mercredi 29 juin 2016

Retrouvailles


Ils s'étaient donnés rendez-vous devant la Comédie Française. Elle était arrivée un peu en avance et fixait avec appréhension les boules de verre multicolores qui ornaient la bouche de métro de laquelle il devait émerger. Deux dômes baroques, l'un bleu, l'autre rouge, Lui et Elle…

Se reconnaîtront-ils? La magie de leur première rencontre se renouvellera-t-elle? Beaucoup d'eau avait coulé sous les ponts depuis, emportant dans ses flots de bonnes comme de mauvaises choses. Qu'allaient-ils ressentir en se revoyant après tout ce temps?

Il arriva enfin, souriant, aussi à l’aise que la première fois. Il prit son visage dans ses mains et l'attira doucement à lui jusqu'à ce que leurs lèvres se rencontrent. Elle aurait dû se détendre mais elle avait tellement attendu, désiré cet instant, qu'elle se sentait comme décalée, comme si tout cela n'était pas vraiment réel.
Au lieu de glisser sa main dans la sienne comme elle l'avait fait instinctivement lors de leur première rencontre, elle se contenta de le suivre à travers le magnifique jardin dont il lui avait si souvent parlé. Il avait réservé une table dans un très beau restaurant où il pensait qu'ils pourraient discuter en toute discrétion. Ils commencèrent à se réapprendre, par petites touches, des gestes à peine esquissés, des sourires, des mains qui se frôlent pour ne plus se séparer. Le repas était délicieux, le lieu magnifique, mais une émotion mêlée d'appréhension les happaient vers une porte entrouverte qu'ils ne désiraient plus voir se refermer. Leurs deux lèvres s'effleurèrent, se plaquèrent fiévreusement tandis que leurs langues se mettaient à danser, l'une contre l'autre.

- Tu veux que je te donne une fessée ? 

Elle le regarda, interrogative, et sourit. Il s'était mis à pleuvoir. Ils accélérèrent leur pas, ravis. 

Arrivés dans la chambre, il plaça aussitôt une chaise en son centre. Il connaissait par cœur chacun de ses goûts. Il prit ses mains, délicatement, et la bascula sur ses genoux. Il la sentit se cabrer légèrement et enroula son bras autour de sa taille tandis qu’il laissait glisser son autre main le long de son dos. Il souleva le pan de sa robe et observa sa culotte. Elle ne lui plaisait pas, il l'abaissa sur le champ. 

Les claques commencèrent à tomber. Ses gestes étaient sûrs, attentifs, forts et précis. Elle protestait pour la forme, pour le défier, pour lui montrer qu'elle n'était pas si facile à dompter. Mais elle déjà conquise, il le savait. Une fois ses fesses dûment rougies, il voulut l’envoyer au coin mais elle refusa de lui obéir et ils repartirent pour de nouvelles valses, jusqu'à ce que, repue, elle accepte enfin de s'abandonner. 

Leurs corps brûlants avaient soif de s'exprimer, de se découvrir, de fusionner. Ils se correspondaient à merveille. Il était un amant exceptionnel. Il savait la faire jouir de ses doigts, de sa langue, de son sexe qui trouvait en elle le plus fiévreux des refuges. Le sentir en elle la comblait, la caresse de sa peau tout contre la sienne la faisait frémir, la tendresse de ses mots la bouleversait. 

Très souvent, la fessée reprenait ses droits. Ils échangeaient les rôles, parfois. Elle avait sa revanche à prendre mais à ce jeu il était, sans conteste, le plus fort. Les claques ne s'arrêtaient que lorsque leur corps brûlants s'appelaient pour une nouvelle fusion.

Il faisait terriblement chaud dans cette chambre nichée sous le toits de Paris. Ils avaient beau ouvrir la fenêtre, il avait beau pleuvoir à l'extérieur, la chaleur était si étouffante qu'elle décida de l'entraîner sous la douche. Sur la peau mouillée, les claques étaient retentissantes, elle en fût la première surprise. Mais l'appel de leur corps était bien plus fort et ils se laissèrent glisser l'un dans l'autre avec une volupté inégalée.

Revenus dans la chambre, elle s'allongea nue contre lui, la tête posée sur sa poitrine, et se laissa bercer par les battements de son cœur. Ils avaient soif mais n'osaient bouger, comme si leurs deux corps ainsi enlacés refusaient de s'éloigner de ce qui, quelques instants plus tôt, leur avait apporté tant de liberté, d'émotions, de jouissance…

Ils restèrent ainsi jusqu'à la toute dernière minute, pour ne pas gaspiller un seul instant de leur bonheur, pour que le moment de leur séparation soit le plus court et le moins douloureux possible. Ils avaient promis de se revoir sans en fixer la date. 

Et cette date approchait, à grand pas.

10 commentaires:

  1. Une fois de plus, on est saisi par la magie du verbe, la qualité de l'écriture qui entraîne le lecteur dans ce tourbillon d'érotisme brûlant...
    Pour en revenir à cette petite culotte , je ne peux pas m'empêcher de soupçonner Amandine d'avoir fait le choix en toute connaissance de cause... Mais je peux me tromper, bien sûr! ;)

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    1. J'ai le sentiment que, quel qu'ait été son choix de culotte, elle aurait quand même été déculottée sur le champ... :-D

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    2. Panique1/7/16

      Mais voyons, il aurait dû lui obliger á s'en débarrasser avant de quitter le restaurant ;)

      Mais, sans blague, moi personnellement j'apprécie beaucoup plus ce scénario que la plupart des classiques. C'est du vécu, chère Amandine?.... Je crains que tu inventes un peu, puisque le moment de changement de roles n'est pas dépeint xDD
      J'aime ce schéma de relation justement parce qu'il y a du switch et encore plus pour l'absence de punition. Á quoi bon inventer et dramatiser des punitions entre deux êtres qui ne demandent qu'á fesser et á être fessés? Pour un oui, pour un non, parce que j'ai X ans et que vous avez X ans... XD

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    3. C'est vrai que je ne décris jamais les moments où c'est moi qui donne la fessée, pare que c'est juste un moment de rire et d'amusement mais que je ne serais pas un seul instant crédible pour quiconque aime réellement être dominé ! :-D

      Comme toi, j'aime passionnément la fessée érotique et l'immense majorité de mes fessées se passent ainsi, mais je dois t'avouer que j'aime bien aussi quand elle me sont données pour des motifs "réels". Cela arrive très rarement, mais à chaque fois l'émotion est encore plus forte. :-)

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    4. Peter Pan1/7/16

      Bonsoir Amandine,

      La fessée reçue "pour de vrai" est encore plus troublante. Ce n'est plus un jeu combiné d'avance.
      Le réel fait appel à la spontanéité. A la réaction à chaud. Celle qu'on exprime sans réfléchir. Celle qui fait "parler le corps". Celle qui fait appel à nos sens profonds, A ceux que l'on a du mal à exprimer parfois. Par pudeur ou par peur. Ceux qui porte l'émotion à son paroxysme. Et qui ne laissent jamais indifférent.
      Une sorte de vertige comme si l'on se penchait au bord d'une falaise en regardant le vide et que l'on faisait un pas en arrière par crainte de la chute.
      Le frisson du danger ?
      Peter Pan.

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    5. Panique1/7/16

      Merci pour les précisions. C'est comme ça que nous tes fidèles lecteurs apprenons á mieux te connaître, en plus de savourer tes récits.

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    6. @ Panique : Merci à toi, dont la gentillesse, le soutien, les sourires, m'apportent toujours tellement de plaisir et de réconfort ! :10:

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    7. @ Peter Pan : C'est vrai qu'il existe plusieurs manières de vivre la fessée donnée pour une raison réelle, mais la fessée donnée "à chaud", "sur le fait", je ne l'ai quasiment jamais connue. Les fessées qui m'ont été données "sur le fait" l'étaient juste pour rire, je n'ai jamais vraiment été dans une relations de Discipline Domestique avec son lot de règles et de sanctions imposées.
      Les fessées que je trouve très fortes émotionnellement sont celles que l'on pourrait assimiler à une réconciliation sur l'oreiller...sur les genoux puis sur l'oreiller en l’occurrence... :-D

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  2. Peter Pan30/6/16

    Bonsoir Amandine,

    Brûlantes retrouvailles... Touchantes confidences. On se laisse emporter par le tourbillon des sentiments, jusqu'au vertige...
    des sens ! La fessée semble le fil conducteur de ce touchant récit. On en oublie la notion du temps. Talentueux.
    Digne d'un film de Lelouch (?).

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    1. Bonsoir Peter Pan,
      Un film de Lelouch... le tout début ou la toute fin... ou bien un court métrage? Espérons que les scénaristes en imaginent d'autres séquences! :-)

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