mercredi 19 octobre 2016

Le rouge et le noir

Voici un texte non pas écrit par moi mais par celui qui fait battre mon cœur plus fort qu'aucun autre avant lui, et qui retrace l'un de ces instants d'amour et de complicité que nous aimons tellement partager ensemble...


La fessée appelle la lumière. Sans lumière, comment apprécier le rougeoiement progressif du popotin, les ondulements du cul, les soubresauts de la croupe, la cambrure de l'arrière-train ? Sans lumière, comment percevoir le désir et la crainte dans l'œil de la chipie avant la punition ? Comment voir son corps se courber sur vos genoux avec toute la confiance que donne une complicité partagée ? Comment goûter au plaisir de lentement retrousser l'insolente en admirant le déroulé du tissu sur ses cuisses ? Comment apprécier d'un œil critique et concupiscent sa petite culotte en dentelle que l'on s'empresse de baisser ? Comment jouir du déshabillage qu'on impose ensuite, martinet en main, à sa victime avant de l'envoyer au coin, entièrement nue ?

Bref, pour moi, la cause était entendue : une fessée se donne en plein jour, à l'extrême rigueur dans une légère pénombre. Mais Amandine, qui semble s'être fixé comme mission de chambouler mes certitudes (et toute ma vie, soit dit en passant), m'a fait connaitre l'impensable, l'inimaginable, l'incroyable, l'irréalisable : donner une fessée dans le noir complet.

Pour la première fois, nous passions la nuit ensemble, et qui plus est, chez elle. Pour deux êtres à l'orée d'une relation amoureuse, c'est impressionnant. Une chose est de s'étreindre (et de se fesser) en plein milieu de l'après-midi dans l'anonymat d'une chambre d'hôtel, une autre est de plonger dans l'intimité de l'autre, et pas seulement dans son sexe, toute une soirée, une nuit, un matin. On ne partage pas seulement le désir et le plaisir, mais des prosaïques détails du quotidien. On ne joue plus au Don Juan dominateur et à la femme fatale faussement soumise, on se présente tel que l'on est, tout simplement.

"J'adore être réveillée par une fessée en pleine nuit", m'avait dit Amandine depuis longtemps. Et je crois bien qu'elle l'avait aussi écrit dans ce blog maintenant vénérable (car ne nous cachons pas la fesse, pardon la face, les Errances sont une institution dans le petit monde de la fessée). Je me l'étais tenu pour dit, et avais la ferme intention de la contenter sur ce point, et de la plus cuisante façon.
Aussi, quand vers 4h00, j'ouvris par hasard un œil, au lieu de le refermer aussitôt, la coquine et impérieuse idée de gratifier Amandine de sa fessée nocturne revint dans mon cerveau encore ensommeillé. J'ouvris donc avec ardeur, et déjà une pointe de sadique jubilation, ma seconde paupière. Mais là je découvris ce que je n'avais pas vraiment perçu lorsque nous nous étions endormis blottis l'un contre l'autre : il faisait noir dans cette chambre au delà de l'entendement !

Les chambres que j'avais pu connaitre dans ma longue vie étaient le plus souvent dotées de volets avec des persiennes laissant filtrer la lueur de la lune ou des réverbères. En tout cas, les chambres où je m'étais livré à de lubriques activités... Mais volet et porte amandiniens ont la caractéristique d'être hermétiquement clos et de ne donner aucune chance d'effraction au plus petit rai de lumière. Je tentais un truc venant de mon enfance pour tenter de percer l'obscurité : fermer et ouvrir les yeux plusieurs fois de suite. Peine perdue. Je me résignais donc à opérer à l'aveugle.

Il me fallait d'abord récupérer l'objet de ma convoitise, en l'occurrence Amandine, qui au fil de la nuit avait quitté mes bras pour se réfugier à l'autre bout de son grand lit. Je réussis à effleurer son corps tout chaud (au sens propre, car, de son propre aveu, elle est une véritable bouillotte la nuit, conséquence, je suppose, du sang chaud qui coule dans ses veines). Ce travail de reconnaissance accompli, un scrupule me saisit : aurais-je le cœur de réveiller sans crier gare cette nymphe, plongée dans un sommeil aussi profond qu'attendrissant, par de vigoureuses claques sur la partie charnue, et si désirable, de sa délicieuse anatomie ? Aussi impitoyable que je puisse être en plein jour, ce m'était impossible dans la profondeur de la nuit.

Résolu à agir avec une douceur inhabituelle, je retirai avec précaution la couette, et soulevai la petite nuisette dans laquelle, m'étais-je dit la veille, Amandine était si sexy qu'elle aurait défroqué un couvent entier de moines intégristes ou fait renoncer au jihad une armée de fanatiques barbus. Puis je déposai sur son séant quelques petites tapes du bout des doigts, qui provoquèrent chez l'intéressée un petit soupir d'aise. Ne sachant si elle faisait en fait semblant de dormir, ou si l'extrême sensibilité de son joli fessier expliquait un si prompt réveil, je me hasardais à lui envoyer des tapes plus hardies, ce qui eut pour effet d'amplifier le soupir de la belle.
Retrouvant alors les gestes que la dure obligation de remettre Amandine dans le droit chemin m'oblige si souvent à accomplir, je l'installais en travers de mes cuisses, et transformais les tapes un peu pusillanimes en claques dignes de ce nom. Les soupirs prirent de l'ampleur, ce qui me rassura, car rappelez-vous, je devais m'acquitter de ma noble tâche dans le noir complet, en ne pouvant me guider qu'à l'ouie.

Je passerai plus vite par pudeur sur la suite des événements que vous pouvez aisément deviner.... Je dirai simplement qu'Amandine me fit alors le magnifique cadeau d'exprimer son plaisir avec une intensité que je ne lui avais jamais connu, l'état de demi-sommeil lui offrant un abandon incomparablement plus grand que dans la journée. Car, lecteurs attentifs du blog, ne prenez pas au pied de la lettre les enthousiasmes d'Amandine sur mes capacités viriles : il ne vous a pas échappé qu'elle a une tendance certaine, lorsqu'elle s'installe à son clavier, à tout repeindre en rose... Mais cette nuit là, j'eus vraiment la merveilleuse sensation de réussir à faire vibrer profondément son corps, et je l'espère, son cœur. En tout cas, elle me fit pour sa part vibrer encore plus que d'habitude, et ce n'est pas peu dire !

Un peu plus tard, lorsque encore étourdis, nous reprenions nos esprits, Amandine alluma la lumière au moment même où, sans rien dire, je souhaitais qu'elle le fit. La vue de son adorable cul me confirma alors que le rouge et le noir, finalement, allaient très bien ensemble...

15 commentaires:

  1. Bravo pour cette oeuvre stendhalienne! Parmi les nombreuses choses que vous partager, il y a la qualité de l'écriture! Merci!

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    1. Il y a énormément de choses que nous partageons, bien au-delà de la fessée, et c'est vraiment cette richesse qui fait toute la magie de notre relation. Mais pour ce qui est de l'écriture, il est en vérité bien plus doué que moi et je l'admire beaucoup pour cela, comme pour une infinité de choses... :-)

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    2. Concerné19/10/16

      Oui, Amandine, nous construisons ce bonheur peu à peu, ensemble. Mais cela ne t'autorise pas à dire n'importe quoi : "pour ce qui est de l'écriture, il est en vérité bien plus doué que moi"... C'est ce genre de bétise qui m'oblige à si souvent t'administrer la fessée ! A mon grand regret, car cela me fait autant de mal qu'à toi ;)

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    3. Mais non, cela ne te fait pas autant de mal qu'à moi ! :94:
      Toi, tu as des instruments pour remplacer tes mains quand elles se font trop douloureuses !!!
      Pour ce qui est de ton talent d'écriture, je persiste et signe. Tu sais bien que, même si j'ai tendance à tout repeindre en rose, je suis incapable de mentir ! :10:

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  2. Peter Pan19/10/16

    Bonsoir Amandine,

    Sur le plan de la sensibilité et de la délicatesse, vous êtes dans l'harmonie parfaite. Grande qualité.
    Je ne peux que vous souhaiter tous les bonheurs possibles.
    Peter Pan.

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    1. Merci beaucoup pour ces mots qui nous touchent très profondément Peter Pan ! Ce bonheur, nous le construisons ensemble, petit à petit, avec émerveillement... et en espérant qu'il dure le plus longtemps possible ! :-)

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  3. Bertrand20/10/16

    Fort beau texte, sur un sujet peu traité : la fessée dans l'obscurité complète, personnellement je suis pour.
    Maintenant vous pouvez nous le dire cher Amandine, faisiez vous semblant de dormir lors des premières tapes sur les ? Si oui comment fut le réveil ? Y eut - il un rêve, si court fut-il à ce moment ? Du genre "Tiens qui frappe à ma porte à cette heure indue?"

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    1. Je dormais profondément quand les premières claques/caresses se sont abattues sur mes fesses mais je pense que j'en ai pris conscience très rapidement. Par contre, je ne suis pas réveillée complètement, je suis restée dans cet état de semi-conscience que l'on n'obtient généralement qu'après une longue fessée, lorsque les endorphines ont fait effet, ce que l'on nomme je crois le "lâcher prise". L'immense avantage de la fessée de nuit est de se trouver directement dans cet état où, quelle que soit l'intensité des claques, seul le plaisir est ressenti... et de quelle manière !!! Je n'ai jamais ressenti d'orgasmes aussi puissants que dans ces conditions-là !

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  4. Panique23/10/16

    Félicitarions á tout deux pour l'expérience réussie xD

    Dans notre lit, j'ai á ma portée comme veilleuse une petite "lampe de sel" équipée d'une ampoule rouge qui répandit une très faible lumière. Cela me permet de bouger un peu en cherchant des objets sans risquer de réveiller ma copine.
    Mais, pour l'opération que vous venez d'évoquer, je vois bien qu'on peut se débrouiller sans.

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    1. A priori, l'expérience "en aveugle" apporte de nouvelles sensations, tout ce qu'il y a de plus plaisantes ! :-D

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    2. Panique24/10/16

      Uhmm, mais c'est facile d'eprouver ce type de sensations á toute heure.... T'as qu'á te faire bander les yeux xDD

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    3. En fait, c'est surtout lui qui devrait se bander les yeux pour revivre ça. Moi, il faut que je sois endormie... :-D

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  5. Ventoux1/11/16

    Il y a quelques mois, votre site était quasiment inactif, alors je ne venais plus le consulter, et puis, au hasard d'une discussion, j'ai appris qu'il était renaît de ses cendres et "encore plus beau qu'avant", alors je n'ai pas résisté et me voilà.
    Un véritable émerveillement, voilà que vous écrivez à deux maintenant ! Et quelle plume pour Monsieur aussi ! Deux styles très différents, que je me garderais bien de mesurer, lol, mais j'aime beaucoup que le fesseur s'exprime aussi, parce que cette position est aussi pleine d'émotions intéressantes.
    Pour la fessée de nuit, je n'ai pas vraiment d'avis, j'ai le sommeil trop lourd et il m'est absolument impossible de réveiller ma compagne en milieu de nuit.... je me sens frustré maintenant ! Mais je ne vous ne veux pas, au contraire, vous nous permettez de vivre des moments inaccessibles. Mille mercis.

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    1. Votre commentaire nous a beaucoup ému, Monsieur et moi. Nous nous aimons, nous aimons la fessée, nous aimons nous dépasser, nous étonner, nous faire frisonner, nous faire chavirer... Nous aimons par dessus tout partager ces émotions si particulières que procure la fessée et que si peu arrivent à comprendre, et les partager sur ce blog est vraiment merveilleux puisqu'il nous permet de rencontrer des gens tels que vous. Merci pour ces mots qui nous font tellement chaud au cœur ! :10:

      PS : si vous ne pouvez réveiller votre compagne en pleine nuit, peut-être le dimanche matin, si vous ouvrez l’œil avant elle... :-D

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  6. Peter Pan3/11/16

    Bonjour Mr Ventoux,

    Je suis bien d'accord avec vous.
    La passion commune que vit notre divine Amandine et son compagnon donne des ailes à leur plume respective.
    Emotion, tendresse, suspense: tout y est. En un mot, ils se surpassent. Pour leur plus grand bonheur... et le nôtre.
    Merci Amandine, merci Mr Concerné. Nous voilà tout d'un coup devenus des sabliers, témoin muets et rouges de confusion.
    Mais nous savons être discrets. Bien sûr.
    Peter Pan

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