samedi 26 novembre 2016

Quatuor (2)


La conversation, avec beaucoup de naturel, comme s'ils se connaissaient depuis longtemps, roula bien sûr sur cette bizarrerie que constitue la fessée dans le couple, sur la façon dont chacun avait affronté puis assumé ce fantasme, puis sur la part qu'y avait pris internet. "Vous connaissez sans doute ce site qui porte votre nom, Les errances d'Amandine", dit Lise. Thomas et Amandine se regardèrent en souriant. Amandine alors dévoila en être l'auteur, suscitant les regards admiratifs de ses deux invités. Elle ne put s'empêcher d'être prise d'un frisson de fierté, tandis que Thomas pensait avec émotion : " Amandine fait rêver, mais c'est moi qui la prend dans mes bras !".

La discussion bifurqua sur les instruments. "Tu devrais aller chercher ton sac à jouets", dit Thomas à son amante, qui ne demandait que ça. Le martinet et le paddle suscitèrent peu d'intérêt de la part de Patrick et Lise, qui possédaient les mêmes. Le gratte dos cassé et la volumineuse brosse les intéressèrent nettement plus, et Thomas leur proposa de les essayer. "Si vous voulez, je peux aussi vous faire une petite démonstration", suggéra-t-il.

Lise et Amandine furent basculées côte à côte en travers du dossier du canapé, présentant leurs fesses rapidement remises à nues à la fenêtre, heureusement fermée et opaque. La démonstration qui s'ensuivit fut des plus réjouissantes, quoique douloureuse pour l'épiderme de ces dames. Chaque instrument passait de la main de Thomas à celle de Patrick, qui en comparait les effets avant de solliciter l'avis des intéressées.

"Vous n'avez pas de canne ?", s'étonna Patrick. "Non, hélas", répondirent en cœur les deux tourtereaux. "Venez chez nous un de ces jours, vous pourrez essayer la notre". "Avec plaisir, et j'amènerai le martinet car le défaut de cet instrument est de toujours toucher la même fesse. Si nous utilisons chacun le notre ensemble, vous et moi, chacun d'un côté, nous remédions à ce dysfonctionnement". "Excellente idée !". Rendez-vous fut pris pour le mois suivant, lors de la prochaine visite de Thomas.

La visite d'Amandine et Thomas à Lise et Patrick fut une réussite. La distribution simultanée de coups de martinet sur chacune des rondeurs féminines constitua un exemple d'équité, tant entre les deux femmes, qu'entre les deux fesses de chacune.  Les mérites comparées de la corde d'Amandine et des menottes de Lise donnèrent lieu à de passionnantes exégèses. Amandine fit connaissance avec la canne, ce qui la marqua profondément dans tous les sens du terme, et quelque temps plus tard, Lise lui apporta un exemplaire qu'elle et son mari s'étaient procuré lors d'un petit voyage en Angleterre.

Les deux femmes s'étaient en effet lié d'amitié. Si Amandine ne voyait pas le couple en l'absence de Thomas, elle rencontrait souvent Lise, pour prendre un verre en bord de mer ou une petite séance de shopping. Lise admirait Amandine pour son blog, son écriture, son talent, et Amandine enviait Lise qui pouvait jouir des jeux de l'amour et de la fessée en permanence, dans le cadre d'une relation conjugale, alors qu'elle devait se contenter de trop brèves retrouvailles avec son amant. Mais si chacune enviait l'autre, elle ne la jalousait pas, et la complicité entre elles devenait de plus en plus étroite.

Un samedi, les deux couples devaient se retrouver une nouvelle fois chez Amandine, et rendez vous avait été pris peu après 15H00, Thomas devant rejoindre Dieppe par le train de 14h58. Mais quand Lise et Patrick arrivèrent, seule Amandine les attendait.

Patrick venait de retirer sa veste, et se tenait dans le salon, quand Lise se serra amoureusement contre lui par derrière, tandis qu'Amandine avançait, souriante. Avant qu'il ait le temps de comprendre ce qui lui arrivait, et de se rappeler que sa compagne avait longtemps pratiqué le judo, il se retrouva maîtrisé par les deux femmes, entièrement déshabillé, solidement ligoté, et bâillonné avec un charmant fouloir en soie ! Le bâillon n'avait en soi aucun intérêt érotique, et devait par la suite être rapidement ôté, mais dans un premier temps, les deux complices ne voulaient à aucun prix que Patrick puisse donner l'alerte à Thomas quand il arriverait.

Celui-ci avait en fait pris le train de 15h58, ce que savait pertinemment Amandine... Il eut droit au même comité d'accueil que son compagnon d'infortune, et les mêmes causes produisant les mêmes effets, il se se retrouva à son tour nu, les mains attachés au dessus de la tête, au bon vouloir de ces dames. Celles-ci annoncèrent à ces messieurs qu'il était temps pour eux de payer pour les innombrables sévices qu'ils faisaient subir depuis si longtemps à une partie de leur anatomie (à elles) qu'ils proclamaient pourtant chérir, et que l'heure du châtiment avait sonné pour eux...

(à suivre)

8 commentaires:

  1. Concerné26/11/16

    J'adore la photo, empreinte de sensualité et de tendresse, très belle. Mais dans notre texte, la nudité masculine va être prétexte à autant de sévérité que de sensualité....

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    1. Cette photo est en effet plus représentative des moments que nous avons vécu plutôt que de ceux qui sont relatés dans ce récit. Je l'aime beaucoup... :-)

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  2. L'heure du châtiment ... Je suppose sans faire un trop gros effort d'imagination que l'heure de la revanche devrait suivre...

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    1. Vous avez bien deviné en effet, l'heure des revanches... :-D

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  3. Peter Pan26/11/16

    Bonsoir Amandine,

    "Amandine II ou la revanche des filles".
    Cette seconde partie nous tient en haleine. Vont-ils crier grâce à leurs belles tourmenteuses ????
    Hou la la !!! Amandine et sa consoeur se transforment en redoutable maitresse ! Ca va chauffer pour vous, Messieurs !!!! Serrez le dents et good luck !!! Ces dames peuvent se montrer re-dou-tables !
    Car, c'est bien connu, l'union fait la force ...
    Coquines et malicieuses, pleines de ressources. On ne soupçonne pas la ruse féminine.
    Quant à la photo: je l'intitulerais : le repos du guerrier, ou : l'invitation. Ou encore : Hercule et Omphale ( D'après la mythologie grecque, Omphale était une reine qui réussit à triompher par la ruse de Hercule, le demi-dieu). Enfin prévoyez l'Arnica. Sait-on jamais.
    Peter Pan

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    1. C'est sûr qu'ils vont déguster! Pour une fois, qu'ils ressentent ce qu'ils font endurer à leur bien-aimée ! :63:
      Mais tout cela n'est bien sûr que fiction... :-D

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  4. Petit récit super sympa.
    Hâte de savoir ce que réservent ces deux chipies à ces messieurs :)
    Douce vengeance ?

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    1. Ah non, la vengeance ne sera pas douce du tout !!! N'oublie pas que ce récit a été imaginé par un homme... donc forcément adepte de sensations fortes ! :12:

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