mercredi 17 février 2016

Conte d'hivers



Il faisait un froid glacial ce jour-là. Elle le regarda descendre, le cœur battant. Elle ne savait quel était son état d'esprit à présent. Etait-il toujours en colère, jouait-il à l'être, l'était-il réellement? Quand il lui avait dit qu’elle méritait une punition sévère, elle aurait jurée qu'il le pensait vraiment. Son ton était glacial et la conversation avait rapidement tourné court. Quelques heures plus tard, avait-il gardé la même intention?

Au moment où ils franchissaient la porte, une bourrasque de vent la prit par surprise et la fit reculer d'un pas. Il la prit par les épaules et l'entraîna dehors. Ses gestes étaient doux et tendres, il la regardait en souriant et elle finit par se détendre, rassurée. Tout était oublié, semblait-il. Mais était-ce vraiment ce qu'elle avait envie? 

Ils traversèrent la rivière aussi rapidement que le vent violent leur permettait. Elle pensa à tous les efforts qu'elle avait déployés le matin même pour tenter de discipliner ses cheveux et se mit à rire, heureuse de pouvoir retrouver son naturel. 

- Qu’est-ce qui te fait rire ? lui demanda-t-il.

- Toi, lui répondit-elle. 

Elle l'avait dit spontanément, sans réfléchir, et elle se sentit stupide.

- Vraiment ? 

Le ton tranchant avec lequel il avait prononcé ce dernier mot la fit frissonner. Il n'avait peut-être rien oublié, au fond.

- Allons sur la plage, dit-il en l’entraînant vers le casino.

C'était vraiment un truc de parisien. Il faisait un froid glacial et il allait sans doute pleuvoir, mais il voulait tout de même profiter de la mer, des embruns, du sable fin dont la blancheur tranchait étrangement avec les flots ardoise. 

En descendant sur la plage, ils virent des enfants jouer au loin dans le sable, emmitouflés dans des doudounes et des bottes fourrées qui les faisaient ressembler à de petits pingouins courant sur la banquise. Des touristes sans doute, qui envahissaient la côte chaque week-end. Comme lui avait envahi sa vie. Emue, elle laissa errer son regard sur la mer pour éviter de le regarder. 

Il était physiquement très séduisant mais ce qui la charmait se trouvait ailleurs. A ses côtés, elle se sentait protégée et en paix, libre d'être elle-même sans jouer aucun rôle. Il possédait cette qualité rare de prendre les gens tels qu'ils étaient. Ni arrogant, ni modeste, il était sûr de lui et semblait ouvert à tout. Enfin et surtout, il était capable d'une immense tendresse dénuée de mièvrerie.

- On y va ? lui dit-il en la prenant par le bras. 

Il s'était mis à pleuvoir légèrement et l'impression de froid devenait de plus en plus intense.

- On a des choses à régler, tu te souviens ? 

- Des huîtres et des bigorneaux ? lui répondit-elle, malicieusement. 

- Excellent idée. Des fruits de mer… j'en rêve ! 

Ils remontèrent sur la place où se tenait chaque dimanche un petit marché regorgeant de produits de la mer tous justes péchés. 

Une fois rentrés à la maison, elle jeta les bigorneaux dans l'eau bouillante avec une pincée de thym et du laurier, tandis qu'il s'attaquait à la difficile opération de l'ouverture des huîtres. Elle le regardait à la dérobée mais il ne laissait rien transparaître. Il savait parfaitement masquer ses intentions et la laisser dans une incertitude qui la faisait frissonner. Elle adorait ce sentiment mais jamais ne le lui aurait avoué. Elle alla chercher une bouteille de muscadet bien frais et ils s'attablèrent à leur repas de fête. 

Une fois le déjeuner terminé et alors qu'elle remettait la cuisine en ordre, elle sentit ses mains qui effleurait ses seins à travers le tissu. Parcourue d'un frisson, elle renversa la tête en arrière et ferma les yeux. Durant quelques instants, il la contempla en silence.

- Tu mérites une punition, tu t'en souviens?

Un soupir s'échappa de ses lèvres. A ce moment précis, elle avait d'autres aspirations que de se replacer dans le souvenir de leur dispute.

Il embrassa son cou, son épaule, introduisit sa main dans le haut de sa robe pour dégager la pointe d'un sein et murmura dans le creux de son oreille

- Allons dans la chambre, veux-tu ?

Elle le suivit jusqu'à l'étage, mais hésita au moment d'entrer dans la chambre. Quelle attitude devait-elle adopter? Son incertitude fût de courte durée lorsqu'elle vit son index se tendre vers le mur. Elle y prit place avec tout autant de regrets que d'excitation. 

Il se plaça derrière elle, ouvrit la fermeture éclair de sa robe et la fit descendre jusqu'à ses pieds. Sa culotte emprunta le même chemin. Un soupir s'échappa à nouveau de ses lèvres. Elle avait envie de lui, de ses mains, de ses caresses, mais déjà il était reparti. Elle l'entendit s'affairer dans la chambre, ouvrir les tiroirs de la commode et de l'armoire. Elle mourait d'envie de voir ce qu'il préparait mais n'osa pas se retourner. 

Quelques instants plus tard, il revint se placer derrière elle et lui prit fermement les mains qu'il attacha dans son dos avec un foulard. Relevant ses cheveux en arrière, il glissa un bandeau sur ses yeux. Son cœur battait la chamade. Jamais encore il ne l'avait attachée. Elle sentit affluer cette peur qu'elle aimait tant, celle qui contractait son estomac et liquéfiait son corps. 

- Viens, lui dit-il en la prenant doucement par le bras. 

Il s'assit sur le lit et l'aida à s'étendre sur ses genoux. 

- Tu n'as rien à me dire? demanda-t-il avec une pointe d’ironie dans la voix.

- Je te demande pardon, Paul.

Un claque violente s'abattit sur sa fesse droite.

- Je vous demande pardon, Monsieur, se reprit-elle

- Tu es fière de toi ?

- Non, Monsieur, répondit-elle de cette petite voix d’enfant qui réapparaissait immanquablement quand elle se sentait en faute.

- Je ne recommencerai pas, crût-elle bon d'ajouter

- Je vais m'en assurer, dit-il, en assénant quelques claques supplémentaires au fessier qui lui était présenté. 

- Qu'est-ce que tu mérites?

- Une fessée, Monsieur.

Elle détestait quand il la forçait à dire cela, même si, au fond, elle en adorait l'idée. 

- Comment?

- Une fessée sévère, Monsieur.

C'était le signal de départ. Les claques se mirent à tomber, d'une force modérée puis de plus en plus fortes et rapides. Elle se concentrait pour ne pas bouger et ne pas gémir. Les liens qui lui entravaient les poignets l'empêchaient de protéger ses fesses mais elle essayait parfois de basculer le bassin pour ménager, ne serait-ce que quelques secondes, les zones où la brûlure devenait trop intense. Il la tenait cependant fermement par la taille et sa latitude de mouvement était très limitée. A force de se contracter, elle perdait peu à peu le contrôle de sa respiration et se mit à haleter. Des larmes voilaient ses yeux mais elles ne perlaient pas à travers le bandeau et il ne pouvait s'en apercevoir. 

Les claques cessèrent aussi soudainement qu'elles avaient commencé et la douleur vive qu'elle en ressentait s'évanouit vite. Une intense chaleur irradiait de ses fesses, gorgeant son sexe d'une sève prête à jaillir. Elle aurait voulu goûter cet instant tout à loisir mais déjà il lui demandait de se lever. Quelle frustration d'avoir ses mains attachées! 

Il lui demanda de s'agenouiller sur le lit et appuya légèrement sur son dos jusqu'à ce que sa joue touche le lit. Sa main s'attarda quelques instants dans le creux de ses reins avant d'emprunter la courbe naturelle qui s'ouvrait à elle, caressant son clitoris avec des gestes si doux qu'elle commença à vaciller. Lorsqu'elle l'entendit déboucler sa ceinture, elle ne put s'empêcher de l'implorer

- Je veux te sentir en moi...

- C'est une façon de demander, ça? Ma belle, nous n'en avons pas encore terminé avec ta punition… 

Elle émit un gémissement lorsqu'elle entendit le bruit si caractéristique de sa ceinture glissant à travers les passants de son jean. Elle était au supplice, elle avait envie de faire l'amour, elle ne voulait pas que son excitation ne retombe. 

Un coup s'abattit sur ses fesses, pas très fort, mais suffisant pour en raviver immédiatement la brûlure. Un autre tomba, puis un autre… Elle endura courageusement cette deuxième fessée qui, bien davantage humiliante que sévère. 

Il laissa tomber la ceinture au sol et la contempla un instant.

- Tu es si jolie…

Agenouillée sur le lit, nue, les mains attachées dans le dos et les yeux encore bandés, elle paraissait si fragile. Il avait tellement envie d'elle qu'il se demanda s'il réussirait à avoir assez de patience. Il lui ôta le bandeau et commença par effleurer ses chevilles, ses genoux, ses cuisses, s'aventura plus loin avec des gestes plus précis et plus attentifs. Les caresses firent place aux baisers et quand il découvrit qu'elle était aussi excitée que lui, la pénétra, lentement, tout en la serrant fermement contre lui. 

Quand il se releva après l'avoir gardé un long moment dans ses bras, elle lui demanda en souriant

- Pourriez-vous me détacher, Monsieur ?

13 commentaires:

  1. Délicieuse histoire! Merci de la partager !
    Qu'avait-elle donc fait pour mériter cette punition?
    Et puis, si je peux me permettre, je rajouterais volontiers un peu de piment d'Espelette dans l'eau des bigorneaux.

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    1. Vous avez raison, un peu de piment d'Espelette aurait rajouté une petite saveur des plus délicieuses! Mais, voyez-vous, elle n'est pas un cordon bleu, loin s'en faut. Peut-être est-ce pour cela qu'elle méritait cette punition, peut-être avait-elle une fois de plus fait brûler les tartines du petit déjeuner? Ou peut-être est-ce parce qu'elle ne répond jamais à ses questions? Ou encore parce qu'elle l'avait traité de "parisien"? Non, ça c'est la raison du prochain conte... :-D

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  2. Vincent flaneur17/2/16

    Si Amandine devait se souvenir de tout ce qu'elle fait pour mériter des fessées, elle ne pourrait plus penser à autre chose ! Et n'aurait plus le temps de nous concocter d'aussi jolis récits....

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    1. Si tout ce que je fais me menais là où je désire être, j'aurais tellement de jolis récits à écrire... :-D

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  3. lunapower19/2/16

    Très jolie Histoire Amandine!

    Yeux bandés, mains attachées et fesses dénudées directement... Un joli cocktail qui décuple les sensations ;)

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    1. J'adore avoir les mains attachées, même si (ou parce que) cela reste l'exception. :-D

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    2. Oui c'est sympa de temps en temps, il m'arrive aussi d'attacher les chevilles! Je trouve que ce sentiment de "vulnérabilité" rajoute un petit plus, même si je ne fais ça qu'avec des personnes où la confiance est établie! Ce sentiment d'être à la merci, de pas savoir à quelle sauce on va être mangé et ce en toute confiance :-D
      Dommage que ça soit pas trop le truc de mon fesseur!

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    3. Il m'est parfois arrivé d'être entièrement attachée, mains et chevilles, et c'est vrai que la sensation de vulnérabilité était encore plus forte, même si en vérité je pouvais facilement me détacher toute seule si je le souhaitais (je n'étais attachée que par des foulards).
      Dommage en effet que ce ne soit pas trop le truc de ton fesseur, mais ne désespère pas, peut-être qu'à force de lui en parler l'idée fera son chemin dans sa tête ! :-)

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  4. Une belle histoire que j'ai presque l'impression d'avoir vécue. Presque....

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    1. L'histoire ne se déroule pas à Cabourg mais presque... et c'est vrai que vous êtes parisien vous aussi ! :-D

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  5. Une histoire très croustillante. Bravo :)

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    1. Je suis ravie que cette échappée vers un week-end en bord de mer t'ait plu. Merci pour ce petit mot qui me fait très plaisir et me donne envie d'en écrire encore et encore... :-)

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    2. Je t'en prie, c'est une jolie histoire. Continue à en écrire d'autres ;-)

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