mardi 24 mai 2016

Promesse (5)


Paul la conduisit vers un canapé où il prit place. 

- Enlève ta robe, lui demanda-t-il, de ce ton qui n'appelait à aucune contradiction.

- Mais… protesta-t-elle, se sentant immédiatement parcourue d'un frisson. Son regard fit rapidement le tour de la pièce mais n'y trouva nulle trace de Maxime. Il doit être dans son bureau, pensa-t-elle, rassurée.

Elle fit donc ce que Paul lui avait demandé. Elle se tenait à présent devant lui, en culotte et soutien-gorge. Même si elle savait que sa culotte n'allait pas rester longtemps en place, ces deux petits bouts de dentelle lui fournissaient pour le moment un rempart suffisant à protéger sa pudeur. 

- Tu sais pourquoi nous sommes venus ici, n'est-ce pas ? lui demanda Paul

- Pour jouer… répondit-elle en hésitant un peu.

- Tu en es sûre ? Réfléchis-bien. 

Paul avait ce regard qui la transperçait et la faisait immédiatement se sentir toute petite. 

- Pour être punie, murmura-t-elle, soudain très intimidée.

- Et pourquoi cela ? 

- Parce que je n'ai pas tenu mes promesses de m'occuper de la maison, d'aller chercher tes affaires, de faire les courses…

- Et d'après toi, que mérite-t-on quand on ne tient pas ses promesses ?

- Une bonne fessée, conclut-elle, sans oser croiser son regard.

- On est d'accord… alors baisse ta culotte.

Elle détestait quand il la forçait à le faire elle-même, d'autant plus dans un endroit comme celui-ci où elle n'avait aucun repère et ne se sentait pas vraiment en sécurité. Mais elle savait aussi qu'elle n'avait pas le choix et que, plus elle tarderait à lui obéir, plus elle en paierait le prix. Elle glissa donc ses doigts dans l'élastique de sa culotte et fit glisser l'étoffe qui, à son grand regret, tomba immédiatement au sol. 

Paul la regardait. Elle savait qu'il était amusé par la situation mais qu'il cherchait à le lui cacher. Elle aurait voulu le détester pour cela mais n'y parvenait pas. Elle aurait juste voulu qu'il commence, qu'il l'allonge tout contre lui, qu'elle se sente enfin protégée, fessée et pardonnée...  Mais Paul ne semblait guère pressé.

- Va me chercher un martinet.

- Quoi ? Mais non !

- Dépêche-toi ! 

Une claque retentissante s'abattît sur ses fesses, provoquant la rupture du barrage. Les larmes s'écoulaient à présent librement sur ses joues. 

- Je ne sais pas où il y en a...

- Tu le sais très bien. Dépêche-toi !

Une seconde claque tomba, exactement au même endroit. Etait-ce un effet de son imagination ou lui avait-elle fait vraiment mal? Elle se sentait complètement paralysée. Il lui était impossible d'obéir à cet ordre-là, quel que soit l'amour et la confiance qu'elle éprouvait pour Paul, et lui-même en avait parfaitement conscience. Il ne s'attendait pas à ce qu'elle obtempère, mais voulait juste la fragiliser pour qu'elle lâche prise plus facilement. Elle ne pleurait jamais lors des fessées qu'il lui donnait, ou presque. Elle riait le plus clair du temps ! Mais il voulait que cette soirée soit spéciale. Même s'il avait été un peu énervé en rentrant à l'appartement de le trouver dans un tel état de désordre, il ne cherchait pas à lui donner une leçon. Après tout elle avait beaucoup travaillé et il ne pouvait décemment lui en vouloir d’avoir négligé quelques taches domestiques! Mais ce soir, il voulait lui faire vivre des émotions que jamais encore elle n'avait connues, et pour cela il fallait absolument qu'elle lâche prise... 

- Tu l'auras voulu, lui dit-il en l’agrippant par le bras et en la couchant brusquement sur ses genoux.

Les claques se mirent à pleuvoir. Paul frappait fort, plus fort que d'habitude lui semblait-il. Aucun échauffement ne semblait à l’ordre du jour et il ne fallut que quelques minutes avant que la douleur ne commence à lui paraître insupportable. Mais elle ne chercha, ni à protester, ni à se protéger en interposant ses mains, comme elle en était coutumière. Elle savait que Paul n'appréciait pas cela et tout ce qu'elle voulait était se racheter à ses yeux, aussi s'agrippait-t-elle aussi fort qu'elle le pouvait au coussin sur lequel reposait sa tête. Ses larmes coulaient librement, et paradoxalement, malgré la douleur qui montait crescendo, elle se sentait de plus en plus détendue... à tel point que lorsque les claques cessèrent, elle ne s'en rendit pas immédiatement compte. Paul caressait doucement ses fesses endolories. Il ne disait rien, il se contentait de contempler le résultat de son travail en faisant tout doucement le tour des quelques marques qu'il y avait laissé. Une douce torpeur l'avait envahie et elle se laissait porter sur ce nuage, les yeux fermés.

C'est alors que Maxime fit son apparition. Il en avait convenu avec Paul mais il se sentait à présent un peu gêné de pénétrer ainsi dans l'intimité de ce couple. En le voyant, Paul lui fit signe d'approcher. Elle n'avait rien vu. Faisait-elle semblant de dormir ou dormait-elle vraiment? Paul lui tapota les fesses et elle ouvrit les yeux. Ses joues s'empourprèrent aussitôt à la vue de Maxime et, comme si elle pouvait ainsi échapper à la réalité, enfouit sa tête dans le coussin posé devant elle. 

- Lève-toi , chérie.

- S’il-te-plait, non...

Il la prit dans ses bras et la fit basculer pour l'assoir sur ses genoux. 

- Ça va aller, tu as été très courageuse, lui glissa-t-il à l’oreille.

Cette remarque la fit sourire et leurs lèvres se frôlèrent. 

- Ce soir, tu vas expérimenter quelque chose de nouveau, tu es d'accord ?

Elle acquiesça de la tête. Elle se sentait en sécurité dans les bras de Paul et toute chose nouvelle lui paraissait aussi excitante que désirable. 

- Tu vois le banc à fessée à côté du canapé ? Tu vas aller t'y allonger.

Elle le regarda dans les yeux, prit une profonde inspiration, se leva et rejoignit rapidement le banc. Elle se positionna comme il lui semblait le plus logique, sans être certaine que c'était bien ainsi qu'il convenait de faire. Son derrière culminait et ses jambes étaient si écartées que rien de son intimité ne pouvait échapper aux regards, mais curieusement elle ne s'en sentait pas réellement gênée. Elle était en fusion avec Paul et absolument rien d'autre à ce moment ne parvenait à percer sa bulle. Maxime s'approcha et commença à lui attacher les poignets, puis les chevilles. Une dernière sangle vint immobiliser son dos. Paul lui caressait doucement la tête mais elle n'avait pas peur. Elle aurait voulu le lui montrer mais elle ne pouvait plus bouger à présent. 

- Tu vas recevoir le martinet et la cravache. C'est Maxime qui t'appliquera cette punition pour lui avoir manqué de respect à ton arrivée. Je veux que tu sois aussi courageuse qu'avec moi, c'est compris? 

Elle sourit, ce qui valait acquiescement. 

Le premier coup de martinet tomba. Elle entendit le bruit des lanières qui fendaient l'air et contracta ses muscles dans l'appréhension d'une forte douleur mais il n'en fût rien. Cela piquait, chauffait, mais n'était en rien douloureux ! Le second coup tomba et la piqûre devint un peu plus mordante. Mais la chaleur qui la suivit était toujours aussi agréable. Elle se détendit complètement et Maxime put procéder à la suite de sa fessée. Paul surveillait attentivement l'opération. Il avait indiqué à Maxime de ne fouetter que les fesses et s'assurait que cette condition était bien respectée. 
Des petits cris de douleur s'échappaient parfois de ses lèvres lorsque des lanières indisciplinées venaient terminer leur chute dans son intimité ou sur ses cuisses, mais dans l'ensemble elle trouva cette première rencontre avec le martinet et la dextérité de Maxime plutôt très agréable...

La deuxième partie de la punition ne se révéla pas aussi heureuse. Maxime s'était saisi d'une cravache à bout carré qu'il faisait virevolter dans l'air et ce seul son la terrifiait. Lorsqu'enfin le premier coup atterrit sur sa cible, la douleur lui sembla fulgurante et ses larmes se remirent aussitôt à couler. Paul s'approcha et posa sa main sur ses cheveux pour la rassurer, mais le second coup se révéla tout aussi douloureux que le premier. C'est alors que Maxime lui demanda de compter les dix prochains coups. Ce seraient les derniers si elle s'acquittait correctement de sa tâche… Ce qu'elle fit, du mieux qu'elle pouvait. Les deniers comptes se perdirent dans ses sanglots mais Maxime, magnanime, mit tout de même fin à son supplice. Les deux hommes la détachèrent et l'aidèrent à se relever. Elle avait le visage brouillé de larmes mais cherchait désespérément le regard de Paul. Et Maxime, que pensait-il ? Elle devait faire pâle figure devant les soumises qu'il côtoyait habituellement, mais était-ce là le plus important? Les deux hommes lui souriaient, ils semblaient contents et fiers d'elle. Elle avait réussi son épreuve et toutes ses larmes s'évaporèrent aussitôt pour laisser place à la joie ambiante ! 

Paul l'aida à se rhabiller et ils décidèrent de poursuivre la soirée dans un petit restaurant de la rue. Les deux hommes parlaient avec beaucoup d'animation. Elle essayait de suivre la conversation mais une grande fatigue l'avait envahie et elle n'y parvenait pas. Elle prit la main de Paul dans la sienne, posa sa tête sur ses genoux et s'endormit aussitôt. Ces premiers pas dans un club privé avait été très riches en émotion. Peut-être trop, pour elle.



10 commentaires:

  1. Vincent flaneur24/5/16

    Tiens, ces lieux singuliers semblent avoir levé les préventions d'Amandine envers le martinet...




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  2. Vincent flaneur24/5/16

    Ce récit n'a donc vraiment rien d'autobiographique.... Ce qui n'enlève rien à son charme.

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    1. Mais oui, je l'ai bien dit que j'inventerai tout dans cette partie de l'histoire. Et pour le martinet, j'ai imaginé ce que l'on pouvait ressentir avec un objet SM qui comporte une multitude de lanières très peu épaisses... moi, je n'ai connu que le martinet de punition, avec ses 10 lanières à section carrée. Ça fait vraiment trop mal !!! :-(
      Et puis vous imaginez un peu Amandine dans un club privé! :12:
      Bon, si un charmant Monsieur, aussi rassurant et prévenant que Paul, voulait m'en faire visiter un... fermé pour l'occasion, bien entendu... je ne dirai peut-être pas non. :-)

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  3. Promesse? Eh oui, romesse tenue! ça, c'est de la fessée ou je ne m'y connais pas ! Merci Amandine pour ce cadeau délicieux... Si j'osais, je... Non, je suis trop timide, et puis ça ferait un peu mal élevé !

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    1. Ah non, c'est vous qui me laissez sur ma faim maintenant! :-D
      J'ai beaucoup pensé à vous en écrivant ce dernier chapitre, parce que décrire une scène de fessée est certainement le plus difficile, si on ne veut pas paraître trop répétitif ou trop convenu. Mais je me suis dit qu'après toute cette longue attente, si je ne le faisais pas, jamais vous ne me le pardonneriez... :-D

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  4. Certes, vous auriez été impardonnable, puisque vous avez démontré que vous pouviez y parvenir avec brio ! :D
    Mais voilà le problème : quand on s'est baigné dans cette histoire, qu'on a fait connaissance avec les personnages, qu'on a frémi en leur compagnie, on se dit que non, ça ne peut pas être terminé, pas déjà !
    On voudrait savoir si notre héroïne va poursuivre cette expérience cuisante et délicieuse. On voudrait connaître davantage cet énigmatique Maxime qui aura peut-être un rôle plus important à jouer...
    Alors, oui, j'ose! Tant pis pour mon image qui va en prendre un sacré coup! Mais, s'il vous plaît, Amandine, pourrait-on en avoir encore une petite louche ?

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    1. Vous aurez très certainement des nouvelles de mon héroïne et de Paul, mais l'univers BDSM n'est pas le leur et je doute fort qu'ils aillent beaucoup plus loin dans cette découverte.
      Quant à Maxime, il est l'ami de Paul donc peut-être le retrouverons-nous dans une autre aventure (?) :-)

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  5. Panique26/5/16

    Si je peux donner mon avis...
    Bon, je pense que Amandine, avec ce denouement, veut tout simplement exorciser sa peur bleue des instruments xDD
    Elle réserve donc ce qu'elle aime vraiment du spanking, c'est á dire la fessée á main, aux soins d'un fesseur du genre qu'elle aime (Paul), alors que ces instruments qu'elle déteste son confiés á un étranger ( le brave Maxime) avec lequel elle peut aisément garder ses distances. Simple comme bonjour xD

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    1. Je ne l'avais pas réalisé mais tu as parfaitement raison !!!
      Je n'aimerais pas que l'homme que j'aime utilise sur moi des instruments trop marqués BDSM, comme le martinet long ou la cravache. Je préfère que notre amour reste loin de cet univers-là. Mais cela ne m'empêche pas d'avoir une certaine curiosité, donc les essayer en toute sécurité avec quelqu'un que je n'aime pas, pourquoi pas. :-D

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