lundi 5 décembre 2016

La peur de la fessée


En lisant le blog de Mariposas de Chocolate, dont je trouve l'article du jour particulièrement juste, un souvenir m'est revenu en mémoire. Nous traversions le boulevard des Italiens, juste en face de l'Opéra Garnier, quand il m'a dit :

- Un jour, j'aimerais que tu ne fasses pas quelque chose par peur de recevoir la fessée. Je trouverais cela très gratifiant !

Je lui ai répondu, du tac au tac,

- Tu serais malin si je commençais à avoir peur de recevoir une fessée ! 

mais j'avoue que cette remarque m'avait beaucoup surprise. 

Serait-il concevable que mon comportement puisse être influencé par la peur de recevoir une fessée ? 

Définitivement, non ! 

La fessée est un jeu érotique, et uniquement érotique. Elle permet, certes, de pacifier les relations en évitant que les petits conflits, inévitables dans une relation à deux, ne s'amplifient façon boule de neige. Mais ce n'est pas parce qu'elle a valeur de crainte ou valeur d'éducation !
La fessée permet de se reconnecter à l'autre, d'abandonner le conflit pour se replacer dans un contexte érotique et amoureux dans lequel il est bien plus facile de dialoguer et de trouver, s'il y a lieu, une solution au problème. Mais l'idée que la fessée puisse être disciplinaire, comme elle a pu être employée durant des siècles sur les enfants, me paraît complètement absurde et dangereux. 

S'il m'arrive parfois de lui demander de me punir pour une faute "réeelle" que je pense avoir commise, ce n'est absolument pas pour la valeur disciplinaire de la fessée, valeur à laquelle je ne crois absolument pas, mais parce que j'ai besoin de me sentir aimée et pardonnée. J'ai besoin de ce contact physique, aussi cuisant soit-il, pour me sentir en connivence, en communion, avec lui. Pour nombre de gens, faire l'amour est suffisant pour recréer ce lien. Pour moi, la fessée est plus puissante, plus érotique, plus émouvante, plus intime, mais elle ne diffère pas en nature. Il s'agit bien d'un acte érotique, et rien d'autre...

Alors non, mon comportement ne changera jamais par peur de recevoir une fessée ! Il pourra être influencé par ma volonté de ne pas décevoir mon partenaire, comme cela est le cas pour toutes les personnes qui comptent réellement pour moi, mais pas par la crainte de recevoir une correction. Cela n'a pour moi aucun sens, ni pour les enfants, ni pour les adultes... 

17 commentaires:

  1. Concerné5/12/16

    Pas de méprise: moi non plus, je ne crois pas à la valeur dissuasive ou disciplinaire de la fessée. Je n'y crois pas, et je la récuse, car au nom de quoi un adulte voudrait réellement discipliner un autre adulte ? Non, pour moi, la peur de la fessée est tout aussi ludique que la fessée. Un peu comme pour les gens qui aiment se faire peur en allant voir des films d'horreur : ils ont réellement peur, mais c'est un choix ou un plaisir. Donc, dans le jeu, il peut être amusant de se dire : "je file droit pour ne pas avoir droit à la fessée". C'est pour ça que j'aime bien la fessée préventive : on donne, où on se prend, une bonne fessée -premier plaisir-, puis on file doux -où on fait filer doux- pour éviter une autre correction -deuxième plaisir-. 😉

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    1. Je dois avouer que le "je file droit pour ne pas avoir droit à la fessée" m'est un concept assez obscur, même par jeu. Pour moi, la fessée préventive est amusante parce que l'on y saisit n'importe quel prétexte, une faute qui n'est même pas arrivée en l’occurrence, pour jouer à un jeu érotique. Mais de là à dire que cela m'empêchera de faire ce que j'ai envie de faire, je ne le pense pas. J'obéirai à mon partenaire si j'ai le sentiment que cela lui fait plaisir, et si j'ai l'impression qu'il s'en fiche, qu'il voulait juste saisir n'importe quel prétexte pour le plaisir de jouer, alors je ferai ce que j'ai envie... Mais jamais la crainte d'une nouvelle fessée ne rentrera en ligne de compte. Finalement, je suis une très mauvaise candidate à la discipline domestique ! :-D

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    2. Ça y est, je crois que je viens de comprendre (je suis parfois un peu longue à la détente ! ). Pour toi, la peur que suscite la potentialité d'une fessée est un plaisir qui se suffit en soi (à condition d'avoir satisfait au préalable son désir charnel par une fessée préventive). Est-ce bien cela ?
      J'avoue que je ne connais pas cette situation là. J'adore la peur que suscite en moi la certitude que je vais recevoir une fessée, mais la peur que, si jamais je n'obéissais pas, je pourrais en recevoir une autre, celle-là je ne la connais pas car je n'ai jamais encore joué à cela. :-)

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    3. Concerné5/12/16

      Oui, tu as compris, c'est exactement ça ! Mais le fantasme d'inspirer la "peur de la fessée" est secondaire, pour moi. Compte surtout le fantasme, et le plaisir, de donner la fessée ! Plaisir et fantasme eux même bien secondaires par rapport à tous les sentiments et sensations qu'on partage avec sa partenaire...

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    4. Je me demande si cette notion de fessée préventive ne serait pas davantage un truc pour les spankers que pour les spankees?
      Autant je peux comprendre qu'il peut être satisfaisant, si ce n'est un peu jouissif, de voir sa partenaire obéir de peur de se recevoir une nouvelle fessée (cela doit avoir trait à la sensation de "contrôle" de l'autre que l'on aime quand on est spanker), autant pour la spankee, cela a un petit côté perdant/perdant. Non seulement, on ne fait pas ce que l'on veut, mais en plus on ne joue même pas à la fessée à la fin...
      D'un autre côté, il peut être assez jouissif de se sentir "contrôlée"! Je sais que j'aime beaucoup cette sensation, même si elle doit, pour me plaire, rester légère et surtout non permanente.
      Bon, il faudra définitivement que j'essaie un jour ce concept de fessée préventive !!! :-D

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  2. Peter Pan5/12/16

    Bonjour Mr Concerné,

    Au final, tout est basé sur la recherche du plaisir. Le plaisir réel que l'on éprouve avec ce jeu de fausse-peur. Personne n'est dupe mais on joue le jeu. Un jeu de dupes.
    "On a peur pour de faux" comme on disait, gamin. Et cette situation entretient la complicité et renforce les relations entre les partenaires. Plaisir du jeu. "T'es pas cap' ! Même pas peur ! et toc !".
    Peter Pan

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    1. Mais la question est : la fausse peur de recevoir une fessée vous ferait-elle obéir à votre partenaire pour y échapper ? :-)

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  3. La "peur" de la fessée est effectivement nécessaire au fesseur, sinon plus de menace possible !
    Mais si la peur est vraiment dissuasive, alors plus de fessée possible! :(.
    C'est ce qu'on appelle dans les milieux autorisés le paradoxe du fesseur !

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    1. Je ne ressens jamais de "peur" quand on me menace d'une fessée (la peur vient bien après, quand la fessée est sur le point d'être donnée), mais ça m'émeut tellement que ça me rend immédiatement plus douce et obéissante. Du coup, le fesseur croit que j'ai peur. Mais nonnnnnn ! :94:

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  4. La peur peut etre tres excitante. Mais je comprends Amandine. Les fesses ne peuvent pas dissuader quelqu'un qui veut etre fessee.

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    1. J'adore la peur que suscite la perspective de recevoir une fessée mais cela ne me fera jamais reculer, bien au contraire ! Et vérité, je n'aime pas l'idée que l'on puisse contrôler une personne en la menaçant de lui donner une fessée. J'ai le sentiment que cela s'apparente trop à de la violence, même si la personne en question désire être traitée ainsi. :-)

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  5. Ventoux7/12/16

    Voilà un sujet qui montre bien les multiples nuances de la fessée, merci Amandine de nous l'avoir proposé.
    N'avez-vous jamais ressenti l'envie de tester la limite de la fessée ? Et bien sûr, regarder votre fesseur d'un oeil malicieux pour le titiller ? Je fais semblant de faire une bêtise et puis ... hop, je passe à côté... voyons comment il va réagir

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    1. Titiller mon partenaire pour le pousser à me donner la fessée fait souvent partie du jeu, en effet. C'est un moyen amusant de lui faire comprendre que j'ai envie qu'il me donne une fessée et qu'il me fasse l'amour. Mais je ne le pousse jamais jusqu'à ses limites, mes taquineries restent très légères, le but étant de s'amuser et non de s'énerver.
      Il peut arriver, en cas de dispute, que les limites soient franchies, mais ce n'est jamais fait intentionnellement, juste pour recevoir une bonne raclée. Ça non, jamais de la vie ! :-D

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  6. Mcool7518/12/16

    C'est en effet tout le paradoxe de la fessée : le spanker adore la donner, la spankee la recevoir, qu'elle soit punitive et/ou sensuelle. Les deux désirent recommencer à la première occasion, avec ou sans peur.

    La fessée est trop addictive pour imaginer pouvoir s'en passer, en tout cas pour moi.

    Les deux ne sont pas dupes mais cette délicieuse punition peut permettre à la vilaine fille de lui "remettre les idées en place", la faire revenir dans "le droit chemin", lui faire expier ses fautes ... juste le temps que ses fesses refroidissent et les marques s'estompent pour vite recommencer. Une partenaire adepte de la fessée m'a dit un jour qu'elle avait besoin de "confesser" ses fautes et de recevoir la fessée qu'elle méritait, comme une délivrance.

    Alors quant à la peur, j'aime ne provoquer que celle liée à la force que je vais donner ou de l'endroit où ma main va tomber.

    Enfin, le moment d'après la fessée, l'aftercare, quand vient le moment de consoler, cajoler, rassurer, essuyer les larmes, est un moment incroyable d'intimité, de complicité.

    La peur de recevoir une fessée me semble donc beaucoup plus en lien avec la maltraitance et l'absence de consentement.
    Je prendrai comme une faute personnelle que d'entendre que ma partenaire a peur de recevoir une fessée de moi, quelle que soit la faute.

    Je rejoint donc totalement votre point de vue Amandine :)

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    1. Vous parlez merveilleusement bien de ce fantasme que nous partageons et j'adhère complètement à la manière dont vous le vivez ! Merci pour ce partage, Mcool75 ! :-)

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  7. Bertrand20/12/16

    Même par jeu quand on « menace » d’une fessée c’est bien qu’elle celle-ci est une arme de dissuasion destinée à produire un certain effet donc à susciter sinon la peur, disons une certaine crainte. Sauf que contrairement à l’arme de dissuasion atomique, la fessée est une menace faite pour être réalisée. Sinon comme dit Amandine on est perdant/perdant, même pour le spanker.
    J’aime beaucoup quand vous dite : « mais ça m'émeut tellement que ça me rend immédiatement plus douce et obéissante. Du coup, le fesseur croit que j'ai peur. » Le vieux fond macho du fesseur est satisfait et tout le monde est content.

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    1. Je suis tout-à-fait d'accord avec vous Bertrand, la fessée doit être une menace vouée à se réaliser sinon ce serait énormément frustrant !
      D'où l'intérêt, je pense, de jouer avec des motifs complètement loufoques, comme cela on peut à loisir déclencher le jeu, sans blesser personne, sans se prendre au sérieux, juste pour le petit frisson qu'induit le fait d'accepter d'obéir ou de faire obéir, de punir ou d'être punie, cette complicité que l'on partage et qui rend le jeu drôle et émouvant à la fois.
      Bien sûr, on peut aussi jouer avec des motifs réels, mais avec l'expérience, je crois qu'il ne faut pas trop en abuser si on veut que la relation tienne et soit équilibrée. Pour ma part, je réserve ces fessées-là aux disputes qui sont et doivent fort heureusement rester très rares. Mais dans ces cas-là, je reconnais que les sentiments de peur comme de reconnaissance et d'amour sont encore plus forts (à condition de rester exceptionnels!) :-)

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