou sur les côtés. Mais il devait surveiller ses réactions dans le miroir car dès que la douleur devenait réellement insupportable, il changeait de zone et elle respirait à nouveau pour quelques instants. Il la fessa ainsi longtemps. Ses fesses étaient rouges comme jamais elles n'avaient été mais elle ne voulait pas se regarder dans le miroir. Elle préférait fermer les yeux et savourer chaque instant, chaque claque, chaque brûlure. 

Mais la fessée cessa, brusquement.
« Lève-toi. » 
Il la guida au bord du lit et la fit se courber, son buste venant reposer sur le lit. Elle l'entendit déboucler sa ceinture et son estomac se contracta au bruit si caractéristique du cuir glissant à travers les passants. 
« Il y a des coussins dans le placard. Voulez-vous que j'en prenne pour surélever mes fesses? » crut-elle opportun de dire. 
« La reine de la fessée croit-elle devoir m'apprendre à la corriger ? » tonna-t-il. 
« Mais non.. pardonnez-moi... je ne voulais pas... c'est juste que je ne savais pas si vous les aviez vus» répondit-elle, affolée. 
Son visage était figé en une colère froide. Il ne disait plus rien et elle en eu peur. Elle se maudit d'avoir parlé. Pourquoi avait-il fallu qu'elle dise cela ? Pourquoi ne pouvait-elle pas revenir en arrière? 
Il ouvrit le placard et en sortit, un par un, tous les coussins qui s'y trouvaient, formant une pile au milieu du lit. 
« Allonge-toi ». 
Elle retint son souffle et se jeta à travers la pile. Une fois bien mise en place, elle le regarda à nouveau. Son visage était toujours impassible et froid. Elle avait l'étrange impression qu'il cherchait à contrôler sa colère. Cela l'effraya un peu. Elle enfonça son visage dans le couvre-lit et attendit son châtiment. Elle avait envie de pleurer. Elle avait une nouvelle fois tout gâché...
La ceinture s'abattit plusieurs fois, elle n'aurait su dire combien. Elle essaya de ne pas bouger, de ne pas gémir. Elle voulait montrer par sa contrition combien elle était désolée de ce qu'elle avait dit. Au bout d'un certains temps, il s'arrêta, lui caressa doucement la tête et la tourna de manière à pouvoir la regarder dans les yeux. 
« Je vais encore te donner cinq coups, sur les cuisses cette fois. Cela va te faire mal. Tu m'as bien compris, Amandine ? ». 
« Oui, Monsieur » répondit-elle, d'une toute petite voix. 
Il leva la ceinture et les coups s'abattirent rapidement. Leur force était modérée, elle n'eut pas vraiment mal, mais elle n'en pouvait plus. La tension de cette dernière épreuve avait été trop forte. 

Il s'approcha d'elle et l'embrassa longuement. 
« Je vous demande pardon, Monsieur » lui dit-elle une dernière fois. 
« C'est fini, Amandine » lui répondit-il en la serrant dans ses bras. 
Après quelques minutes, il se releva et lui dit :
« Je vais me déshabiller. Pendant ce temps, je veux que tu mettes ta tenue de Geisha (ce n'était pas vraiment une tenue de geisha, juste une tenue de nuit très jolie) et que tu ranges toutes mes affaires. Tu es d'accord ? » 
Ravie, elle fit comme il le lui avait demandé. Elle adorait cela, ranger ses affaires, comme si elle était sa servante, comme s'il lui appartenait un peu... Il y avait plein de petits cadeaux pour elle dans sa valise, qu'elle rangea sagement sur la commode à côté de ceux qu'elle avait apportés pour lui. Ils se les offriraient plus tard, il avaient tout le temps... 

Une fois la valise vidée et toutes les affaires rangées, elle vint s'allonger à ses côtés et ils s'embrassèrent tendrement.
« Ca va ? » lui demanda-t-il dans un sourire, « ce n'était pas trop sévère ? ». 
« Non » lui répondit-elle en riant. « J'ai les fesses brûlante et j'adore ça ! ». 
« On n'a pas fini... » répondit-il, taquin, en la prenant dans ses bras. 
Il embrassa ses seins si délicatement, si tendrement, qu'aucune caresse n'aurait pu être aussi douce. Ils firent l'amour pendant des heures. Leurs corps étaient aimantés l'un à l'autre et rien n'aurait pu les séparer. Ils avaient besoin de fusion. Ils avaient besoin de se sentir l'un à l'autre. De temps en temps ils s'arrêtaient pour s'embrasser, puis leurs corps repartaient dans une valse enfiévrée. Il était cinq heure passée lorsque leurs corps, enfin repus, s'accordèrent une pause. 
« Je plains les voisins du dessus ou du dessous. S'ils peuvent nous entendre, ils n'ont pas dû pouvoir fermer l’œil de la nuit... » lui dit-elle en riant. 
« Tu seras punie pour cela... » lui répondit-il, malicieusement.
« Je vous aime » lui murmura-t-elle en se lovant tout contre lui. 
Ils s'endormirent enfin, épuisés mais heureux.

(à suivre)

lundi 3 novembre 2014

Quelques jours hors du temps (2)



Elle venait de traverser la moitié de la France et parcourait en train les derniers kilomètres qui la séparait du lieu de leur rencontre, une bulle d'amour et de discipline qu'il avait préparé seul, sans jamais lui en parler.

Son seigneur, comme il aimait qu'elle l’appelle parfois, avait tenu à ce qu'elle voyage en train, au moins en partie, afin qu'elle ait le temps de se préparer psychologiquement au choc de leur rencontre, qu'elle ressente, à travers le regard des autres voyageurs, la honte secrète de son châtiment à venir, qu'elle en ressente la peur aussi, que ses fesses encore si pâles commencent à frisonner, que son ventre se contracte, que son sexe s'humidifie au moins un peu...

Il n'avait pas voulu lui donner l'adresse de l'hôtel, elle ne l'obtiendrait qu'une fois arrivée en gare. Et s'il ne le faisait pas, se demandait-elle. Et s'il ne venait pas? Et si tout cela n'était qu'un rêve et qu'elle doive se réveiller, hagarde, gare Saint-Lazare? Elle essayait de chasser ces pensées de sa tête mais ses jambes tremblaient.

L'annonce d'un message résonna sur son téléphone, le nom d'un hôtel, le chemin à suivre pour le trouver, tout vint à point nommé. A tel point qu'elle ne pu s'empêcher de se retourner pour voir s'il ne la suivait pas, à quelques mètres derrière elle, amusé et ravi. Mais non, il n'y avait personne. Il se trouvait à des centaines de kilomètres de là et elle le savait bien!

Arrivée devant l'hôtel, elle marqua un temps d'arrêt. C'était un très bel établissement, très luxueux, très chaleureux aussi. Elle se présenta à l’accueil et demanda la chambre de Monsieur. Un bagagiste vint prendre sa valise et l'accompagna jusqu'au magnifique appartement que son seigneur avait choisi avec le plus grand soin. Il était parfaitement situé, dans une aile de l'hôtel, complètement à l'écart des autres chambres. Cela la fit sourire. Ils pourraient faire autant de bruit qu'ils voudraient... Elle sentit son estomac se tordre à nouveau à cette idée. 

Le bagagiste ouvrit la porte et elle entra, émerveillée, dans l'écrin de leur amour pendant ces quelques jours. Elle entendit un cri d'exclamation. « Quel beau bouquet ! ». Elle tourna la tête et vit un magnifique bouquet de roses posé sur la table du salon. Des roses énormes, elle n'en avait jamais vue d'aussi belles! Elle s’avança pour sentir leur odeur si délicate. A partir de ce moment-là, elle eu la certitude que tout se passerait bien, qu'elle allait vivre un rêve, qu'il était le plus merveilleux et le plus attentionné des hommes de cette terre, de cet univers, et de tous les univers qui pouvaient exister. Le bouquet avait été livré quelques minutes à peine avant son arrivée. Mais comment faisait-il, ce grand magicien ? 

Elle explora avec curiosité le reste de l'appartement, le salon, la chambre, les deux salles de bain... Elle lui envoya un message pour lui dire combien elle était touchée de ce bouquet, de l'appartement qui était magnifique (mais dans lequel il n'y avait aucune chaise, ajouta-t-elle malicieusement) et combien elle avait hâte qu'il la rejoigne enfin. Mais elle devait encore patienter quelques heures. Il lui demanda de s'installer, de préparer l'appartement, de se reposer et de repenser aux fautes qu'elle avait commises ces dernières semaines et dont elle devrait lui rendre compte le soir venu. Elle rechercha vite le carnet dans lequel elle avait tout consigné et le posa sur le lit. Elle le contempla quelques instants mais ne pu se résoudre à l'ouvrir. Elle allait prendre un bain, plutôt, et essayer de se détendre un peu...

Une heure plus tard, elle sortit de la salle de bain, douce et reposée. Elle commença à vider sa valise et à ranger toutes ses affaires dans les placards et les penderies. Elle disposa les petits présents qu'elle lui destinait sur la commode. Une fois que tout fût en ordre, elle contempla à nouveau le carnet. Il fallait qu'elle se mette à ses révisions, sérieusement, il n'allait plus tarder à arriver maintenant. Elle s'assit sur le lit, s'y allongea. Il était immense, ce lit. Elle se releva pour essayer de le mesurer. Il devait faire deux mètres de largeur. Elle se rallongea, en travers. Deux mètres, c'était presque sa taille à lui! Elle essaya d'imaginer son corps tout contre le sien. Elle tendit la pointe de ses pieds mais était bien loin d'atteindre l'autre extrémité du lit. Il était si grand son Monsieur! Arriverait-elle à atteindre son épaule si elle se mettait sur la pointe des pieds? Avec des talons vertigineux? Elle attrapa un oreiller qu'elle sera dans ses bras. Bientôt ce serait lui qu'elle serrerait ainsi... Cette idée la fit sourire.

Les minutes défilaient et elle ne s'était toujours pas concentrée sur ce qu'il lui avait demandé! Il n'en serait pas content, de cela elle en était persuadée. Elle se rassit sagement sur le lit et ouvrit le carnet. Il débutait sur les règles et les consignes d'attitude qu'il lui avait imposées au fil du temps et qui formaient à présent les bases de leur discipline "punitive". Elles se basaient sur les fameux 4 D de la Discipline Domestique. Elle relu les phrases qu'elle lui avait adressées quelques temps auparavant, lorsqu'il lui avait demandé de reformuler les consignes qu'il lui avait données afin de s'assurer qu'elle les connaissaient bien.

« Une fessée punitive me sera donnée en cas de désobéissance, de comportement dangereux, de mensonge ou de malhonnêteté et de manque de respect. 

Mon respect envers vous s'exprimera notamment à travers le respect strict des consignes d'attitude que vous m'avez données, à savoir ne jamais attenter sans raison à votre autorité, ne pas essayer de vous déstabiliser, ne pas me rebeller, ne pas contester vos propos, ne jamais me montrer directive envers vous ni même vous donner de conseils (seules les suggestions me sont autorisées), ne jamais vous couper la parole ni tenter de mener notre conversation. Aucune forme d'agressivité ne m'est permise au sein de notre relation, tout comme aucune confrontation intellectuelle. La badinerie comme les coquetteries seront à éviter. Je devrai toujours apporter la plus grande attention à vos paroles et répondre impérativement à vos questions et demandes.

Pour ce qui concerne la désobéissance, il est évident que je devrai obéir à ce que vous me demandez et ne pas en oublier, en parties ou en détails, comme je l'ai trop souvent fait au début de notre relation. Répéter plusieurs fois la même faute d'orthographe, comme il m'est arrivé de le faire alors que vous l'aviez relevée et que vous me l'aviez expliquée, devra aussi être considérée comme un manque d'obéissance. 

Le mensonge et la malhonnêteté seront interdits, tout comme la mauvaise foi dont j'ai parfois fait preuve et qui relève d'une forme de malhonnêteté intellectuelle.

Enfin, concernant les comportements dangereux, nous avons déjà relevé un manquement dans la gestion de mes priorités qui me conduit parfois à me coucher trop tard et à souffrir d'un manque de sommeil. »

Elle releva la tête. Toutes ces règles, elle les avaient bien en tête. A chaque fois qu'elle avait commis une faute, il les lui avait rappelées ou fait énoncer lorsqu'elle lui en demandait pardon. 

Elle poursuivit sa lecture du carnet par les différents types de fessées qu'il serait amené à lui donner. 
  • « Des fessées "correctives" : pour sanctionner tes petites erreurs et te remettre dans le "bon chemin";
  • Des fessées "punitives" : pour sanctionner les infractions plus graves, aux 4 D et notamment aux consignes d'attitude ;
  • Des fessées "plaisir" : un moment spontané de partage gratuit, souhaité ensemble par nous deux, normalement plus légères ; 
  • Des fessées "d'entretien" : pour entretenir notre relation, notre discipline, sans motif nécessaire si ce n'est celui-ci, générique, et dès lors qu'elles sont convenues d'avance dans leur date, et dès lors bien expliquées et comprises ; 
  • Des fessées de "reprise en main", lorsque l'on ne s'est pas vus depuis longtemps ; 
  • Des fessées "impérieuses", quand l'on en ressent le besoin irrépressible, en cas de stress, par exemple, ou lorsqu'un sentiment de culpabilité s'installe en dehors de toute cause qui concernerait notre relation. Ces fessées-là seront normalement plus forte que des fessées "plaisir". 
Tu as toute liberté de t'exprimer sur l'opportunité de la punition que je te destine, mais sache qu'il en sera à tes risques et périls si ta contestation n'est pas correctement justifiée. »

Elle eu un petit frisson en lisant cette dernière phrase. Non, elle ne contesterait jamais son autorité et son jugement !

Ce soir était prévu une fessée de "reprise en main", la plus sévère de leur liste, celle qui visait à remettre toute chose en place. Ils enchaîneraient les jours suivants avec les différentes fessées "punitives" qu'elle avait méritées et dont la liste détaillée couvrait les pages suivantes de son carnet. Elle y jeta un œil mais le referma vite. Elle n'avait aucune envie de se replonger dans toutes ses erreurs. Elle était heureuse et n'avait pas envie de regarder ce qui parfois l'avait fait pleurer. Tant pis, elle improviserait si, troublée par son regard perçant, elle ne se souvenait plus...

Elle retourna dans la salle de bain pour y mettre un peu d'ordre et ranger tous les produits qui y traînaient encore, puis revint s'asseoir sur le lit. Elle jeta un coup d’œil à son téléphone et s'aperçut qu'elle avait reçu un nouveau message. "J'arrive dans 5 minutes. Viens m'accueillir dehors si tu n'as pas trop froid?". Mince, mais quand est-il arrivé ce message? Elle maudit son iPhone qui n'affichait pas les heures de réception des SMS et se précipita pour enfiler ses chaussures et son manteau. Elle avait oublié d'enlever son collant. Tant pis, elle n'avait plus le temps! Etait-il déjà arrivé? L'attendait-il en bas depuis longtemps? Elle descendit en hâte dans le hall de réception de l'hôtel, où elle le trouva en discussion avec la réceptionniste. Il l'aperçut et vint l'embrasser avant de retourner à la réception. Mon Dieu, qu'il est beau ! pensa-t-elle, avant de se sentir envahie par la honte et la gêne d'avoir échoué à lui obéir dès la toute première minute de leur rencontre...

(à suivre)

samedi 1 novembre 2014

Quelques jours hors du temps (1)



Leur rencontre avait été aussi inattendue qu'explosive. Il s'était imposé à elle et elle s'était soumise à lui. C'était aussi absurde qu'incroyable. Elle n'était pas soumise, ni par nature, ni par volonté. Et pourtant, se soumettre à ce Monsieur avait été une évidence, dès leur premier mail échangé. Pourquoi? Elle aurait été bien incapable de le dire. Ses mots avaient été gentils mais il avait commis quelques maladresses qui habituellement aurait conduit son message à la corbeille. Mais il avait signé "Monsieur". Ce mot l'avait fascinée. Elle l'avait entendu comme "Je joue.Vous venez ?". Ce mot était comme une main tendue. Un main toute douce.

Elle lui avait répondu, amusée, intriguée, rapidement envoûtée. Il avait aussitôt pris les rênes de leur relation. "Vous connaissez mon prénom mais vous m’appellerez Monsieur, toujours. Est-ce bien compris? Vous me vouvoierez comme vous le feriez d'un professeur et je vous tutoierai en retour, comme je le ferai de mon élève". Elle avait acceptée avec enthousiasme. Il était marié et elle ne voulait pas s'attacher à lui. Cette dissymétrie l'y aiderai. Espoir dérisoire.

Il lui avait fait part de ses exigences, d'aucuns trouveraient sans doutes trop grandes pour deux personnes qui ne se connaissent pas. Ces exigences la flattaient, bien au contraire. Saurait-elle relever le défi? Saurait-elle taire son orgueil et laisser libre cours à sa créativité en toute humilité, comme il le lui demandait? Saurait-elle offrir sa soumission à ce grand Homme alors qu'elle ne l'avait jamais fait, avant? 

Elle fit de son mieux, novice dans cet univers qu'il avait crée tout spécialement pour eux. Un univers fait de science et de poésie, de musique et de philosophie, d'infiniment grand et d'infiniment petit. Elle y plongeait avec délice. Ils avaient une passion commune, la cosmologie. Il en savait infiniment plus qu'elle, bien sûr. Mais elle s'y plongeait avec un plaisir presque orgasmique. Il lui enseignait la musique aussi, avec douceur et pédagogie. Elle la découvrait, avec le plus grand ravissement. Elle l'écoutait en fermant les yeux et imaginait ses mains courant sur le clavier. Elle aurait tellement voulu l'entendre jouer pour elle !

Il était son Maître, celui qui lui faisait découvrir toute la richesse du monde. Ils se perdaient parfois dans cet infini du multivers, si grand qu'il défiait leur raison. Cela l'angoissait, lui avouait-il. Mais elle s'empressait de le rassurer. Ils étaient deux petites particules sœur, valsant dans l'attraction de l'autre. Des neutrinos sans doute, que rien autour d'eux n'aurait pu faire dévier de leur trajectoire commune.

Mais à travers ce bel enseignement, la petite particule qu'elle était commettait des fautes. Beaucoup, parfois graves. Elle blessait celui qu'elle aimait en secret et en était à chaque fois dévastée. Jamais elle n'avait voulu cela, mais elle était souvent si maladroite! Parfois elle trouvait cela injuste, parce que lui aussi la blessait mais qu'elle ne pouvait rien dire. Mais elle s'empressait vite de présenter ses excuses, le plus humblement qu'elle pouvait, car la seule chose qui lui importait réellement était qu'il lui pardonne. Qui aurait pu croire, la connaissant, qu'elle puisse faire preuve d'autant d'abnégation? Et pourtant, elle en était ravie et comblée! C'était une sorte de défi qu'elle remportait sur elle-même, une preuve d'amour qu'elle lui donnait. Mais s'en rendait-il compte? Elle ne le savait pas. Une fois elle lui avait demandé si tout cela était pour lui un jeu ou s'il pensait sérieusement que ses fautes étaient réelles. Il lui avait répondu qu'ils jouaient, certainement, mais à un jeu sérieux, comme les enfants le font pour se construire. Elle n'en avait pas été plus avancée.

Au fil des jours, ses fautes s'enchaînaient,et les punitions qu'elle méritait s'accumulaient. Il lui avait demandé de les noter, jours après jours, dans un petit carnet. Plus les jours passaient, plus la liste s'allongeait et plus elle avait de mal à prendre en main le carnet tant son contenu l'impressionnait. Ils avaient convenus qu'ils profiteraient des vacances de Toussaint pour en solder le compte et ce jour-là était enfin venu...

(à suivre)