dimanche 16 novembre 2014

Quelques jours hors du temps (6)



Le quatrième jour les réveilla aussi tôt que les précédents. Firent-ils l'amour ? Fut-elle à nouveau punie ? Elle ne s'en souvient plus. Pardonnez-lui, sa mémoire se brouille avec le temps. Des images, seules, peuplent sa mémoire. Son grand amant déversant sa semence sur sa poitrine et sur son ventre. La femme de chambre rentrant par surprise dans la chambre alors qu'elle était allongée, nue, sur le lit. Lui sortant de la salle de bain, son corps parfait, son sourire timide et charmeur...

Au moment où il s'apprêtait à partir travailler, elle lui demanda,

« Monsieur, j'aimerais beaucoup organiser un pique-nique ici, pour nous deux, à midi. Qu'en pensez-vous ? »

Il acquiesça et elle en fut ravie. Cela lui donnait un but, une utilité dans ce grand jeu qu'ils jouaient si sérieusement...

Elle se rendit dans un grand magasin parisien qui abritait en son sein une multitude de stand de traiteurs renommés et s'amusa à piocher des aliments chez chacun d'eux. Elle y trouva même des figues fraîches (son fruit préféré à lui) et des fraises et des framboises (ses fruits préférés à elle). Au rayon des vins, elle eu une hésitation. Elle n'avait aucune idée des vins qu'il aimait... Lors de leur premier repas, ils n'en avaient pas bu, préférant profiter pleinement des émotions à venir sans risquer d'être en quoi que ce soit anesthésiés par l'alcool. Le jours suivant, ils burent un vin italien dont elle ne connaissait pas le nom et le troisième jour un chablis, pour lui faire honneur. Mais pour aujourd'hui, elle désirait un vin rouge. Elle en choisit un qui avait un sens pour elle et qu'elle aimait beaucoup... en espérant qu'il l'aimerait, lui aussi ! 
Elle se mit alors en quête d'un tire-bouchon mais, dans cet immense magasin, ne réussit pas à en trouver. Elle devait vraiment avoir l'air dépité car un grand homme, visiblement gardien du temple, s'approcha pour lui venir son aide. Il fit appel à un ami et elle ne gagna pas un million, mais la bouteille fut débouchée sur le champ ! 

De retour à l'hôtel, elle vida le mini bar et y installa toutes les victuailles qu'elle avait achetées afin qu'elles restent bien fraîches. Elle installa la table, en utilisant les verres qui se trouvaient dans la salle de bain et les couverts que les traiteurs lui avaient donnés, puis enleva ses sous-vêtements et se prépara à le recevoir...
Mais à bien y regarder, cela ne pouvait pas aller ! Il n'était pas question que son grand Seigneur mange avec des couverts en plastique et il lui fallait des verres à pied pour y servir le vin ! Elle se rhabilla en vitesse et descendit au restaurant de l'hôtel, où elle demanda en catimini si on ne pouvait pas lui prêter des couverts et des verres à pied. Le barman, visiblement amusé, alla lui chercher tout ce dont elle avait besoin et c'est très fière d'elle qu'elle revint à l'appartement. Tout allait être parfait ! Il ne fallait surtout pas qu'elle manque son arrivée, comme elle l'avait fait la veille, aussi se mit-elle en position d'attente à genoux aussitôt qu'elle reçut le texto la prévenant de son arrivée imminente. Il en fut surpris et ému quand il pénétra dans l'appartement, parce que cette fois-ci il ne lui avait rien demandé, aussi s'empressa-t-il de la relever et de l'embrasser. 

Ils déjeunèrent, ils... (à sa grande honte, elle ne s'en souvient plus)... et il repartit de nouveau au bureau. Le soir venu, alors qu'ils étaient allongés l'un contre l'autre sur le lit et qu'il avaient une discussion animée sur les trous noirs, les trous de vers et les fontaines blanches, elle laissa échapper un « tu vois » dont il ne manqua pas de s'offusquer en en soulignant la vulgarité. Cela les énerva, lui comme elle. Il lui dit qu'il était trop fatigué pour la punir le soir-même mais qu'elle ne manquerait pas de l'être le lendemain. Elle lui répondit qu'il était trop cruel. Il lui dit que puisqu'il en était ainsi, elle serait punie le soir-même comme le lendemain, et lui ordonna d'aller chercher la ceinture... Et c'est ainsi qu'elle le revit empiler les coussins, les uns au-dessus des autres, sur le lit... tout comme le premier soir. La boucle était bouclée ! Elle retint sa respiration et se positionna dessus. Elle ne le regarda pas, cette fois-ci. Elle était triste, elle avait envie de pleurer, elle ne voulait pas que leur dernière nuit ensemble se passe ainsi, sur cette terrible faute. 

Il la corrigea sévèrement, tout comme elle le méritait. A un moment il s'agenouilla en face d'elle, introduisit sa verge dans sa bouche, et le serpent de cuir reprit sa danse infernale. Mais dans cette position, la ceinture finissait souvent sa course sur son sexe, sur ses lèvres, et cela lui faisait terriblement mal. Elle se mit à pleurer mais tint bon. Ce n'est que lorsqu'il se mit à frapper plusieurs fois exactement au même endroit qu'elle sentit ses limites atteintes. Elle dégagea le sexe de sa bouche et murmura un "J'ai mal, Maître...". Il s'arrêta aussitôt et jeta la ceinture au pied du lit. Il la prit dans ses bras et l'allongea tout contre sa poitrine en attendant que ses pleurs cessent. 

« Je t'aime Amandine, tu le sais ? »

« Mais je ne le mérite pas ! »

Et ses pleurs redoublèrent. Elle n'avait pas envie de le quitter, elle était triste que tout se termine. Mais ça, elle ne voulait pas le lui dire...

Ils s'endormirent une dernière fois dans les bras l'un de l'autre. Le lendemain ils se quittèrent sur les quais de la gare. Elle avait les larmes aux yeux, il lui disait d'être courageuse. Ainsi est la vie... et la fin de cette jolie bulle.

14 commentaires:

  1. C'est toujours abominable les au revoir sur les quais de gare, je déteste :(

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    1. En vérité, on s'est quitté devant la gare et on a pris tout notre temps pour se dire au revoir, donc ça allait. C'est plutôt quand on se retrouve dans le quotidien de notre vie réelle que cela devient dur. L’atterrissage n'est pas toujours évident... :-)

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  2. jacqueline17/11/14

    bonjour chére Amandine la fin de votre joli récit ne laisse sur ma faim ..... je suis trés triste de la chute ; le reverra -t-elle ? un jour son " Monsieur" ?
    Jacqueline

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    1. Le reverra-t-elle? L'histoire ne le dit pas... Beaucoup trop de choses les séparent, probablement. Mais qui sait? :-)

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  3. Bonjour Amandine,...que dire ? sinon que je suis sous la charme de ce récit, comme vous êtes sous le charme de votre Seigneur. Alors je vous souhaite le meilleur à tous deux. Et si une histoire commence, vous n'êtes pas obligée de nous la narrer.

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    1. Merci , Hadrien, vos mots me touchent énormément. :-)
      Comment, en effet, ne pourrais-je être sous le charme d'un si grand et charmant Seigneur! Nous tenions, lui et moi, à ce que cette histoire soit écrite parce qu'elle nous était importante tant nous nous y avions vécu de belles émotions, et que la mémoire, infidèle, efface trop vite tous les détails. Mais s'il devait y avoir une suite, rien ne dit en effet que nous aurions la même envie qu'elle soit transcrite. :-)

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  4. Annonciate17/11/14

    Le coeur en flamme signifie beaucoup de choses mais là je m' imagine que ce n' est pas forcément mauvais. Déjà le tutoiement et ensuite l' avoir traité de cruel mais tout cela ne les séparera pas, du moins je l' espère....mais comme le dit Jacqueline ci-dessus, nous sommes restés sur notre faim....

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    1. Oh mince, vous êtes restée sur votre faim vous aussi? Ben, ce récit c'est juste la vie... et puis, comme le chantait Téléphone, Cendrillon dans la vraie vie, elle finit junkie. Alors la fin de ce récit n'est pas si mal, non? :-D

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  5. Peter Pan17/11/14

    Bonjour Amandine,

    Humm... "il n'est pas de bonne compagnie qui ne se quitte" dit-on.
    Les retrouvailles prochaines n'en seront que plus ardentes. Qui sait. Le hasard, le hasard... Suspense... Peter Pan

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    1. Bonjour Peter Pan,
      Si un jour il y a retrouvailles, croyez-moi, cela ne devra rien au hasard... mais bien plutôt à la fessée ! :-D

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  6. jacqueline18/11/14

    bonjour chére Amandine si il y avait un un jour des retrouvailles ' vous avez me semble -t-il partagé , bien des choses en dehors de la féssée qui vous ont lié malgré tout me tromperai - je ? méme si celà n' a eté qu' une parenthésé dans votre vie ?
    Jacqueline

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    1. Bonjour Jacqeline,
      Vous avez tout à fait raison. Si nos chemins de vie se sont croisés grâce à la fessée, celle-ci n'a jamais constituée la base de notre de relation (même si dans mon récit j'en parle beaucoup... mais ce n'est que parce que c'est le sujet du blog). D'ailleurs, si nous n'avions eu que notre goût pour la fessée en commun, jamais nous n'aurions eu envie de nous rencontrer et certainement pas l'envie de vivre une histoire aussi riche et intense.
      Comme nous aimons à le dire, nous sommes deux petites particules sœurs perdues dans l'immensité de l'univers. Nos trajectoires se recouperont-elles à nouveau? Personne ne le sait, pas même nous. Mais notre lien lui subsistera toujours, c'est certain. Il nous est si intime... :-)

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  7. cuir flamboyant19/11/14

    Quelle belle histoire. Tellement belle qu'elle a l'air fictive. Mais tellement semée de maladresses du quotidien lorsque l'on découvre quelqu'un, que finalement tout semble entièrement réel. La chute peut paraître dure. Mais sortir d'une bulle où l'on rêve les yeux ouverts l'est forcément. J'ai adoré.

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    1. Je suis très heureuse et émue que cette histoire vous ait touchée, Cuir Flamboyant. :-)
      Je peux vous assurer que tout y réel, dans les moindres détails, même si je n'ai pas forcément écrit ce qui nous était le plus intime. C'était réellement un merveilleux moment.
      Je n'ai pas cherché à en travestir la fin. Après tout, nous savons tous que ce moment est le plus difficile et qu'il n'existe guère de solution pour le rendre plus facile. Il faut bien atterrir, à un moment ou à un autre... :-)

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