vendredi 13 mai 2016

Jour de mai


C'était tout début mai, jour de bonheur.

Il faisait gris et j'en étais déçue. J'aurais aimé lui faire découvrir la mer couleur turquoise. Elle sera plus sombre ce jour-là. 

J'étais un peu intimidée, mais pas autant je ne m'y attendais. Un dangereux hasard avait mêlé fantasme et vie réelle, et tout aurait dû s'arrêter. Mais il s'en fichait, au fond cela l'amusait. Je faisais un peu semblant de m'en vouloir, mais c'était un excellent prétexte à me punir.

Nous devions nous retrouver sur la plage. Je l'y guidais, avant qu'il ne me serre dans ses bras. Décidément, je n'arrivais pas à avoir peur. J'en ressentais peut-être une petite pointe de déception. J'aurais aimé ressentir les frissons de l'appréhension. Mais ce n'est jamais vraiment le cas quand on ne se connaît pas, n'est-ce pas? 

Arrivés à la maison, la discussion sérieuse commença. Il voulait savoir pourquoi je lui avais caché pendant quelques jours que je connaissais l'un de ses collègues, mon meilleur ami, mon confident dans ce drôle d'univers.
Je ne savais pas qu'ils travaillaient ensemble, comment aurais-je pu le deviner ? Mais quand je m'en étais aperçue, j'avais paniqué, c'est vrai. Je ne voulais créer de tort, ni à l'un, ni à l'autre. 
Je comprenais qu'il était en colère que je ne lui en ai pas parlé immédiatement, alors que j'en avais informé mon ami. Je méritais d'être punie pour cela. Mais tout allait un peu trop vite... J’étais encore dans la joie de notre rencontre lorsqu'il m'ordonna d'aller au coin. Difficile de basculer aussi rapidement d'un univers à un autre! Malgré les quelques claques qui s'abattaient sur mes fesses, je ne parvenais pas à lui obéir. C'est alors qu'il me donna un drôle d'objet constitué de plusieurs sabliers, chacun mesurant une durée différente. Je ne savais pas laquelle m'avait été attribuée, mais regarder le sable s'écouler m'aida à me calmer. Petit à petit, j'entrais dans le jeu.

Lorsque le dernier grain de sable du dernier sablier fut enfin écoulé, il me prit par le bras et me fit basculer sur ses genoux. Il me déculotta sur le champ. Je protestais. J'avais revêtu ma robe à fessée, celle dont le tissu est si épais qu'aucune claque ne peut paraître autrement qu'une caresse, et voilà qu'il réduisait en un instant tous mes artifices à néant! Mais il n'en avait cure, comme il s'en fichait pas mal d'admirer la culotte que j'avais passé des heures à choisir. Les claques s'abattaient sans répit avec une force que je n'avais encore jamais expérimentée. Il était intransigeant. J’avais beau protester, rien ne semblait pouvoir mettre un terme à l'orage qui se déchaînait. Je m'agrippais à ses mains, j'essayais tant bien que mal de protéger mes fesses, je tentais de l'apitoyer sur mon sort, mais il continuait, encore et encore… Je savourais sa volonté sans faille, même si j'aurais apprécié quelques instants de répit dans ce déluge de claques.

La fessée terminée, je suis restée de longues minutes lovée dans ses bras, mes mains effleurant sa nuque, les siennes se perdant dans le secret de mon intimité. Nos lèvres s'effleuraient parfois, sans que nous n'allions plus loin. Ni l'un ni l'autre n'en ressentions le besoin. 

Il y eu beaucoup d'autres fessées ce jour-là. Il n'utilisa pas que ses mains. J'avais les fesses en feu, mais je n'avais pas vraiment mal. Que faut-il donc pour que j'ai mal? Je n'avais pourtant jamais reçu de fessée aussi forte que celles qu'il m'offrait.

Le soir venu, j'ai jeté un coup d'œil dans le miroir. Mes fesses étaient écarlates. J'admirais le travail. .. La couleur recouvrait chaque parcelle de mes globes, sans jamais déborder sur les cuisses ou ailleurs. Un véritable travail d'artiste !

Je me suis couchée et ai fermé les yeux. Seule dans ma bulle, je caressais mes fesses encore brûlantes. J'aime passionnément cette sensation que quiconque n'a jamais été fessé ne peut comprendre.

Le lendemain, je me réveillais avec toujours la même impression, comme si la fessée venait juste de se terminer. Je jetais un nouveau coup d'œil dans le miroir. Mes deux globes étaient entièrement violets, pas un seul centimètre carré n'y échappait. Je touchais la surface avec précaution, mais ce n'était pas douloureux. Il suffisait de ne pas appuyer trop fort. 

Il en sera ainsi pendant quelques jours, qui se révélèrent délicieux puisqu'il me suffisait de fermer les yeux pour avoir l'impression fugace de revivre la fessée. 

Ensuite ne subsistera que quelques traces noires, qui finiront par s'évanouir elles aussi, emportant avec elles le souvenir de cette rencontre.

C'était tout début mai, jour de bonheur.

5 commentaires:

  1. Que dire ? Comment décrire le plaisir, la jubilation qu’on ressent à vous lire. Les mots , les phrases qui semblent s’enchaîner avec une aisance naturelle, tout est juste. On rentre dans votre univers, presque malgré soi . C’est magique. On vous admire, Amandine. On vous envie, aussi ! Bref ! J’aurais dû me contenter de deux mots : « merci » et « encore » !

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    1. Vos mots me touchent énormément, Professeur Max. Merci infiniment... :10:
      Dans ce récit, je me contente de décrire ce que j'ai vécu. Cela a donc été, en vérité, très facile à écrire. Toute la magie que m'apporte ce blog est de découvrir que ce qui a pu faire battre mon cœur peut aussi toucher celui de mes lecteurs. :-)

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  2. Peter Pan14/5/16

    Bonjour Amandine,

    Ce bon Professeur a résumé avec justesse notre ressenti à la lecture de vos récits. Dignes d'une nouvelle intimiste.
    Il est vrai que les souvenirs personnels se glissent dans la plume et investissent la place. C'est certainement ce qui donne toute la réalité et la consistance à vos écrits. Bravo ! Et merci !
    Peter Pan

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    1. Tout comme Professeur Max, vous avez le chic pour trouver les mots qui me touchent profondément, Peter Pan ! :10:
      Les récits vécus sont faciles à écrire, mais forcément on y dévoile beaucoup de soi-même. Aussi savoir qu'ils sont bien perçus par mes lecteurs m'est d'un profond réconfort. :-)

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  3. Peter Pan16/5/16

    Bonjour amandine,

    Ces compliments vous touchent infiniment parce que vous les méritez. Tout simplement. Et je ne suis certainement pas le seul à le penser. Continuez à nous faire plaisir et à vous faire plaisir.
    Bonne Pentecôte à vous.
    Peter Pan.

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