lundi 28 novembre 2016

Cuisantes retrouvailles


Nous avions convenu de nous retrouver gare Saint-Lazare. 

- Je t'attendrai au bout du quai.

J'avais hâte de le retrouver mais voulais aussi savourer ce moment, le "juste avant", celui où tout est encore possible, imaginable, souhaitable...  L'amour se rêve, s'imagine, se savoure, jamais il ne se presse. 

Arrivée au bout du quai, je ne le reconnus pas immédiatement. Il était allé chez le coiffeur et sa nouvelle coupe lui donnait un air plus juvénile auquel il fallait que je m'habitue. Le problème des relations épisodiques est qu'il faut à chaque fois se réhabituer l'un à l'autre, même si cela se fait somme toute assez rapidement.

Un baiser sur mes lèvres, une main autour de ma taille…

- Viens, il faut que je te montre quelque chose ! 

Un festival photographique s'exposait en plein hall, et l'une des photographies semblait un clin d'œil à nos retrouvailles.


Un sourire complice, un baiser langoureux, et nous reprîment notre marche vers notre destin du jour. 

Il avait réservé une chambre dans l'un des plus prestigieux hôtel de la capitale, le genre que seuls les couples illégitimes peuvent se payer grâce à Dayuse.

La chambre qui nous avait été attribuée était finalement assez petite et il en parut très déçu. Moi, je ne l'étais pas du tout ! Elle était petite mais très confortable. Surtout le lit ! Royal ! Et j'étais crevée…

- Tu veux sortir ? 

Quand j'étais malheureuse, que je me sentais seule et délaissée (ne fréquentez jamais un homme marié si vous êtes vous-même célibataire !), je lui reprochais de n'être pour lui "qu'une simple paire de fesses". C'était en partie vrai, je ne me leurre pas... Mais en partie seulement ! La psychologie des hommes infidèles est très complexe... Toujours est-il que ce jour-là, il avait à cœur de me prouver que j'avais tort et nous avions décidé, avant tout acte de luxure, de profiter du beau temps et des merveilles de la capitale pour nous balader ou visiter une exposition.

Mais voilà, j'étais fatiguée et le lit vraiment confortable…

- Non, je voudrais me reposer d'abord.

Je voyais bien qu'il était ennuyé, qu'il ne savait pas trop quoi faire. Il passait sa main sur mes cheveux, sur mon dos, effleurait très légèrement mes fesses mais n'osait pas aller plus loin. Quand il se releva, je m'exclamais :

- Ah non, tu ne peux t'arrêter là ! 

Il sourit et revint près de moi. Il devait me trouver déboussolante, pénible, ce genre de fille qui ne sait jamais ce qu'elle veut ! Je lui avais fait des reproches que je ne pensais pas, parce que j'avais besoin de justifier ma tristesse, parce que je ne pouvais pas lui reprocher d'être marié et d'en aimer une autre, parce que nous ne pouvions nous voir que quand sa femme en décidait et qu'en dehors de ces instants magiques je me sentais désespérément seule… Et puis, il fallait bien aussi que je mérite mes fessées ! 

Quelques claques tombèrent, des réprimandes furent prononcées. Je ne me souviens plus de ce qu'il me reprochait, mais cela n'avait aucun lien avec la réalité et je l'interrompis assez rapidement :

- Non, tu devrais me punir pour tout ce que je t'ai reproché mercredi !
- Tu veux une vraie punition ?
- Oui

Il ne se fit pas prier. Je l'avais vraiment énervé avec mes reproches aussi injustes qu'inutiles, et puisque je le demandais, j'allais en payer le juste prix.

Il me donna une véritable correction ce jour-là. Il avait l'habitude de frapper fort, mais il se surpassa, de sa main, de sa ceinture, jusqu'à ce que mes larmes coulent. C'était la première fois que je pleurais durant une fessée et il m'avoua plus tard qu'il en avait été profondément ému. A un moment, il s'est interrompu et m'a demandé si je voulais qu'il continue ou qu'il arrête.

- Continue, s'il te plait…
- Aussi fort ?
- Oui

Paradoxalement, cette douleur et les larmes qu'elle générait me faisaient beaucoup de bien.

Après cette étrange séance, nous ne nous sommes pas livrés à d'endiablés ébats comme nous en avions coutume mais il me garda longtemps dans ses bras… et puis il s'est déshabillé et s'est allongé sur mes jambes, sans rien dire. 

Je l'ai alors fessé moi aussi, pas aussi fort qu'il ne l'avait fait lui-même, j'en aurais été incapable, mais plus les claques tombaient et plus j'y prenais goût et y mettais de vigueur. J'avais envie de lui faire plaisir mais aussi de le punir et cela me troublait étrangement. J'avais vaguement l'impression de me venger et cela me mettait mal-à-l’aise.. mais m'excitait aussi, incontestablement. 

Sa fessée terminée, il m'a pris à nouveau dans ses bras, m'a retourné et m'en a recollé une ! Mais celle-ci fut joyeuse. Je riais aux éclats tout en lui disant qu'il voulait se venger de la fessée que je venais de lui donner et il riait lui aussi. Toute la tension qui régnait entre nous depuis que nous avions pénétré dans cette chambre s'était enfin dissipée. Nous avions retrouvé notre joie de vivre, de rire, de jouer, de faire l'amour encore et encore…

En fin d'après-midi, nous avons enfin quitté l’hôtel pour cette longue promenade que nous avions envisagé de faire en premier lieu. Arrivés au jardin des Tuileries, alors que je jouais avec mon téléphone, une claque sonore retentit sur mon postérieur. 

- Arrête de jouer avec ça, sinon…
- Chiche ? 

La réponse était sortie de ma bouche du tac au tac, sans que je n'y réfléchisse car il est précisément le type d'homme qui ne recule jamais devant un « Chiche ? » et je le savais parfaitement.
Il m'agrippa par le bras et me tira tant bien que mal (je me débattais du mieux que je pouvais, en lui écrasant les phalanges) vers un banc où il prit place et m'allongea sur ses genoux. Je riais aux éclats tout en protestant fougueusement, mais rien n'entama sa détermination. Il souleva ma jupe et asséna une quinzaine de claques sonores sur ma culotte (qu'heureusement il n'eu pas l'audace de baisser). J'en restais coite ! Comment avait-il pu faire cela au milieu de tout ce monde ? Cet homme était décidément fou et j'adorais sa folie !

En me relevant du banc, je regardais autour de moi mais personne ne semblait avoir prêté la moindre attention à notre étrange comportement. Il faut dire qu'il faisait déjà presque nuit et qu'en ce jour d'Halloween, les monstres et les sorcières ne surprenaient personne… les pères fouettards non plus !



15 commentaires:

  1. Concerné28/11/16

    Concerné... et très ému...

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    1. Tu comprends ce que j'ai ressenti hier, en l'écrivant... :-)

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  2. Peter Pan28/11/16

    Bonjour Amandine,

    La magie de la fête d'Halloween a fait son œuvre. Elle vous a tous deux bien inspirés. Cette fessée a détendu l'atmosphère qui avait débuté sur une note plutôt morose. Parfois il suffit d'un petit rien pour démarrer une belle journée.
    Je ne sais pourquoi mais l'épisode du lit m'a fait penser au conte de Boucle d'or mais dans votre version, la demoiselle reçoit une cuisante récompense.
    La fessée que vous vous êtes donné réciproquement est pleine d'émotion et de tendresse et reste assez atypique.
    Vous avez l'art et la manière de mettre vos partenaires en condition en jouant de votre espièglerie. La fessée au Jardin des Tuileries était osée mais le plus important est que chacun comble son désir tout en le partageant. Beau récit.
    Tenez: rappelez vous du fameux cliché de Robert Doisneau : les Amoureux du Pont-Neuf...
    Peter Pan

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    1. J'espère qu'au Jardin des Tuileries aucun Doisneau n'était présent et qu'aucune photo n'a été prise (c'est un peu le risque quand on joue "en public") ! :-D

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  3. Eh bien Amandine! Quelle plume prolifique!Quelle verve! Merci de nous faire partager ces cuisants (et délicieux) instants!

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    1. Quand il fait froid dehors, j'aime à me replonger dans mes souvenirs et les écrire ici pour ne jamais les oublier... tout en espérant qu'il y en ait un jour de nouveaux et d'encore plus beaux! :-D

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  4. Peter Pan30/11/16

    Bonjour Amandine,

    Très important, ça : ne pas oublier. Ne jamais oublier. On a l'impression de perdre un peu de soi quant la mémoire s'effrite. Un peu comme le crépis d'une vieille bâtisse. Les éléments de construction apparaissent et subissent les assauts des éléments naturels et du temps.
    Comme un tableau impressionniste, notre mémoire se construit par petites touches de couleurs juxtaposées pour former le tableau de notre personnalité entière.
    Peter Pan

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    1. On oublie très vite les détails, mais heureusement les émotions ressenties, elles, subsistent me semble-t-il beaucoup plus longtemps dans notre mémoire. :-)

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  5. Panique7/12/16

    Je vais parler á Anne Hidalgo afin de faire des Tuileries une ZSD (Zone sécurisée pour le déculottage)

    P.D. Peter Pan, je trouve que "Les amoureux du Pont Neuf" est l'une des plus belles histoires jamais racontées á propos de Paris, sinon la plus belle.

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    1. Réserver le jardin des Tuileries au seul usage des adeptes de la fessée, ce serait une merveilleuse idée !!! Mais j'espère qu'Anne Hidalgo fait partie de notre petite communauté, sinon cela risque de ne va pas être simple de la convaincre ! :-D

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    2. Peter Pan7/12/16

      Bonsoir Panique,

      Très juste. Paris reste certainement la ville symbole des amoureux de toutes natures. Ville-lumière par excellence. Comme elle fut jadis capitale des bonnes manières et des arts au temps du Roi-Soleil...
      Vue depuis l'Allemagne, Paris rime avec amour et mode érotique. Elle a ce charme inimitable ailleurs. Alors... Cocorico !!

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    3. Peter Pan7/12/16

      Bonsoir Amandine,

      Oui. Excellente initiative. Mais convaincre Madame le Maire reste la tache la plus difficile à accomplir.
      "Sous les pavés, la fessée" ou bien : "Fessées sur Seine". Pour reprendre les fameux slogans publicitaires. A suivre...

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  6. Bonjour Amandine,
    Merci de partager tout au long de ce blog, vos charmants transports, vos découvertes, vos envies, vos émotions.
    Et dans ce texte-ci, j'avoue que votre concept de "fessée réversible" ne m'est pas indifférent ^^

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    1. Bonjour Domreve,
      Je suis très touchée de votre petit mot ici... et surtout ravie d'avoir fait votre connaissance vendredi dernier. J'aurais beaucoup aimé recevoir une fessée de votre main, et pourquoi pas vous en offroir une. Peut-être un jour, si nous nous retrouvons au même endroit ? :-D

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    2. Bonjour Amandine,
      C'est à mon tour d'être honoré de votre message et le plaisir de battre vos fesses aurait été, bien sur, partagé. J'adore votre "en offrir une" qui me paraît le juste mot et traduit bien la nature de l'échange :)
      A bientôt peut-être dans ce superbe lieu ou ... sur fetlife :)

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