mardi 23 juin 2015

Fais moi mal Johnny


Ces derniers temps, les discussions du blog s'étaient cristallisées sur la distinction, parfois subjective, entre fessée et violence domestique.

Et voilà qu'aujourd'hui l'on apprenait le décès de Magali Noël, muse de Federico Féllini et de Boris Vian, célèbre interprète de "Fais-moi mal Johny", dans laquelle elle raconte les mésaventures d'une femme qui aime l'amour qui fait "boum" mais qui se retrouve confrontée à celui qui fait "bing". Hommage...

Il s'est levé à mon approche,
Debout, il était bien plus petit
Je me suis dit: "C'est dans la poche,
Ce mignon-là, c'est pour mon lit!"
Il m'arrivait jusqu'à l'épaule
Mais il était râblé comme tout
Il m'a suivie jusqu'à ma piaule
Et j'ai crié vas-y mon loup!

Fais-moi mal, Johnny, Johnny, Johnny,
Envole-moi au ciel Zoum!
Fais-moi mal, Johnny, Johnny, Johnny,
Moi j'aime l'amour qui fait boum!

Il n'avait plus que ses chaussettes,
Des belles jaunes avec des raies bleues
Il m'a regardé d'un œil bête,
Il comprenait rien, l'malheureux
Et il m'a dit l'air désolé :
"Je n'ferais pas d'mal à une mouche"
Il m'énervait je l'ai giflé
Et j'ai grincé d'un air farouche

Fais-moi mal, Johnny, Johnny, Johnny,
Je n'suis pas une mouche Zoum!
Fais-moi mal, Johnny, Johnny, Johnny,
Moi j'aime l'amour qui fait boum!

Voyant qu'il ne s'excitait guère,
Je l'ai insulté sauvagement,
J'y ai donné tous les noms d'la terre,
Et encore d'autres bien moins courants.
Ça l'a réveillé aussi sec,
Et il m'a dit: "Arrête ton charre
Tu m'prends vraiment pour un pauvre mec,
J'vais t'en refiler, d'la série noire."

Tu m'fais mal, Johnny, Johnny, Johnny,
Pas avec des pieds Zing!
Tu m'fais mal, Johnny, Johnny, Johnny,
J'aime pas l'amour qui fait bing!

Il a remis sa p'tite chemise,
Son p'tit complet, ses p'tits souliers,
Il est descendu l'escalier
En m'laissant une épaule démise.
Pour des voyous de cette espèce,
C'est bien la peine de faire des frais,
Maintenant, j'ai des bleus plein les fesses
Et plus jamais je ne dirai:

Fais-moi mal, Johnny, Johnny, Johnny,
Envoie-moi au ciel Zoum!
Fais-moi mal, Johnny, Johnny, Johnny,
Moi j'aime l'amour qui fait boum!





mercredi 17 juin 2015

Chamboulement


Le temps des grands bouleversements est revenu. Une nouvelle orientation professionnelle, un nouveau lieu, un nouveau mode de vie... et un déménagement à préparer ! Je n'ai plus guère de temps pour la fessée, ni pour la pratiquer, ni même, et à mon grand regret, pour y penser.

Mais mes amis sont toujours présents, si importants pour moi. Ils me grondent parfois. Pourquoi tu laisses tomber le blog? 

Je ne le laisse pas tomber, mais je manque de temps pour écrire.  Et d'envie, un peu aussi, c'est vrai. La fessée c'est comme le sexe, moins on la pratique, moins on en ressent le besoin.

Une sévère correction, je mériterais? Je sais... :-)

J'ai envie d'écrire un nouveau blog. Pas sur la fessée. Pas uniquement sur la fessée. Il y aura peut-être une peu de fessée. Il y aura sûrement de la fessée, mais pas que de cela. J'ai envie de vie et de bonheur... et de fessée, peut-être un peu.

Mais nous n'en sommes pas encore là !

Lors d'une de mes dernières discussions, il m'est revenu en mémoire un souvenir que je ne crois pas avoir partagé ici.

Quelqu'un me demandait pourquoi la fessée était si importante à mon bonheur. En dehors d'un plaisir sexuel, s'entend. Alors, revenons quelques années en arrière...

Ce jour-là, nous venions d'atterrir sur une île paradisiaque. Nous avions traversé la moitié du globe, douze heures de vol dans des conditions épouvantables.
Nous arrivions dans un hôtel de grand luxe, une chambre somptueuse s'ouvrant sur une magnifique plage de sable fin.
Il était tard mais nous disposions d'encore d'une heure ou deux avant le coucher du soleil. Après toutes ces heures passées assise dans l'avion, j'avais une envie folle d'aller sur la plage, d'explorer ce petit coin de paradis, de sentir la caresse des alizés, de marcher dans le sable et de profiter des derniers rayons du soleil. Mais mon compagnon préféra allumer la télévision pour regarder l'étape du jour du Tour de France. Cela m'a surprise autant qu'énervée. Il l'avait même fait alors que j'étais en train de lui raconter je ne sais plus quoi. Vous rendez-vous compte !

A ce moment-là, j'avais dû penser  "Mais qu'est-ce que c'est que ce plouc? ", et peut-être même le lui avais-je dit...

Je ne me souviens plus très bien de ce que j'avais dit exactement, mais il avait dû comprendre le message parce qu'il m'avait aussitôt prise par le bras, relevé la jupe et baissé la culotte, et administré quelques claques bien senties avant de me mettre au coin devant la baie vitrée et de retourner visionner sa maudite émission.
Je me tortillais dans tous les sens pour m'enrouler dans les double-rideaux et que personne ne puisse me voir de l'extérieur.
Cela avait dû l'amuser, parce qu'il était vite venu me retrouver et reprendre cette fessée, d'une manière la plus délicieuse qui soit.
Ce fût un très bon moment, certainement l'un de mes plus beaux souvenir de ces vacances.

Le lendemain, nous avons passé la journée à explorer l'île et de retour à l'hôtel, en fin d'après-midi, il décida à nouveau d'allumer  la télévision pour suivre la grande boucle.

- Ah, non, tu ne vas pas remettre ça ! m'étais-je exclamé en riant.

- Tu veux une fessée? avait-il répondu, du tac au tac.

J'avais peut-être rajouté un petit "tu m'énerves", histoire d'avoir le dernier mot, mais je m'étais assise à côté de lui et avais posé la tête sur son épaule. En vérité, je ne ressentais absolument plus aucun énervement à le voir regarder cette émission. Nous partagions-là un petit moment de repos, de calme et de câlins.

Voilà pour moi l'un des nombreux bienfaits de la fessée : permettre de relativiser les choses et transformer une source de tension en petits moments de complicité et de bonheur.



mardi 2 juin 2015

Pudeur

© Roland Topor

La pudeur est-elle un frein à la fessée ? 

La pudeur psychologique, celle qui nous empêche de parler de ce que nous ressentons, peut s'avérer dangereuse dans un jeu où l'on manipule douleur et humiliation. On ne répétera jamais assez combien la communication, et la complicité qu'elle crée, sont des conditions vitales pour que le jeu se passe bien.

Mais aujourd'hui je voudrais aborder un thème un peu moins consensuel, celui de la pudeur physique. On peut être pudique et avoir le fantasme de la fessée en soi, cela n'a rien de contradictoire. Mais le passage à l'acte peut paraître plus délicat pour une femme pudique, n'est-ce pas? 

De ma toute petite expérience des rencontres spécifiques à la fessée, cette question se pose toujours. Il n'y a pas un seul de mes partenaires potentiels qui ne m'aient posé la question fatidique : êtes vous pudique? Et (presque) toujours cette petite déception dans la voix, à l'écoute de ma réponse... oui, je suis pudique. Me mettre nue devant quelqu'un que je rencontre pour la première fois ne m'est, à priori, ni naturel, ni même excitant. Autant vous dire que les propositions à la hussardes comme "je vous fesserai entièrement nue" ou plus poussée encore "je vous fesserai nue et en position diaper" ne m'inspirent rien. Ou plutôt si, un manque flagrant de maturité et de finesse psychologique... 

Mais en disant cela, je suis très injuste! Certains hommes adorent la complicité d'une femme impudique et trouvent cela d'autant plus excitant. D'autres, à l'inverse, préfèrent puiser dans la gêne de l'autre un sentiment de pouvoir très excitant. Comme souvent, il n'y a pas de vérité, le tout étant de jouer avec le partenaire qui nous corresponde le mieux.

Mais pour en revenir à la femme pudique qui hésiterait à se lancer dans le jeu de la fessée, je dirais qu'il n'y a pas de sentiment plus délicieux que celui d'avoir réussi à lever les barrières que l'on s'est imposée. On en ressent généralement un étrange mélange d'étonnement, de fierté et de reconnaissance envers son partenaire. Cela crée indéniablement un lien très fort avec l'autre, une confiance et une complicité qu'aucune autre situation, à ma connaissance, ne saurait créer. Mais pour susciter ces conditions là, il faut que le partenaire sache faire preuve de beaucoup de finesse, bien sûr. La fessée est un art délicat qui ne pardonne aucun faux pas...