mardi 28 mars 2017

La légende de Whipping Tom



Petite histoire dans l'Histoire, les Whipping Tom n'étaient pas des héros de légende mais bien de cruels serial fesseurs qui terrorisèrent Londres aux 17e et 18e siècles. 

On ne sait pas grand chose du premier Whipping Tom qui battit sa célébrité en martyrisant les derrières féminins, si ce n'est qu'il était mentionné comme "l'ennemi des culs de jeunes femmes blancs laiteux", qu'il se faisait un devoir de rougir en l'année 1672. 

Le second Whipping Tom est nettement plus documenté. Il commit ses méfaits en 1681, soit seulement neuf ans après le premier, mais d'après la croyance populaire, ces deux Whipping Tom n'étaient pas la même personne mais ils se connaissaient. Un passage de témoin, en quelque sorte...

Ce Whipping Tom là avait à cœur de se montrer digne de son prédécesseur et semblait prendre son devoir très au sérieux. Il suivait les femmes qui se trouvaient seules dans les ruelles sombres ou les cours mal éclairées du vieux Londres, se ruaient sur elles, les flanquaient sur ses genoux, soulevait leurs jupes et jupons et s'acharnaient violemment sur leur derrière dénudé.
Son arme de prédilection était sa main, mais il lui arrivait d'utiliser des verges avec lesquelles il blessait sérieusement les pauvres demoiselles.
Une fois son forfait terminé, il s'évanouissait dans la nature en criant "Spanko!", laissant sa victime apeurée et désorientée. Ses attaques se répétaient toutes les nuits, et il s'échappait de la scène si rapidement que les gens lui prêtèrent des pouvoirs surnaturels !
Comme les pouvoirs publics semblaient impuissants à mettre la main sur lui, les londoniens s'organisèrent. A la nuit tombée, les femmes ne sortaient plus qu'en groupes, armées de couteaux. Des hommes s'habillaient en femme pour tenter de leurrer cet effrayant serial fesseur, mais le monstre ne s'y est jamais laissé prendre! Nuit après nuit, il continuait ses forfaits et lorsque les citoyens de garde entendaient rugir le désormais célèbre "Spanko!" et se précipitaient, ils ne trouvaient jamais que la pauvre victime, gisant en pleurs au sol. Whipping Tom avait disparut, plus vite que la lumière...

A la fin de l'année 1681, deux hommes furent arrêtés et jugés pour ces attaques, un tailleur de Holborn et son ami. Leurs noms, comment ils ont été capturés et l'issue du procès ont été oubliés, nous ne sauront donc jamais si l'un deux étaient vraiment le célèbre Whipping Tom, mais force est de constater que les attaques ont cessé. Si ce n'était pas eux, leur capture a dû convaincre le vrai Whipping Tom  qu'il était tant de prendre sa retraite ! Peu importe, les femmes pouvaient à nouveau se promener en toute sécurité dans les rues de Londres à la nuit tombée, et c'est bien là le plus important !

Mais trente années plus tard, le cauchemar renaissait, non plus à Londres mais dans le petit village de Hackney situé à 5 miles de là. En 1712, Thomas Wallis, qui avait entendu parler des exploits de Whipping Tom et qui venait de se faire éconduire par une donzelle qui avait eu l'outrecuidance de se refuser à lui, décida de rendosser le costume du serial fesseur et de se venger par la même de toutes les femmes... et ainsi sauver l'humanité, car selon ses propres mots, "à moins de battre leur monstrueux orgueil et leur bassesse, l'humanité risquait de tomber sous l'esclavage des femmes". 

Le 10 octobre, donc, Wallis se saisit d'un branche de bouleau et partit à la recherche de sa première victime, une jeune paysanne qu'il trouva dans un champ. Comme son illustre modèle trente ans plus tôt, il l'attrapa, releva ses jupes et la fouetta sévèrement sur ses fesses nues.

Mais il ne s'arrêta pas là car il s'était fixé un objectif fort ambitieux : fouetter cent femmes avant Noël ! Il sortit donc, inlassablement, chaque soir, faisant parfois même plusieurs victimes. Fin novembre, il avait déjà fouetté plus de 70 femmes !

Mais il ne réussit jamais à atteindre son objectif. Arrêté début décembre, il avoua rapidement ses crimes et, la justice anglaise ne manquant ni d'humour, ni d'à-propos, passa un an en prison où il fut fouetté chaque semaine... par des femmes.

La légende de Whipping Tom s'arrête là. Depuis plus de trois siècles, plus personne n'a rendossé son costume. Mais la plus grande vigilance s'impose. L'esprit de Whipping Tom pourrait bien renaître, au détour d'un vieux manoir anglais... ou d'un donjon parisien... et si jamais vous entendez crier "Spanko!" derrière vous, une seule consigne ne vaut : planquez vous !!!

27 commentaires:

  1. Concerné28/3/17

    Quelle belle légende, et joliment contée ! A vous donner envie de reprendre le flambeau de Whipping Tom... Enfin, à me donner envie... Fesser cent femmes pour se venger de la méchanceté d'une seule, voilà un beau et ambitieux programme... Et comme diraient les Tontons flingueurs, "je ne dis pas que ce n'est pas injuste, je dis que ça soulage". Bon d'accord, le rapport entre le 17e siècle anglais et Michel Audiard n'est pas évident, je le reconnais, mais la plume alerte et l'imagination d'Amandine me font divaguer !

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    1. Le troisième Whipping Tom était encore plus ambicieux que je ne le montre dans ce post, car son projet était non seulement de fouetter 100 femmes avant Noël, mais ensuite de prendre 12 jours de congés pour les fêtes (comme quoi, déjà à l'époque, on pouvait être bon chrétien et complètement amoral) et reprendre sa funeste oeuvre à la nouvelle année. Sa détestation des femmes et son orgueil n'avaient, semble-t-il, aucune limite... et je trouve la sentence des juges assez savoureuse ! :-D

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    2. Concerné30/3/17

      À mon tour, je me suis plongé dans les archives, et ai trouvé des éléments sur le troisième whipping Tom. Les historiens divergent sur la donzelle qui s'était refusée à lui : pour certains, c'était une chipie qui lui avait fait beaucoup de mal, et pour d'autres une victime de la méchanceté et de l'égoïsme de Wallis. Il semble aussi que ce n'était pas douze jours de congé qu'il voulait prendre pour les fêtes mais carrément trois semaines, ce qui aggravait son cas. Une certitude, partagée par tous les chercheurs : Whipping Tom a tellement pris goût à recevoir sa fessée hebdomadaire en prison, qu'il s'est arrangé pour écoper d'une deuxième année de geôle pour mauvaise conduite. Pour le plus grand plaisir de ses fouetteuses qui se délectaient à la vue de son beau cul rougissant...

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    3. J'ai même lu quelque part qu'il aimait tout particulièrement les costumes de haute taille et les montres de grand luxe, et qu'il se les faisait parfois même offrir par son avocat ou ses fouetteuses, dont l'emploi à l'époque était loin d'être fictif. Mais bien sûr, je ne sais pas si c'est vrai... :9:

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    4. Concerné30/3/17

      D'un seul coup, il me paraît moins sympathique... ;)

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    5. c'est sûr ! :-D

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  2. Peter Pan28/3/17

    Bonsoir Amandine,

    "Thomas le Fouetteur" : voilà un fait divers qui n'a surement pas manqué de faire des gorges chaudes à cette époque. La Perfide Albion nous étonnera toujours. L'on voit donc les conséquences d'un amour éconduit.
    Ce dessin satirique me rappelle le trait de Honoré Daumier au 19è. siècle qui a brocardé nombre de personnalités de son temps.
    Les rois de la caricature restaient alors sans contexte nos voisins Anglo-Saxons. Et le portrait est chargé. Mazette !
    Quelle humiliante "chute" , en tout cas, pour le coupable: puni par où il a péché. Le comble, en somme.
    Personnellement, j'ignorais ce fait divers assez particulier.
    Bonne soirée.
    Peter Pan.

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    1. J'ignore qui est l'auteur de ce dessin, mais ce qui est assez drôle, c'est qu'il en existe une version colorisée ou le derrière de la jeune femme est pudiquement couvert par une sorte de chaudron en cuivre !?!

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    2. Concerné29/3/17

      En tout cas, je ne sais pas où tu as trouvé cette gravure, mais bravo ! Avec peut être une interprétation à discuter : certes les fesses de la dame sont dénudées mais le monstre veut il vraiment les frapper avec le plat de son sabre ou ne menace t'il pas plutôt de couper la tête de ceux qui lui contesteraient son appétissante proie ? Nous tous, toi comme nous, voyons dans ce dessin la menace d'une correction sur le postérieur mais notre goût pour la fessée nous trompe peut-être...

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    3. Tu crois que c'est un sabre qu'il tient dans la main droite ? Moi, j'ai cru que c'était un couteau comme ce qu'il tient dans la main gauche ressemble plus ou moins à une fourchette. Du coup, cela aurait pu signifier qu'il s’apprêtait à dévorer le derrière dénudé de la jeune femme, pièce de choix s'il en est pour tout fesseur qui se respecte !
      PS : il me semble que tu m'as déjà mordu les fesses, n'est-ce pas ? :-D

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    4. Concerné29/3/17

      Quoi de plus appétissant qu'un popotin féminin, en général, et amandien, en particulier ?

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    5. Peter Pan30/3/17

      Bonjour Amandine,

      Vous n'avez pas tort au final car pour un fesseur, il a plutôt l'allure de l'Ogre du conte de Perrault.
      D'autant que chez les British, on fesse souvent avec la fameuse "tawse" , l'équivalent de la férule, palette de cuir utilisé dans l'Antiquité romain et plus tard...
      Ce dessin est peut-être une allégorie des relations conjugales outre-Manche. Et Mr Tom symboliserait tous les époux frustrés ou éconduits. Une sorte de justicier ? A suivre...
      Peter'

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    6. @ Concerné : tu es vraiment unique, pour plein de raisons et celle-là en particulier ! :10:

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    7. @ Peter Pan : il me semble que la tawse était bien davantage utilisé en Ecosse plutôt qu'en Angleterre où on lui préférait la canne, mais je ne suis pas du tout une experte en cette matière ! :-D
      Le troisième Whipping Tom commettait ses crimes par frustration envers les femmes, et celle qui l'avait éconduit en particulier, mais nous ne connaissons pas les motivations des deux premiers Whipping Tom. Etait-ce aussi de la vengeance ou bien du fétichisme, personne ne saura jamais...

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    8. Peter Pan30/3/17

      Bonjour Amandine,

      Sur Yahoo, le dessin existe colorisé et la légende dit grosso modo (excusez ma sommaire traduction):
      "Le monstre déçu sur (?) les repas de l'après-midi".
      A rapprocher du personnage du "Krampus" en Allemagne qui punit les épouses infidèles. Notre chère Isabelle nous en dirait plus certainement. Rires.
      Peter'

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    9. Concerné30/3/17

      C'est gentil de me dire ça mais en quoi est ce unique de trouver appétissant un popotin féminin ?

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    10. Le lien que j'avais mis dans mon commentaire n'a pas l'air de fonctionner. J'essaie de le remettre ici...

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    11. @ Concerné : disons que tu es, de tous les hommes que je connais, celui qui éprouve la plus grande tendresse pour les popotins féminins... :-D

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    12. Concerné30/3/17

      Ah bon ? J'avais l'impression que c'était un goût très partagé dans la gente masculine, et bien sûr, encore plus dans la confrérie des fesseurs.

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    13. Tu es aussi, de tous les hommes que je connais, celui qui aime le plus donner la fessée. Ceci explique sans doute cela. :-D

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  3. Décidément, c'est une véritable encyclopédie que ce blog!
    Je crois que je vais vous embaucher, Amandine, dans mon Institut! Vous prendrez en charge l'enseignement de l'Histoire, si vous en êtes d'accord!

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    1. Je serais très honorée de devenir Professeur dans votre institut ... à condition toutefois que, selon le principe d'Egalité si cher à notre nation, les professeurs bénéficient des mêmes récompenses que tous leurs élèves ! :-D

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    2. Peter Pan29/3/17

      Bonjour Amandine,

      J'approuve tout à fait la proposition de notre cher Professeur à votre intention. Imaginez :
      Amandine Ladivine , promue DocteurE "Honoris Causa", Pensez donc ! Belle promotion, non ?
      Ma foi, votre plume est si prolifique ! Quant aux gratifications, il conviendra de négocier au cas par cas. Rires. "Etudie toutes propositions" selon la formule consacrée et ô combien usée.
      Peter'

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    3. Je suis très exigeant quant à la qualité des enseignements assurés au sein de l'Institut. Dans cette optique, les professeurs bénéficient d'un accompagnement régulier particulièrement appuyé! :D

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    4. Normalement, ma spécialité est plutôt les sciences expérimentales. Pour enseigner l'histoire, je veux bien faire un effort, mais il vous faudra vous montrer compréhensifs ! :-D

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  4. Bertrand31/3/17

    Que ce soit le texte d’Amandine ou les conversationds qui suivent j’apprends plein de choses en m’amusant beaucoup !
    Personnellement je ne connaissais pas Whipping mais « Peeping Tom », celui qui a vu Lady Godiva chevauchant nue son cheval par un beau jour à Coventry et symbole du voyeurisme outre-manche.
    Sur l’illustration je lis « The monster disapointed by his afternoon luncheon … puis des mots incompréhensible à part « Porridge ». Donc j’en déduit que le monsieur, le « monstre » est un carnivore très déçu par le fade porridge qu’ingurgitent nos amis anglais et lorsque que passe à proximité une anglaise rose et charnue, l’envie de mordre un fessier aussi appétissant l’emporte sur la bienséance, comme on le comprend !

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    1. Décidément, les Tom semblent associés à toute forme de perversité Outre-Manche !!! :-D
      Je n'ai jamais mangé de porridge mais il est très souvent dit que ce plat est vraiment détestable. De là à dévorer le derrière charnu d'une jeune femme, ma foi, s'il est cuit à point... :-D

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