dimanche 21 mai 2017

Jeux pourpres


Le fantasme qui m'habite m'offre parfois de merveilleux moments. Celui que je vais vous conter ici fait partie des plus fous, des plus marquants et surtout des plus inattendus qu'il m'ait été donné de vivre. 

C'était il y a un mois, avant que ma vie ne prenne l'un de ces énièmes tournants qui m'amènent si souvent à changer bien des choses. Je ne sais pas si la fessée fera partie de ma nouvelle vie, si j'en aurais encore l'envie (elle se fait très discrète en ce moment), mais quand je repense à ce dernier épisode, je ne peux m'empêcher de sourire et d'en ressentir un peu du bonheur qui avait soufflé fort ce jour-là.  

Les personnages de cette histoire ont un prénom et peut-être même un pseudonyme. Comme je ne sais ce qu'il en est, du moins pour chacun d'eux, je me référerai ici à eux par une simple initiale. 

J. était l'initiateur et le chef d'orchestre de ce moment d'exception. C'est un homme vraiment épatant. Gentil, intelligent, sécurisant et bienveillant, il est de ces gens qui inspirent immédiatement la confiance. Nous nous étions connus sur le site des « Lunes Pourpres » où nous avions parfois échangé quelques mails, mais nous n'avions jamais eu l'occasion de nous rencontrer. 

Ce jour-là, il eut l'audace de me proposer quelque chose de totalement nouveau pour moi, quelque chose qui m'aurait sans doute semblé inenvisageable quelques mois auparavant, mais qui, dans l'esprit de renouveau dans lequel je me trouvais alors, ne semblait pas si dissonant : vivre la fessée à plusieurs, mais avec personne que je ne connaisse (mis à part lui, que je ne connaissais qu’à travers quelques écrits). 

Deux choses me laissaient dubitative. Qu'allais-je ressentir à être vue et touchée par de parfaits inconnus ? Et jouer à la fessée hors d'un cadre sentimental allait-il me plaire? N'allais-je pas trouver cela un peu fade et artificiel ? 

En réponse à ma première interrogation, mon aventure chez Cris et Chuchotement m'a rassurée. J’ai trouvé plutôt agréable et amusant d’être vue par de parfaits inconnus, et je crois que cela ne m’aurait pas déplu s’ils avaient voulu participer un peu à l’action, sous réserve que j'en garde contrôle, bien entendu. Je n'avais donc pas à m'inquiéter sur ce point.

Il ne restait donc plus que l'aspect humain et sentimental. Le courant allait-il passer avec mes camarades de jeu ? Allais-je réussir à dissocier la fessée de son aspect sentimental qui m'est d'ordinaire si cher ? Tout déprendrait des gens que je rencontrerai, et sur ce point J. eu à cœur de me rassurer. Il me téléphona à plusieurs reprises, pour m'expliquer un peu de ce qui était prévu mais surtout pour me rassurer sur les personnes qui allaient partager notre aventure. Et dans ces personnes, il y avait précisément C. et S., les deux femmes qui allaient être fessées avec moi et qui entreprirent elles aussi de me rassurer. C'est très rare que je puisse discuter avec des femmes qui partagent le même fantasme que moi, d'habitude ce sont plutôt des hommes qui m'écrivent, et C. et S. ont été d'une immense gentillesse, douceur et bienveillance à mon égard ! Rendez-vous fut donc pris car non seulement je n'avais plus la moindre raison d'hésiter, mais j’étais surtout très impatiente de connaître J., C. et S. dans la vraie vie !

Nous devions nous rencontrer à Montmartre, où C. et son compagnon P. avaient réservé l'appartement qui abriterait nos jeux. Je devais y retrouver J. vers 14h. S. et son compagnon W. devaient également nous y rejoindre afin que nous fassions connaissance avant notre entrée en scène. S. et son compagnon P. avaient des obligations professionnelles et devaient nous rejoindre un peu plus tard. 

Comme à mon habitude, j'arrivais en avance (jamais je ne serai fessée pour être arrivée en retard à un rendez-vous !) et en profitais pour faire un petit tour dans le quartier et m'y remémorer avec nostalgie quelques beaux souvenirs que j'en avais gardé. 
A l’heure dite, je me trouvais devant le théâtre qui jouxtait le lieu de notre rendez-vous, et attendais, de moins en moins sûre de moi. Mon téléphone se mit à vibrer alors que le Monsieur fort élégant qui se trouvait à côté de moi jouait avec son téléphone. Nous nous sommes souris, puis embrassés. C'était J., visiblement tout aussi impressionné que moi. Il portait un costume. Avait-il lu que cela faisait partie de mes fantasmes ? Peut-être pas, puisqu'il ne portait pas de cravate. Mais qui porte encore une cravate de nos jours ???
Le sentiment qui m'habitait à la découverte de J. était assez étrange. En fait, J. est exactement le type de personne que je pourrais côtoyer au travail, nous avons d’ailleurs des activités professionnelles très proches. C’était tout à la fois rassurant et un peu perturbant car je n’arrivais pas à me mettre en mode "jeu". V. avait tendance à prendre le pas sur A., ce qu’il ne fallait surtout pas ! 
Heureusement arrivèrent, quelques minutes plus tard, S. et W. ! 
S. est une femme très belle, très douce, souriante avec ce rien de timidité qui la rend vraiment craquante. Elle a un corps magnifique, absolument parfait, mais cela je le découvrirai plus tard ! 
W., c'est mon petit frère, il parle et rit tout le temps ! Il nous a mis tout de suite tous très à l’aise. Il semblait ravi de cette aventure, même s’il ne savait pas vraiment en quoi cela allait consister. Car, je l’apprenais à cet instant, le grand organisateur de l'événement, c'était P., le compagnon de S. 
D'après ce que racontaient W. et J., il leur avait posé tout un tas de question pour s’assurer de répondre aux attentes de chacun et chacune. une telle organisation m'a un peu fait peur ! J’ai toujours joué en improvisant. Serais-je capable de suivre les directives d'un metteur en scène ?
Je suppliais J. et W. de ne pas jouer trop sérieusement, mais ils me répondaient qu'ils ne savaient pas exactement comment cela allait se passer, que c’était P. qui détenait les règles du jeu et qui les brieferait avant que nous ne soyons autorisées à entrer en scène. Je n’étais pas vraiment inquiète car je savais que J. aurait à cœur de satisfaire mes goûts et mes envies, qu'il avait pris soin de connaitre en détail, et W. nous faisait tellement rire que je ne l’imaginais pas une seconde tenir dans une mise en scène sévère et austère. Mais lorsque nous primes le chemin de l'appartement, ma belle assurance s'évapora aussi vite que mon cœur battait, même si je faisais de mon mieux pour ne rien en laisser paraître.

(à suivre)

mercredi 3 mai 2017

Un ami formidable

Un après-midi à Cris et Chuchotements, vu à contre-champ.


J'y suis allé à reculons. Pour lui faire plaisir. Car à peine arrivés, j'avais une envie furieuse de repartir. Rien n'allait, ni l'endroit, ni le public. Rien ! 

Alors ça m'a rendu de fort mauvaise humeur. Furieux et bougon. Elle ne pouvait que s'en rendre compte. Si je me suis gravement forcé à rester là, c'est pour elle, parce qu'elle en avait VRAIMENT envie. Amplement mérité je dois dire.

Alors on a trouvé un petit coin désert. Une sorte de boudoir anglais, assez sombre tout au fond d'un couloir et à moitié dissimulé. C'est là que je lui ai flanqué la fessée. Moi, dos à la porte. Et elle face à moi, sans atermoiements, sa culotte bien vite abaissée. Toute de suite donc, les fesses se sont retrouvées nues. Et peu importe qu'elles soient un peu meurtries de la veille. J'ai pris deux ou trois instruments ramassés à coté du bar. Elle manifestement émoustillée par mon choix. 

Et puis très vite j'ai senti des ombres dans mon dos sans en percevoir le nombre. Juste un souffle collectif, une discrète présence. Elle, le regard tourné vers l'ouverture qui donnait accès à la chambre du supplice, en apercevait parfaitement le nombre, des visages inconnus. A genoux, le buste posé sur les miens, face au public, elle a reçu la fessée sans que sa pudeur eut trop à en souffrir. Une bonne grosse fessée à l'intimité préservée, main et cravache œuvrant à tour de rôle. Ses gémissements, signe du cocktail réussi, un zeste de douleur et bien du plaisir, l'ont délivré de ce pourquoi elle avait désiré venir là. Et moi, ils m'ont délivré de ma méchante humeur. Je l'en remercie. Puis tous deux détendus on a finalement bavardé tranquillement avec les quelques personnes présentes.